MARTIN Jean-Baptiste (1862-1960)

Publié le par DESBONS Pierre

MARTIN Jean-Baptiste (1862-1960)
MARTIN Jean-Baptiste (1862-1960)
MARTIN Jean-Baptiste (1862-1960)
MARTIN Jean-Baptiste (1862-1960)

Dictionnaire des scientifiques de Touraine PUR 2017, pages 296-297

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/04/dictionnaire-des-scientifique-de-touraine.html

MARTIN Jean-Baptiste

Né au lieu-dit Boucheron à Compreignac (Haute-Vienne) le 23 octobre 1862 ; décédé à Tours (Indre-et-Loire) le 8 septembre 1960.

Un riche parcours scolaire et professionnel.

Jean-Baptiste Martin est le fils d’un modeste cultivateur, Antoine Martin, et de Magdeleine Thomas.

Il fait des études à l'Ecole normale d'instituteurs de Saint-Léonard (Haute-Vienne) et est instituteur en Bretagne pendant trois ans. En 1887 il entre à l’Institut National Agronomique d’où il sort Ingénieur agronome en 1889. Il est ensuite, pendant une année, professeur à l'Ecole pratique d'agriculture du Grand Resto à Pontivy (Morbihan). De 1890 à 1897 il est Professeur départemental d’Agriculture de la Corrèze. Il épouse André Imbert à Tulle (Corrèze) en 1890, avec qui il a un fils Raymond né en 1897. De 1898 à 1903 il est Professeur départemental d’Agriculture du Calvados.

Jean-Baptiste Martin est nommé Professeur départemental d’agriculture de l’Indre-et-Loire par arrêté ministériel du 1er août 1903. Il remplace Antoine Dugué décédé. Il occupe ce poste jusqu’au 21 août 1912, date à laquelle les chaires départementales d’agriculture sont transformées en Direction des Services Agricoles. Il va siéger au poste de directeur des Services Agricoles d’Indre-et-Loire, jusqu’à sa retraite. Georges Constant* lui succède le 31 août 1929. Jean-Baptiste Martin reste très impliqué au sein des organisations professionnelles agricoles et décède à l’âge de 97 ans. A ses obsèques, une foule de représentants du monde agricole lui rend hommage. Il est inhumé au cimetière La Salle de Tours.

 

Au service de l’agriculture de l’Indre-et-Loire

Il fonde le Club avicole de Touraine en 1909 pour promouvoir une race locale de volaille menacée de disparition, qu’il baptise « la Géline de Touraine », et dont le succès perdure jusqu’à nos jours. Il contribue aussi à développer d’autres espèces avicoles locales : l’oie de Touraine, le pigeon mondain de Touraine, le dindon noir de Touraine, le lapin gris de Touraine.

Soucieux d’aider les agriculteurs à se prémunir contre les risques naturels, il fonde en 1909 la Mutuelle agricole tourangelle (Société mutuelle de réassurances accidents agricoles, incendie, grêle). Il deviendra Administrateur des caisses centrales de mutualité agricole. En 1919, il fonde la Fédération des laiteries coopératives de Touraine, Maine, Anjou en 1919.

Après sa retraite de directeur des Services agricoles, il continue d’aider les agriculteurs à s’organiser. Il est président de la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire de 1931 à 1950, et il devient vice-président de la Chambre régionale d’agriculture en 1936.

Il est membre de la Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire et membre correspondant de l’Académie française d’agriculture. Plusieurs distinctions l’ont honoré : lauréat de la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale (1895), lauréat de l’Académie d’Agriculture (1910), titulaire de la médaille d’argent de l’Académie d’agriculture (1917), de la décoration spéciale agricole Belge de première classe (1920), commandeur de la Légion d’honneur et commandeur du Mérite agricole. Une rue de Tours (dans le quartier du Sanitas) porte son nom.

 

Publications

MARTIN J-B, La Corrèze agricole, E. Lanier, 1897, 191 pages

MARTIN J-B, ROY J., Éléments des sciences physiques et naturelles appliquées à l'agriculture, à l'industrie, à l'économie domestique, à l'hygiène, Delalain frères, 1900, 276 pages.

MARTIN J-B, Enseignement primaire élémentaire. Cours de sciences et d'agriculture par Martin et Roy. Sciences et Agriculture. Cours élémentaire et 1ère année de cours moyen. Par M. J. B. MARTIN, Ingénieur agronome (I. N. A.), Professeur départemental d'Agriculture, Officier de l'Instruction Publique, Chevalier du Mérite Agricole. Paris. 1906. Imprimerie et Librairie Classiques, DELALAIN Frères, Boulevard Saint-Germain, 115 p.

MARTIN J-B, Le chanvre, sa culture, sa décadence, mesures à prendre. Extrait du Bulletin Agricole et Viticole d’Indre-et-Loire, Tours le 23 octobre 1909. 27 pages.

MARTIN J-B, Le bétail en Touraine, Bulletin mensuel de l'office de renseignements agricoles du Ministère de l'Agriculture n° 2, février 1912, pages 197-211.

MARTIN J-B, Champs d’expérience sur la culture du blé et de l’avoine organisés par l’Office agricole d’Indre-et-Loire et la Direction des services agricoles. Tours, Imprimerie tourangelle, 20-23, rue de la Préfecture, 1922, 33 pages.

MARTIN J-B, POHER E., Premier Congrès national d’arboriculture fruitière commerciale tenu à Tours… le 18 mai 1924, Mémoires et comptes rendus, Publications agricoles de la Compagnie d’Orléans, 1925, 308 pages.

MARTIN J-B, Le vignoble tourangeau devant le phylloxéra, Edité par « L’Action agricole en Touraine », Imprimé par la S.A.T.R., 23 rue Etienne-Pallu, Tours, (sans date), 12 pages.

Eloge funèbre

LA NOUVELLE REPUBLIQUE - VENDREDI 9 SEPTEMBRE 1960

Pionnier de la Mutualité Agricole. M. Jean-Baptiste Martin n'est plus.
Deuil pour toute la Mutualité agricole tourangelle, M. Jean-Baptiste Martin vient de s'éteindre. Il est décédé subitement hier soir, vers 21 h à son domicile, 117 rue d'Entraigues. Il allait avoir 98 ans.
Président fondateur de la Mutuelle Agricole Tourangelle et président d'honneur d'un grand nombre d'organisations agricoles de la Touraine, le nom de J.-B. Martin reste indéfectiblement lié à la cause paysanne, à la défense du monde agricole.
Né le 23 octobre 1862 à Compreignac dans la Haute-Vienne, d'une très humble famille d'agriculteurs, Jean-Baptiste Martin faisait le voeu à la sortie de l'Institut national agronomique, de consacrer toute sa vie et tous ses efforts à la défense paysanne.
D'abord professeur d'agriculture dans le Calvados, il arrivait en Indre-et-Loire en 1904 pour y exercer les fonctions de directeur des services agricoles. Il débordait bientôt son rôle de conseiller technique pour s'intéresser à la condition sociale des agriculteurs. C'est le 26 juin 1910 à Tours, que naissait grâce à lui, la Mutuelle Agricole Tourangelle. Il avait été également à l'origine de la première caisse de réassurance accidents créée en France. Faire vivre et prospérer ces fondations, qui étaient à l'époque, d'avant-garde, ce fût une tâche qui demanda bien des luttes. M. Martin, rassemblant autour de lui un groupe de militants dévoués, y parvint, et ce ne fut pas son moindre mérite que de faire naitre de nombreuses vocations de bâtisseurs.
M. J.-B. Martin étendit son activité à tous les domaines agricoles : syndicat d'élevage, coopérative laitière, club avicole, fédération des laiteries. Tout ce qui, en un mot, touche à la vie paysanne.
Ses multiples compétences, son dévouement sans borne étaient reconnus sur le plan national. L'Académie d'Agriculture le comptait parmi ses membres correspondants ; les caisses centrales de Mutualité Agricole et la Fédération de la Coopération de la Mutualité et du crédit Agricole mutuel, parmi ses administrateurs.
Depuis cinquante ans, l'estime de tous les agriculteurs tourangeaux n'avait cessé de grandir à son égard. Il fut l'objet de nombreux témoignages d'estime. En 1950, le Pr Guillaume-Louis - qui avait été, à l'époque héroïque, le médecin-conseil à la Caisse - lui remettait la cravate de commandeur de la Légion d'honneur. Le 24 juin de cette année, 1 000 dirigeants agricoles réunis pour fêter le cinquantenaire de la Mutualité, lui exprimaient leur affection.
"Pour moi, leur disait-il, tout ce que j'ai à espérer, c'est de vivre encore quelques instants pour suivre le dévouement que vous allez prendre, et qui j'espère sera bon ; et pour mourir tranquille en espérant, en étant assuré, que la Mutualité est en bonne voie."
Nous nous inclinons devant la mémoire de cet homme de bien et nous exprimons à tous les siens nos vives condoléances.

Cimetière La Salle à Tours, carré n°19, tombe n° 7
Mme J-B MARTIN 1869-1959
J-B MARTIN  1862-1960 
"Souvenir et reconnaissance, la MAT"
MAT = Mutuelle agricole de Touraine
Tombe au cimetière La Salle de Tours
Tombe au cimetière La Salle de Tours

Tombe au cimetière La Salle de Tours

LA NOUVELLE REPUBLIQUE - MARDI 13 SEPTEMBRE 1960
Un foule de représentants du monde agricole a rendu hommage à M. J.-B. MARTIN
Une foule considérable a suivi hier les obsèque de M. J.-B. Martin la personnalité la plus aimée du monde agricole de notre région, dont nous avions annoncé le décès survenu le 8 septembre.
Le corps du défunt avait été transporté rue Jehan-Fouquet, au siège de la Mutualité Tourangelle, "sa" maison. C'est là que de 14 h à 14 h 45 il fut veillé, dans une chapelle ardente par le personnel de la Mutuelle qui entourait son directeur M. Bardet.
Puis ce furent ses amis fidèles, administrateurs de la Mutuelle Agricole Tourangelle et de la Fédération des Laiteries Coopératives de de Touraine-Maine et Anjou qui assuma l'honneur de cette ultime veillée funèbre.
Selon les dernières volontés de M. J.-B. Martin, il n'y eut à ses obsèques ni fleurs, ni couronnes, ni discours. Toutefois pour respecter l'ultime désir de cet inlassable défenseur de la paysannerie, un bouquet d'épis d'or et de fleurs des champs, serré du ruban vert était posé sur le cercueil, près du coussin portant les décorations de M. Martin : la cravate de Commandeur de la Légion d'honneur et les insignes de commandeur du Mérite Agricole.
Le premier Ministre, M. Michel Debré, avait envoyé un télégramme de sympathie : "Je ne peux, écrivait-il oublier l'accueil toujours amical que j'ai reçu pendant des années auprès de votre président. Transmettez à tous ma sympathie et l'assurance de mon souvenir fidèle à sa mémoire."
De son côté, le préfet, M. Jean Julien, éloigné de Tours pour raison de santé, écrivit à M. Thauraux, vice-président de la Mutuelle, conseiller général, pour lui dire qu'il avait appris avec une profonde douleur la fin de M. J.-B. Martin "que dit-il, nous vénérions tous".
Dans l'assistance
Autour de M. Raymond Martin, de Mlle Anne-Marie Martin, le deuil fut conduit par M.M Flamand et Thauraux pour la Mutualité Agricole ; Goisnard et Morcher pour la Fédération des laiteries coopératives ; M. de Zelocourt, secrétaire général, représentait le préfet et M. Desaché, sénateur, président du Conseil général, était accompagné de nombreux collègues, MM. Vassor, sénateur ; Jollit, président du Crédit Agricole ; Cosson, président du Comice agricole de Tours ; Babeau, Loury, Thimonier, Lepage, renard, Dumoulin, Huet, M. Mercier, conseiller économique, président de l'Association des maires d'Indre-et-Loire ; MM. Villatte, président de la Chambre d'agriculture, représentant de l'assemblée de ces Chambres.
Les représentants des grandes administrations publiques et fonctionnaires de l'agriculture parmi lesquels MM. Constant, directeur des Services agricoles ; Pecard, directeur deu C.I.A. ; Leclerc, trésorier payeur général ; Rocheron, ancien directeur des Contributions directes en Indre-et-Loire ; le président du syndicat des architectes M. Marconnet ; M. Dezarrois.
On remarquait aussi des représentants de l'administration judiciaire, du Barreau, du Tribunal de Commerce, des Chambres de Commerce et de Métiers, des membres de la Confédération de la Mutualité, de la Coopération, du Crédit Agricole, le directeur de l'Union des Caisses Centrales Mutuelles Agricoles, M. Moreau ; des représentants de la Fédération Nationale des laiteries coopératives ; M. Ménager, de l'Association des ingénieurs agronomes de Paris ; du syndicat des exploitants agrocoles notamment M. A. Pesneau de la F.A.V. ; M. Robert Amirault ; des représentants de l'Union mutualiste de l'Ouest ; de nombeuses associations agricoles, des représentants de la Mutualité Sociale ; les caisses locales de Crédit agricole, les personnel de a Mutuelle agricole et de la Fédérationdes caisses locales de la Mutualité 1900, des laiteries, des associations agricoles à cadre cantonal et communal.
Le cortège quittant la chapelle ardent se rendit à l'église Saint-Etienne où l'office religieux fut célébré par M. le chanoine Leroux curé de la paroisse. M. l'abbé Gaillard, en quelques mots émouvants remercia la foule présente qui témoignait ainsi des travaux et de l'oeuvre que le défunt a accomplis. Il invita l'auditoire à unir ses prières en un acte de reconnaissance envers le défunt.
A l'issue du service religieux, les condoléances furent présentées à la sortie de l'église et l'inhumation eut lieu, dans l'intimité, au cimetière de La Salle, dans le caveau de famille.

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AMT 2 Z 8 (dossier pour baptiser rue)
Courrier du 31 janvier 1961 par lequel, le bureau de l'Union départementale des organisations agricoles d'Indre-et-Loire demande au Maire de Tours de bien vouloir dénommer une rue "Jean-Baptiste Martin" + coupure de journeaux (Nouvelle République)
obsèques le 12 septembre 1960 à 16 h en l'église Saint Etienne à Tours
MARTIN Jean-Baptiste (1862-1960)
Archives municipales de Tours, cote  2Z8 (dossier pour baptiser rue)
Courrier du 31 janvier 1961 par lequel, le bureau de l'Union départementale des organisations agricoles d'Indre-et-Loire demande au Maire de Tours de bien vouloir dénommer une rue "Jean-Baptiste Martin" + coupure de journeaux (Nouvelle République)
obsèques le 12 septembre 1960 à 16 h en l'église Saint Etienne à Tours

Publié dans Personnage, Agronomes

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