VILLE Georges (1824-1897)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

Georges VILLE

Georges VILLE

1876

En janvier 1876, Georges Ville vient faire trois conférences sur les engrais chimiques en Indre-et-Loire : Tours le 8, Loches le 9, Châteaurenault le 11.

1877

Séance du 10 février 1877

p. 77-78

Dans la séance du 10 février 1877 à la Société d’Agriculture, il est fait mention d’une « Lettre de M. Georges Ville, annonçant qu’il se propose de faire une conférence sur l’enseignement agricole dans les campagnes, le jeudi 22 février à l’hôtel-de-Ville de Tours. Le secrétaire perpétuel, ajoute que M. le Préfet et M. l’Inspecteur d’Académie ont accueilli avec un vif empressement la proposition de l’éminent professeur, et qu’une circulaire va être adressée aux instituteurs du département pour les inviter à la conférence. De son côté, M. le Président presse ses collègues de se rendre à l’appel de M. Ville. La Société, qui n’a pas oublié l’éclat de la conférence faite, l’an dernier, sur les engrais chimiques, vote des remerciements à M. Ville pour sa généreuse initiative. »

 

22 février 1877

Conférence de M. Goeorges Ville à l'hôtel de Villle de Tours

Voir texte intégral de la conférence (p. 130-156, séance du 10 mars 1877)

 

 

Séance du 10 mars 1877

p. 118-119

En ce moment, M. le Préfet entre dans la salle des séances et prend place au fauteuil de la présidence. Après avoir remercié la Société de tout ce qu'elle fait pour le progrès agricole, M. le Marquis de Nadaillac (préfet d'Indre-et-Loire en 1877) communique une lettre de M. G. Ville, relative à la question des engrais chimiques. L'éminent professeur du Muséum désire que l'expérimentation de ses engrais soit confiée dans le département à 10 ou 12 instituteurs choisis par M. l'Inspecteur de l'Académie, en ajoutant qu'il a abandonné dans ce but une allocation de 500 fr. qui lui avait été attribuée pour ses conférences (janvier 1876). M. le Préfet déclare que l'offre généreuse de M. G. Ville doit être acceptée avec reconnaissance, et qu'il y a lieu de faire dès à présent avec le concours de quelques instituteurs un essai restreint, sauf à faire à l'automne un essai sur une plus large échelle, en raison des résultats obtenus ; il engage la Société à suivre ces expériences avec intérêt et à tenir bonne note de toutes les remarques qui seront faites à ce sujet.

L'assemblée remercie M. le Préfet de cette importante communication, et se déclare prête à étudier avec le plus grand soin les expériences par M. G. Ville, en tenant compte, suivant les observations, de M. Brame, de l'influence de l'humus sur les résultats obtenus. En même temps, elle charge le secrétaire perpétuel et le trésorier de prendre toutes les mesures pour que ces essais se fassent en temps utile.

 

p. 130-153

LA DOCTRINE DES ENGRAIS CHIMIQUES

CONFERENCE DE M. G. VILLE

Messieurs..............

 

Séance du 31 mars 1877

Section d'agriculture

p. 162

 

M. Guimas donne lecture d'un intéressant travail sur engrais chimiques. L'honorable membre signale les inconvnients qu'entraînerait pour la Société et plus encore pour l'agriculture en général, une approbation trop explicite donnée aux théories de M. G. Ville.

M. Blanchard (directeur de la colonie de Mettray) fait observer que l'on a à tort attribué à Liebig l'idée première des engrais chimiques, idée reprise, modifiée, élargie par M. G. Ville. C'est en réalité à Bernard Palissy qu'appartient cette découverte, ainsi que l'honorable membre se propose de le démontrer prochainement par des documents irrécusables.

 

 

Séance du 14 avril 1877

 

p. 156

Communication est donnée, par M. Duclaud, du compte-rendu des travaux de la section d'agriculture. La lecture d'un mémoire de M. Guimas (directeur des cultures à la colonie de Mettray), sur les engrais chimiques, lecture demandée par la section, est ajournée après l'expérimentation qui commence en ce moment (NDLR : expérimentation de G. Ville)

 

p. 157

M.M. Avril et Cie, fabricants d'engrais à Marseille, annoncent l'envoi prochain de douze séries d'engrais demandées, et, confiants dans le succès de cette expérience, se refusent à donner la facture des dits engrais. L'assemblée, touchée de ce procédé, vote de chaleureux remerciements à MM. Avril et Cie et charge M. le trésorier de leur transmettre l'expression. M. Ferré (trésorier) ajoute que les engrais chimiques sont arrivés, et qu'en ce moment ils sont distribués aux instituteurs chargés d'en faire l'essai.

Lettre de M. G. Ville annonçant qu'il se propose de venir entretenir prochainement le bureau de la Société de la question des engrais chimiques, dans le but de faire à l'automne une expérience plus complète.

 

 

Séance du 21 avril 1877

Section d'agriculture. Présidence de M. de Boissimon

p. 214-232

LES ENGRAIS CHIMIQUES, CONFÉRENCE DE M. G. VILLE

 

1878

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire, 1878

 

Séance du 12 janvier 1878, Présidence M. Houssard

p. 36-37

 

Le secrétaire perpétuel dépose sur le bureau les rapports des instituteurs chargés d'expérimenter les engrais chimiques de M. G. Ville sur la culture de la pomme de terre. Une commission, composée de MM. Laperche, Brame, Fennebresque, Perdriau et Renault, est chargée d'examiner ce dossier et d'en rendre compte.

 

p. 42

Compte-rendu du Secrétaire perpétuel à la séance publique (déc 1877 ?)

 

Un autre problème, d'une bien plus haute portée, qui s'impose à notre génération, c'est celui de la valeur des engrais chimiques. M. Georges Ville, dans ce langage clair et chaleureux que vous avez déjà applaudi (Tours, février 1877), est venu nous exposer une seconde fois sa doctrine, et à mis 500 fr. à notre disposition pour en expérimenter les données fondamentales. L'expérience a été confiée à 12 instituteurs du département, choisis parmi les plus intelligents et les plus élés, et vous en connaîtrez bientôt les résultats pratiques.

 

Séance du 9 mars 1878

Président Houssard

p. 100

 

M. Guimas lit le rapport de M. Perdriau sur les engrais chimiques confiés aux instituteurs. Les expériences ayant été mal observées, les résultats constatés d'une manière insuffisante, le rapporteur croit qu'il serait prématuré de se prononcer dès cette année sur la valeur d'engrais qui, faute d'instruction déterminées suffisantes, n'ont pas été employés avec la méthode et tous les soins que réclamait l'importance d'une expérience de ce genre.

 

Séance du 8 juin 1878

p. 173-174

Lettre de M. Perdriau demandant une légère modification au procès-verbal de la séance de mars (9 mars) en ce qui touche son rapport sur les engrais chimiques de M. Ville. Des termes du procès-verbal, on pourrait conclure que les instituteurs chargés des expériences n'y ont pas apporté tout le soin désirable, tandis que M. Perdriau a dit simplement que les circonstances, comme l'envoi tardif des engrais et la tardive préparation des champs d'expériences, n'ont pas permis aux expérimentateurs de faire des observations décisives. Cette rectification est adoptée.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Ville

Georges Ville est un agronome, chimiste et pharmacien français né à Pont-Saint-Esprit le 23 mars 1824 et décédé à Paris le 22 février 1897.

 

Biographie

 

En 1842, à peine âgé de 18 ans, il arriva premier au concours pour l’internat en pharmacie. Il travaille ensuite dans les laboratoires de Henri-Victor Regnault, à l’École Polytechnique, et de Jean-Baptiste Boussingault, au Conservatoire National des Arts et Métiers. Le 29 novembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte nomme Ville comme professeur de chimie agricole au Conservatoire National des Arts et Métiers, en remplacement de Boussingault (1), qui vient de démissionner pour rentrer au Conseil d’État. Mais le conseil d'état est supprimé après le coup d'état du 2 décembre 1851. Boussingault, se retrouvant sans affectation, est à nouveau nommé professeur de chimie agricole en remplacement de Ville, officiellement "non acceptant". Suite à cet épisode, les relations entre Ville et Boussingault se détérioreront définitivement et les deux hommes s’affronteront régulièrement sur le terrain scientifique. Ville est alors nommé à l'Institut National Agronomique de Versailles, qui est supprimé en 1852. Il monte alors son propre laboratoire. En 1857, la chaire de Physique végétale fut créée pour lui au Muséum de Paris. Il l’occupa jusqu’à sa mort en 1897. Il créa en 1860 le champ d’expériences de Vincennes (appelé depuis Ferme Georges-Ville ou Ferme de Paris). En raison de sa proximité avec le pouvoir impérial, de son immodestie et de son franc-parler, il se créée beaucoup d'inimitiés au sein de la communauté scientifique.

Après la chute du Second Empire, il perd ses appuis politiques et tombe en disgrâce. Ses résultats sur la nutrition minérale des plantes sont systématiquement niés par ses collègues. Il revient en grâce à partir de 1890, quand le ministère de l'Instruction Publique fait appel à lui pour diffuser les connaissances sur les engrais chimiques. Il continue de donner des conférences et conserve la direction du champ d’expérimentation de Vincennes jusqu'en 1896.

Liens avec la famille Bonaparte.

Jean Boulaine et Jean Adrian affirment que Ville aurait été le fils de Louis Bonaparte et de Mme Ville, dame d'honneur de Hortense de Beauharnais, faisant de lui le demi-frère de Louis-Napoléon Bonaparte. Jean-Paul Legros suppose que cette proximité avec Napoléon III explique la fermeture de nombreuses écoles d'agriculture sous le Second Empire, Georges Ville étant très critique de l'enseignement dispensé dans ces écoles.

Travaux

Ville reprend les expériences de Boussingault, visant à déterminer si les plantes sont, ou non, capables d'assimiler l'azote de l'air. Les expériences de Boussingault se déroulaient sous cloche, mais Ville développe un appareil permettant de faire circuler l'air sous la cloche, tout en mesurant les entrées et les sortes d'azote, permettant un développement plus normal des plantes. Il montre que les quantités d'ammoniac présentes dans l'air sont trop faibles pour expliquer la quantité d'azote assimilée par le trèfle, et que donc celui-ci doit être capable d'acquérir (de "sidérer", selon ses termes), le diazote. Néanmoins, Ville n'est pas capable d'expliquer le phénomène par lequel les plantes fixent l'azote de l'air, et considèrent que la plupart des plantes sont capables de le fixer. Ses résultats le conduisent à critiquer fortement la théorie de l'humus, à l'époque acceptée par la communauté scientifique française, qui voulait que les plantes se nourrissent de matière organique.

Tirant les conséquences de ses travaux, et de ceux de Justus von Liebig en Allemagne, et de John Bennet Lawes et Joseph Henry Gilbert en Angleterre, il développe une importante activité de vulgarisation auprès des agriculteurs, encourageant l'utilisation des engrais verts et des engrais chimiques, et critiquant l'utilisation du fumier seul comme fertilisant1. En 1868 à 1870, il développe son activité de diffusion des connaissances sur les engrais chimiques en développant un partenariat avec des instituteurs qui mettent en place dans les écoles de petites expérimentations d'utilisation des engrais. Le but est de toucher les enfants mais aussi les parents. L'expérience dite des "champs scolaires" sera relancée de 1891 à 1895, par le ministère de l'Instruction Publique et avec la participation de Ville, en raison du développement de l'utilisation des engrais chimiques en France. Ville imagine alors de développer, en parallèle des champs scolaires, une "carte agricole de la France", indiquant la nature et la fertilité des sols et de diffuser des "engrais analyseurs", permettant de détecter les éléments nutritifs manquant dans les sols.

 

Récompenses et distinctions.

Il est fait chevalier de la légion d'honneur en 1860 puis officier en 1879. Il est Officier d’Académie, Officier du Mérite Agricole, Officier de l’Instruction Publique et Officier de l’Ordre de Léopold de Belgique. Une rue du 16ème arrondissement de Paris et une place de Pont-Saint-Esprit portent son nom.

 

Boussingault Jean-Baptiste
(1) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/08/bousingault.html

 

 

http://www.ac-sciences-lettres-montpellier.fr/academie_edition/fichiers_conf/LEGROS1996.pdf

LEGROS Jean-Paul, Georges Ville et sa guerre pour les engrais chimiques, Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, Conférence du 15/4/96. Bull. Acad. Sci. et Lettres de Montpellier, tome 27, p. 117-134.

NDLR : article très intéressant !

Publié dans Agronomes, Personnage

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