DUBREUIL-CHAMBARDEL Jacques-Philippe (1814-1882)

Publié le par DESBONS Pierre

Jacques Philippe DUBREUIL-CHAMBARDEL

Né le 29 mai 1814 à La Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres)

Décédé le 17 juillet 1882 à Marseille

Docteur en médecin de la Faculté de Paris

1843 : Il devient propriétaire du domaine de Marolles à Genillé en 1843

1843-1848 : mise en valeur du domaine de Marolles

1849 : Fondateur de la Ferme-école de Marolles à Genillé (Indre-et-Loire) : 1849-1851

1851 : Faillite et suppression de la ferme-école qui sera transférée la même année sur le domaine des Hubaudières à Chédigny, sous la direction de M. DAVELUY, régisseur.

1848

Rapport fait par M. François MILLET à la Société Nationale et Centrale d'Agriculture sur les résultats obtenus à Marolles sur des défrichements de landes et de mauvais bois.

 

Exposé des résultats obtenus à Marolles commune de Genillé (Indre-et-Loire) sur des défrichements de landes et de bruyères par l'emploi du noir animal à petite dose et mêlé à la semence. Notice sur l'exploitation de Marolles, par M. DUBREUIL-CHAMBARDEL Docteur en médecine. Paris, imprimerie d'agriculture et d'horticulture de Mme Vve Bouchrd-Huzard, 5, rue de l'Eperon. 1849. 31 p.

p. 6-13

Résultats obtenus à Marolles sur des défrichements de landes et de mauvais bois.

M. MILLET, membre correspondant à la Société Centrale et Nationale d'Agriculture, ayant décrit, dans un rapport qu'il a adressé à cette Société, tout ce qui concerne nos défrichements, nous allons suivre ce rapport, car il nous serait impossible de rien dire de plus exact et de présenter les faits avec plus de clarté.

"Nous allons, en, matière de défrichement, citer des faits qui se sont passés sous nos yeux et qui doivent, nous l'espérons du moins, encourager les personnes et surtout les jeunes agriculteurs qui seraient portés à ce genre de spéculation agricole. M. DUBREUIL-CHAMBARDEL (1), propriétaire-cultivateur, exploite par lui-même depuis 5 ans (1843), la terre de Marolles, commune de Genillé, arrondissement de Loches (Indre-et-Loire) ; le sol de cette partie du département est tout au moins médiocre, et surtout très mal cultivé. La terre de Marolles, lorsque M. CHAMBARDEL en prit possession, contenait 200 ha de terre, non compris les bois réservés ; il y a fait, depuis, des annexes considérables. Cette terre, avant lui, rapportait 3 000 francs ; M. CHAMBARDEL a déjà plus que quintuplé le revenu, et il espère aller fort au-delà, ce qui est fort probable. Mais revenons au défrichement. Il existait sur Marolles, 35 ha de bruyères, landes ou ajoncs en diverses pièces entremêlées dans les terres labourables ; M. CHAMBARDEL, dès le début, forma le projet de les défricher aussitôt qu'il aurait posé les premières bases d'amélioration des terres ouvertes. Il savait que le principal agent de fertilité appliqué aux défrichements était le noir animal, résidu des raffineries sucre, et il était bien résolu à en faire usage. Mais voulant opérer avec toute la prudence et toute l'économie que lui commandait la vaste exploitation qu'il avait entreprise (plus de 400 ha au moyen des annexes), il fit le choix, en 1845, de 2 ha seulement de bruyères, placés dans le voisinage d'une de ses fermes, pour en faire le point de départ de ses défrichements futurs. Là où la bruyère était haute, épaisse et forte, elle fut d'abord coupée à bras, puis enlevée ; là, au contraire, où elle était rare et faible, et où le sol était peu couvert, il n'a été fait aucun travail préparatoire à la main. Le prix de la bruyère a payé les frais d'enlèvement. On a procédé ensuite au défrichement : il a eu lieu de deux manières ; partie à la main, partie au moyen d'une forte charrue attelée de quatre fortes bêtes. Le défrichement à la main, exécuté par des Auvergnats, a coûté 90 fr/ha ; celui à la charrue peut être évalué, à peu de chose près, au même prix, attendu le dépérissement et la fatigue des animaux employés à un travail aussi pénible, et le renouvellement des instruments, qui étaient bientôt mis hors service. Les terres sont restées en cet état jusqu'au moment des semailles, c'est-à-dire de 4 à 6 mois. Ce moment arrivé, M. CHAMBARDEL a fait donner un labour énergique au moyen d'un bonne charrue dite de Rozé, sans avant-train, et attelée de 2 à 4 bêtes, suivant que le sol offrait plus ou moins de résistance. Ce labour fut précédé d'un hersage dans quelques parties. On conçoit que ce labour était très imparfait ; le sol était recouvert de mottes, et même on apercevait çà et là des débris de racines de bruyères qui n'avaient pas été entièrement extirpés ou enlevés. C'est dans un sol sain préparé que M. CHAMBARDEL a semé diverses céréales comme objet de comparaison ; là du froment, là du seigle, là de méteil, mélange de froment et de seigle. Immédiatement après la semaille et avant le hersage, il a été répandu 4,5 hl/ha de noir animal. La semence a été ensuite recouverte par deux hersages croisés. La semaille a eu lieu dans la première quinzaine d'octobre. Au grand étonnement de M. CHAMBARDEL, la récolte a été belle, plus belle que dans les vieilles terres, auxquelles il avait appliqué plus de 70 m3/ha d'engrais d'écurie. Nous n'avons point été appelé à vérifier ces résultats, nous n'avons pas vu la récolte, nous ne faisons que raconter ce qui nous a été rapporté par M. CHAMBARDEL. Nous allons parler maintenant de faits dont nous avons acquis une connaissance personnelle positive. On voit que les résultats de ce premier essai étaient faits pour encourager M. CHAMBARDEL, et l'engager à donner à ses défrichements la plus grande extension. Une occasion se présente, il s'empresse de la saisir. Un propriétaire de Bléré, M. B..., faisait défricher 50 ha de mauvais bois, dominés de bruyères et d'ajoncs, situés à 3 km de Marolles, M. CHAMBARDEL traite avec lui ; vers la même époque M. CHAMBARDEL fait aussi acheter à l'un de ses beaux-frères, dans le voisinage de sa propriété, une ferme contenant une très grande quantité de bruyères. Ces bruyères ont été défrichées et cultivées comme les siennes, et il a obtenu de bons résultats. M. CHAMBARDEL résolut aussi de hâter le défrichement entier de ses bruyères à Marolles. Il était d'autant plus décidé de poursuivre les opérations de ce genre qu'il avait appris que plusieurs cultivateurs de l'arrondissement avaient obtenu de beaux résultats de l'emploi du noir animal dans les défrichements de bruyères (MM. de MARSEUL, GAULLIER de la CELLE, de GAUDRU et autres). En conséquence, dans le cours de 1848, de nouvelles bruyères furent défrichées à Marolles d'après les mêmes procédés que nous avons décrits plus haut ; c'est-à-dire un seul labour après le défrichement, deux hersages et application de 4,5 hl/ha de noir animal. Les semailles de 1848 se composèrent de 6 ha à Marolles et 6 ha seulement à Rigny, bois défriché dont nous avons parlé : le défrichement n'était pas terminé. Informé, par M. CHAMBARDEL, des résultats obtenus de son premier essai de défrichements, nous avons, sur son invitation, pris à tâche de suivre, dans toutes leurs phases, les ensemencements qu'il avait fait en octobre 1846 pour la récolte 1847. Nous avons vu les bruyères défrichées, ensemencées en céréales après un seul labour, et fumées de 4,5 hl/ha de noir animal ; nous avons suivi les céréales dans le cours de leur végétation, qui a constamment surpassé celle des blés semés dans les meilleures vieilles terres, copieusement fumées (70 à 75 m3/ha de fumier) ; nous vu ces céréales atteindre leur maturité et offrit, sur plusieurs points un rendement qui ne pouvait pas être au-dessous de 30 hl/ha de froment et 35 hl/ha de seigle, et une énorme quantité de paille. M. MALINGIÉ, propriétaire et directeur de la ferme-école de la Charmoise (Loir-et-Cher), et que l'on peut placer au nombre des sommités agricoles, est venu visiter, vers la fin juin 1847, les défrichements ensemencés de Marolles et de Rigny ; nous l'avons accompagné dans sa visite, et, comme nous, il a admiré les résultats obtenus par M. CHAMBARDEL. En 1848, dans le mois de juin courant, même examen, de la part de M. MALINGIÉ et de la nôtre, des récoltes sur défrichement de M. CHAMBARDEL, toujours par les mêmes procédés. Les ensemencements de 1847 et 1848 se sont beaucoup accrus, ils ne s'élèvent pas à moins de 90 ha (2) ; 70 pour le compte de M. CHAMBARDEL, 20 pour celui de M. CHENARD, son beau-frère, auquel il a fait acheter, dans son voisinage, un domaine dont la majeure partie se compose de bruyères propres au défrichement. M. CHAMBARDEL a semé un second blé sur une partie de ses défrichements qui en avaient porté en 1847, au moyen d'une addition de 4 hl/ha de noir animal, et toujours avec un seul labour. Les premiers blés comme les seconds n'ont point présenté une différence notable, et, s'il fallait en faire une, elle serait en faveur des seconds. M. MALINGIÉ a pensé, comme nous, que M. CHAMBARDEL devait atteindre de ses céréales sur défrichement, en 1848, sur plusieurs points, de 30 à 32 hl/ha de froment et 35 de seigle ou méteil. Quant au produit de la paille, il sera très considérable ; les tiges de seigle, par exemple, dépassent 2 mètres. On ne peut s'empêcher d'admirer de tels résultats ; et dans de telles circonstances, nous avons engagé M. CHAMBARDEL à faire battre séparément une surface de ces céréales, afin d'être positivement fixé sur leur rendement ; mais d'après la longue expérience que nous avons acquise en cette matière, nous croyons que notre estimation est plutôt au-dessous qu'au-dessus de la réalité. M. CHAMBARDEL a employé deux espèces de noir animal et l'a appliqué de deux manières différentes. Il a employé le noir résidu de raffineries de sucre et du noir pur, c'est-à-dire des os calcinés qu'il a réduit en poudre dans son usine à broyer le plâtre. Il n'a remarqué aucune différence dans les effets produits par ces deux engrais. Voici les deux manières dont le noir a été appliqué : 1° On a suivi la méthode ordinaire en le répandant sur la semaille avant le hersage. 2° Après le chaulage, le blé a été mêlé et incorporé avec le noir préalablement humecté, et le tout a été semé simultanément. Ce mélange doit être fait quelques heures seulement avant la semaille, huit au plus. Ce dernier procédé est préférable. M. CHAMBARDEL est convaincu que plus le blé est mis en contact avec le noir, plus ce dernier a d'action ; des expériences positives lui en ont fourni la preuve : aussi a-t-il pris la résolution de na pas procéder autrement à l'avenir. Voici la nature du sol sur lequel M. CHAMBARDEL a opéré : Terre argileuse mêlée de silex en rognons dans quelques parties, couche végétale de 16 à 17 cm en moyenne, sous-sol imperméable. Les terrains défrichés étaient couverts, sur quelques points, de bruyère noire ; sur d'autres, de grandes bruyères d'Europe mêlées d'ajoncs ; sur d'autres, enfin, de mauvais bois. Partout le résultat a été le même. On a remarqué toutefois, que là, où la bruyère était très rare et la terre simplement gazonnée, la récolte a été moins bonne. Une autre remarque a été faite : M. CHAMBARDEL, pour donner, autant que possible, à ses terres défrichées la forme carrée, s'est trouvé dans le cas d'y joindre une partie de terre ouverte qui a été traitée comme celle du défrichement ; mais la différence dans la beauté de la récolte a été très tranchée : celle du défrichement l'emportait de 50 % sur celle de la vielle terre. Mais la remarque la plus frappante est celle-ci : dans une pièce de défrichement de 4 ha semée en froment, M. CHAMBARDEL, voulant juger, d'une manière plus pertinente, de l'effet comparé de l'application du noir animal ou de son absence, a laissé une planche d'environ 10 ares sans y répandre d'engrais. Là le blé a levé avec peine, et tout ce qu'il a pu faire est d'atteindre 5 cm de hauteur (bien entendu sans épier), et c'est tout au plus s'il pourra être pâturé par des bêtes à laine, tandis que, dans la partie qui a reçu le noir, il a atteint des dimensions dont nous avons parlé et offre une brillante récolte. D'un côté, abondance, de l'autre, rien. M. CHAMBARDEL a employé, en seconde récolte, une partie de ses défrichements en vesce d'hiver, avec un léger mélange de seigle pour la ramer, 4 hl/ha de noir animal lui ont été consacrés. La végétation a été prodigieuse, la faux avait peine à y pénétrer ; le rendement a été de 6 000 kg de vesce sèche. Il nous reste maintenant à établir le compte des frais de culture et du rendement, afin de connaître le produit net.

Frais pour un hectare.

* Les terres couvertes de bruyères, mais susceptibles de défrichement, peuvent être évaluées, dans l'arrondissement de Loches, de 100 à 300 fr/ha. Il en a été vendu à moitié prix ; prenons un terme moyen de 200 fr. Intérêts du prix d'achat 4 % : 8 fr ;

* Défrichement à bras : 90 fr ; Celui de la charrue coûte à peu de chose près le même prix, nous l'avons déjà dit ; Un fort labour : 30 fr ;

* Hersages, au moins deux : 20fr ;

* 2 hl de froment à 15 fr (semences) : 30 fr ;

* (3) 4,5 hl noir animal à 17 f : 76,50 fr ;

* Frais de moisson : 15 fr ;

* Frais de battage (1 fr/hl) : 30 fr ;

* Transport des gerbes : 8 fr.

* Total des frais : 307,50 fr

Produits par hectare

* (4) 30 hl de froment à 15 fr : 450 fr ;

* (5) 3 000 kg de paille, à 20 fr les 500 kg : 120 fr.

* Produit brut : 570 fr.

Produit net par hectare : 262,50 fr.

La seconde récoltes présent un produit net beaucoup plus considérable. En effet, il y aura à déduire sur la somme des frais. 1° Le prix du défrichement : 90 fr ; 0,5 hl de noir animal : 8,50 fr : Sur les labours qui n'exigent plus que deux bêtes, attendu que la terre est alors facile à travailler : 10 fr. Total : 108,50 fr.

Il reste donc démontré, de la manière la plus évidente, par des expériences répétées pendant trois années consécutives et dans des localités différentes, que dans l'arrondissement de Loches on a obtenu des défrichements de bruyères, avec un seul labour et deux hersages, et au moyen de l'application de 4,5 hl/ha de noir animal, des récoltes considérables en céréales que l'on pourrait à peine espérer des meilleures terres arables, cultivées, de longue main et copieusement fumées ; Qu'au moyen d'une nouvelle addition de 4 hl/ha de cet engrais on a obtenu, l'année suivante, toujours avec un seul labour, une seconde récolte de céréales au moins égale à la première, si elle ne la surpasse pas ; Que des vesces d'hiver semées avec une égale quantité du même engrais, au mois de novembre qui a suivi la moisson, ont donné, au mois de juin suivant, une récolte prodigieuse de fourrage, sans autre préparation qu'n labour et deux hersages.

M. CHAMBARDEL, désirant donner à ses procédés, en matière de défrichements de bruyères, tout l'authenticité possible, en les soumettant à l'examen de la première Société agricole de France, exprime le plus vif désir pour que la Société nationale et centrale d'agriculture veuille bien désigner un ou plusieurs de ses membres, à l'effet de venir visiter ses récoltes de 1848, sur défrichements, et en rendre compte à la Société.

Signé F. MILLET

 

(1). M. CHAMBARDEL est docteur en médecine de la faculté de Paris. Un penchant naturel et, pour ainsi dire, irrésistible le portait vers l'agriculture. Il a renoncé à la médecine et s'est voué tout entier au ménage des champs ; et il obtient de grands succès.

(2). Qu'on nous permette, à cette occasion, une petite anecdote. Dans les premiers jours d'octobre 1847, un vieux cultivateur des environs passait auprès d'un champ nouvellement défriché, que les domestiques de M. CHAMBARDEL ensemençaient. Le sol, comme nous l'avons dit, était tout couvert de mottes et de débris de bruyères. Mes amis, dit le vieux cultivateur, que faits-vous donc là ? Vous le voyez bien, nous semons du méteil. Mais votre maître est donc fou, c'est de la semence perdue ; dites-lui qu'il aurait beaucoup mieux fait d'en nourrir ses volailles. Dans le mois de juin suivant, notre vieux cultivateur eut occasion de repasser près du même champ. Quel fur son ébahissement lorsqu'il vit des seigles vigoureux dont les tiges dépassaient 2 mètres ! On conçoit qu'il changea de langage.

(3). Le noir animal de raffinerie a été tiré de Nantes ; celui pur (os calcinés), d'une fabrique de Tours.

(4). Maintenant la récolte est terminée et même battue en partie ; le rendement sur plusieurs points a atteint et même dépassé le chiffre cité par M. MILLET ; quoique inférieur sur d'autres points, il a été beau partout. On peut affirmer ; quand l'ensemencement est bien fait, qu'il n'y a rien de chimérique à élever ses espérances jusqu'à ce chiffre et même au-delà.

(5). Les pailles sont fort chères et d'un écoulement facile dans la contrée ; leur prix dépasse 25 fr les 500 kg et quelquefois 30 fr. M. CHAMBARDEL, avait adopté l'excellente méthode de composer la litière de ses bêtes bovines et ovines avec de la marne, qui abonde chez lui, se trouve dans le cas de vendre, sans inconvénient, une grande partie de ses pailles. La plupart de ses terres exigent des amendements calcaires.

1848

 

Prix départemental d'agriculture (Indre-et-Loire)

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1848.

p. 86-87

M. le docteur DUBREUIL-CHAMBARDEL vous est déjà connu par ses magnifiques plantations de mûriers, auxquelles vous avez décerné une médaille en 1845. M. CHAMBARDEL est propriétaire du domaine de Marolles, dont le nom se rattache à d'intéressants souvenirs pour l'histoire de la Touraine, puisque ce château fut le berceau de Claude de Marolles, le fougueux ligueur, et du célèbre abbé de Marolles. Ce domaine composé de 400 hectares, était, en grande partie, couver de bruyères, il y a quelques années encore, et le reste, traité par une culture routinière, produisant un mince revenu. M. CHAMBARDEL, entré en possession de ce domaine en 1843, en a entrepris par lui-même le défrichement et l'amélioration. Il a énergiquement attaqué les surfaces improductives de bruyères et il les a remplacées par la culture. L'emploi di noir animal lui a assuré de belles récoltes dans toutes ses terres nouvelles. Ses terres anciennes étaient tellement épuisées qu'elles ne pouvaient produire de prairies artificielles, mais elles ont été réparées à force d'engrais et mises en état de produire les céréales et les fourrages. Le sol sur lequel M. CHAMBARDEL a travaillé est de qualité très médiocre ; la terre végétale, peu épaisse, est superposée à une couche de glaise ; il a fallu des travaux importants pour assurer l'écoulement des eaux et dessécher des surfaces déprimées qui formaient des marécages. Les travaux de M. CHAMBARDEL ont été l'objet d'une étude faite sur les lieux par M. MILLET-ROBINET pour la Société d'Agriculture.

page 94
Distribution des prix : mention honorable avec rappel des médailles précédemment obtenues à M. Chambardel, propriétaire cultivateur à Marolles, commune de Genillé.

p. 139-146

Rapport détaillé sur la propriété de Marolles, fait à la Société d'Indre-et-Loire, pour le concours de 1848.

Signé CHAMBARDEL et validé par le maire de Genillé.

Note : voir texte complet dans dossier pdf téléchargeable ci-après.

 

 

1848

Défrichements et Noir Animal (Partie 1)

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 110

Séance du 7 juin 1848

M. DELAVILLE-LE-ROULX de la Guéritaulde, département d'Indre-et-Loire, donne des détails concernant des produits remarquables en céréales obtenus, sur des défrichements de landes et de bruyères, par M. CHAMBARDEL, propriétaire de l'arrondissement de Loches, à l'aide de l'engrais appelé noir animal.

M. ROBINET ajoute qu'il connaît les améliorations agricoles réalisées par M. CHAMBARDEL et les bons résultats qu'il a obtenus. Comme cet agriculteur désire se présenter au concours ouvert par la Société pour ces améliorations, M. ROBINET demande que la lettre de M. DELAVILLE-LE-ROULX soit conservée et les droits de M. CHAMBARDEL réservés jusqu'à ce qu'il ait pu fournir tous les documents nécessaires. Cette proposition est adoptée.

M. POMMIER fait, à ce sujet, une observation : M. CHAMBARDEL donne connaissance des récoltes qu'il a obtenues sur des landes et bruyères à l'aide d'un labour et d'un hersage ; il lui paraît difficile qu'on puisse obtenir de tels produits sur des terrains de cette nature au moyen d'un labour et d'un hersage ; il pense qu'il serait utile que M. CHAMBARDEL fît connaître d'une manière précise sur quelle nature de terrain il a opéré, et quelle préparation a été donnée au sol.

M. ROBINET se charge de lui transmettre ces observations.

 

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 154-155

Séance du 21 juin 1848

M. ROBINET rappelle que, dans l'avant dernière séance, à l'occasion d'une communication relative aux travaux de défrichement de M. CHAMBARDEL, du département d'Indre-et-Loire, et aux récoltes obtenues par ce cultivateur à l'aide du noir animal, quelques doutes avaient été émis sur les résultats remarquables de cette application ; en conséquence, il s'empresse de faire part à la Société d'une réponse confirmative que vient de lui adresser M. MILLET, à qui il avait demandé des renseignements, et qui contient désinformations circonstanciées sur les procédés de culture employés par M. CHAMBARDEL.

La parole est accordée à M. ROBINET pour lire cette lettre, qui sera renvoyée à la commission des améliorations agricoles.

 

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 170-173

Séance du 5 juillet 1848

Défrichement. Emploi du noir animal

M. ROBINET a la parole pour lire une notice de M. MILLET, correspondant du département d'Indre-et-Loire, sur les travaux de défrichement opérés par M. CHAMBARDEL, et sur les résultats que ce cultivateur a obtenus de l'emploi du noir animal. Cette notice est renvoyée à la commission des améliorations agricoles. A l'occasion de cette lecture, M. DEBONNAIRE de Gif s'étonne que M. CHAMBARDEL puisse faire défricher des bruyères à raison de 90 fr/ha, attendu que le prix de revient de ces sortes de travaux est ordinairement plus élevé. Du reste, la note ne fait pas connaître à quelle profondeur a eu lieu le défrichement, ce qui est un élément essentiel de la dépense. On parle d'un labour profond fait avec la charrue Rozé, ajoute M. DEBONNAIRE de Gif : sans doute les labours profonds sont avantageux, mais ils doivent être faits successivement ; car, dans la plupart des cas, si on laboure profondément dès le début, on risque de faire une opération plus nuisible qu'utile. M. DEBONNAIRE de Gif ne s'explique pas non plus comment 4,5 hl de noir animal ont pu suffire pour fumer d'une manière si prodigieuse 1 ha de terre. Il a employé aussi le noir animal, il en a obtenu de bons effets ; mais il en mettait des quantités plus considérables. M. ROBINET répond que les différents détails donnés par M. MILLET sont des faits positifs qu'on ne peut contester. Quant à la quantité de noir animal employée, et que M. DEBONNAIRE de Gif trouve faible, il convient de remarquer que c'est ici un engrais appliqué au grain seul, mis en contact avec le grain, et non une fumure générale de tout le terrain. M. de GOURCY ajoute qu'il a employé, le premier, le noir animal dans sa localité. La première année, en ayant mis pour 700 francs, il a eu une récolte estimées 14 000 francs. Il ajoute qu'ordinairement on en met, par hectare, une quantité plus forte que M. CHAMBARDEL, soit, 6, 8 et même jusqu'à 10 hl. Avec 8 hl, dans des défrichements de bruyères, on obtient de très belles récoltes, environ le double de celle que produit une bonne fumure, et, à cette dose de 8 ou 10 hl, l'effet de l'engrais se fait sentir pendant 3 ou 4 et même 5 ans.

M. PAYEN dit que le noir animal a commencé à être employé en 1823, à la suite d'un mémoire lu par lui à l'école de pharmacie, et dans lequel il donnait les résultats de expériences agricoles qu'il avait entreprises, et suivies, depuis la première année de l'application en grand du noir animal au raffinage et à la fabrication du sucre, c'est-à-dire en 1813 et 1814. Cette substance a augmenté de prix graduellement, de telle sorte que ce même noir, que l'on jetait, à cette époque, aux décharges publiques, a aujourd'hui une valeur plus grande que le noir animal neuf employé par les raffineries. Ce dernier ne se vend que 6 ou 7 francs, tandis que le prix de l'autre s'est élevé jusqu'à 14, 15 et même 17 francs. Cela explique, attendu que le noir animal qui a servi, contient, outre le charbon des os, le sang qui a été employé dans la chaudière de la raffinerie, et qui concourt puissamment à la nutrition des plantes. Un fait a été généralement reconnu, ajoute M. PAYEN, En France, en Allemagne et en Angleterre, c'est que les végétaux ont besoin de certains éléments minéraux pour se développer. On sait que le phosphate de chaux domine dans les cendres des graines des céréales et des graminées ; on ne peut donc en faire développer sans phosphate de chaux ; or on sit que le noir animal contient 80 % de phosphates de chaux de son poids, ce qui justifie sa remarquable influence sur la production des céréales, puisqu'on leur fournit, par cet engrais, dans une proportion beaucoup plus forte que le fumier ordinaire, un des agents essentiellement nécessaires à leur développement. M. PAYEN dit encore que, En Angleterre, on a fait des expériences de cette nature dans des terrains presque dépourvus de phosphate calcaire, et où le blé ne pouvait être cultivé. On a obtenu de belles récoltes de céréales en y introduisant, sous différentes formes, le phosphate de chaux.

M. de GOURCY annonce qu'il se propose de visiter le département d'Indre-et-Loire ; il pourra examiner les défrichements de M. CHAMBARDEL et fourni à la Société des renseignements. Un membre fait observer que M. MOLL habite une localité très peu éloignée de l'arrondissement de Loches, et pourrait aussi fournir à cet égard d'utiles indications. Il est décidé qu'il sera écrit à M. MOLL dans ce but.

M. DECAZES a défriché 200 ha de bruyères, et il n'a jamais pensé qu'on pût y obtenir du blé en première récolte. Il a employé, sur 100 ha du noir animal, ; il le payait, dans le principe, 3 ou 4 fr/hl ; mais, par suite de l'élévation de prix, il a dû y renoncer. Lorsqu'il en faisait usage, il obtenait (au lieu de 5 ou 6) 10 et 11 pour 1, résultat auquel il n'avait jamais pu atteindre avec le fumier ordinaire. M. DESCAZES fait connaître, en outre, à la Société, que l'an dernier, il a semé 2 hl de blé préparé par M. de la BORDERIE ; il a donné ordre qu'on prît note des résultats, afin de pouvoir en rendre compte à la Société.

M. ROBINET croit devoir présenter une observation. Il est fait mention, dans la note de M. MILLET, du prix de la paille vendue. Il pourrait paraître surprenant que l'on vende de la paille, ce qui semble contraire aux règles d'un bonne exploitation ; mais il convient de remarquer que M. CHAMBARDEL en emploie très peu pout litière. Il met sous ses animaux de la marne, qu'il transporte ensuite sur ses terres ; il en obtient de très bons résultats.

M. DESCAZES dit qu'il vend aussi de la paille. Il met sous ses animaux de la bruyère, du gazon et de la marne ; ce mélange lui fournit un très bon fumier.

1848

Défrichements et Noir Animal (Partie 2)

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 219

Séance du 26 juillet 1848

M. de GOURCY remet un mémoire sur les défrichements. Réservé pour la lecture aussitôt que l'ordre du jour le permettra.

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 282

Séance du 9 août 1848

Il est donné lecture d'une lettre de M. CHAMBARDEL, de Genillé, département d'Indre-et-Loire, ayant pour objet de rendre compte des résultats de l'emploi d'engrais de la compagnie générale, sur ses défrichements de bruyères, dont il a déjà donné connaissance à la Société dans une précédent séance. Plusieurs membres présentent es observations. La discussion est ajournée jusqu'à l'époque où on aura reçu le rapport de MM. MOLL et de GOURCY, qui ont été chargés de visiter les travaux de M. CHAMBARDEL.

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 453-455

Séance du 22 novembre 1848

Défrichement de bruyères

M. de GOURCY lit un rapport sur les travaux de défrichements de Bruyères exécutés dans le département d'Indre-et-Loire par M. DUBREIL-CHAMBARDEL.

M. MOLL explique les motifs qui ne lui ont pas permis de se conformer à l'invitation que lui avait adressé la Société, de visiter les mêmes travaux ; il fait connaître, en outre, que la priorité de la méthode pratiquée par M. CHAMBARDEL étant réclamée à la fois par trois agriculteurs, la solution de la question devenait fort embarrassante, et eût nécessité une espèce d'enquête. M. MOLL ajoute que, du reste, d'après les renseignements qu'il a reçus, il ne peut que confirmer les faits et les détails consignés dans la note de M. de GOURCY. Il est certain, dit-il, que le système suivi par M. DUBREUIL-CHAMBARDEL donne des résultats vraiment extraordinaires. M. MOLL donne à cet égard quelques explications. Il informe la Société qu'il a voulu employer ce procédé sur son domaine, et que, loin de l'appliquer en petit, et accessoirement, à titre d'expérience, il est tellement convaincu de ses bons effets, qu'il n'a craint d'y consacrer 9/10 de ses défrichements, réservant seulement 1/10 pour la méthode ordinaire. Il fera connaître à la Société les résultats qu'il aura obtenus.

Relativement à ce que dit M. MOLL, que le noir animal dépourvu de matières organiques produisait d'aussi bons effets que celui qui en contient 20 à 25 %, M. CHEVREUL fait observer qu'il serait utile de savoir quelle est la composition de la terre de bruyère sur laquelle on a opéré ; il croit que, pour que de telles expériences fussent complètes au double point de vue de la pratique et de la science, il serait important de bien définir les éléments sur lesquels on agit. Il y a près de 30 ans, ajoute M. CHEVREUL, qu'on connaît les bons effets que le noir animal produit dans des terrains schisteux sur les cultures de céréales. M. MOLL dit qu'en Bretagne on a fait, à cet égard, des essais dans des sols schisteux, mais que dans sa localité le terrain est argileux avec sous-sol imperméable, reposant sur le tuffeau de Touraine et en partie sur le calcaire jurassique. M. CHEVREUL donne des détails sur les réactions qui s'opèrent, par la suite de l'existence du phosphate de chaux, dans les différentes natures de terrain. M. PAYEN est d'avis, comme M. CHEVREUL, qu'il serait essentiel de bien connaître la composition du sol sur lequel on opère. Quant au noir animal, il faudrait aussi déterminer sa composition : en effet, MM. de GASPARIN et PAYEN ont constaté que le noir animal neuf et sec, livré aux sucreries, contient toujours de la matière azotée ; il s'en trouve quelque fois même des proportions aussi fortes que dans certains noirs résidus des raffineries. M. MOLL assure que le noir animal ne produit absolument rien dans la contrée où il cultive sur les terres anciennement cultivées et marnées. La suite de cette discussion est renvoyée à une prochaine séance.

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 473-481

Séance du 22 novembre 1848

Visite de la culture de M. DUBREUIL-CHAMBARDEL au château de Marolles, commune de Genillé, arrondissement de Loches, à 2 lieues de cette ville, autant de Montrésor, et à 6 lieues de Montrichard, département d'Indre-et-Loire, faite par M. Conrad de GOURCY, le 20 juillet 1848.

M. DUBREUIL, docteur en médecine de Paris, s'est fait agriculteur en se mariant, et a commencé par faire valoir sa terre, qui était composée d'environ 200 ha, tant en prés qu'en bois, terres de bruyères. Cette culture a été portée depuis jusqu'à 400 ha par des annexes et des défrichements considérables de mauvais taillis et de bruyères dont ce pays est encore grandement couvert, et qu'on peut acheter, suivant leur position, de 150 à 300 fr/ha. M. DUBREUIL a défriché déjà, depuis 3 ans, plus de 90 ha qui se trouvaient couverts, cette année, de superbes récoltes de seigle, méteil et froment, à l'exception de quelques hectares qui ont produit chacun, 6 000 hl de vesces. Je n'ai vu sur pied que des méteils et la plus grande partie des froments, ceux-ci des premières et deuxièmes années ; car il met deux grains d'hiver de suite sur son défrichement, en donnant, la première année, 4,5 hl/ha, et, la seconde année, 4hl/ha de noir animal, résidus de raffineries de sucre, qu'on achète cette année, à Paris, chez les raffineurs, 8,5 fr/hl. Ces récoltes étaient remarquablement belles, surtout celles de deuxième année. J'ai vu une partie d'un champ de deuxième année que j'eusse pris pour 40 hl/ha : c'était du froment rouge de Kent, importé par M. MALINGIE. Ces superbes récoltes, faite sur des bruyères d'une apparence médiocre, et qui n'étaient jusqu'alors (surtout dans la récolte de la première année) qu'à moitié défrichées, m'ont extrêmement étonné ; j'avais de la peine à croire que la chose fût possible, même en la voyant. M. DUBREUIL m'a fait pénétrer dans l'intérieur des champs, afin que je pusse juger de la beauté des récoltes, et en même temps remarquer combien le défrichement était peu complet, surtout dans ceux faits à la charrue, environ 15 mois avant la récolte, au lieu de de l'avoir été, comme la plus grande partie, à la pioche ; au moyen d'une dépense de 90 fr/ha, il estime celle du défrichement à la charrue être aussi chère, tant les hommes et les attelages sont fatigués, et les charrues usées et brisées. La beauté des récoltes est due d'abord à l'emploi de noir animal, ensuite à la manière dont il est employé. M. DUBREUIL, après avoir fait complètement pulvériser le noir, l'humecte suffisamment pour qu'il puisse se coller en partie à la semence, qu'on mélange le mieux possible avec le noir ; il opère cette mixtion au plus 7 ou 8 heures avant la semaille, pour éviter que la fermentation du noir animal ne détruise la germination ; il a ensuite le soin très essentiel de faire passer et repasser le semoir 3 ou 4 fois sur le terrain, où il ne serait passé qu'une seule fois s'il n'avait eu à semer que le froment, cela afin que ce mélange se trouve très également réparti sur le champ. Voici la manière dont M. DUBREUIL opère le défrichement de ses bruyères : il en laboure, en hiver, tant que les attelages n'ont pas d'autres occupations ; le reste est pioché, à raison de 90 fr/ha jusqu'à l'époque où les ouvriers sont employés à la rentrée des grains ou des fourrages. On leur abandonne les grosses racines de bruyère blanche, dont ils se chauffent ou font du charbon pour le vendre. Il laboure ces défrichements en septembre, en forme de planches d'une largeur de 3 ou 4 m, qui reçoivent, au moment de l'emblave, en octobre, un ou deux hersages, avant et autant après la semaille. On peut se figurer en quel état doit se trouver une bruyère défrichée qui a reçu si peu de façons de culture. Si j'avais vu une emblave faite de cette manière, j'eusse été convaincu que la semence était perdue ; au lieu de cela, on obtient des récoltes aussi productives au moins que celles de nos meilleures terres dans les parties de la France où la culture est déjà assez avancée ; car 20 à 25 hl/ha sont un fort beau produit. Après la première récolte il ne donne qu'un labour et sème une seconde fois du froment dans les bruyères qui ne sont pas très sablonneuses, ou du seigle. Dans ce dernier cas, en ajoutant à la semence 4 hl/ha de noir, il obtient de 30 à 35 hl/ha, et des pailles superbes qui pèsent jusqu'à 3 000 kg/ha. Les anciennes terres de pays, qui sont cultivées par les fermiers, paraissent fort mauvaises et donnent de pitoyables récoltes ; mais celles de M. DUBREUIL qui sont fumées à raison de 60 à 70 m3/ha, sont couvertes de belles récoltes, mais infiniment moins productives que celles de bruyères défrichées. Il m’a montré un champ défriché et semé en même temps que ceux qui l'entouraient : le froment y était très inférieur. Il m'a dit que ce champ avait été marné sur la bruyère 4 ou 5 ans avant le défrichement. Il attribue cette diminution très considérable de la récolte audit marnage, chose qui me parut alors fort improbable ; mais j'ai vu, en visitant M. GAULLIER de la CELLE, entre les villes de Ligueil et de Preuilly (Indre-et-Loire), un défrichement de bruyères semé en froment avec le noir, dont partie avait été, en outre chaulée. Cette dernière partie se trouvait moitié moins bonne que le reste. Je vis aussi plus tard, chez M. MOLL, dans sa terre de l'Espinasse, près Châtellerault, une excellente bruyère, défrichée au moyen de la pioche et semée en avoine mêlée avec du noir, dont la récolte était fort belle, excepté un coin où l'on avait répandu, pour expérience, de la chaux vive qui avait gâté cette partie du champ. Enfin, les défrichements d'excellentes bruyères faits au moyen de l'écobuage, qui coûte à M. MOLL 125 fr/ha au mieux de 80 fr/ha pour le piochage, ne lui ont produit que 12 à 16 hl/ha de froment, quoiqu'il ait ajouté 4 hl/ha de noir animal en sus de l'écobuage. Il faut donc, d'après ces différentes expériences, se rendre à l'évidence : on pourrait croire que la chaux détruit en grande partie le bon effet du noir animal. Le 22 juillet, j'allai chez M. GAULLIER de la CELLE fils, dont la jolie habitation touche le bourg de la Celle (Celle-Guenand) : il eut la bonté de me conduire dans sa belle ferme, qui est située à environ 1 km de son habitation, et me fit parcourir sa grande exploitation, qui est fort bien dirigée ; il s'y trouve 60 ha de défrichements commencés il y a 5 ans. M. GAULLIER, et un de ses amis, M. de GAUDRU, qui cultive une propriété entre Châtillon-sur-Indre et le Blanc, ont pensé qu'on pourrait peut-être diminuer la quantité de noir animal à employer pour obtenir une récolte, si on le mélangeait avec la semence, et les essais ayant surpassé leurs espérances, ils ont beaucoup défriché de bruyères depuis cette espèce d'invention. Ils ont été imités par beaucoup de cultivateurs, entre autres par M. de MARSEUL, dont le château est près de Genillé : je n'ai pu visiter sa culture, lui et son régisseur étant absents ; aussi M. BROC, qui habite non loin du Banc, et qui fait de grands défrichements de bruyères ; par un fermier picard qui est devenu le voisin de M. de la CELLE (GAULLIER de la CELLE), en achetant une propriété qui le touche ; enfin par bien des petits cultivateurs-propriétaires des environ de la Celle (Celle-Guenand) qui ont suivi cet exemple si profitable, quoiqu'il ne date que de 4 ans (1845). M. de la CELLE prépare ses défrichements infiniment mieux que M. DUBREUIL, car il se sert d'une herse Valcourt, qui, au lieu de dents, est armée de coutres tranchants ; cette herse étant fortement chargée, on la fait passer plusieurs fois sur le défrichement, qui se trouve ainsi réduit en mottes infiniment moins volumineuses ; on fait ensuite passe, un couple de fois, un rouleau fort pesant. On emploie alors sur ce terrain rassis une herse Bataille aussi armée de grands coutres tranchants ; on laboure la terre, après cela, avec un bineau ; puis on herse et on roule de manière à ce que la terre se trouve assez meuble pour que, avec un troisième labour, on puisse former des planches de 5 tours très bien faites, les gazons de bruyères se trouvant littéralement détruits. Eh bien, malgré tous ces soins, qui augmentent d'un manière notable les frais du défrichement, les récoltes de froment de M. de la CELLE m'ont paru moins belles que celles de M. DUBREUIL, dont les bruyères sont, je crois, complètement pareilles à celles de M. GAULLIER ; mais il est à remarquer qu'il ne met que 360 litres/ha de noir animal au lieu de 450. Malgré cela, ses récoltes sont encore fort belles : il a eu en troisième récolte de belles vesces d'hiver et 30 hl/ha de colza sur une autre parcelle de la troisième année de défrichement qui n'avait reçu pour cette récolte, je crois, que 250 l/ha de noir animal ; enfin j'ai vu des avoines semées avec 150 l/ha de cet engrais sur la quatrième année de défrichement, et elles étaient de toute beauté. J'ai encore vu un sarrasin très vigoureux sur la deuxième année de défrichement, quoiqu'on ne lui eût donné aucune fumure, et que la récolte qui avait précédé, et qui était du froment, n'eût reçu que 360 l/ha de noir animal. Si cela n'avait pas été fait si en grand, et ne m'avait pas été certifié par deux personnes assurément bien dignes de ma confiance, je n'aurais pas pu croire qu'une si petite quantité de charbon d'os pût produire des récoltes aussi remarquables. M. de la CELLE pense, en voyant la grande beauté de ses avoines, qui sont la quatrième récolte venue après l'emploi, que en 4 années, de 11 hl/ha de noir animal et qui ont produit dans les deux premières années, plus de 50 hl/ha de froment, dans la troisième 30 hl/ha de colza, et dans la quatrième environ 40 hl/ha d'avoine ; il pense, dis-je, qu'il obtiendra une cinquième et même une sixième récolte avec du noir, et que ce ne sera qu'alors qu'il sera obligé d'en venir au fumier et au marnage ; s'il ajoute à cela l'assainissement complet, d'après la méthode anglaise, dans ses terres humides, il aura, dans ce cas une excellente propriété, au lieu de bruyères presque improductives et sans valeur vénale. M. de la CELLE a mis 36 voitures de bon fumier, attelées chacune de trois forts chevaux, dans 1 ha de bruyère nouvellement défriché ; le froment que j'ai vu sur pied était infiniment moins beau que celui qui était à côté, et qui n'avait reçu que 360 l/ha de noir animal. Il a mis sur ses vieilles terres, qui étaient fort mauvaises, d'abord une bonne dose de terre prise dans les fossés ou ailleurs, ensuite de 30 à 36 voitures de fumier, ou bien 30 hl de noir animalisé BARONET, qu'il a payé, à Tours, 5 fr et 1,5 fr par hl pour le port de Tours à la Celle-Guenand, ce qui fait en tout 195 fr. ; ces récoltes étaient bonnes, mais moindres que celles faites sur bruyères défrichées. Il est, d'ailleurs probable que le noir animalisé, qui est, je crois, un mélange d'argile carbonisée avec des vidanges, ne fera, comme la poudrette ordinaire, son effet que pour une récolte, tandis que les 11 hl de noir animal, qui, pris à Paris, ne coûteraient que 93,50 fr., et dont le port (leur poids étant d'environ 1 000 kg), ne coûtera que 13,65 fr jusqu'à Tours, et, de là jusqu'à la Celle-Guenand, à raison de 5,50 fr/hl, 16,50 fr., total 123,65 fr/hl, auront produit quatre fort belles récoltes. Le grand mérite de cette nouvelle méthode d'employer le noir animal est, ce me semble, que son peu de valeur et la petite quantité qu'il en faut pour obtenir une bonne récolte, peu de temps après le défrichement, engageront beaucoup de propriétaires de bruyères, une fois que ce procédé sera connu généralement, à faire opérer des défrichements ; ce qui aura le double avantage d'augmenter la production des céréales et de procurer de l'ouvrage aux journaliers dans la saison morte. Une fois ce bon exemple donné par les grands propriétaires, toute personne qui pourra disposer de 50 ou 60 fr., pour l'achat de noir animal, sera en mesure de défriche, en temps perdu, 1 ha de bruyères, qui donnera, l'année suivante, une récolte de 3 à 400 fr. : ce produit l'aidera à faire vivre sa famille, tout en se réservant de quoi acheter 4 hl de noir animal au moyen desquels il obtiendra, un an plus tard, sur le même terrain, une seconde récolte de grains d'hiver qui vaudra de 5 à 500 fr?, avec lesquels il pourra se procurer du noir animal pour la troisième récolte, mais encore pour fumer un nouveau défrichement, et ainsi de suite. Ceux qui ne possèdent pas de bruyères pourront, du moins dans une grande partie de la France, en louer de leur commune ou bien de quelque propriétaire, et trouver ainsi de l'ouvrage, s'ils en manquent, ce qui n'arrive que trop souvent dans les pays où il existe encore beaucoup de landes ; car leur présence est un signe presque certain que la culture est négligée et mauvaise, et, par conséquent, que les journaliers ne sont guère occupés, l'été une fois passé. Voici, pour les localités peu éloignées de Tours, un aperçu de la dépense à faire, lorsqu'on ne travaille pas soi-même, pour défricher.

 

Première année de défrichement.

Dépenses

Piochage de 1 h de bruyère...90 fr

Un labour avant la semaille...30 fr

Quatre hersages...20 fr

2 hl de froment de semence...40 fr

4,50 hl de noir pris à Paris, à 8,50 fr/hl...38,25 fr

Transport jusqu'à Tours, 237 km ; le pois est de 400 kg...5,50 fr

Leur port de Tours à la Celle-Guenand, 64 km...6,75 fr

Pour semer et curer les raies découlement... 4,00 fr

Fauchage de la récolte ainsi que lier...15 fr

Rentrer les gerbes à la grange ...8 fr

Battage de 20 hl à 1 fr...20 fr

Total... 277,50 fr

Produits

20 hl fr froment à 16 fr...320 fr

3 000 kg de paille, à 30fr/1000kg ... 90 fr

Total : 410 fr

Récapitulation

Recette...410 fr

Dépense...277,50 fr

Produit net... 132,50 fr

 

Deuxième année de défrichement

Dépenses

Un labour...30 fr

Quatre hersages...20 fr

2 hl de froment pour semence...40 fr

4 hl de noir animal rendu à la Celle-Guenand...44 fr

Semer et curer les raies d'écoulement...4 fr

Moisson et battage de 30 hl...53 fr

Total...191 fr

Produits

30 hl de froment à 16 fr...480 fr

La paille...90 fr

Total...570 fr

Produit net...379 fr

 

Troisième année de défrichement

25 hl de colza à 20 fr...500 fr

Frais de culture et moisson...150 fr

Produit net...350 fr

 

Quatrième année de défrichement

40 hl d'avoine à 6 f... 240 fr

La paille...60 fr

Frais de culture et de battage...150 fr

Produit net...150 fr

Total des produits nets sur 4 ans : 1011,50 fr

L'hectare de bruyères vaudra, étant défriché, au moins 400 fr au lieu de 200 fr

Total du bénéfice net en 4 ans... 1 211 fr.

1849

Défrichements et Noir Animal, (Partie 3)

Prix de la Société nationale et centrale d'agriculture de France

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

p. 905

Séance du 30 mai 1849

M. HERICART de THURY, au nom de la commission des améliorations agricoles, lit un rapport contenant les propositions de décerner les récompenses suivantes : A M. CHAMBARDEL, de Genillé (Indre-et-Loire), pour travaux de défrichement et emploi de noir animal, la seconde médaille d'or. Accordé.

1850

Second voyage agricole en Belgique, en Hollande et dans plusieurs départements de la France par M. le comte Conrad de Gourcy, Librairie d'agriculture de Mme Bouchard-Huzard, Paris 1850, 387 pages, Cote A238
p. 360-363
Manière économique et très profitable de défricher les bruyères.
On fait produire à une bruyère, au bout d'une année ou 18 mois au plus, du moment où le premier labour a été donné, une récolte de 20 à 25 hl en froment, méteil ou seigle, suivant le plus ou le moins de légèreté du sol défriché, en adoptant la manière d'employer le noir animal, imaginée par M. de la Selle fils, propriétaire demeurant à 12 lieues de Tours, près de la ville de Preuilly.
Il y a six ans [1844] qu'il suit cette méthode, qui lui a si bien réussi, que beaucoup de cultivateurs l'ont adoptée et qu'il y a déjà plus 100 ha de bruyères défrichées d'après cette méthode, près de chez lui.
Voici comment procède M. de la Selle : il fait piocher à tranche ouverte la bruyère, après en avoir fait faucher la surface pour litière, ou l'avoir fait brûler, en y mettant le feu par un temps sec. Ce piochage coûte dans ce pays, aux époques où les travailleurs ne sont pas employés à la fenaison ou moisson, 60 fr/ha. Il fait ensuite réduire ce grossier piochage au moyen de herses armées de coutres et à coup de rouleau. En septembre, on donne un labour assez profond pour amener de la terre sur les gazons qui n'ont pu être réduits entièrement ; on herse encore un couple de fois, et puis on sème le grain, mêlé aussi bien que possible avec 360 litres de noir animal bien pulvérisé. Afin de répandre également [uniformément] sur le champ la semence et le noir, il fait passer le semeur trois fois sur l'emplacement où il ne serait passé qu'une, s'il n'avait semé que du grain pur. Une fois la récolte enlevée, M. de la Selle fait donner un seul labour et sème lorsque le temps est venu, une seconde fois du grain d'hiver, en y mettant la même quantité de noir. Cette deuxième récolte produit ordinairement de 30 à 35 hl.
La troisième année produit, toujours avec la même quantité de noir mêlé à la semence, une trentaine d'hl de colza ou de 6 à 8 000 kg de vesce d'hiver mêlée de seigle.
La quatrième année, on sème de l'avoine qui devient superbe et qui peut donner ayant reçu aussi du noir, de 40 à 45 hl.
On se trouve alors, au moyen de l'argent et du fumier produits par les 4 premières récoltes, en état de drainer les terres humides, de les marner et de les fumer ; de cette manière, on continuera à obtenir de ces terres d'aussi bonnes récoltes que dans les bonnes terres cultivées depuis longtemps. M. de la Selle a déjà défriché ainsi plus de 70 ha.
M. Dubreuil-Chambardel, propriétaire de la terre de Marolles, près Loches, où il vint d'établir une ferme-école, a été un des premiers à imiter M. de la Selle. Il a déjà défriché une centaine d'hectares, il ne donne que deux labours ou un piochage et un labour à ses bruyères ; il ne herse que deux fois avant et deux fois après la semaille, et quoique sa terre se trouve ainsi infiniment moins bien préparée que celle de M. de la Selle, il obtient des récoltes encore plus belles, ce qui vient de ce que M. Chambardel met 450 litres de noir au lieu de 360.
J'ai vu, cette année, chez M. Chambardel 3 ha en froment et 3 en seigle, qui produisent leur troisième récolte du même grain ; elle nous a paru encore plus belle que la deuxième récolte sur défrichement que nous venions de voir et qui était très belle. Nous avons estimé qu'une première récolte de grain méteil, qui avait été semée sur une bruyère qui n'avait reçu que deux labours et quatre hersages, devait produire de 28 à 30 hl ; la palle en avait près de 2 mètres de haut ; la récolte était très épaisse et les épis très longs et bien garnis.
M. Malingié, propriétaire de la terre de la Charmoise, près Pontlevoy, département de Loir-et-Cher, qui a établi une ferme-école il y a trois ans, a défriché cette année 100 ha de bruyères pour les emblaver de cette manière.
M. Desloges, fermier près de Manthelan, route de Tours à Preuilly, a plus de 50 ha de bruyères traitées de même, et les récoltes de froment et colza y sont admirables.
M. Lupin, au château de Loroy (Cher), ayant essayé sur 10 ha cette méthode, s'en est bien trouvé, qu'il vient d'emblaver ainsi 50 ha de bruyères défrichées.
M. Mariotte, au château de Trécy près Romorantin, après avoir essayé sur 4,5 ha, vient d'en défricher 20 autres qui ont été semés de même. Il va défricher toutes ses bruyères.
Il faut que j'ajoute que M. Mariotte ayant fait l'essai de semer sur 1 ha, 10 hl de noir animal sans le mélanger avec la semence, sur l'hectare voisin 5 hl mêlés à la semence, le froment du second hectare a été aussi beau que celui du premier. Le noir animal devra être acheté dans les grandes raffineries d'Orléans ou de Paris ; dans celles-ci, il valait cet été, 8 fr/hl, qui pèse ordinairement de 80 à 90 kg. Les cultivateurs, qui n'ont jamais défriché ou vu défricher des bruyères comme il y en a une immense étendue dans le centre de la France et en Bretagne, bruyères qui, malgré le bon sol qu'elles couvrent, peuvent encore s'acheter dans quelques endroits au-dessous de 100 fr/ha, pourront penser qu'une fois que le noir aura été employé pendant 4 ou 5 ans, ce terrain se trouvera épuisé et inerte ; ils devront se tranquilliser là-dessus, en voyant les belles récoltes que M. de la Selle obtient à la cinquième et sixième année, après avoir employé une fumure ordinaire [fumier], ou de 300 à 400 kg de guano du Pérou. J'ajouterai que j'ai défriché, il y a 25 ans [1825], des bruyères qui ont été cultivées depuis ce temps par de pauvres métayers des environs de Blois, et que cette terre continue à être infiniment meilleure que les anciennes terres de la même ferme qui l'entourent.
 

1848-1849

Défrichements et Noir Animal, (Partie 4)

Personnages cités

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris.

 

CHEVREUL Michel Eugène 1786-1889 chimiste à Paris

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel-Eugène_Chevreul

DELAVILLE-LE-ROULX Laurent Justinien, 1782-1861, propriétaire cultivateur à Veigné

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/05/delaville-le-roulx-laurent-justinien-1782-1861.html

DESCAZES Élie Louis 1780-1860, ministre, ambassadeur

https://fr.wikipedia.org/wiki/Élie_Decazes

DUBREUIL-CHAMBARDEL Jacques Phillipe, 1814-1880, Propriétaire cultivateur, à Marolles commune de Genillé

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/dubreuil-chambardel-philippe-1814-1882.html

GASPARIN Adrien 1783-1862, homme politique, agronome

https://fr.wikipedia.org/wiki/Adrien_de_Gasparin

GAUDRU (de) = de BEAUMONT de la BARTHE Georges Guillaume Henri, 1793-1850, propriétaire cultivateur à Gaudru commune d’Yzeures-sur-Creuse

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/05/de-beaumont-de-la-barthe-georges-guillaume-henri-1793-1850.html

GAULLIER de la CELLE Léon, 1816-1873, propriétaire cultivateur à la Celle-Guenand

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/09/gaullier-de-la-celle-leon-1816.html

GOURCY (comte de) Conrad, 1790-1869, agronome

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/08/de-gourcy-comte-conrad-1790-1869.html

MARSEUL (comte de) Louis Emmanuel, 1804-1849, propriétaire cultivateur au château de Rassay à Genillé

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/04/marseul-comte-de.html

MILLET François, 1777-1860, Propriétaire-cultivateur au château de Pont à Genillé

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/05/millet-francois-1777-1860.html

MOLL Louis 1809-1880, (agronome, professeur d’agronomie, directeur de la Ferme-école de L’Espinasse près de Châtellerault)

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/08/moll-louis-1809-1880.html

PAYEN Alseme 1795-1871 (Chimiste, physicien, biochimiste)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_Payen

ROBINET Stéphane, 1796-1869, pharmacien, agronome

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/05/robinet-stephane-1796-1869.html

1849-1851

La Ferme-école de Marolles

 

Jacques Philippe DUBREUIL-CHAMBARDEL est docteur en médecine de la faculté de Paris et bénéficie d’appuis politiques. C’est donc lui qui est choisi par le ministre de l’Agriculture pour diriger la nouvelle ferme-école. Elle est créée par décret le 24 mars 1849 et entre en activité le 1er avril suivant.

Le domaine de Marolles (commune de Genillé, canton de Montrésor) est situé sur les terres argilo-siliceuses de la Gâtine de Montrésor et s’étend sur 490 hectares.

Rapidement, les mauvais résultats financiers de l’exploitation agricole mettent J. Ph. DUBREUIL-CHAMBARDEL en difficulté et nuisent au bon fonctionnement de la ferme-école. Le rapport d’inspection, du 31 décembre 1850 relate des anomalies :

« 1° le nombre total d’apprentis est de 20 (11 en première années et 9 en deuxième année), mais seulement 8 sont présents à la ferme-école. Les élèves sont partis à cause du régime alimentaire peu convenable auquel ils étaient soumis ;

2° l’éloignement fréquent du directeur de la ferme-école, et quelques circonstances de nature à gêner la marche de l’exploitation, sont, de la part de l’administration, l’objet d’une attention toute spéciale. »

La suppression de la ferme-école est prononcée par décret ministériel le 25 avril 1851.

Le domaine de Marolles est vendu le 21 juillet à M. André-Auguste DASSIER, régent de la Banque de France.

 

Voir article :

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/la-ferme-ecole-des-hubaudieres-a-chedigny-1851-1880.html

1843-1848

Défrichements et mise en valeur du domaine de Marolles

 

Exposé des résultats obtenus à Marolles, commune de (Indre-et-Loire), sur des défrichements de landes et bruyères, par l'emploi du noir animal à petite dose et mêlé à la semence

Notice sur l'exploitation de Marolles.

par DUBREUIL-CHAMBARDEL Jacques-Philippe

Paris, impr. d'agriculture et d'horticulture Bouchard-Huzard, 1849, 31 p.

Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), cote 8°BH1528

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/05/expose-des-resultats-obtenus-a-marolles-commune-de-genille-indre-et-loire-sur-des-defrichements-de-landes-et-de-bruyeres-par-l-emplo

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