DAVELUY Théodore Désiré (1799-1868)

Publié le par DESBONS Pierre

Théodore Désiré François DAVELUY

Né le 2 novembre 1799 à Lille. Fils de Jean-François DAVELUY, négociant et professeur de rhétorique à Lille.

Décédé à Mareuil-sur-Cher (Loir-et-Cher)  le 31 janvier 1868 à l'âge de 68 ans

1825-1843. Exploite la sucrerie de betteraves DAVELUY et MAS à Hem (Nord). Il possède une ferme à Villers-au-Tertre (arrondissement de Douai).

1844-1851Régisseur du domaine des Hubaudières à Chédigny (Indre-et-Loire).

Le domaine des Hubaudières fut acquis par Louis Émile Charles Félix FAURE, riche industriel, fabricant de céruse à Lille (Wazemmes), en 1844. 

1851-1865. Directeur de la Ferme-école des Hubaudières et régisseur du domaine.

1865-1868. Cultivateur de la ferme du Bas-Guéret à Mareuil-sur-Cher (Loir-et-Cher). Cette ferme appartenait à Louis Émile Charles Félix FAURE.
 

Voir aussi : 
http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/la-ferme-ecole-des-hubaudieres-a-chedigny-1851-1880.html

 

1851

Visite du domaine des Hubaudières pa la Commission de la Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire

 

Annales de la Société d'Agriculture Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire, Tome XXX, 1851, p. 130-186. Excursion agronomique dans le département d'Indre-et-Loire. Rapport de la commission d'examen lu dans la séance publique du 31 août 1851, par M. Bonnebault.

Les Hubaudières.

Dans ce parcours, on nous avait indiqué une culture exceptionnelle pratiquée aux Hubaudières, domaine assis sur les communes de Chédigny et de Sublaines ; quoique sans mandat exprès, il nous a semblé dans nos attributions d'en examiner la marche, afin d'y puiser les enseignements utiles à porter à la connaissance de ceux qui entreprennent d'agir sur un sol inconnu ou épuisé. Nous avons donc pénétré dans cette partie de la champeigne tourangelle, et chemin faisant, nous avons eu l'occasion, sur la foi des traditions historiques, de nous incliner devant ces deux géants de terre, sentinelles élevées par les soldats de Clovis et d'Alaric pour la délimitation de leurs états ; ou, suivant d'autres impressions, de donner une marque de respect à deux monument funéraires des Celtes : toutes choses d'ailleurs qui fixaient dans nos esprits le souvenir des sanglants combats soutenus par nos aïeux, défendant le sol du pays, qu'ils fertilisaient contre l'irruption des barbares qui ne leur apportaient que la dévastation et la mort. Arrivés au but, nous nous sommes trouvés au milieu de quatre cents hectares, où naguère on comptait six étangs et une grande partie de mauvaises bruyères. Accueillis par M. DAVELUY, avec une cordialité qui distingue les gens du nord de la France, nous avons su de ce cultivateur, qu'en présence de terrains inertes par épuisement ou sans assolement régulier, il avait pris le parti d'appliquer en principe la culture pastorale. A cet effet, le blé n'y figure que pour les besoins des gens de service, et il est d'autant plus remarquable, malgré son gisement sur un sol superficiel, qu'on a pu lui prodiguer plus de soins et plus d'engrais. En revanche, les cultures fourragères absorbent le travail de ces premières années, pendant lesquelles la terre doit reprendre une fécondité indispensable à la grande agriculture. Dans leur nombre, nous avons remarqué quarante hectares de pimprenelle, fixée de préférence sur un terrain peu perméable, pour le maintien de la santé des bêtes ovines qui doivent y pâturer ; de plus, vingt-huit hectares de vesce d'hiver et très grande quantité de trèfles et d'avoine. Sur une partie du sol aride et crétacé jusqu'à sa surface, s'élèvent des plantations de cytise ou faux ébénier, à l'usage des moutons, comme dans les Alpes, dans les meilleures conditions d'avenir.

Tous ces produits permettent d'entretenir déjà douze cents (1200) moutons, dont une fraction approximative, du tiers est livrée annuellement à la boucherie. La race de Sologne, croisée avec celle à un ou deux degrés de New-Kent, forme la base de la bergerie ; l'autre bétail est considérable, mais sans autre distinction que le triage des animaux du pays qui ne sont considérés jusqu'ici que comme des machines à fumier. Tout s'inspire dans cette exploitation du système du célèbre M. MALINGIÉ et nous avons la conviction qu'avec la haute intelligence de son directeur, nous posséderons bientôt dans le département une nouvelle Charmoise.

1851

ADIL Recensement, la Grande Hubaudière à Chédigny, 1851, p. 21-22

 

DAVELUY Théodore, agronome, marié, 51 ans

SERWUYS Virginie, sa femme, agronome, 35 ans (belge)

DAVELUY Adolphe, leur fils, 8 ans

BERTHELOT Louis, élève agriculteur, célibataire, 24 ans

MILON Alphonse Antoine Laurent, élève agriculteur, célibataire, 21 ans

BIZIOU François, 1er charretier, célibataire, 27 ans

VERNIER Louis, 2ème charretier, célibataire, 20 ans

PROUTIER Louis, 3ème charretier, célibataire, 20 ans

GUERRIER Louis, 4ème charretier, marié, 32 ans

BÉRAULT Louis, bouvier, célibataire, 19 ans

BOUTET Denis, bouvier, célibataire, 17 ans

FOUASSIER Adème, domestique, célibataire, 13 ans

CLAVIER Louis, domestique, célibataire, 15 ans

DÉCLARE Léon, domestique, célibataire, 15 ans (belge)

DRICKE Léonard, Maître berger, célibataire, 45 ans (hollandais)

BIZIOU Louis, 2ème berger, célibataire, 16 ans

ROBIN Jules, 3ème berger, célibataire, 13 ans

FREDAIGNE Alexis, 4ème berger, célibataire, 16 ans

DAVAUD Silvain, domestique, célibataire, 15 ans

VERNIER Jeans, domestique, célibataire, 15 ans

BROUILLON François, 1er jardinier, marié, 30 ans

BIRAULT Joseph, 2ème jardinier, célibataire, 13 ans

DOUARD Laurent, 3ème jardinier, célibataire, 16 ans

MEUNIER Jacques, domestique, célibataire, 16 ans

COURCEAU François, domestique, célibataire, 18 ans

MÉCHENET François, domestique, célibataire, 16 ans

BRIAULT Louis, domestique, marié, 34 ans

CHARLOTTON Jean, Meunier-mécanicien, célibataire, 32 ans

GIRARD Marie, 1ère cuisinière, célibataire, 22 ans

MANCEAU Jeanne, 2ème cuisinière, célibataire, 20 ans

BERGEAULT Florence, vachère, célibataire, 16 ans

BESNARD Louis, 1er vigneron, marié, 29 ans

FOUCHER Sylvine, sa femme, vigneronne, 33 ans

BESNARD Louis, leur fils, 3 ans

MOREAU Marie, veuve BESNARD, leur mère, 62 ans

1853

 

Prime décernée par la Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire

 

Annales de la Société d'Agriculture Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire,  1853. Rapport des prix d'agriculture pour les primes de 1854. Le secrétaire de la section d'agriculture, rapporteur de la Commission. F. MINANGOIN. p. 114-131.

 

Bonne direction de l'exploitation : Médaille d'or à M. DAVELUY, directeur de la ferme-école des Hubaudières ; médaille d’argent et 100 francs à son meilleur élève.

Exploitation la mieux dirigée : Ferme-école des Hubaudières.

Sur le point de vue de la bonne direction culturale, comme celui de l'instruction et de l'éducation des élèves qui lui sont confiés, cet établissement nous a paru digne du choix du gouvernement et des encouragements qu'il reçoit ; nous vous demandons la permission de vous en entretenir avec quelques détails.

Culture. Le domaine des Hubaudières est situé au fond d'une petite vallée ; ses meilleures terres sont formées d'anciens étangs desséchés, mais la plus grande partie de la propriété repose sur des coteaux calcaires d'une aridité désolante. Après une étude approfondie de la nature du sol, de sa position, du climat auquel il était soumis, M. DAVELUY, directeur actuel de l'établissement, a été conduit à adopter deux assolements, l'un pour les mauvaises terres, l'autre pour les meilleures : tous deux nous ont paru parfaitement appropriés aux circonstances physiologique et économiques de la localité. Sur les terres pauvres et arides, représentant à peine une valeur locative de 6 fr./ha et une valeur foncière de 150 fr., la rotation des récoltes s'établit ainsi :

1° Orge d'hiver sur pâturage rompu, avec semis de pimprenelle et de lupuline, sans fumier

2° Pâturage de pimprenelle et de lupuline 

3° Pâturage de pimprenelle et de lupuline

4° Pâturage de pimprenelle et de lupuline

5° Pâturage de pimprenelle et de lupuline

L'orge d'hiver nous paraît convenir merveilleusement à la nature de ces terres, où les sécheresses arrêtent subitement toute végétation dès la fin du printemps. Semée vers la fin du mois d'août, elle se développe pendant l'automne et le printemps, fleurit et mûrit avant les chaleurs brûlantes de l'été. Nous avons vu sur pied une récolte que nous pouvons, sans exagération, porter à 25 hl/ha. A 8 fr./hl, c'est un produit de 200 fr., qui dépasse ainsi la valeur vénale du sol qui l'a porté. Les terres les plus fertiles, composées en plus grande partie d'alluvions argileuses et calcaires, comportent une culture plus riche et sont soumises à l'assolement suivant :

1° Jachère, avec semis successifs d'avoine pour pâturage

2° Forment d'hiver

3° Plantes sarclées, betteraves, pommes de terre, colza

4° Avoine avec semis de sainfoin

5° Sainfoin fauché

6° Sainfoin pâturé

Un assolement aussi riche en plantes fourragères, récoltées ou pâturées, n'a pas tardé à produire les meilleurs résultats : aussi, lors de notre visite, les blés, dont nous avons admiré la végétation, promettaient 25 hl/ha ; et les colzas étaient dignes des plaines de Flandre. Le mouton est le principal producteur d'engrais aux Hubaudières ; il se porte admirablement sur ces pâturages sains et substantiels, où il n'a à redouter que l'excès de santé, déterminant quelquefois des maladies de sang. Le troupeau est de race berrichonne, amélioré par quelques béliers de la Charmoise : cette introduction a donné naissance à une sous-race ayant, il est vrai, des formes moins parfaites, mais jouissant d'une plus grande rusticité.

Ecole. Vivant au milieu d'un culture qui repose tout entière sur leur coopération manuelle, les élèves de la Ferme-école ne peuvent manquer de recueillir pendant leur séjour aux Hubaudières, les plus saines leçons, celles qui sont le fruit d'une participation sérieuse à tous les travaux d'une agriculture intelligente et raisonnée. Le directeur ne leur laisse ignorer aucun des détails de sa pratique, aucunes des raisons qui commandent ses opérations ; il a soin surtout de leur faire part des tâtonnements qui ont accompagné son début ; et il n'oublie pas de leur montrer comment l'expérience de la localité et l'observation successive des faits, lui ont fait adopter ce double assolement qui a conduit ses terres, de l'état déplorable où elles se trouvaient, à la fécondité que nous avons admirée. Autant que le permet l'urgence des travaux, les jeunes apprentis achèvent leur instruction primaire, et reçoivent en outre des notions d'hygiène vétérinaire, et de leçons d'arpentage. Sous le rapport matériel, l'école nous a paru ne rien laisser à désirer ; elle est tenue avec ordre et propreté ; la physionomie des élèves annonce une alimentation saine et abondante ; le bâtiment construit spécialement pour le logement, réunit les conditions convenables de commodité et d'aération. Enfin l'ensemble de l'organisation est complété par une chapelle à laquelle son Eminence Monseigneur le Cardinal-Archevêque de Tours vient d'attacher un aumônier, donnant ainsi à cet établissement naissant un témoignage de sa haute protection. La Ferme-école présente donc aux familles rurales toutes les garanties morales et religieuses : elles seront assurées, en lui confiant leur fils, et que tout en acquérant les connaissances spéciales de leur profession, ils n'oublieront pas les principes religieux du foyer paterne : aux Hubaudières, on les habituera à se rappeler que l'agriculteur, tout en ayant les bras penchés vers la terre, doit lever les yeux vers le ciel, d'où lui vient la bénédiction qui féconde ses guérets. En offrant une médaille d'or au directeur de cet établissement, et en proposant un prix de 100 fr., accompagné d'une médaille d'argent, à son meilleur élève, la Société d'agriculture confirmera le choix du département, celui de l'Etat ; elle excitera parmi les élèves une louable émulation.

Publié dans Personnage

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