TURGAN François Julien (1824-1887)

Publié le par DESBONS Pierre

Julien TURGAN, La Loge des Roches à Saint-Epain (Indre-et-Loire), Les Grandes Usines, etc.
Julien TURGAN, La Loge des Roches à Saint-Epain (Indre-et-Loire), Les Grandes Usines, etc.
Julien TURGAN, La Loge des Roches à Saint-Epain (Indre-et-Loire), Les Grandes Usines, etc.
Julien TURGAN, La Loge des Roches à Saint-Epain (Indre-et-Loire), Les Grandes Usines, etc.
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Julien TURGAN, La Loge des Roches à Saint-Epain (Indre-et-Loire), Les Grandes Usines, etc.
Julien TURGAN, La Loge des Roches à Saint-Epain (Indre-et-Loire), Les Grandes Usines, etc.

Julien TURGAN, La Loge des Roches à Saint-Epain (Indre-et-Loire), Les Grandes Usines, etc.

TURGAN François Julien, (1824-1887) Editorialiste

1824

Né le 7 février 1824 à Paris (Palais du Luxembourg). Il est fils de Julien TURGAN et de Clémence NAIGEON (copiste peintre sur porcelaine). Son grand-père maternel est Jean NAIGEON conservateur du musée du Luxembourg, peintre d'histoire.

Entre 1830 et 1840

Collège royal Saint-Louis

Etudes de médecine

1848

Interne des Hôpitaux de Paris, très actif lors de l’épidémie de choléra en juin.

Il entre au Journal L’Évènement fondé par Victor Hugo, comme rédacteur scientifique.

Il se lie avec Théophile Gautier, Flaubert et Sainte-Beuve.

1850

Il quitte l’Evènement et devient rédacteur scientifique au journal Le Bien-être universel d'Emile de Girardin.

1851

Il fonde un journal de vulgarisation scientifique, La fabrique, la ferme, l'atelier (1851-1853)

1852

En 1852, il est nommé directeur adjoint au Moniteur universel (Paul Dalloz en est le directeur).

1855

Chevalier de la Légion d’honneur.

1860- 1892

Les Grandes usines, études industrielles en France et à l'Etranger, Tomes 1 à 19. Publiés entre 1860 et 1892 (le tome 19 est publié à titre posthume en 1892)

1861

Il épouse Denise Angèle BARBÉ le 7 décembre 1861 à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Époux : François Juilien TURGAN, propriétaire, Directeur gérant du Moniteur universel, chevalier de la Légion d'honneur, âgé de 37 ans, demeurant à Paris quai Voltaire n°13, né à Paris le 7 février 1824, fils majeur et légitime de Alexandre Juien Turgan décédé à Paris le 18 avril 1828 et de Clémence Clémence Félicitée Naigeon son épouse décédée à Paris le 30 septembre 1854.

Épouse : Demoiselle Denise Angeline BARBÉ, sans profession, âgée de 22 ans, demeurant à Mantes avec son père (ici présent), née à Mantes le 31 janvier 1839, fille majeure et légitime de Pierre Louis BARBÉ, banquier, demeurant à Mantes et de Véronique Félicité Giroux son épouse, décédée à Mantes le 30 juillet 1854

NB : sur l’acte de naissance de Denise Angeline Barbé son père est huissier au tribunal de Mantes.

1866

Le 25 mai 1866, Julien TURGAN envoie une lettre (depuis la Loge de Roches à Saint-Épain) à son ami Théophile GAUTIER (Neuilly) et lui fait état de l’avancement des travaux de sa maison : « Mais les maçons sont lents dans ce pays et quoique la maison soit finie de l’an dernier et séchée, il faut encore qu’on la carrèle, etc. etc.)

Elu membre de la Société d’agriculture d’Indre-et-Loire lors de la séance du 10 novembre 1866.

1867

Exposition universelle de Paris (Champ de Mars) qui se tient du 1er avril au 3 novembre 1867.

En août 1867, il représente la Société d’agriculture d’Indre-et-Loire au Comice agricole tenu à Ligueil.

Le 27 octobre 1867, il signe un article dans les Annales de la Société d’agriculture intitulé : LE LABOURAGE A LA VAPEUR dans le département d'Indre-et-Loire ; concours tenu à La Briche (commune de Rillé)

1870

Voici ce que Julien TURGAN écrit le 4 octobre 1873 dans le tome X des Grandes Usines :

« Commencé en 1870 par le récit des travaux de M. Ville, le tome X des Grandes Usines a été interrompu par la guerre : les études historiques et techniques doivent se faire dans le calme et la tranquillité d'esprit, qu'aucun de nous n'a pu conserver durant ces tristes jours.

Pendant six mois, tout notre temps, toute notre énergie, ont été au service du colonel de Reffye, sous les ordres duquel nous nous honorons d'avoir contribué de notre mieux à la défense du pays.

Lorsqu'en 1871 ses officiers et ses ateliers furent si brusquement et maladroitement licenciés, nous avons, en rentrant à Paris, trouvé notre maison brûlée : nos collections, nos photographies, nos bois gravés, notre bibliothèque spéciale, nos notes, travail préparatoire de 20 années (1851-1871), avaient été incendiés avec la maison, non par l'ennemi, hélas ! ni dans un but de résistance raisonnée, mais bêtement et inutilement par nos chers compatriotes affolés.

Depuis ce temps, nous avons vainement réclamé une indemnité qui nous permît de continuer notre œuvre, elle ne nous a pas encore été accordée, pas plus que la maison que pour ce qu'elle contenait : et si nous avons pu enfin terminer ce volume, nous le devons entièrement à la bonne grâce des éditeurs. Nous devions à nos souscripteurs l'explication de ces longs retards. »

1871

Membre résidant de la section des sciences du Comité des travaux historiques et scientifiques

Membre correspondant de la Société archéologique de Touraine

Propriétaire à Baugé, commune de Noyant (Annuaire d'Indre-et-Loire 1871 page 431)

1872

Naissance de son fils Louis le 18 juillet 1872 aux Roches à Saint-Épain

Il est domicilié aux Roches à Saint-Épain et Boulogne-Paris boulevard d’Auteuil n°7

1873

Membre du Jury au Concours international de Moissonneuses, faucheuses et râteaux à cheval tenu à Brizay (près de L’Ile-Bouchard) du 24 juillet au 3 août 1873. Il écrit plusieurs longs articles dans le Journal d’Indre-et-Loire pour relater l’évènement/

1874

Naissance de sa fille Marie Denise Angèle le 26 mars 1876 aux Roches à Saint-Épain. Marie Denise Angèle TURGAN décède le 25 juin 1960 aux Roches à Saint-Épain. Elle est veuve de Paul Louis Eugène REVON (ils se sont mariés le 15 janvier 1901 à Boulogne-Billancourt).

Président de la commission d’organisation du Concours international de Moissonneuses et faucheuses tenu sur le domaine de la Colonie agricole et pénitentiaire de Mettray du 13 au 19 juillet 1874.

1878

Exposition universelle de Paris (organisation…)

Promu Officier de la Légion d’honneur le 20 octobre 1878

1880

TURGAN Julien, Le Sénégal Sa Colonisation par l'Enseignement populaire, G. Sandoz éditeur, Paris 1880, 16 pages

1887

Il décède à Tours (14bis rue des Cordeliers) le 16 février 1887. Il est inhumé à Tours (à vérifier)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Turgan

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/la-ferme-du-haut-brizay-1865-1879-premices-de-la-deuxieme-revolution-des-temps-modernes-en-touraine.html

 

NECROLOGIE

18 février 1887

LE GAULOIS (Gallica, Retronews)

Arthur Meyer, Directeur Du Gaulois, du Paris-Journal et du Clairon. Rédaction, 9, Boulevard des Italiens

N°164 paru le 18 février 1887

Turgan qui vient de mourir dans sa propriété de Tours est un des hommes qui ont le plus mené la vie à la vapeur dans cette époque qui comprend le second empire et la troisième république. Turgan a été tout un monde ; s’il avait eu plus d’unité dans sa vie, il serait arrivé au premier rang, quelque soit le chemin qu’il eût suivi.

Turgan est né à Paris en 1822. Il étudia d’abord la médecine, devint interne des hôpitaux et se signala, lors des journées de juin et pendant l’épidémie cholérique qui sévit en 1848, par des actes de dévouement qui lui valurent deux médailles d’or. Il est donc entré dans la vie par la vertu. Tout le monde ne pourrait pas en dire autant.

Mais Turgan n’était pas né pour être médecin, pas plus que pour être quoi que ce soit de fixe. Turgan avait dans les veines ce sang parisien, et dans l’esprit cette essence parisienne, qui font de l’homme comme une abeille qui aime à compose son miel de toutes les fleurs qu’il rencontre.

Il était grand, fort, beau, alerte ; comme ceux de sa race, il savait un peu de tout, il avait l’intelligence ouverte au possible et à l’impossible ; il avait de l’esprit, de l’entregent, de la curiosité, de l’ambition ; son activité était infatigable ; tout le séduisait, il passait d’une chose à l’autre avec une facilité merveilleuse, et il paraissait dans chacune de ses entreprises comme s’il n’avait jamais fait autre chose.

Une fois muni de ses deux médailles, il se dit que la médecine ne lui offrait plus d’obstacles, que s’il voulait faire le docteur, il obtiendrait sans peine la croix de la Légion d’honneur, dans ses différents grades, la fortune, la réputation, et tout ce qui s’ensuit. Mais Turgan aimait les obstacles : il éprouvait comme un plaisir d’artiste à commencer quelque chose, surtout quand c’était quelque chose qu’il ne savait pas encore que par ouï-dire.

On était sous la seconde république, et l’on politicaillait ferme. Les journaux poussaient de toute part, comme les feuilles au printemps. La presse était la grande route de la gloire et du pouvoir. Turgan se dit qu’il pourrait devenir célèbre et puissant, aussi bien que tous ceux qu’il avait vus des deux côtés des barricades.

Victor Hugo venait de fonder l’Événement, où le rédacteur en chef du Gaulois, M. H. de Pène faisait ses premières armes. Turgan y entra. Mais comme il était homme de bon sens et de prudence, qu’il savait que la politique et les vents sont changeants, il n’y rompit pas tout d’abord des lances pour ou contre les partis. Il se chargea d’une collaboration plus substantielle : la partie scientifique. Les journaux donnaient alors plus de place aux chroniques scientifiques, aux variétés littéraires ; il ne faut pas trop leur reprocher d’avoir changé, ils n’ont changé que parce que le public lui-même a changé.

Dès cette époque, Turgan avait l’instinct qu’il appartenait à cette école des Beaumarchais et des Émile Girardin, qui mène de front et pêle-mêle la littérature, la politique, la finance, les affaires, sans compter ce qu’y ajoute l’humeur propre à chacun. Gens qui mènent grand labeur, grande variété, grand bruit, grand train, mais dont l’héritage ne se solde pas toujours par des millions et surtout par la Mariage de Figaro.

L’Événement étant le rendez-vous de l’école romantique, Turgan devint le savant de la pléiade. Il censurait gravement les livres de science et de médecine, et sa férule se fit redouter. Il donnait même des consultations à ses collaborateurs, allant jusqu’à leur annoncer, non sans malice, des maladies qu’ils n’avaient pas encore, mais qu’ils s’empressaient de prévenir en se faisant faire une ordonnance, qui se trouvait d’autant plus efficace qu’elle était plus inoffensive.

Turgan lia alors avec Théophile Gautier, avec Flaubert et avec Sainte-Beuve. Dans leurs causeries, il prit du goût pour les lettres ; et, bien que les sujets qu’il traitait fussent fort éloignés des leurs, l’on retrouve leur influence dans le style de Turgan. Un homme aussi impressionnable et aussi souple n’y pouvait échapper.

Tout en apprenant l’art d’écrire avec les Sainte-Beuve, les Flaubert et les Théophile Gautier, tout en donnant ses consultations gratuites, mais non obligatoires, aux collaborateurs de l’Événement, Turgan, qui ne voulait être étranger à rien, comme le poète : homo sum…, Turgan faisait des armes. Il avait transformé en salle d’armes la cave de la maison qu’il habitait, et il s’y exerçait sans témoins, afin que sa force à l’épée fût ignorée et par conséquent redoutée. Vous comprenez que l’on ne s’avisait guère de s’en prendre à un homme qui ferraillait ainsi tout seul dans les profondeurs du sol pour pouvoir impunément ne pas céder le haut du pavé.

L’homme était d’un tempérament vigoureux, d’humeur joviale, et il menait tout ce train-là. Il devint donc bientôt l’ami de tout ce que Paris comptait de jeunes gens en passe de faire carrière, et rien ne pousse plus un homme, qui sait ne pas s’endormir dans les délices de cette Capoue, que ces amitiés variées et nombreuses, que l’on rencontre ensuite à tous les carrefours de la vie.

Turgan comprit qu’Emile Girardin le pousserait plus loin que Victor Hugo dans la voie ramifiée qui l’attirait. Aussi quitta-t-il l’Evénement pour le Bien Etre universel. Mais il n’y resta pas longtemps, et il voulut essayer ses propres ailes : il fonda un journal de vulgarisation scientifique : la Fabrique, la Ferme et l’Atelier. Il avait trouvé là l’idée du grand ouvrage qui devait couronner sa carrière.

M. Grün s’étant retiré du Moniteur universel, alors journal officiel de l’Empire, M. Turgan fut appelé, conjointement avec M. Paul Dalloz, à en prendre la direction. Mais il n’y fit pas non plus de vieux os. D’autres affaires, financières ou industrielles, le tentaient : et jamais il ne sut résister à la tentation d’une entreprise nouvelle. On lui propose une affaire de mines de zinc en Silésie : il part pour la Silésie comme s’il s’était agi d’aller à Saint-Germain. Une irrésistible activité l’aurait fait aller au Canada ou en Chine, pour un oui ou pour un non.

Cependant, au Moniteur universel, il eut le temps d’appeler Théophile Gautier à la rédaction du feuilleton théâtral et de demander des Causeries à Sainte-Beuve. Turgan était un homme d’affaires qui ne badinait pas, mais c’était aussi un ami dévoué. Il lui arriva de suppléer Théophile Gautier dans son feuilleton et de le pasticher avec succès. Il aimait à se vanter de ce tour de force, et l’on ne saurait dire que ce fut à tort.

A cette époque, Turgan eut, lui aussi, sa phase d’athéisme. Cette maladie ne l’épargna pas : il s’en était guéri, semble-t-il, car on ne l’entendait plus depuis longtemps répéter les propos voltairiens alors à la mode, et qu’en homme d’esprit il aurait déjà dû trouver bien usés.

Turgan avait donné son adhésion à l’Empire, mais il ne la refusa pas à Gambetta pendant la guerre. Aussi, le dictateur lui confia-t-il une importante mission auprès des usines qui fabriquaient des armes et des munitions. Ce fut le point culminant de sa carrière politique active. Il y a quelque temps, cependant, les Tourangeaux le sollicitèrent de poser sa candidature au sénat.

Le grand ouvrage de Turgan, celui qui fera vivre son nom ; porte pour titre : Les Grandes Usines de France, tableau de l’industrie française au dix-neuvième siècle, ouvrage gigantesque en une vingtaine de volumes in-4°, qui lui a couté un labeur infini et qui lui a rapporté beaucoup d’argent.

Dans ces dernières années, Turgan s’était un peu alourdi, et ce n’était pas sans surprise que l’on voyait ce Parisien pursang déjeuner chez Bignon, avec le Duc Decazes, Dereims, le baron Seillière, le spirituel Adolphe Gaiffe, l’ami fidèle de toute sa vie, le chef coiffé d’une calotte en velours noir, et la rosette d’officier de la Légion d’honneur à la boutonnière. Ah ! cette petite table, que représente un tableau bien connu, quels beaux assauts d’esprit s’y sont donnés !

Les séjours qu’il faisait dans la Touraine, à la suite de son mariage avec la fille d’un banquier tourangeau, avaient donné à Turgan une certaine tournure d’esprit rabelaisienne, ou plutôt ils l’avaient accentuée. Rabelais est de la Touraine, et c’est notre maître forgeur de mots. Turgan était aussi un forgeur. De quelqu’un qui se faisait des histoires à propos de tout et à propos de rien, il disait : « C’est un histoireux. »

Depuis un an, Turgan ne sortait plus de sa terre tourangelle. En veston, en sabots et en calotte, il surveillait ses terres, donnait à manger à ses poules, et se reposait. Mais à ce grand entreprenant et à e grand remuant, le repos n’a rien valu : il l’avait courbé comme un centenaire et il l’a tué. Au moins, Turgan s’est éteint au milieu des siens, qu’il aimait et dont il était aimé, et quelle mort plus douce que colle qui ne vous laisse que le souvenir de ceux à qui l’on a consacré la fin d’un vie si laborieuse et si active, et que l’ont embellie et charmée par leur affection !

UN CONTEMPRORAIN

Table des matières (format Excel téléchargeable) de "Les Grandes usines, études industrielles en France et à l'Etranger" 19 Tomes, publiés entre 1860 et 1892.

Publié dans Personnage

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