CAPRINS en INDRE-et-LOIRE (historique)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

CAPRINS en INDRE-et-LOIRE (historique)
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CAPRINS en INDRE-et-LOIRE (historique)

INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR CET ARTICLE

 

Date de création : 31 mai 2017

Dernière mise à jour : 7 mars 2019

voir dernière section année 1971

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE

avant 1914

1500

Durant le Moyen Age et la Renaissance, les produits de l'élevage caprin figurent en bonne place sur la table Royale. François Rabelais (1484-1553) évoque fréquemment dans des écrits le fromage de bique.

1603

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles lettres d'Indre-et-Loire, 1860
La vigne, les jardins et les vers à soie à Chenonceau, au XVIe siècle par l'abbé Casimir Chevalier (Civray-sur-Cher, le 10 août 1860), p. 117-125.


Extrait p. 124
"Le bouc et les chèvres de Barbarie, mentionnés dans les comptes de 1603, durent aussi sans doute leur introduction en Touraine à l'intelligente initiative de Catherine de Médicis"

1762-1766

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1862

Tableau de la Province de Touraine (1762-1766), administration, agriculture, industrie, commerce, impôts, publié pour la première fois d'après un manuscrit de la bibliothèque municipale de Tours, par M. l'abbé Casimir CHEVALIER, secrétaire perpétuel. p. 1-325

extrait p. 199
Droits sur les marchandises perçues par les inspecteurs aux boucheries (Edit de février 1704)
Moutons, brebis ou chèvres : 3 livres 4 sous

extrait p. 243
Droits sur les cuirs (édit du mois d'août 1759)
4 sous pour livre sur les peaux de boucs et de chèvres

extrait p. 246
La suppression des nourrices, pour y substituer l'usage des chèvres ou du lait de vache, a souvent été proposé etc.

1800

Durant la Révolution française, les paysans tourangeaux mangent du fromage de chèvre. Honoré de Balzac, fait mention de ce fromage de Sainte-Maure dans la "Rabouilleuse', et Michel LAURENCIN, dans son ouvrage "La vie quotidienne au temps de Balzac" précise que "le fromage le plus connu est le Sainte-Maure, de forme longue avec une paille à l'intérieur, fabriqué avec le lait de chèvre caillé à la présure, salé, affiné et conservé dans la cendre des javelles de sarment".

 

1840

Cheptel d'Indre-et-Loire en 1840 : 13 850 chèvres

 

1854

Le 10 février 1854 est créée la Société Zoologique Impériale d'Acclimatation de France qui, dès ses premières séances, met la chèvre à l'ordre du jour. En 1871 elle devient la Société Nationale d'Acclimatation.

 

1855

Annales de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres d'Indre-et-Loire, 1855

p. 40
Communication faite par M. LÉGER, membre correspondant, sur les chèvres du Thibet.

1864

Annales de la Société d'agriculture, Arts, Sciences et Belles-Lettres d'Indre-et-Loire. 1864,
Rapport de la Commission d'organisation du CONCOURS RÉGIONAL DE TOURS (5-9 mai 1864), Lauréats d'Indre-et-Loire,

p. 30

Réaulx (Vicomte des), Joué-les-Tours, obtient une mention honorable pour une chèvre du Thibet

1870

Annales de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres d'Indre-et-Loire. 1870,

p. 90-100

Sur l'acclimatation de quelques espèces animales et végétales en Touraine (signé : D. BARNSBY Directeur du Jardin des Plantes de Tours)

p. 93-94
Capra angoriensis, Chèvre d'Angora (Asie mineure) + description
Capra depressa : Chèvre du Sénégal + description
Capra AEgyptica : Chèvre d'Egypte + description

1875

Léonie GÉRIN dite Mme Noël VALOIS (1856-1906), à partir de 1875, élève et sélectionne  des chèvres sur son domaine de Lestiou (Loir-et-Cher). Elle sera membre de la Société Nationale d'Acclimatation.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/gerin-leonie-1856-1906-epouse-noel-valois.html

1879

Annales de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres d'Indre-et-Loire, 1879.
p. 308

COMICE AGRICOLE DE CHINON
PRIX D'ARRONDISSEMENT

Boucs et chèvres
1er prix, médaille de bronze et 25 fr. à  GATILLON, de Sainte-Maure
2ème prix, médaille de bronze et 15 fr. à M. JOLLY de Sainte-Maure

1880

Annales de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres d'Indre-et-Loire, 1880.
p. 356

CONCOURS DE L'ILE-BOUCHARD
Le 22 août 1880

Boucs
1er prix, médaille de bronze et 20 fr., à M. GEORGET, à Avon
2ème prix, médaille de bronze et 10 fr., à M. NION, de la Côte, à Crouzilles
3ème prix, 5 fr. à LARCHER-ROBIN, de Parçay-sur-Vienne

Chèvres
Médaille de bronze et 10 fr., à M. RABUSSEAU-BANCE, de Crouzilles

Boucs (race étrangère)
Prix unique, médaille d'argent et 10 fr., à M. GOMEZ, au château du Plessis, à Thilouze

1882

Cheptel d'Indre-et-Loire en 1882 : 21 500 chèvres

 

1883

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1883

Extrait p. 138
La Société d'Acclimatation demande que la Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire s'associe à ses efforts pour faire admettre les chèvres aux concours régionaux.

1884

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1884

Extrait p. 286

Domaine de Saint-Michel (3 km de Preuilly), 40 ha, exploité par M. AVRIL-TURQUAND depuis 1857
"Les étables bien construites, suffisamment vastes et aérées, dallées en béton avec pentes d'écoulement pour purins recueillis dans les citernes, les étables, disons-nous, contiennent : un cheval, quatre bœufs, deux vaches laitières, une cinquantaine de moutons, quelques chèvres et des porcs, soit environ 15 têtes de gros bétail, quantité minime pour la superficie cultivée."

Extrait p. 289
Domaine de la Ruine (1 km au nord du bourg des Hermites), 70 ha, exploité par M. TESSON depuis 1878.
Les écuries de la Ruine renferment : 5 chevaux, 15-16 vaches Durham ou Durham-cotentines, 1 très beau taureau de 2 ans, race Durham pure ; 250 moutons Southdown croisés Berrichon (il y en a ordinairement 300) ; 15 porcs, race craonnaise, des chèvres, enfin 300 volatiles environ (poules, dindons, canards, pintades et paons).

1888

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1888

Extrait p. 188
Exploitation de M. GERVAIS, fermier au Chizeau (80 ha), commune du Petit-Pressigny.
"Le cheptel vif, composé de 3 juments, 4 bœufs, 4 vaches, 41 moutons, 2 chèvres, un verrat et 6 gorets est en assez bon état, mais la quantité est insuffisante, étant donné l'étendue du domaine."

Extrait p. 189
Exploitation de M. DEPLAIS, métayer à la Blanchardière (61 ha), commune de Loches.
"Deux robustes chevaux et deux bœufs assurent la bonne exécution des labours ; 8 vaches laitières d'excellentes races garnissent les étables ; 50 moutons peuplent la bergerie, sans parler de plusieurs chèvres et d'une basse-cour bien composée."

Exploitation de M. POUPINEAU, fermier au Tronçay (50 ha), commune du Petit-Pressigny
Extrait p. 192
"En ce qui concerne le cheptel, son entretien est irréprochable ; les animaux domestiques comprennent : 4 chevaux, 1 poulain, 4 bœufs, 4 vaches, 64 brebis et agneaux, 2 truies, 2 chèvres, le tout en parfait état."

 

1892

Source : statistique du Ministère de l'Agriculture, 1892

Cheptel caprin d'Indre-et-Loire en 1892 : 24 534 chèvres

(Boucs : 713, Chèvres : 24 534, Chevreaux : 5 445)

Cheptel caprin dans les départements les plus importants en France en nombre de chèvres :

Sud-Est :

Corse : 140 159

Ardèche : 81 939

Drôme : 63 729

Isère : 57 158

Centre-Ouest :

Deux-sèvres : 38 352

Indre : 37 536

Vienne : 32 095

Indre-et-Loire : 24 534

Sarthe : 22 022

Cher : 19 905

Loir-et-Cher : 19 053

Cheptel ovin d'Indre-et-Loire en 1892

Béliers : 2 035

Moutons : 35 930

Brebis : 51 577

Agneaux : 16 156

Cheptel bovin d'Indre-et-Loire en 1892

Taureaux : 1 696

Boeufs travail : 8 171

Boeufs engrais : 1 312

Vaches ; 74 130

Cheptel porcin d'Indre-et-Loire en 1892

Verrats : 387

Truies : 7 341

Porcs engrais : 20 225

Porcelets : 26 353

Cheptel basse-cour d'Inde-et-Loire en 1892

Poules : 635 111

Oies : 28 201

Canards : 36 208

Dindes et dindons : 28 567

Pintades : 3 601

Pigeons : 61 264

Lapins : 256 234

1896

En 1896 au sein de la Société Nationale d'Acclimatation, Joseph CRÉPIN commence ses premiers travaux sur la Chèvre et anime la sous-section d'études caprines.

1898

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1899

Extrait p. 31
Domaine de la Rue-Milliette (28 ha) exploité par M GERMAIN depuis 1884, commune de Saint-Miche-sur-Loire
Le bétail se compose de 3 chevaux ou juments, dont un demi-sang, 4 bœufs de race parthenaise, 1 taureau normand, 6 vaches normandes, 2 chèvres, 2 porcs craonnais, 60 jeunes poulets, 70 poules et coqs et 48 lapins.

Extrait p. 49
Rapport sur le concours départemental d'agriculture de 1898
Domaine du Breuil (77 ha), commune de Saint-Paterne, propriété de M. le baron de la Bouillerie.
"Le bétail se compose de 5 chevaux ou juments, 1 âne, 5 poulains, 2 taureaux, 7 vaches, 14 veaux ou élèves de trois ans, 4 chèvres, 2 béliers, 50 brebis, 36 agneaux de l'année, 1 verrat, 3 truies, 70 jeunes poulets, 40 poules et coqs et 7 canards."

1899

En 1899, Joseph CRÉPIN installe la Chèvrerie (expérimentale) du Val-Girard au 263 de la rue Blomet à Paris, qui bientôt héberge un troupeau de 150 caprins (Alpines, Maltaises, Schwarzthals, Murcies, Mancha).

1901

En 1901, Joseph CRÉPIN transforme sa propriété du Brunoy (Seine-et-Marne) en un véritable jardin d'acclimatation caprin.

1902

Cheptel d'Indre-et-Loire en 1902 : 26 500 chèvres

1906

Léonie GÉRIN dite Mme Noël VALOIS (Lestiou, Loir-et-Cher) est élue vice-présidente de la Section d'Etudes Caprines à la Société Nationale d'Acclimatation le 6 avril 1906. Elle décède la même année.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/gerin-leonie-1856-1906-epouse-noel-valois.html

CRÉPIN : publication par Joseph CRÉPIN de  La chèvre, Hachette, 1906 (Ouvrage couronné par l'Académie française, prix Monthyon)

POITOU : Les éleveurs caprins sous l'impulsion de Samuel EYNARD (1863-1934, Pasteur protestant à Pamproux) fondent la première coopérative traitant du lait de chèvre à Bougon (Deux-Sèvres). 

1914

Jusqu'en 1914, Joseph CRÉPIN correspond avec des chercheurs et des éleveurs des cinq parties du Monde et publie des ouvrages et de nombreux articles.

 

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE

1914-1950

1919

Joseph CRÉPIN publie : Les utilisations de la chèvre. Deyrolles, 1919

1920

Joseph CRÉPIN créé le Club de la Chèvre de Race pure, qui va tenir le Livre Zootechnique, dit L.O.C.R.P. Le club rassemble les éleveurs qui conduisent une sélection des géniteurs. Après la deuxième Guerre mondiale il sera remplacé par les livres généalogiques : LGA (Livre généalogique Alpin), LGP (Livre généalogique poitevin) etc.

Le marquis Maximilien de LIGNAUD de LUSSAC propriétaire du domaine de Comacre à Sainte-Catherine-de-Fierbois, Indre-et-Loire, près de Sainte-Maure :

  • importe 6 chèvres et 1 bouc des chèvres de race Alpine par l'intermédiaire de Joseph CRÉPIN de la Société Nationale d'Acclimatation.
  • est élu membre titulaire Société Nationale d’Acclimatation de France en 1920, présenté par MM. DEBREUIL, Pierre CRÉPIN (fils) et Joseph CRÉPIN (père).
  • créé un grand élevage modèle de chèvres où il améliore et adapte la race Alpine à la Touraine. Il promeut la race et vend des reproducteurs dans la région. Cet élevage aura une durée éphémère de 5 à 6 ans.
  • http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/marquis-de-lussac.html

 

Colette de SAINT-SEINE (1920-2017, sa contribution au développement de l'élevage caprin en Toutaine, par Gérard de MONTIGNY, aux Journées de la SEZ organisée par le GEC le vendredi 1er juin 2018 à Sainte-Maure-de-Touraine.

Extrait :

"Ce que l'on sait moins c'est que l'introduction des chèvres alpines en Touraine remonte aux années 1920 quand plusieurs amis châtelains ayant entendu parler des travaux de Joseph Crépin, décident en 1920 d'importer de Savoie un lot de chèvres et un bouc, puis renouvellent cette opération les années suivantes. Les noms de ces propriétaires : le marquis de LUSSAC au château de Comacre à Sainte-Catherine-de-Fierbois, près de Sainte-Maure, et la famille LECOINTRE au château de Grillemont à la Chapelle-Blanche près de Manthelan. Rapidement M. de LUSSAC arrête l'élevage caprin alors que Mme LECOINTRE, la comtesse LECOINTRE (Solange CHENU de THUET de MANGOU, épouse du comte Georges LECOINTRE) commence "sérieusement" un travail de sélection de son troupeau. On parle de l'élevage LECOINTRE, aolors que Mme de SAINT-SEIN n'est encore que la jeune Colette LECONTRE, dont on connaît une photo d'elle à l'âge de 7 ans en 1927, en compagnie... d'une chèvre alpine ! Très jeune, Colette LECOINTRE, fille unique d'un géologue réputé (Georges LECOINTRE), héritier du vaste domaine de Grillemont, et d'une mère passionnée d'élevage de basse-cour et de lévriers, est baignée dans le mondes des éleveurs de chèvres de Touraine et des premiers concours caprins"

1921

Le marquis de LUSSAC importe 30 chèvres de race Alpine par l'intermédiaire de Joseph CRÉPIN de la Société Nationale d'Acclimatation.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/marquis-de-lussac.html

Premier CONGRÈS INTERNATIONAL D’ÉLEVAGE CAPRIN à Ruremonde (Hollande) les 16 et 17 août 1921 (Joseph et Pierre CRÉPIN, LA CHÈVRE Encyclopédie des connaissance caprines, Ed. Siboney, 1948 p. 64...)


1922

Création de l'Office national de l'élevage

Cheptel d'Indre-et-Loire en 1922 : 32 000 chèvres

Début de sélection de chèvres Alpines Chamoisées à Grillemont par la comtesse LECOINTRE (Solange CHENU de THUET de MANGOU, épouse du comte Georges LECOINTRE), voir plus haut : elle commence "sérieusement" un travail de de sélection de son troupeau à partir de boucs venant de Comacre.

"C’est en leur château de Grillemont (à la Chapelle-Blanche-Saint-Martin) que le célèbre bouc Pan de Comacre né chez M. de LUSSAC, fera toute sa carrière de reproducteur hors-pair. Le premier bouc de pure souche alpine fournira en effet de bon et loyaux services dans toute la contrée fromagère." (DOMEC)

La sélection à Grillemont va durer une dizaine d'années, elle sera reprise dans les années 1950 par Colette de SAINT-SEINE pour prendre une grande extension. 

Personnages importants de l'élevage de GRILLEMONT :

Henriette DELAMARRE de MONCHAUX (1854-1911), géologue, éleveuse, mère de Georges LECOINTRE, grand-mère de Colette de SAINT-SEINE, cousine du comte Maurice DELAMARRE de MONCHAUX (1864-1952, savant naturaliste, membre éminent de la Société Nationale d'Acclimatation, éleveur de volailles etc. à Cour -Cheverny,http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/delamarre-de-monchaux.html )

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/lecointre-henriette-1854-1911.html

Pierre LECOINTRE (1841-1928), frère de François Louis LECOINTRE (1840-1931, membre de la Société Nationale d'Acclimatation, http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/lecointre-francois-louis-1840-1931.html), père de Georges LECOINTRE (1888-1972), époux d'Henriette DELAMARRE de MONCHAUX
Attaché au Ministère des affaires étrangères, propriétaire du château de Grillemont, maire, conseiller général.

Georges LECOINTRE (1888-1972), géologue

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/lecointre-georges-louis-1888-1972.html

Comtesse LECOINTRE (Solange CHENU de THUET de MANGOU, épouse du comte Georges LECOINTRE, (1897-1954), et mère de la comtesse Colette de SAINT-SEINE), éleveuse d'animaux de basse-cour et de lévriers.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/mangou-de-solange-1897-1954.html

Comtesse Colette de SAINT-SEINE (1920-2017)

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/05/colette-de-saint-seine-1920.html

1923

Lors de la VIe  EXPOSITION D'AVICULTURE A TOURS du 8 au 14 Mai 1923, les chèvres sont exposées pour la première fois. Le marquis de LUSSAC reçoit un diplôme d'honneur pour ses chèvres Alpines.

  • "par une initiative particulièrement heureuse, 22 chèvres, boucs ou chevreaux, furent présentés. Il y eut même une traite de contrôle pour les chèvres. C'est un exemple qui mérite d'être signalé et suivi."
  • "Chèvres Alpines. Diplôme d'Honneur : marquis de LUSSAC, Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire)."

Le premier Congrès National d'Aviculture se tient à Tours le 12 mai 1923. Il prend en compte les animaux de basse-cour : poules, oies, canards, dindes ou dindons, pintades, pigeons, lapins, chèvres. Il est a noter que la chèvre fait partie des animaux de basse-cour contrairement aux ovins, bovins et équidés.

Dans son rapport, sur les productions en Indre-et-Loire, M. Jean-Baptiste MARTIN (Directeur des Services Agricoles et "Monsieur Agriculture" du département) évoque la chèvre dans un court paragraphe et ne fait pas mention de l'initiative du marquis de LUSSAC sur son domaine de Comacre. Ceci est assez significatif du peu d'intérêt porté à l'élevage caprins par les officiels du département. C'est au niveau national que cette initiative est relatée dans un article paru dans le Journal d'Agriculture Pratique en 1924 (de LUSSAC est membre de la Société d'Acclimatation et appuyé par J. CRÉPIN) . Jean-Baptiste MARTIN a fondé le Club Avicole de Touraine en 1909, avec pour principal objectif de promouvoir la race de poule "Géline de Touraine". Il faudra attendre 1958, pour que des éleveurs motivés par la Comtesse Collette de SAINT-SEINE (propriétaire du domaine de Grillemont à la Chapelle-Blanche) fondent le Syndicat des éleveurs de chèvres d'Indre-et-Loire ; la DSA missionnera Adolphe FATOUX (jeune Ingénieur SA) pour prendre en charge le secrétariat.

Journal d'agriculture pratique du 1er semestre 1923 : le magazine national à grand tirage consacre plusieurs articles à l'élevage de la chèvre. Les raisons de cet intérêt sont exposés dans l'article : p. 53-56, "La révision d'un procès : la chèvre."

1924

Journal d'agriculture pratique du 1er semestre 1924 : le magazine national à grand tirage continue de consacrer plusieurs articles à l'élevage de la chèvre :

p. 14-17
Concours laitiers pour chèvres 

p. 216-217

"UNE GRANDE CHÈVRERIE EN TOURAINE" : article sur la nouvelle chèvrerie du marquis de LUSSAC, domaine de Comacre (Sainte-Catherine-de Fierbois, Indre-et-Loire)

p. 301

Concours général agricole de Paris : le concours est ouvert pour la première fois à l'élevage caprin (reproducteurs et performances laitières)

Concours général agricole Paris 1924
Espèce caprine. Une trentaine de boucs et de chèvres, de races très diverses, garnissent cette classe ; la race Alpine domine. C'est à cette race que vont les principales récompenses ; le classement attribué aux chèvres est à peu près le même dans les prix décernés et dans le concours laitier. Dans ce dernier concours, la production de lait pour les cinq chèvres qui y ont pris part a varié entre 3,850 kg et 2,700 kg par jour.

 

1925

Deuxième CONGRÈS INTERNATIONAL D’ÉLEVAGE CAPRIN à Fribourg (Suisse) les 17 et 18 septembre 1925

POITOU : épizootie de fièvre aphteuse

1926

M. MAUVY (Robert-Jean-Marie), éleveur, demeurant à Blois au 144, rue du Bourgneuf, est élu membre à la Société nationale d’Acclimatation (séance du 14 avril 1926), présenté par MM. Joseph CRÉPIN (père) et Pierre CRÉPIN (fils) et le prince Paul MURAT,

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/mauvy-robert-jean-marie.html

1929

Le Ministère de l'Agriculture publie un film muet pour promouvoir l'élevage rationnel des chèvres en France.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/elevage-caprin-en-france-en-1929-film-muet-du-ministere-de-l-agriculture.html

1930

Cheptel d'Indre-et-Loire en 1930 : 35 000 chèvres

Troisième CONGRÈS INTERNATIONAL D’ÉLEVAGE CAPRIN à Anvers (13 et 14 août 1930)

1931

Dans son ouvrage "le folklore en Touraine en 1931", J-M ROUGE, mentionne que "il existe en Touraine méridionale un fromage de chèvre assez connu même à Paris et qui a des aspects traditionnels : le Sainte-Maure, fromage long, tenu par une paille et roulé pour être conservé dans les cendres de boulines".

1933

DELFOSSE Claire, "Chèvre des champs ou chèvre des villes ? Sélection et élevage caprins dans l'entre-deux-guerres", Ruralia (En ligne), 20, 2007, mis en ligne le 01 juillet 2001, consulté le 30 septembre 2016. URL : http://ruralia.revues.org/1592, 19 pages.

Les directeurs des services agricoles et la chèvre (en France)

p. 8
"Quelques voix commencent à s'élever contre le discrédit dont pâtit la chèvre dans l'entre-deux-guerres : les auteurs des monographies agricoles départementales, annexes à l'enquête de 1929, comptent parmi elles. Ces monographies, écrites par les directeurs des services agricoles les membres des offices agricoles, donnent des indications sur la place que peuvent revêtir les chèvres dans l'économie rurale d'entre-deux-guerres et l'image qu'elles peuvent avoir auprès des "élites agricoles" (40).

p. 9
"Les départements où les auteurs accordent de longs développements aux chèvres, tant dans les parties consacrées à l'élevage qu'aux produits d'élevage, sont ceux où le lait de chèvre permet de confectionner des fromages de renom. Les monographies des départements de la Drôme et de l'Isère vantent les mérites du fromage de Saint-Marcellin, celles de la région Centre (Indre-et-Loire, Cher...), les Valençay, Sainte-Maure, etc., et celle de la Vienne, le Chabichou et les autres fromages de pays."

p. 16
"Note 40. Pour certains départements on dispose d'une première monographie agricole réalisée dans le courant des années 1920 par l'Office agricole départemental ou régional. puis de la monographie annexe à l'enquête statistique agricole de 1919 et qui a été publiée vers le milieu des années 1930 ; on peu voir ainsi si la place accordée à la chèvre évolue dans l'entre-deux-guerres."

 

L'agriculture du département d'Indre-et-Loire, Tours, office régional agricole du Centre et de l'Indre-et-Loire, 1933, 288 p.

p. 196

Georges CONSTANT (nouveau Directeur des Services Agricoles d’Indre-et-Loire depuis 1929) consacre un court paragraphe de quelques lignes à l'élevage caprin, alors que les autres productions animales (bovins, ovins, porcins et animaux de basse-cour) ont droit à une ou plusieurs pages. De plus, l'Office départemental agricole d'Indre-et-Loire, ne mentionne jamais l'élevage caprin dans ses rapports d'activité. Les initiatives du marquis de LUSSAC et de M. LECOINTRE n'ont pas d'échos auprès des responsables économiques et des élites agricoles.

"Chapitre VI. Les chèvres

L'espèce caprin a augmenté ses effectifs par rapport aux chiffres d'avant-guerre (de 40 % par rapport à l'enquête de 1892). Ceci s'explique par la facilité d'entretien des animaux ; la chèvre est également une source de revenus par les fromages appréciés qu'elle donne. On la rencontre partout, mais surtout dans les cantons de l'ancien arrondissement de Loches (1 500 à 2 300 chèvres par canton) ; plus de 2 000 chèvres dans les cantons de Sainte-Maure, Montbazon et Châteaurenault. Diverses races, plus ou moins croisées, sont exploitées."

1936

Le syndicat des éleveurs ayant pour but d'assurer le fonctionnement du Livre Généalogique de la race bovine Parthenaise, se donne aussi pour but l'amélioration de la production caprine etc. (DELOSSE et LE JAOUEN).

1937

La Chambre d'agriculture d'Indre-et-Loire, commence à se préoccuper de la délimitation du fromage de chèvre de Sainte-Maure.

1938

Cheptel d'Indre-et-Loire en 1938 : 40 000 chèvres

1939

 

Mme Géorges LE CONTE débute un élevage et une sélection de chèvres Alpines Chamoisées mottes sur son domaine de Villechenay à Millançay en Sologne (Loir-et-Cher).

 

1942

En 1942, en France, aidé de Christophe KRAFT de BOÉRIO, les réunions du Club de la Chèvre de Race Pure reprennent

 

1943

 

Décès de Joseph CRÉPIN en 1943

 

1948

Pierre CRÉPIN publie : LA CHÈVRE Encyclopédie des connaissance caprines, Ed. Siboney, 1948

 

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE

après 1950

1954

Cheptel d'Indre-et-Loire en 1954 : 35 000 chèvres

Dépôt de la marque Fromage de Sainte-Maure, 

Mme la Vicomtesse de MONTMARIN fonde le syndicat départemental des éleveurs de chèvres de Loir-et-Cher

Ernest CHOSSON représentant les "vrais éleveurs" prend la tête de la Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres (FNEC).

 

1955

Premier concours du fromage de Sainte-Maure-de-Touraine dans les halles de la ville

 

Le Ministère de l'Agriculture créé le Livre Généalogique Alpin 

 

Le maire de Sainte-Maure-de-Touraine (M. Desaché), afin d'inciter les producteurs fermiers non seulement à développer la fabrication, mais également à parfaire la qualité, organise un premier concours de fromage de Sainte-Maure-de-Touraine dans les halles de la Ville.

 

 

Le Ministère de l'agriculture décide la création d'un Livre Généalogique Alpin ou LGA pour gérer la sélection de la race alpine (à laquelle était rattachée les Saanen suisse). Les premiers statuts s'inscrivent dans la droite ligne du "Club de la chèvre de race pure" crée au début du siècle par Joseph Crépin et auquel participaient le marquis de LUSSAC et Georges LECOINTRE.

 

1958

Assemblée générale constitutive de la FNEC (Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres)

 

Assemblée général constituante du Syndicat des Eleveurs de Chèvres de Touraine le 14 février 1858 à Saint-Maure-de-Touraine                  

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/05/syndicat-des-eleveurs-de-chevres-de-touraine.html

Création du Bulletin de liaison des éleveurs de chèvres à Tours. Le n° 1 paraît le 1er mars 1958. Ce bulletin, géré par Adolphe FATOUX (ingénieur des Services Agricoles d'Indre-et-Loire) (2), devint dès son n° 3 la revue bimestrielle La Chèvre (1)

(1) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/la-revue-la-chevre.html 

(2) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/fatoux-adolphe-1917.html

 

Assemblée générale constitutive de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC) le 18 avril 1958, à la Maison du mouton au 36 rue Fontaine à Paris. Sept syndicats sont présents : Bourgogne, Touraine, Ile-de-France, Loir-et-Cher, Berry, mais aussi le syndicat des éleveurs de chèvres inscrits au LGA (Livre Généalogique Alpin)

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/fnec-federation-nationale-des-eleveurs-de-chevres.html

 

Ernest CHOSSON (président du Syndicat caprin de la Drôme et de la FNEC) prend la tête de Livre Généalogique Alpin (LGA)

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/chosson-ernest.html

 

1962

En 1962 La comtesse Collette de SAINT-SEINE (Grillemont, Indre-et-Loire) prend le secrétariat du Livre Généalogique Alpin (LGA) et le fait transférer de Paris (siège de la FNEC) vers son château de Grillemont (Indre-et-Loire), il y reste jusqu'en 1972.

Création du Livre Généalogique Poitevin, afin d'organiser la sélection de la Chèvre Poitevine dont les effectifs restent localisés dans sa région d'origine. Le siège social du LGP est basé à Melle (Deux-Sèvres). Le standard de la race poitevine avait été décrit en 1947, Gilbert TOUSSAINT en est l'animateur.

 

1963

A partir de 1963, la FNEC met progressivement en place un service technique dont les trois orientations sont : la coordination du travail des moniteurs d'élevage caprin, la vulgarisation des méthodes traditionnelles d'élevage et le développement du contrôle laitier

 

1964

Quatrième CONGRÈS INTERNATIONAL D’ÉLEVAGE CAPRIN à Londres (17-22 juillet 1964)

Ce quatrième congrès aurait dû avoir lieu en 1935, mais le projet fût abandonné.

 

1965

Cheptel en Indre-et-Loire en 1965 : 22 621 chèvres (6 035 exploitations, 3,7 chèvres/exploitation ; source enquête DDA Indre-et-Loire 1965, ADIL 911W37à38)

 

1966

Le 28 décembre 1966, la loi sur l'élevage est votée et modifie en profondeur l'organisation génétique de l'élevage bovin, ovin, caprin et porcin. Par cette loi, l'Etat donne les moyens techniques, logistiques financiers d'investir dans les programmes de sélection, de développer les enregistrements donnés pour évaluer les taureaux sur leur descendance et de faire de l'amélioration génétique du cheptel un oeuvre collective à partir des organismes déjà existants.

Suite à la loi sur l'Elevage, l'Institut Technique Ovin et Caprin (ITOVIC) est créé. Son siège social est localisé à la Maison du mouton à Paris.

"La loi su l'élevage, en 1966 constitue une étape importante. Elle en place les EDE et les différents Instituts nationaux dont l'ITOVIC. En effet, après de longues discussions avec les éleveurs ovins, les responsable professionnels créent un institut technique commun aux deux espèces. Toutefois le LGA concentrait la plupart des moyens du Ministère affectés non seulement à la sélection, mais aussi au développement agricole, la mise en place des EDE et des UPRA (Unité Nationale de Sélection et de Promotion des Races) ne se fera pas sans heurts." Ethnozootechnie n° 63 p. 110

 

1971

 

Cinquième CONGRÈS INTERNATIONAL D’ÉLEVAGE CAPRIN à Tours (17-19 juillet)

organisé par l'International Goat Association (IGA).

2ème congrès depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Source : Revue La Chèvre n° 68

 

 

1972

La "Commanderie du Fromage de Sainte-Maure" est constituée sous l'impulsion de Marc DESACHÉ (sénateur, maire de Sainte-Maure) 

Mise en place de de l'Unité de Promotion des Races caprines (UPRA).

"Après la création de l'UPRA caprine en juin 1972, qui vient se substituer aux livres généalogiques alpin et poitevin, c'est une nouvelle page de la sélection caprine qui s'ouvre. L'option prise par les professionnels, à l'époque, de ne constituer qu'une UPRA caprine avec des sections par race marque également au sein d'une même entité des trois races laitières connues. C'est ainsi que trois sections sont créées : Alpine, Saanen et Poitevine, auxquelles s'adjoindra ultérieurement la section Angora, avec une certaine autonomie d'orientation et de fonctionnement" Ethnozootechnie n°63 p. 110

 

1975

La section caprine de l'I.T.O.V.I.C. compte 7 ingénieurs nationaux et 15 techniciens caprins basés dans les départements

1978

En 1978, est créé, avec la collaboration du Comité de Promotion "Centre Val de Loire Berry", un label régional "Sainte-Maure-de-Touraine"

1982

En 1982 la foire aux fromages de Sainte-Maure fait place à un foire nationale aux fromages

1983

En 1983 : création de Capri'IA (Insémination artificielle)

1988

Le concours des fromages de Sainte-Maure fait place au Concours national de fromages de chèvres.

1989

La demande en reconnaissance d'Appellation d'Origine Contrôlée Sainte-Maure-de-Touraine, est déposée devant le Comité National des Appellation d'Origine Fromagères en 1989.

1990

L'AOC Sainte-Maure-de-Touraine est reconnue par le décret du 29 juin 1990.

 

Caprigène-France : "La montée en puissance du schéma de sélection laitier et de ses outils dans le cadre de l'UPRA caprine, deviendra Caprigène-France au début des années 1990" Ethnozootechnie n°63 p. 110

 

2000

TOURS du 15 au 18 mai 2000

Conférence internationale sur les caprins organisée par l'International Goat Association (IGA). Source : Magazine de la Touraine n°74

 

Cheptel en Indre-et-Loire en 2000 : 15 133 chèvres (205 exploitations, 73,8 chèvres/exploitation, source AGRESTE)

 

2006

Le Sainte-Maure-de-Touraine devient le premier fromage AOC de France avec France avec 1300 tonnes

 

2008

SAINTE-MAURE-DE-TOURAINE le 8 juin 2008 ; Mairie de Sainte-Maure-de-Touraine (Indre-et-Loire); Journée d'étude de la Société d'Ethnozootechnie, organisée pat Pierre MORAND-FEHR et Jean-Claude LE JAOUEN : Histoire et évolution des races et des productions caprines (Groupe de travail sur l'ethnozootechnie Caprine. Ethnozootechnie n°85, 131 pages.)

National : Fondation de Caprigènes (fusion de Capri'IA et Capgènes France)

 

2009

Le Sainte-Maure devient AOP (Appellation d'Origine Protégée)

 

2010

 

Cheptel en Indre-et-Loire en 2010 : 14 738 chèvres (82 exploitations, 179,7 chèvres/exploitation, source AGRESTE)

 

2018

SAINTE-MAURE-DE-TOURAINE les 1er et 2 juin 2018, Journée SEZ-GEC 2018

 

 

 

1813

Michel LAURENCIN, LA VIE EN TOURAINE AU TEMPS DE BALZAC, La vie au quotidien, collection dirigée par Jean-François SOULET, éditions. CAIRN, 2008, 335 p.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/09/la-vie-en-touraine-au-temps-de-balzac-michel-laurencin.html

Extrait

p. 168

« Il en va de même pour la race caprine, surtout présente en Touraine méridionale, dans chaque ferme, et dans le Lochois. Ici, en 1813 on ne compte pas moins de 5 200 chèvres ; en 1841, boucs, chèvres et chevreaux sont 6 400. Élevée pour la production de son lait, un chèvre donne en moyenne 360 pintes de lait par an (335 litres) ; 3 pintes (2.8 litres) font un fromage ; il en résulte, selon de savants calculs établis par le sous-préfet, qu’une chèvre produit 120 fromages dans l’année, et qu’ainsi les 5 188 chèvres donnent… 622 560 fromages… »
 

1840

MAILLARD Brigitte, Les campagnes de Touraine au XVIIIe siècle Structures agraires et économie agricole, PUR, 1998, 500 p.

p. 210

Le bétail en Indre-et-Loire en 1840 (Statistique de la France. Statistique agricole du Royaume, 1841. N’y figurent pas les régions de Loudun et de Richelieu)

Bœufs et chevaux : 36 131 animaux, (0,06 animaux/ha de terres emblavées)

Ânes et mulet : 19 745 animaux, (0,03 animaux/ha de terres emblavées)

Vaches : 56 556 animaux, (0,09 animaux/ha de terres emblavées)

Ovins : 287 293 animaux (0,47 animaux/ha de terres emblavées)

Porcs : 37 136 animaux (0,06 animaux/ha de terres emblavées)

Chèvres : 13 856 animaux (0,02 animaux/ha de terres emblavées)

p. 211

Les pays de vignoble excluent les chèvres, trop voraces ; cette « vache du pauvre » est plus fréquent dans les districts de Preuilly et de Neuvy. Dans la région de de Preuilly on compte cinq fois plus caprins que dans la région d’Amboise.

SOLARIA D. « De la multiplication des chèvres sous la Révolution », Révolution est espaces forestiers, p. 54. Bien que pouvant servir de débroussaillage, les chèvres sont souvent interdites dans certaines zones du finage. En l’an III, on en dénombre 686 dans le district d’Amboise, 3 027 dans le district de Preuilly, 2 016 dans le district de Château-Renault.

1843

Les fromages de chèvre en Touraine

Michel LAURENCIN, LA VIE EN TOURAINE AU TEMPS DE BALZAC, La vie au quotidien, collection dirigée par Jean-François SOULET, éditions. CAIRN, 2008, 335 p.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/09/la-vie-en-touraine-au-temps-de-balzac-michel-laurencin.html

p. 107

Extrait

Le fromage est présent sur la table paysanne. Dans La Rabouilleuse (roman de Balzac paru en 1843) la servante * « apporta pour dessert le fameux fromage mou de Touraine et du Berry, fait avec du fromage de chèvre et qui produit si bien en nielles les dessins des feuilles de vigne sur lesquelles on le sert, qu’il aurait dû faire inventer la gravure en Touraine ». Outre le fromage blanc, frais, constitué à partir du lait de vache, mis à égoutter dans des « fascines », la Touraine méridionale compte trois types de fromages de chèvre. A Cussay, (près de Ligueil), ils sont ronds et les trous de la faiscine laissent leur empreinte sus forme de points au sommet. Dans la région de Loches, le fromage épouse la forme d’une pyramide tronquée. Mais le plus connu est celui de Sainte-Maure, de forme longue, avec une paille à l’intérieur : fabriqué avec le lait de chèvre caillé à la présure, salé, affiné, il est conservé dans la cendre des javelles de sarments, le « boubines ». La paysanne garde à la ferme sur des claies de bois dans un endroit sec.

1882

 

DELFOSSE Claire, La France Fromagère (1850-1990), La boutique de l’histoire. Mondes ruraux contemporains (Collection pluridisciplinaire du Laboratoire d’études rurales, Université Lyon-INRA, http://www.bhedition.com 2007, 267 p.

p. 20-21

La France fromagère en 1882

La carte des départements où on trouve « en quantités assez considérables des fromages au lait de chèvre » comble les lacunes des ouvrages de laiterie qui mentionnent rarement cette catégorie (carte n° 3). Elle fait apparaître un noyau de production autour des départements du Centre et du Poitou.

Carte n° 3 Fromages de chèvre "en quantité assez considérable" en 1882. (Statistique agricole 1882)

Carte n° 3 Fromages de chèvre "en quantité assez considérable" en 1882. (Statistique agricole 1882)

1899

Claire DELFOSSE, "Chèvre des champs ou chèvre des villes ? Sélection et élevages caprins dans l'entre-deux-guerres". Ruralia [En ligne], 20 | 2007, mis en ligne le 01 juillet 2011. http://ruralia.org/1592 
p.11
Ainsi on peut lire sous la plume de d'Astier de la Vigerie, président de la Société d'agriculture de l'Indre, dans le compte-rendu du "Concours cantonal à Levroux, 20 août 1899" : "A côté su mouton source principale de richesse nous avons admis cette fois exceptionnellement une race il est vrai vagabonde et pillarde bien souvent maudite des forestiers, mais chère aux petits cultivateurs et aux humbles familles et qui, par les services qu'elle nous a rendus a pris dans notre canton une importance particulière. Les produites qu'elle fournit constituent une ressource précieuse et l'éloge de vos excellents fromages de Levroux n'a pas besoin d'être dans notre département"
(Cité dans le dossier AOC du Valençay)
 

1892

Effectif caprin en Indre-et-Loire

Ministère de l'agriculture, Statistique agricole de la France publiée par le Ministère de l'agriculture. Direction de l'agriculture. Résultats généraux de l'enquête décennale de 1892. Paris Imprimerie nationale M DCCC XCVII 1897. (Indre-et-Loire 30 novembre 1892)

Boucs : 713

Chèvres : 24 534

Chevreaux :  5 445

Total : 30 692

1920

LE CLUB DE LA CHÈVRE DE RACE PURE

Fondation

Fondé au début des années 1920

Fondateur : Joseph CRÉPIN

Membres du club en Indre-et-Loire (communes aux entours de Sainte-Maure-de-Touraine) :

Le marquis de LUSSAC au château de Comacre (commune de Sainte-Catherine-de-Fierbois) importe des chèvres alpines en 1922

M. MAUVY (Blois, Loir-et-Cher)

M. et Mme Georges LECOINTRE au château de Grillemont (commune de la Chapelle-Blanche-Saint-Martin) importe des chèvres Alpines et monte un élevage rationnel vers 1928.

 

Source (Référence électronique) :

DELFOSSE Claire, « Chèvre des champs ou chèvre des villes ? Sélection et élevage caprins dans l’entre-deux-guerres », Ruralia [En ligne], 20 | 2007, mis en ligne le 01 juillet 2011, consulté le 30 septembre 2016. URL : http://ruralia.revues.org/1592

Extrait :

Le club de la chèvre de race pure et ses adeptes

Pour la promotion des races pures, Joseph CRÉPIN fonde au début des années 1920 le Club de la chèvre de race pure. C’est là que se retrouvent ses disciples en matière de sélection caprine. Qui sont-ils ? Ce sont essentiellement des femmes issues de la noblesse ou épouses de riches propriétaires. Elles viennent de la région parisienne, mais aussi de régions rurales où la chèvre est très présente, comme le département du Rhône (avec madame de MARLIAVE), la Mayenne ainsi que la Touraine et le Berry. Là, quelques nobles ou grands propriétaires terriens, après s’être intéressés aux « animaux nobles », commencent dans l’entre-deux-guerres à s’occuper de ce qui était considéré comme du domaine de la femme : les volailles et les chèvres. Dans ces départements où le métayage est important, les chèvres sont toujours présentes dans les exploitations agricoles. D’ailleurs l’effectif caprin y augmente entre 1892 et 1929. Cet intérêt pour la chèvre amène le comte de la ROCHEFOULCAULT (Saulzais-le-Potier) à fonder, en 1938, dans l’Indre, un goat-book pour améliorer la race berrichonne par croisement avec des boucs alpins. De même, le marquis de LUSSAC (du château de Comacre, à Sainte-Catherine-de-Fierbois, près de Sainte-Maure-de-Touraine) importe en 1922, par chemin de fer, des chèvres alpines. Il est bientôt imité par d’autres nobles ou propriétaires de châteaux de la région comme M. MAUVY (Blois) et les époux LECOINTRE (La Chapelle-Blanche-Saint-Martin). Mariés en 1919, ces derniers ont quitté Paris en 1928, après l’obtention du doctorat de géologie de M. LECOINTRE pour s’installer à l’année au château de Grillemont (La Chapelle-Blanche-Saint-Martin, près de Sainte-Maure, à une quinzaine de kilomètres du château de Comacre). M. LECOINTRE a pris en main les fermes qu’il avait en faire-valoir direct et a cherché à améliorer l’élevage caprin sur son domaine. Il importe lui aussi des chèvres alpines réputées plus productives, et organise « plus rationnellement » cet élevage : alors qu’auparavant, chaque ferme avait trois ou quatre biques, il aménage une chèvrerie au château. Cette famille d’ardents sélectionneurs est très vite primée au concours agricole de Paris.

Ces éleveurs-sélectionneurs de caprins sont membres du club de la chèvre de race pure qui commence à se structurer au niveau national. Des sections départementales et régionales se créent ; leurs secrétaires sont chargés d’organiser des concours de reproducteurs et des syndicats d’élevage permettant aux petits producteurs d’acquérir en commun un bouc sélectionné. Ils sont les relais de CRÉPIN en direction du milieu rural d’une part, et des services agricoles d’autre part. Ainsi madame de MARLIAVE, secrétaire de la section du Rhône, de l’Isère et de la Loire, obtient que l’Office agricole du Rhône subventionne le « Club de la chèvre de race pure » de ce département. Est-ce pour autant que la chèvre accède enfin à l’excellence rurale ? Retient-elle l’attention des élites agricoles et rurales, ainsi que des organisations agricoles qui se mettent en place en faveur de la sélection animale durant l’entre-deux-guerres ?

1920

 

Journal d’Agriculture pratique, 1924, 1er semestre, p. 216-217

 

"C’est ce qu’a pensé un propriétaire d’Indre-et-Loire, M. le marquis de LUSSAC, en installant, dans sa propriété de Sainte-Catherine-de-Fierbois, une grande chèvrerie.

M. de LUSSAC a voulu ne commencer qu’avec des bêtes de choix. A cet effet, en 1920, il fit venir, par l’intermédiaire de M. CRÉPIN, président du Club de la Chèvre de race pure, six chèvres et un bouc des Alpes. Ces bêtes ayant donné toute satisfaction, on introduisit un nouveau troupeau de 30 bêtes en 1921. Par la suite, toutes les chevrettes nées à Sainte-Catherine-de-Fierbois furent gardées, de telle façon qu’à l’heure actuelle cette chèvrerie compte une centaine d’Alpines."

1921

Journal d’Agriculture pratique, 1924, 1er semestre, p. 216-217

"C’est ce qu’a pensé un propriétaire d’Indre-et-Loire, M. le marquis de LUSSAC, en installant, dans sa propriété de Sainte-Catherine-de-Fierbois, une grande chèvrerie.

M. de LUSSAC a voulu ne commencer qu’avec des bêtes de choix. A cet effet, en 1920, il fit venir, par l’intermédiaire de M. CRÉPIN, président du Club de la Chèvre de race pure, six chèvres et un bouc des Alpes. Ces bêtes ayant donné toute satisfaction, on introduisit un nouveau troupeau de 30 bêtes en 1921. Par la suite, toutes les chevrettes nées à Sainte-Catherine-de-Fierbois furent gardées, de telle façon qu’à l’heure actuelle cette chèvrerie compte une centaine d’Alpines."

 

Bulletin Agricole et Viticole de la Touraine, 1921 n° 5 août-sept (ADIL 363PERU/2)

p. 99

Le comice de l’arrondissement de Chinon a  tenu ses assises le dimanche 14 août 1921 dans la charmante petite ville de l’Ile-Bouchard ; palmarès Concours départementaux :

Espèce CAPRINE :

Médaille d’argent pour ses chèvres M. Rabusseau-Leblanc à Theneuil , médaille d’argent pour sa chèvre suitée à M. Nivien de Tavant , Médaille d’argent pour ses chèvres à M. Léon Georges de L’Ile-Bouchard , Médaille de bronze pour sa chèvre et ses chevreaux à M. Nogues à Chinon

p. 110

Le comice de l’arrondissement de Tours

Concours spéciaux de l’arrondissement de Tours : Chèvres et boucs 10 fr. à M. Charbonnier-Mary à Channay

Boucs reproducteurs à GRILLEMONT : 1922 à 1928
Boucs reproducteurs à GRILLEMONT : 1922 à 1928

Boucs reproducteurs à GRILLEMONT : 1922 à 1928

1923

La chèvre est mise à l'honneur dans le Journal d'Agriculture Pratique

 

Journal d'Agriculture Pratique, 1er semestre 1923,

p. 53-56

La révision d'un procès : la chèvre.

Dans le magnifique livre qu'il vient de publier sur la Vie pastorale dans les Alpes françaises, M. Philippe ARBOS, maître de Conférences à l'Université de Clermont-Ferrand, décrit les services rendus autrefois par les chèvres dans toute la chaîne des Alpes. Elles fournissaient la région entière de lait, de fromages, de viande. A titre d'indication : Die avait un abattoir spécial pour les chèvres, Grasse en consommait chaque année 5 000. Viande fraîche ou de salaison, la viande de chèvre était partout appréciée. De plus, l'utilité de ce précieux animal était considérée telle qu'un vieux texte du Dauphin, cité par l'auteur, déclare "fourni de tous les biens" celui qui a "bonne fame, bonne mule et bonne chèvre". Mais, dès la fin de l'Ancien Régime, une guerre implacable fut faite à ces gracieux animaux par les forestiers, qui les accusaient des pires méfaits : nous verrons ce qu'il faut en penser. Les circonstances économiques aidant, les chèvres qui, dans le seul département des Alpes-Maritimes, étaient au nombre de 120 000 en 1847, n'étaient plus que 20 000 en 1905.

Dans l'ensemble de la France, on trouve encore un peu partout des chèvres à l'état isolé. Les îlots de quelque densité ne se trouvent guère que dans les Alpes, les Pyrénées, le Mont-d'Or Lyonnais, le Poitou, le Berry et la Vendée.

Sur notre territoire, les chèvres sont en rétrogradation constante. A quoi cela tient-il ? A l'humeur capricieuse de la chèvre, sans doute ; à l'ostracisme porté sur elle par les forestiers aussi ; à la multiplication du bétail bovin ; aux circonstances économiques locales, mais surtout à des préjugés et à la mode. Notre vieille France républicaine est, dans ses mœurs, la nation la plus aristocratique du monde, et ce, dans toutes les classes de la Société ; il s'est donc créé, contre les chèvres, depuis le plus humble métayer berrichon jusqu'au monde officiel, toujours enclin et souvent contraint à suivre les sentiers battus, une sorte de dédain inavoué. D'après l'opinion courante un tel animal ne pourrait être une ressource que dans les pays déshérités et aux mains des ignorants et des pauvres.

Peu de gens ont pensé qu'une espèce si tenace, rendant des services dans les circonstances les plus défavorables, avec des soins dérisoires, sans sélection, sans encouragements, devait être particulièrement bien douée pour avoir résisté à la sévérité d'un régime anachorétique, au mépris des riches, à l'abandon des pauvres et à l'oubli le plus absolu du monde officiel.

Tandis que notre cheptel caprin s'appauvrissait, l'Allemagne multipliait les encouragements à cet élevage, car il faut bien du lait et du bon lait pour nourrir les 6 ou 7 petits d'une famille "boche", l'Amérique importait les meilleurs sujets d'Europe, et la Hollande fondait la première Station expérimentale pour l'amélioration et le contrôle de l'élevage des races de chèvres. En Belgique, les petits curés flamands créaient des Syndicats d'assurance caprine et faisaient acheter des boucs améliorateurs par les collectivités. En France, une seule voix, une voix d'apôtre, à vrai dire, celle de M. CRÉPIN s'est, pendant 30 ans, inlassablement fait entendre pour la défense de la chèvre. Les résultats ne se sont pas encore manifestés, mail il aura eu l'honneur de répandre la bonne semence qui ne peut tarder à germer.

Le vent souffle en ce moment, aux petits élevages ; pour les classes moyennes, c'est par eux at par l'horticulture que peut se faire le retour à la terre, ou que peut s'y contracter un nouveau lien. Prêcher le retour à la terre à des gens non pourvus de gros capitaux et dont la formation technique est à faire, c'est ordonner à un phtisique pauvre de passer son hiver à la Côte d'Azur et de boire une bouteille de Château-Margaux à chaque repas.

Sur quelles pièces la chèvre a-t-elle donc été condamnée ?

Sur les dégâts que cet animal à la dent tranchante commet sur les jeunes arbres. Les chèvres, plus ou moins mal surveillées, surtout si on les mène dans les bois, donnent un coup de dent à gauche, un coup de dent à droite et finissent par dévaster un taillis.

Est-il sûr que les vaches ne commettent pas des dégâts du même ordre et pourquoi, dans ce cas, met-on des entourages aux jeunes pommiers qui se trouvent dans nos prairies du Vexin, du pays de Bray et ailleurs ?

En Berry, entre Valençay et Levroux, à la veille des vendanges, des petites bandes de 3 ou 4 chèvres pâturent en bordure des vignes, sans qu'il se produise de plainte. Dans la forêt de Rambouillet, aux portes de la résidence présidentielle, la plupart des forestiers ont des chèvres.

Enfin, la chèvre peut parfaitement prospérer en stabulation, à condition qu'elle ait un petit parc annexe pour prendre l'air.

Sur les faibles quantités de lait que donnent les chèvres. Mal nourrie et nourrie sur sol pauvre, jamais sélectionnée, sevrée trop jeune dans son enfance, c'est une preuve de ses étonnantes qualités laitières qu'elle donne encore du lait. L'Association pour l'amélioration de l'élevage des chèvres en Zélande exige, qu'elle fournisse : 500 litres de lait la première année, 500 litres la deuxième et 600 litres les années suivantes. Et cela pour un animal qui pèse à peine 60 kg. Pour atteindre ce niveau -qui n'est pas exceptionnel- une vache Hollandaise sélectionnée devrait donner 5 000 litres de lait, or, la meilleure donne 4 500 litres, et une Normande du même poids 3 400 litres.

Sur le goût du lait. Lait à odeur de bouc. Cette odeur peut provenir de deux causes : 1° malpropreté et mauvais entretien des animaux ; 2° certaines lignées de chèvres fromagères. Mais il est à ce point facile d'obtenir du lait sans goût que beaucoup de personnes préparent de délicats entremets avec du lait de chèvre, qui ne le cèdent en rien avec ceux faits avec du lait de vache. Nous en avons personnellement consommé de délicieux chez un de nos plus éminents confrères de la presse, dont la femme -écrivain bien connu- est une grande admiratrice des chèvres.

Quels sont donc les débouchés du lait de chèvre ? Le lait de chèvre donne d'excellents fromages, comme ceux du Mont-d’or lyonnais, de Levroux (Indre), les Chabichous poitevins, dont le débouché est assuré sur le marché des grandes villes. Ces fromages obtiennent de hauts prix quand ils sont bien préparés et présentés d'une façon moderne, c'est-à-dire avec un emballage qui en identifie la qualité et la provenance.

Mais la chèvre rend d'autres services plus remarquables dans l'allaitement des nourrissons. On se souvient d'ailleurs de l'attraction qu'avaient les petits dans nos grandes villes pour le lait de chèvre conduites dans les rues par les chevriers béarnais. Ces chèvres provenaient généralement d'importants troupeaux élevés dans les pâturages pyrénéens dont nous donnons un un spécimen (fig. 7 et 8).

Le lait de chèvre est particulièrement bienfaisant chez les nourrissons. Souvent, la mère ne peut plus allaiter elle-même son enfant, elle est forcée de recourir à l'allaitement artificiel, c'est-à-dire au lait de vache. Or, le lait de vache ne peut se donner que bouilli. Avec les connaissances actuelles sur le rôle des vitamines, on se rend compte que c'est une alimentation déficiente. Cela est si vrai que lorsque l'allaitement mixte peut-être employé, une très petite quantité de lait de mère vivant rend bienfaisante la masse plus importante du lait de vache bouilli, mort.

Il est faux, comme on l'a cru longtemps, que la chèvre ne contracte pas la tuberculose parce que l'on ne rencontrait pas de chèvres tuberculeuses dans les abattoirs des régions où la chèvre est employée comme animal de boucherie. Par contre, il est parfaitement exact que la chèvre ne contracte la tuberculose qu'exceptionnellement et lorsqu'elle est placée dans les plus mauvaises conditions hygiéniques ou alimentaires.

Ii s'ensuit que, pratiquement, le lait de chèvre peut être employé cru, chargé de ses vitamines. De fait, les enfants alimentés au lait de vache, qui dépérissent redeviennent 9 fois sur 10 ; magnifiques quand on leur donne du lait de chèvre et qu'ils n'ont pas de tares irrémédiables.

En tout état de cause, il est toujours possible de faire tuberculiner une chèvre et de s'assurer de son immunité absolue.

Le lait de vache n'offre pas de telles garanties, puisque le lait livré à la consommation est presque toujours le mélange du lait de plusieurs vaches. Nous connaissons, d'ailleurs, chose qui paraît extraordinaire, des agglomérations agricoles où il n'y a point de vache et où il est très difficile de se procurer du lait. La chèvre rendrait donc de de grands services dans ces pays, comme elle en rend d'ailleurs en Belgique, où les vaches à lait sont cependant nombreuses.

Nous nous proposons de montrer ultérieurement ce que l'on a fait à l'étranger pour la sélection des chèvres en même temps que l'importance agricole, économique et sociale de cet animal si injustement discrédité en France, et en France seulement.

Ad. J. CHARON

p. 214-215
Ecthyma contagieux des lèvres chez les chèvres. Maladie du chancre 

p. 277-280

La chèvre améliorée et améliorante.

Une sélection attentive, une alimentation rationnelle ont permis d'obtenir à l'étranger des lignées de chèvres particulièrement laitières. Passons, pour le moment, sous silence les résultats obtenus par les Stations expérimentales de Belgique et de Hollande et citons un exemple tiré de l'excellente revue Le Lait publié sous la haute autorité de MM. LINDET, PORCHER et BEAU.

Dans le numéro de mai 1922, était signalé le record du monde contrôlé par l'Université de Californie : celui de la Chèvre n° 29 016 qui en 275 jours avait produit 1 641 litres de lait ? En 1918, le record était conquis en Californie par une chèvre de race Toggenbourg qui avait donné 1 293 litres de lait contenant 44 kg de matière grasse. Le lait obtenu équivalent à 24,5 le poids de son corps. De telles lactations sont exceptionnelles ? Elles ne peuvent être obtenues que par une longue sélection calquée sur des méthodes suivies avec nos meilleures races laitières ou beurrières.

Mais les chiffres de 800 et 900 litres de lait par an ont été fréquemment constatés en Europe, en France même, avec des bêtes bien douées et qui auraient pu devenir des têtes de lignées.

Les moyennes actuellement enregistrées chez nous, sont hélas ! bien inférieures à ces chiffres. Nous avons pu obtenir qu'une petite enquête fut menée à ce sujet dans la commune de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône) qui, naguère était le type du centre caprin.

On comptait environ 1 000 chèvres, il y a 50 ans, à Saint-Cyr ; le nombre des chèvres n'a cessé de de diminuer pour tomber à 150 en 1914. Depuis, légère progression, approximativement 250 en 1922. Les troupeaux moyens sont de 6 bêtes.

En raison de croisement multiples plus ou moins heureux, comme nous l'écrit notre aimable correspondant, la race locale n'a pas de caractères bien définis. Le point intéressant est les suivant qui en dit long, comparé aux chiffres américains obtenus avec des races sélectionnées. Production moyenne de 350 litres, maxima 650, minima 250. La production moyenne du lait pourrait être grandement augmentée dans ce centre, si l'on ne se servait que de boucs provenant de laitières à grands rendements.

Le Ministère de l'Agriculture anglais, qui encourage vivement l'élevage des chèvres, donne ce conseil valable chez nous et qui, en même temps, chiffre les rendements actuels de l'élevage anglais. Une chèvre laitière d'une qualité ordinaire peut donner 325 à 450 litres de lait riche par an. Un animal de première qualité peut donner une quantité double et ne coûte probablement pas plus qu'une pauvre laitière.

En achetant une chèvre, l'acquéreur doit d'abord se rendre compte de sa production de lait en la faisant traire devant lui : une chèvre qui donne moins de 2 litres de lait par jour, dans les quelques semaines qui suivent son second chevreau, ne vaut pas la peine d'être gardée.

Naturellement, il faut assister aux 2 ou 3 traites de la journée ; il existe, en effet, entre elles des variations considérables.

En Angleterre, la British Goat Society a fait de nombreux efforts (Concours, contrôle laitier, livre d'origine, importation d'animaux de valeur, sélection, etc.). Les résultats ont été remarquables, soit en ce qui concerne l'amélioration du cheptel, soit pour la diffusion de l'élevage lui-même.

En Allemagne, les Stations expérimentales et de véritables haras de boucs ont été créés. En Hollande, des études méthodiques ont été poursuivies et M. ZWAGERMANN, à la station de Seroskerke, a fourni une contribution considérable à l'étude de la chèvre. Il a bien voulu nous donner des renseignements précieux.

L'amélioration de la production laitière est basée sur ce principe : c'est le mâle qui est la moitié de la chèvrerie. Pour lui, comme dans l'espèces bovine, se transmettent les qualités laitières.

Deux manières de procéder : soit en utilisant des boucs de races très laitières, Suisse de Saanen, Suisse de Toggenbourg, Nubiens, soit par sélection en se servant de boucs locaux provenant des meilleures chèvres laitières.

Le premier procédé est le plus rapide, il n'est pas toujours le meilleur, en raison des difficultés d'acclimatation des races importées.

Il est évident que des reproducteurs suisses acclimatés en milieu froid et sec - la chèvre redoute beaucoup l'humidité - s'accommodent mal au climat brumeux de la Hollande et de l'Angleterre.

La sélection des races locales serait beaucoup plus recommandée avec le concours de l'Etat, comme cela s'est fait en Allemagne, ou celui de puissantes sociétés comme en Hollande et en Angleterre.

Chez nous aussi, quelques encouragements auraient les plus heureux résultats.

Il ne faut pas oublier que la plupart des chèvres sont entre les mains de petits propriétaires peu familiarisés avec la pratique des concours laitier et des méthodes zootechniques modernes. Dans les départements caprins, les Offices agricoles ont un rôle très utile à remplir de ce côté. Dans un délai assez court, on pourrait obtenir par eux les plus heureux résultats.

En Hollande, on s'est servi surtout des races Saanen et Toggenbourg, excellentes laitières mais moins beurrières que les races locales. La matière grasse, en effet, est l'élément dont la teneur se modifie le plus sous l'influence de la race.La chèvre de Zélande donne 5,1 % de matière grasse. La chèvre Cerf belge 4,4 % de matière grasse.La Saanen importée de Hesse 3,31 % de matière grasse. La teneur individuelle est très variable. Des analyses de M. ZWAGERMANN il résulte que certaines chèvres de Zélande avaient une teneur minima de 2,72 et d'autres des maxima de 7,14 en matière grasse. A la Station de Seroskerke, la moyenne du lait produit par les chèvres indigènes pauvres laitières, mais riches en matière grasse, fut de 450 litres en 275 jours avec 5 % de matière grasse. Le produit donné par les métis Saanen x Zélande était beaucoup plus abondant, mais moins riche en matière grasse.

La chèvre de Nubie a servi en Angleterre, de même que la chèvre Suisse, pour améliorer la race locale. I y a d'ardentes controverses entre les partisans de chacune de ces deux races amélioratrices : la nubienne enrichissant le lait en matière grasse, l'Alpine augmentant la sécrétion lactée. Pour départager les deux groupes, M. E. A. WALMISLEY propose que le Q x (le monogramme étoilé honorifique accordé par les clubs caprins aux meilleures chèvres productrices) soit attribué, soit :

1° Au chèvres dont le lait a au moins 3 % de matière grasse et qui donnent au moins 3,124 kg de lait si elles ont chevreauté depuis moins de 6 mois ou 3, 171 si elles ont chevreauté depuis plus de 6 mois.

2° A celles dont le lait contient au moins 5 % de matière grasse et qui donnent au moins 2,718 kg dans les 6 mois suivant le part et 2,265 après.

Ce qui revient à dire environ 900 kg de lait pour les moins beurrières et 700 kg pour les beurrières.

Des règles semblables ont permis de sélectionner les meilleures laitières en Angleterre et d'accroître considérablement la valeur du cheptel.

En France, entre autres races, l'Alpine du Sundgau (Alsace), excellente laitière dont un spécimen, la célèbre Freneté, a donné à M. CRÉPIN jusqu'à 8 litres de lait par jour, pourrait utilement être employée comme amélioratrice.

Mais dans chaque région, il est possible de trouver des animaux particulièrement bien doués, dont on se servirait pour obtenir les boucs améliorateurs, car il ne faut jamais perdre de vue que le bouc est la moitié du troupeau.

Veut-on connaître l'opinion d'un agriculteur anglais sur les bienfaits ou les méfaits de la chèvre ? Voici celle de M. Arthur W. ABBEY, résidant sur une terre argileuse de l'Essex, éleveur de bovins d'Hereford, de moutons Hampshiredown et de chevaux lourds et légers, qui s'exprime en ces termes : "J'avais eu beaucoup de difficultés à améliorer mes terres argileuses de côte, moitié arables, moitié pâture ? Dans une terre convertie en pâture, drainée et traitée aux scories, au bout de quelques années, durant l'été, les seules plantes qui semblaient prospérer étaient le Rumex et les chardons. Cinq acres furent entourés de fils de fer et un petit troupeau de chèvres y fut mis tous les jours pendant deux étés. Le résultat fur immédiat et presque miraculeux. Les Rumex et les chardons disparurent absolument, le gazon prospéra et une forte proportion de trèfle blanc apparut dans tout le champ dont les chèvres ne se soucièrent pas d'ailleurs. Elles furent mises en d'autres champs où elles continuèrent leur bon travail. Dans les deux derniers étés, les chèvres ont dépensé la plus grande partie de leur temps dans une terre abandonnée de 10 acres où, de temps immémorial, rien ne venait. C'était un couvert à renards semé de buissons épineux dont certains avaient 12 pieds de haut et entre eux des ronces, des épines et des gravats. Durant la guerre, le Comité d'Agriculture, dans sa sagesse, avait ordonné que le champ serait labouré et cultivé sans souci que cela coûterait plus que la valeur du champ. Il fallut de longues discussions pour les convaincre de leur folie. Aujourd'hui, les chèvres font leur travail à travers la broussaille et je ne désespère pas de voir cette terre sauvage s'améliorer."

Et vous, agriculteurs, qui méprisez la chèvre, rendez-lui justice. Elle peut être un important élément de la prospérité française.

Ad. J. CHARON

 

 

p. 442-443

VIe EXPOSTION D'AVICULTURE A TOURS

Du 9 au 14 mai 1923, a eu lieu à Tours, dans la magnifique Jardin de la Préfecture, la plus brillant exposition d'aviculture que l'on puisse voir en dehors de la manifestation de Printemps à Paris. En volailles, 745 cages étaient garnies de lots individuels ou d'ensemble, les lapins ou léporides occupaient 383 cages et, par une initiative particulièrement heureuse, 22 chèvres, boucs ou chevreaux, furent présentés. Il y eut même une traite de contrôle pour les chèvres. C'est un exemple qui mérite d'être signalé et suivie.

Le Club Avicole de Touraine, sous les auspices de qui cette Exposition prit place dans la Grande Semaine de Tours, est, en effet, un groupement très actif et vivant. Sous l'impulsion de M. Jean-Baptiste MARTIN, l'un des directeurs des Services Agricoles dont l'attention a été retenue par le rôle occupé dans l'économie nationale par la volaille, cette Société a entrepris une série de travaux remarquables : création de la Géline de Touraine, de l'oie de Touraine, du Pigeon Mondain de Touraine, menées à bien avec une rare persévérance.

La création, ou mieux la reconstitution, de la Géline mérite surtout de servir de type. La race locale de poules était abâtardie, adultérée par des croisements inconsidérés, dont le résultat le plus net était l'existence d'une population hétéroclite avec tous ses aléas habituels. Parmi ces hybrides, en variations désordonnées, subsistaient un peu partout des types plus ou moins purs de l'ancienne poule noire locale. Il s'agissait de la rendre uniforme en lui infusant quelques qualités exigées par le marché. Après des années d'effort, un magnifique résultat a été obtenu puisque 200 lots de Gélines de Touraine figuraient à Tours et que, au dire des juges, ces lots étaient parfaitement conformes au standard. Robuste, alerte, de chair fine et d'une densité particulièrement élevée, que nous avons pu constater sur plusieurs sujets pris au hasard, bonne pondeuse, la Géline de Touraine est appelée à une grande extension.

Voici l'énumération de quelques premiers prix :

Géline de Touraine. Coqs : Perret Eugène, élevage de M. Le Provost de Launay, Azay-sur-Cher (Indre-et-Loire). Lots d'ensemble adultes : Pachet Martin, La Souchonnerie, St-Epain (Indre-et-Loire). Lots d'ensemble, jeunes : Perret Eugène. Prix d'Honneur de la race Géline : Perret Eugène.

Bourbonnaise : Dupéroux et Cury, 162, rue de Deuze, Moulins (Allier).

Gâtinaise : Comte d'Aubigny, château des Hayes (Indre-et-Loire)

La Flèche : I. Toutain, Le Bailleul (Sarthe)

Bresse noire : Allain, château de la Bruyère, Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire)

Bresse blanche : Martin Charles, à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher)

Oies de Touraine : Baronne de Champchevrier, château de Poillé, Charentilly (Indre-et-Loire)

Pigeons Mondains de Touraine : Bouchet A, à Mazières (Indre-et-Loire)

Chèvres Alpines. Diplôme d'Honneur : marquis de LUSSAC, Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire). Nous tenons à insister sur la portée que peuvent avoir des concours de chèvres avec contrôle laitier comme ce contrôle fut ébauché à Tours. La population caprine en France est environ 1 200 000 têtes (1918), elle serait beaucoup plus considérable si ces animaux étaient sélectionnés, mais, en tout état de cause, quel accroissement de produits si les reproducteurs étaient judicieusement choisis. La Station expérimentale de Californie par le contrôle laitier a pu signaler aux éleveurs plusieurs chèvres remarquables qui devinrent têtes de souche, notamment : California Gretel, qui, en 1918, donna 1 332 kilogrammes de lait en 365 jours ; Polly Mae, une Toggenbourg, 1 970 kg de lait contenant 62,5 kg de matière grasse ! Combien éloignés sommes-nous de ce rendement pour avoir négligé et dédaigné un animal si utile.

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/marquis-de-lussac.html

Le 12 mai, suivit un Congrès d'Aviculture où d'importantes question furent débattues ; la place restreinte dont nous disposons nous permet seulement de les citer. Nous espérons que le compte-rendu de ces intéressantes communications sera publié par le Club Avicole de Touraine. L'Aviculture commerciale en Touraine : principaux marchés, par M. Martin ; l'œuf : ses qualités commerciales, récolte, triage pour l'expédition ; amélioration des conditions de production, par M. le comte DELAMARRE de MONCHAUX (Cour-Cheverny) ; l'emballage des œufs pour l'expédition, par M. ROUSSELET, de la Compagnie d'Orléans ; les Coopératives-œufs dans le Centre-Ouest de la France par M. ROZERAY ; les volailles de consommation : vivantes, mortes, finissage, sacrifice, déplumage, façonnage, classement et emballage pour l'expédition, par M. HERBINET, commissaire en volailles a Pris ; procédés de conservation par le froid des œufs et volailles, par M. SIGMANN ; autres procédés de conservation des œufs, par M. RAZOUS ; le transport des œufs et de la volaille par chemin de fer, par M. FOURMY ; la vente des œufs sur le marché de Paris, par M. Dayné, président du Syndicat des mandataires aux Halles Centrales de Paris ; la vente de la volaille sur la marché de Paris, par M. Dujon ; nos importations et exportations d’œufs et volailles, par M. Poher ; réglementation nationale et internationale de la vente des œufs, par M. Voitellier ; utilisation des plumes d’oies, par M. Hambris, pelletier ; l’industrie du lapin de Touraine : viande et peaux, par M. Berwitz ; mesures prises par la Compagnie d’Orléans pour l’extension de l’aviculture sur son réseau. D’excellent travail a été fait pendant cette journée.

Nos lecteurs se rendront compte que l’aviculture en Touraine est en bonnes mains et marche dans les voies les plus progressives.

Au président du Club Avicole, M. Jean-Baptiste MARTIN, ainsi qu’à ses collaborateurs, M. LEMOINE, secrétaire général, et M. HEURTAULT, trésorier, nous adressons nos compliments sincères pour le succès obtenu et pour le travail véritablement considérable poursuivi dans cette région, grâce à leur compétence et à leurs soins.

Ad.-J. CHARON

1923

Premier Congrès National d'Aviculture Commerciale, tenu à Tours de 12 mai 1923 sous la Présidence d'honneur de M. Méline ancien ministre de l'Agriculture. Présidence de M. Germain, président de l'Office agricole départemental de l'Indre-et-Loire. 
Mémoires et compte-rendus publiés par M. E. POHER Ingénieur des services commerciaux de la Compagnie d'Orléans et M. J.-B. MARTIN Directeur des Services Agricoles de l'Indre-et-Loire.
Paris, 1, Place Valhubert. Publications agricoles de la Compagnie d'Orléans. 1923.
Bibliothèque Municipale de Tours, cote B3306


Extrait du rapport de M. MARTIN, p. 16
Chevreaux. La production des chevreaux est en croissance marquée : le relèvement du prix du lait encourage les cultivateurs et une foule de petits ménages à avoir quelques chèvres. De 1892 à 1923 le nombre de ces animaux a passé de 24 500 à 32 000. Le nombre de chevreaux vendus annuellement pour la boucherie est d'environ 40 000. Le poids moyen vif est de 9,500 kg.

Journal d'Agriculture Pratique, 1er semestre 1923, 

p. 53-56
La révision d'un procès : la chèvre. 

p. 214-215
Ecthyma contagieux des lèvres chez les chèvres. Maladie du chancre 

p. 277-280
La chèvre améliorée et améliorante.

 

 

1924

 

Journal d’Agriculture pratique, 1924, 1er semestre, p. 216-217

 

UNE GRANDE CHÈVRERIE EN TOURAINE

 

Il est peu de personnes en France qui aient une idée exacte de l’importance économique de la chèvre dans notre pays. Les statistiques agricoles de 1921 donnaient un total de 1 367 180 têtes de caprins, adultes et jeunes. Cette population est très inégalement répartie : 75 450 en Ardèche, 143 000 en Corse, 44 000 en Moselle, 48 850 dans l’Indre, 3 900 dans l’Oise, etc.

Les dépouilles des chèvres entraînent un très gros commerce d’importation et d’exportation. D’après les documents statistiques publiés par l’administration des Douanes, durant l’année 1923, nous avons importé pour 33 235 000 francs de peaux de chevreaux, et pour 94 178 000 francs de peaux de chèvres. Nos exportations en peaux de chevreaux brutes ont été seulement de 1 698 000 francs, en peaux de chèvres brutes de 7 296 000 francs.

Nous sommes donc tributaires de l’étranger pour plus de 100 millions de francs en chiffres ronds.

La peau est, évidemment, un sous-produit, mais le produit principal, le lait, est économiquement avantageux pour l’éleveur.

C’est ce qu’a pensé un propriétaire d’Indre-et-Loire, M. le marquis de LUSSAC, en installant, dans sa propriété de Sainte-Catherine-de-Fierbois, une grande chèvrerie.

M. de LUSSAC a voulu ne commencer qu’avec des bêtes de choix. A cet effet, en 1920, il fit venir, par l’intermédiaire de M. CRÉPIN, président du Club de la Chèvre de race pure, six chèvres et un bouc des Alpes. Ces bêtes ayant donné toute satisfaction, on introduisit un nouveau troupeau de 30 bêtes en 1921. Par la suite, toutes les chevrettes nées à Sainte-Catherine-de-Fierbois furent gardées, de telle façon qu’à l’heure actuelle cette chèvrerie compte une centaine d’Alpines.

C’est donc une chèvrerie d’une importance égale à celles qu’a décrites, en des pages célèbres, le romancier Ferdinand Fabre.

M. de LUSSAC se proposait d’améliorer ainsi le cheptel local et aussi de mettre à la disposition des habitants de Tours un lait exempt de bacilles tuberculeux pouvant être consommé cru par les nourrissons. On pensait justement obtenir, de ce fait, des résultats analogues çà ceux constatés en Amérique, dans les endroits où un large usage du lait de chèvre a été fait, c’est-à-dire une diminution de 50 % de la mortalité infantile.

La routine n’a pas permis à ces vues de se réaliser. M. de LUSSAC a dû créer d’autres débouchés et aujourd’hui il transforme son lait en fromages, industrie séculaire de la région.

La ration habituelle donnée dans la chèvrerie, quand les animaux ne peuvent aller en pâture, est de 1 kg de foin de trèfle ou de luzerne, plus betteraves, feuilles de choux, et 100 à 200 grammes de tourteaux d’arachides, des barbotages : bouillies très épaisses de son, de farines de fèveroles, d’avoine et d’orge.

Les chèvres Alpines du troupeau de Sainte-Catherine-de-Fierbois produisent de 800 à 1 000 litres de lait par an (8 mois de lactation). La chèvre de un an donne deux à trois litres, si elle est très bonne ; à deux ans, trois à quatre litres ; à trois ans, quatre à cinq litres.

Deux sources de bénéfices dans la chèvrerie : les chevreaux et le lait. Vendus à la boucherie à l’âge de deux semaines, les chevreaux ne valent guère que 20 à 50 francs pièce. De race pure et destinés à la reproduction, ils trouvent preneurs à des prix très élevés (200 à 300 francs au sevrage). Adultes, il faut compter de 500 à 600 francs, suivant la beauté.

Le débouché comme reproducteurs est encore restreint, car le mouvement caprin n’est qu’à son début, mais il a un bel avenir devant lui, si l’on se base sur ce qui se passe en Allemagne, en Angleterre et en Amérique où cet élevage se développe très vite.

D’ailleurs, le prix d’un bouc de bonne race payé 600 francs, n’est-il pas très modéré comparé au prix de béliers sélectionnés, dont certains spécimens atteignent 2 000 francs, au prix d’un coq Wyandotte vendu 1 500 francs en Angleterre.

Le lai est une source de ressources certaines. Lorsqu’on peut le vendre en nature et au détail, il atteint 2 à 3 fr. le litre (Paris). En fromages, genre Levroux, il produit 1 fr. le litre. Deux litres de lait font un fromage.

Une chèvrerie bien tenue est donc susceptible de bénéfices intéressants et réguliers.

Une cinquantaine de chèvres exigent les soins d’une femme pour la traite et d’un gamin pour le gardiennage et les soins à l’étable.

Les éleveurs de gros animaux se rendent compte de la nécessité de n’élever que des jeunes issus de bêtes sélectionnées.

De bonnes Alpines prises en France, même à un prix qui paraît élevé, reviennent encore moins cher qu’en les important. Le prix du transport est moindre et l’on échappe ainsi aux risques de l’acclimatation qui laisse toujours un déchet : mortalité et non-valeurs.

La tentative de M. de LUSSAC est doublement intéressant, puisqu’elle permet de constater que la création d’un chèvrerie assez importante et rémunératrice dans des régions agricoles où la vache domine, et qu’elle met à la disposition des éleveurs des animaux de race pure, suivis déjà depuis plusieurs années.

AD.-J. CHARON

 

Publicité dans le Journal d'Agriculture Pratique en 1924 :

CHÈVRES Alpines, boucs, race garantie pour par Société acclimatation. Pedigrees.

Retenir dès maintenant pour 1924.

Marquis de LUSSAC, Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire)

1925

Publicité dans le Journal d'Agriculture Pratique en 1925 :

CHÈVRES Alpines, boucs, race garantie pour par Société acclimatation. Pedigrees.

Retenir dès maintenant pour 1924.

Marquis de LUSSAC, Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire)

1925

Société Nationale d’Acclimatation de France

Club de la Chèvre de Race Pure

 

Bulletin de la Société Nationale d’Acclimatation de France, (72e année), n° 1 – Janvier 1925. Au siège social de la Société nationale d’Acclimatation de France, 198 Boulevard Saint-Germain, Paris (VIIe). Le Bulletin paraît chaque mois.

Séance du 12 février 1925

p. 59-61

Extraits des procès-verbaux des séances de la Société

La parole est donnée au docteur Petit de Langle pour sa conférence.
M. de Langle remercie du témoignage d’estime que lui a donné la Société Nationale d’Acclimatation en lui conférant la médaille hors classe à l’effigie d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, pour les heureux résultats de la campagne poursuivie pendant de nombreuses années afin de faire admettre la Chèvre comme bête laitière aux Etats-Unis et lui assurer la place qu’elle mérite dans l’alimentation des enfants et des malades.

Notre collègue explique comment il a été gagné à la cause de la Chèvre en souvenir des services que cet animal lui a rendus, d’abord dans son enfance en l’allaitant ; puis 50 ans plus tard, en lui fournissant, par son lait, l’aliment thérapeutique qui l’a guéri d’une affection arthritique qui lui avait fait perdre pendant plusieurs années l’usage de ses membres inférieurs.

Il montre ensuite de quelle manière il a triomphé de la résistance du public et acquit la coopération des médecins pour encourager l’usage du lait de Chèvre, qui, par sa composition ressemble le plus à celui de la mère, tandis que la résistance reconnue de la Chèvre à la tuberculose constitue un lait qui, pouvant être pris cru, avec toutes ses propriétés naturelles, est le lait idéal pour l’alimentation des enfants.

Il traite, en passant, la question de la fièvre de Malte, qui repose sur un malentendu. Elle est relativement rare, peu dangereuse, et par rapport aux services que peut rendre la Chèvre pour combattre la malnutrition et la tuberculose elle, elle ne saurait être un obstacle au développement de l’usage du lait.

Le docteur définit ensuite la « Chèvre moderne », qui n’est pas nécessairement la Chèvre de race pure. En sélectionnant les meilleures chèvres communes et en faisant usage de reproducteurs pur-sang, de haute qualité, on peut, par des soins suivis, de l’entraînement et une alimentation appropriée, produire, en quelques générations, la Chèvre moderne à grand rendement.

Il recommande de placer des reproducteurs pur-sang à la tête des troupeaux mais l’élevage de cette classe d’animaux doit être laissée aux spécialistes, seuls qualifiés pour la reproduction d’animaux de haute qualité.

Il constate que l’élevage caprin en France est inférieur par rapport à celui des Etats-Unis comme production. L’on se plaint, dit-il, que l’élevage n’est pas profitable, que l’écoulement du lait est difficile, n’est-ce pas parce que nous n’avons pas encore reçu la sanction officielle du Gouvernement ?

Il faudrait intéresser le Gouvernement et demander que l’on introduise de petits élevages de Chèvres dans les fermes expérimentales pour donner à l’industrie caprine une sanction officielle. Toutefois, il croit qu’avant de recevoir l’appui matériel et moral du gouvernement, il faut que l’initiative privée démontre d’abord que l’élevage caprin peut être fait avec profit.

Il suggère qu’une école de démonstration soit établie par une personne ayant l’emplacement propice auprès d’une ville ou d’un établissement quelconque pour assurer un revenu, où l’élevage scientifique et pratique serait employé sous un contrôle officiel.

Il est convaincu qu’en mettant en pratique le système employé aux Etats-Unis on obtiendrait le même résultat, car les meilleures Chèvres laitières importées des d’Europe sont de race alpine dont nous avons une réserve abondante.

M. Pierre Crépin (fils de Joseph Crépin) demande la parole pour faire remarquer qu’en France nous sommes en voie de faire et d’obtenir ce que demande le docteur de Langle. Nous avons créé un club de la Chèvre de race pure qui a ses ramifications dans toute la France ; il y est ouvert un livre d’origine qui suivra exactement les mêmes phases que les livres généalogiques d’Amérique, pour obtenir sans doute un jour les mêmes résultats économiques. Nous obtenons des subventions de l’Etat depuis l’année dernière et le concours général agricole de Paris est depuis 1924 également ouvert à l’espèce caprine avec des prix aussi importants que ceux accordés aux moutons.

Nous sommes donc en bonne voie pour mener à bien la zootechnie caprine qui prit naissance en France et qui a eu autrefois au Mont-d’Or lyonnais, un succès qui a duré plusieurs siècles et qui d’est perdu ensuite au cours de nos tribulations politiques et va, probablement se retrouver bientôt.

Pour le secrétaire empêché

Joseph CRÉPIN

1929

DELFOSSE Claire, La France Fromagère (1850-1990), La boutique de l’histoire. Mondes ruraux contemporains (Collection pluridisciplinaire du Laboratoire d’études rurales, Université Lyon-INRA, http://www.bhedition.com 2007, 267 p.

p. 78-79

Production de fromage de chèvre en 1929

Les fromages de chèvre sont principalement localisés dans la région Centre, le Poitou et la région Rhône-Alpes (carte n° 12). Contrairement aux fromages de vache et de brebis, la proportion de fromages de chèvre fermiers demeure prépondérante. Il est plus facile de produire industriellement des fromages à partir de lait de vache, tout en conservant le nom des fromages de chèvre, que d’industrialiser la fabrication du fromage de chèvre.

Carte n° 12. Production de fromages de chèvres en 1929 en tonnes. (Statistique agricole 1929)

Carte n° 12. Production de fromages de chèvres en 1929 en tonnes. (Statistique agricole 1929)

1929

Bulletin Agricole et Viticole de la Touraine, 1929 n°12 Déc. (ADIL 363PERU/2)

p. 155 :

Espèce caprine 1er prix prime de 20 fr. à M. Guerrier à Noizay pour une chèvre Alpine, un prime de 15 fr pour une chèvre Alpine noire, un diplôme et une médaille d’argent pour l’ensemble de son exposition, etc...

NDLR : la chèvre est quasi absente des articles et des remises de prix mentionnés dans le Bulletin Agricole. L'introduction de la race de chèvre Alpine par le marquis de Lussac (château de Comacre à sainte-Catherine-de-Fierbois) n'est jamais mentionnée que dans l'article ci-dessus !. Les autres espèces : bovins, chevaux, ovins, basse-cour (volaille Géline de Touraine, lapin pigeaons...), porcs (région de Loches) jouissent d'un grand intérêt.

1933

DELFOSSE Claire, "Chèvre des champs ou chèvre des villes ? Sélection et élevage caprins dans l'entre-deux-guerres", Ruralia (En ligne), 20, 2007, mis en ligne le 01 juillet 2001, consulté le 30 septembre 2016. URL : http://ruralia.revues.org/1592, 19 pages.


Les directeurs des services agricoles et la chèvre (France)

p. 8
"Quelques voix commencent à s'élever contre le discrédit dont pâtit la chèvre dans l'entre-deux-guerres : les auteurs des monographies agricoles départementales, annexes à l'enquête de 1929, comptent parmi elles. Ces monographies, écrites par les directeurs des services agricoles les membres des offices agricoles, donnent des indications sur la place que peuvent revêtir les chèvres dans l'économie rurale d'entre-deux-guerres et l'image qu'elles peuvent avoir auprès des "élites agricoles" (40).

p. 9
"Les départements où les auteurs accordent de longs développements aux chèvres, tant dans les parties consacrées à l'élevage qu'aux produits d'élevage, sont ceux où le lait de chèvre permet de confectionner des fromages de renom. Les monographies des départements de la Drôme et de l'Isère vantent les mérites du fromage de Saint-Marcellin, celles de la région Centre (Indre-et-Loire, Cher...), les Valençay, Sainte-Maure, etc., et celle de la Vienne, le Chabichou et les autres fromages de pays."

p. 16
Note 40. Pour certains départements on dispose d'une première mongraphie agricole réalisée dans le courant des années 1920 par l'Office agricole départemental ou régional. puis de la monographie annexe à l'enquête statistique agricole de 1929 et qui a été publiée vers le milieu des années 1930 ; on peu voir ainsi si la place accordée à la chèvre évolue dans l'entre-deux-guerres.

 

Office régional agricole du Centre et Office départemental agricole d'Indre-et-Loire.
L'AGRICULTURE DU DÉPARTEMENT D'INDRE-et-LOIRE
par Georges CONSTANT Directeur des Services Agricoles d'Indre-et-Loire,
avec la collaboration de MM.
Henri MERCIER (professeur d'agriculture, adjoint à la Direction des Services Agricoles)
J.-P. GASSIES (Chef de la Sation de Météorologie de Tours)
Comte Georges LECOINTRE (Docteur ès-sciences),
MAC CARTHY & BLOT (de la Chambre syndicale des Etangs de Touraine et d'Anjou)
E. PECRAD (Directeur des Services Vétérinaires d'Indre-et-Loire)
Rapport de M. BONAFE (Directeur de l'Ecole Nationale d'Agriculture de Grignon)
Concours des primes d'honneur et prix culturaux du Département d'Indre-et-Loire en 1931. 
1933, 288 p
ADIL 8°363

Il est à noter que le comte Georges LECOINTRE en tant que géologue, a rédigé les chapitres concernant les sols du département. Il se trouve qu'il est aussi le propriétaire du château de Grillemont où son épouse élève et sélectionne des chèvres.

L'administration note une augmentation importante de l'élevage caprin en Indre-et-Loire depuis la dernière enquête nationale de 1892. Le nombre de chèvre est passé de 24 534 à 35 000 chèvres (+ 40 % en 40 ans), corroborant ce que dit Claire DELFOSSE ci-dessus.

p. 196

"VI. Les chèvres

L'espèce caprine a augmenté ses effectifs par rapport aux chiffres d'avant-guerre (de 40 % par rapport à l'enquête de 1892). Ceci s'explique par la facilité d'entretien des animaux ; la chèvre est également une source de revenus par les fromages appréciés qu'elle donne. On la rencontre partout, mais surtout dans les cantons de l'ancien arrondissement de Loches (1500 à 2300 chèvres par canton) ; plus de 2 000 chèvres dans les cantons de Sainte-Maure, Montbazon et Châteaurenault. Diverses races, plus ou moins croisées, sont exploitées."

1935

Revue La Chèvre n° 15, janvier 1961 (article d'Adolphe Fatoux, Ing. des Services Agricoles), Extrait, p.3

LE FROMAGE DE SAINTE-MAURE
Production laitière. La Fédération des Laiteries coopératives Touraine-Maine-Anjou a voulu également attirer l'attention des consommateurs et a déposé une marque "Caprina" (décision de l'Assemblée générale du 19 octobre 1935.

1936

Bulletin Agricole & Viticole de la Touraine. n° 9 Septembre 1936 (p. 233, JPG 7264)

Comice agricole de Neuvy-le-Roi, 12 août 1936

CAPRINS

Prix d’ensemble. Premier prix, dipl. et 20 frs :  M. Lodet, à Chemillé ; 2. Prix, dipl. et 15 fr. M. Machefer, à Neuvy ; 3. Prix, dipl. de M.A. : M. Fortin, à Neuvy ; 2. Prix et dipl. de M.B. : M : Chican pour son bouc.

 

Bulletin Agricole & Viticole de la Touraine. n° 10-11 Octobre-Novembre 1936 (p. 254, JPG 7276)

Comice agricole de Bourgueil, 22-23 août 1936

Espèce caprine

Boucs : Premier prix. dipl. de M.B. et 30 frs : M. Leclerc, à Restigné ; 2. Dipl. de M.B. et 20 frs : M. Clémos à Bourgueil ; 3. Dipl. de M.B. et 15 frs : M. Sejaud, à Bourgueil.

Chèvres : Premier prix, dipl. de M.B. et 20 frs : M. Clémos à Bougueil.

 

Bulletin Agricole & Viticole de la Touraine. n° 12, décembre 1936 (p. 286, JPG 7294)

Comice agricole de Lahaye-Descartes, 29-30 août 1936

RACE CAPRINE

Chèvres, 20 frs, : M. Moreau, à Balesme ; Boucs, 10 frs, M. Sirot-Ribauly, à Abilly ; dipl. d’honneur : M. Frous, à Neuilly-le-Brignon pour ses chèvres.

 

1937

La Chambre d'agriculture d'Indre-et-Loire, commence à se préoccuper de la production du fromage de chèvre de Sainte-Maure d'un point de vue purement économique.

"La Chambre d’agriculture continue, néanmoins, à suivre les principaux problèmes du moment : prophylaxie des maladies contagieuses du troupeau laitier, bénéfices agricoles, application de conventions collectives, crise maraîchère, viticulture, assurance contre les calamités agricoles, prix agricoles, organisation du marché du lait et délimitation du fromage Sainte-Maure, statut juridique et fiscal de la coopération agricole, organisation du contrôle de la production, lutte contre les importations de viande et achat de viande congelée étrangère par l'armée, élévation des salaires (16 % en juillet 1936 et novembre 1937)"

1938

 

Bulletin Agricole & Viticole de la Touraine. n° 2 Février 1938 (ADIL 363PERU3, JPG 7372), extrait p. 51

FROMAGE DE SAINTE-MAURE

La question se pose de délimiter et défendre la marque « Fromage de Sainte-Maure ». Le département de la Vienne demande si communes limitrophes de ce département rentrent dans la délimitation. Il existe un Syndicat au sein de la Fédération Touraine-Maine-Anjou qui a créé une marque "Caprina". Cette marque est sa propriété. Il y aurait intérêt à ne pas laisser des abus déprécier l’appellation « Sainte-Maure » et en vue de la délimiter dans son cadre réel. M. Martin reçoit mandat d’étudier la question avec les organismes compétents de la Vienne.

1942

Joseph et Pierre CRÉPIN, LA CHÈVRE Encyclopédie des connaissance caprines, Ed. Siboney, 1948
p. 81-82

"Bien plus le Bureau permanent International de Fribourg n'a pas donné signe de vie. Notre représentant pour la France, notre éminent ami le Professeur PROCHER est mort, notre sympathique Secrétaire général M. COLLAUD fils m'a été également signalé comme décédé, Joseph CRÉPIN s'est éteint à son tour et la tourmente de 1939-1944 nous a tous broyés.
Et pourtant, en France, nous avons repris la lutte. Dès 1942, aidé par notre jeune et dévoué collaborateur Christophe KRAFFT DE BOËRIO, nous avons repris les réunions du Club de la Chèvre de Race Pure. Presque tous les anciens amis de la Chèvre étaient dispersés, de nouveaux fervents sont venus combler les vides et, la libération aidant, la Fédération Nationale de la Chèvre de Race Pure devenue la Fédération Nationale Caprine de France a battu le rappel de nos groupements locaux.
De tous côtés des Syndicats, des Clubs de races naissent chaque jour et viennent grossir nos troupes combattant pour la chèvre. Une nouvelle aurore se lève et de nouveaux espoirs nous sont maintenant permis.
Nous sommes maintenant certains que le IVe Congrès International d'Élevage Caprin aura lieu.

1954

 

Revue La Chèvre n° 15, janvier 1961 (article d'Adolphe Fatoux, Ing. des Services Agricoles), extrait, p.3

LE FROMAGE DE SAINTE-MAURE

Production fermière. Sur l'initiative de M. DESACHÉ Conseiller général et Maire de Sainte-Maure, appuyé par l'Union Commerciale de la Ville, une marque fut déposée au début de 1954 et fut imprimée un papier d'emballage, de présentation uniforme portant, outre la désignation et la marque du fromage, le numéro de chaque producteur. Pour bénéficier de ces dispositions, le producteur doit affronter l'épreuve de la dégustation, sous forme de concours, qui a lieu périodiquement, en présence des professions intéressées, restaurateurs, ramasseurs, etc. Les fabrications reconnues valables ont droit à la marque et le papier d'emballage est cédé pour somme modique. Par ce papier, le consommateur non satisfait est invité à adresser ses reproches à la Mairie de Sainte-Maure en rappelant le numéro du producteur. Il y a donc ainsi un contrôle permanent.

 

1955

 

Le maire de Sainte-Maure-de-Touraine (M. DESACHÉ), afin d'inciter les producteurs fermiers non seulement à développer la fabrication, mais également à parfaire la qualité, organise un premier concours de fromage de Sainte-Maure-de-Touraine dans les halles de la Ville.

 

 

 

1955

Le Ministère de l'agriculture décide la création d'un Livre Généalogique Alpin ou LGA pour gérer la sélection de la race alpine (à laquelle était rattachée les Saanen suisse). Les premiers statuts s'inscrivent dans la droite ligne du "Club de la chèvre de race pure" crée au début du siècle par Joseph Crépin.

1955
 
 
CONSTANT Georges (Ingénieur Agronome, Ingénieur en chef, Directeur des Services agricoles), MESTAT Pierre (Ingénieur Agricole, Ingénieur principal, Directeur-adjoint des Services agricoles), FATOUX Adolphe (Ingénieur Agricole, Ingénieur des Services agricoles), MÉRILLON Raymond (Ingénieur Agronome, Ingénieur des Services agricoles), Manuel complet de l’agriculture moderne. A l’usage des élèves des écoles d’agriculture d’hiver, des cours post-scolaires agricoles des cours par correspondance et des agriculteurs, Terre de Touraine, 2ème édition, Direction des Services agricoles d’Indre-et-Loire, Imp. Centrale de Touraine, Tours, 1955, 508 pages. p. 290-292.
 
Chapitre IV. LA CHEVRE :
 
rédigé par Adolphe FATOUX en 1955
 

Le cheptel d'Indre-et-Loire.
Il est important puisqu'il dépasse en nombre celui des ovins I a même augmenté de 40 % depuis 1892.

1902 :    26 528 chèvres
1930 :    35 000 chèvres
1938 :    40 000 chèvres
1954 :    35 000 chèvres

Les chèvres se rencontrent dans tout le département, mais surtout dans l'arrondissement de Loches où en compte 1 500 à 2 500 par canton, ainsi que dans les cantons de Sainte-Maure, Montbazon, Ile-Bouchard, Richelieu. Peu de sujets sont de race pure, le cheptel est en général issu de croisements. Le fromage de chèvres et les chevreaux sont un revenu appréciable.

Races.
Nous citerons seulement la race alpine, dont le lait abondant, ce qui la fait recommander. A l'origine l'Alpine avait le manteau noir et les extrémités claires. Aujourd'hui, à la suite de quelques croisements, on trouve des couleurs moins unies.
Introduite en nombre assez élevé en Touraine vers 1919-1920, elle y a été sélectionnée, homogénéisée et a donné une variété connue sous le nom de chèvre du Berry-Touraine.
Son lait est particulièrement riche et convient de ce fait pour la fabrication du fromage.
Un syndicat régional a ouvert un livre généalogique de la chèvre Berry-Touraine. Elle a repris la teint primitive de l'Alpine et la corne subsiste.
La variété dite Poitevine déborde dans le sud de notre département. Elle résulte d'un croisement de l'Alpine avec des variétés asiatiques. Son lait est également apprécié pour la fabrication du fromage.

Reproduction.
Comme pour les autres espèces, les reproducteurs doivent être choisis d'après leur pureté de race et leurs aptitudes. Le choix du bouc est très important car sa descendance est nombreuse. Il faut éviter les croisements.
L'insémination artificielle des chèvres permettra aux éleveurs d'avoir recours à des reproducteurs de grande productivité et d'éviter certains croisements.
Il est parfois conseillé de ne faire saillir la chèvre que la 2e année, tout au moins si son développement ne le permet pas la 1re année.
Les chaleurs sont saisonnières (octobre à février), de sorte que la lactation est elle-même saisonnière (du printemps à l'automne. Précisons toutefois qu'on peut avoir des mises-bas à toute époque.
La gestation dure 5 mois. Une nourriture saine, riche s'impose pendant ce temps.
A la mise-bas les mêmes soins seront apportés que pour les bovins. La chèvre donne à chaque mise-bas généralement 2, parfois 3 chevreaux.

Production.
Le chevreau pèse environ 4 kilos à la naissance ; il tète sa mère jusqu'à la vente, soit vers 3 semaines et parfois avant.
Pour les chevreaux destinés à être élevés il est préférable de les séparer de la mère dès la naissance et de les nourrit à la casserole. Il recevra ainsi une partie du lait de sa mère pendant environ 1 mois ; ensuite ce lait sera remplacé progressivement par du lait de vache écrémé ou une bouillie claire faite avec de la farine d'avoine cuite.
En dehors du chevreau, le lait, dont une partie est ramassée par les laiteries, est une spéculation intéressante. La chèvre donne 400 à 500 litres de lait par lactation de 10 mois, mais les bons sujets de race peuvent donner 800 litres et plus.

Logement, hygiène.
Comme tous les animaux la chèvre demande un local aéré, éclairé, sain, propre et surtout sec ; en effet la chèvre craint surtout l'humidité, qui favorise les maladies comme chez le mouton. Le pansage doit être effectué régulièrement, les ongles coupés si elle ne sort pas.
Le bouc, en particulier, devrait faire l'objet de tous les soins, surtout pendant la période des chaleurs. Certains croient que l'odeur chasse les maladies. Ils lui réservent pour cela une place dans l'étable. C'est là une pratique regrettable car le bouc peut constituer un foyer de tuberculose, d'autant plus dangereux qu'il n'est généralement pas soupçonné.
Pour éviter cette forte odeur, inutile et désagréable, il est conseillé :

a) Pansage périodique, lavage du corps, en particulier la face et la barbe ;
b) Supprimer le collier de corde ou de cuir, qui imprègne et conserve l'odeur ; le remplacer par un collier en gourmette, ou une simple chaînette ;
c) L'odeur provient surtout du fait que pendant le rut le bouc s'arrose la face et la barbe d'urine ; pour éviter cet arrosage ont peut lui fixer à l'avant une sorte de tablier fixé par des sangles.

FIN DE L'ARTICLE

1958

Assemblée Générale constitutive de la FNEC

Revue La Chèvre, n° 2, mai 1958. p. 5

LA VIE DES SYNDICATS


I. FÉDÉRATION NATIONALE DES ÉLEVEURS DE CHÈVRES
Le vendredi 18 avril 1958 à 9h, plusieurs syndicats caprins se sont réunis à Paris 9e, 36 rue Fontaine (Maison du mouton) en vue de constituer la Fédération Nationale des éleveurs de chèvres (FNEC)
Cette Fédération, qui ne comprend aucun éleveur isolé, groupe tous les syndicats qui voudront bien y adhérer. Les syndicats présents à la réunion ont constitué ainsi leur Conseil d'Administration :


Président :

M. CHAUSSON, du syndicat de la Drôme

Vice-Présidents :

Mme COTELLE syndicat de Bourgogne

Mme LE CONTE syndicat du Loir-et-Cher

Mme de SAINT-SEINE syndicat de Touraine

Secrétaire Trésorier :

Madame DÉON syndicat du Berry

Membres :

Mlle CLÉMENT syndicat de l'Ile-de-France,

M. BOIVIN syndicat de la Drôme.

Seront membres également du Conseil d'Administration tous les représentants des autres syndicats qui adhéreront à la fédération.
Buts de la Fédération. - Défense des éleveurs de chèvres, documentation en vue de l'amélioration de l'élevage, défense du Marché du lait, produits laitiers, chevreaux, etc.., etc..,
Plusieurs représentant du Ministère de l'Agriculture apportaient à la jeune fédération leurs conseils et leur appui, et souhaitons que nombreux les syndicats viennent grossir les rangs de façon à permettre une action efficace que tous les éleveurs attendent.
La cotisation des syndicats a été fixée à 5 000 francs pour 1958.
 

Remarque : La région Centre (Loir-et-Cher, Indre & Indre-et-Loire) est très bien représentée.

1958

Premier numéro de la Revue La Chèvre

SYNDICAT DES ÉLEVEURS DE CHÈVRES DE TOURAINE
BULLETIN DE LIAISON
N° 1 Mars 1958 (dactylographié)
Siège Social, 14, rue E. Pallu -TOURS- Tél : 22-96


SOMMAIRE


Assemblée Générale du 14 Février 1958, p. 1-2
Alimentation de la Chèvre, p. 6
Bureau de Vente des reproducteurs et prix pratiqués, p. 7
Tribune du lecteur, p. 8
Bibliographie, p. 9
Liste des premiers adhérents au Syndicat, p. 10
 

1958

Revue La Chèvre, n° 2, mai 1958. p. 9

EXPOSITIONS CAPRINES


I. INDRE-ET-LOIRE
Du 9 au 18 mai à TOURS à l'occasion de la Grande Semaine. En plus des volailles, porcins, bovins, le Syndicat fera une présentation de la race Alpine, à raison d'un élevage différent chaque jour. Le 17 mai sera un jour de foire pour bovins et caprins, vous pourrez amener les animaux que vous désirez vendre, et peut-être trouver les sujets que vous désirez vous procurer.
Le 24 août à CHÂTEAU-LA-VALLIÈRE, où se tient le Comice de TOURS, quelques sujets seront présentés.
Le 31 août à SAINTE-MAURE : Concours-exposition

II. INDRE
Le 10 août à VALENÇAY, Concours régional caprin
Le 24 août à ISSOUDUN (date peut être pas définitive)

III. LOIR-ET-CHER
Le 20 juillet, à MENNETOU-SUR-CHER : exposition caprine interdépartementale

IV. CONCOURS SPÉCIAL
Un concours spécial de la race Alpine est prévu pour 1959

V. CONCOURS ITINÉRANT D'ÉLEVAGES DE CHÈVRES EN INDRE-ET-LOIRE
Un concours itinérant aura lieu cette année, comme l'an dernier, mais il est limité à l'arrondissement de CHINON. Les éleveurs qui désirent y participer peuvent se fair inscrire dès maintenant à la Direction des Services Agricoles à TOURS

1958

Revue La Chèvre n° 3, juillet 1958

Le Bulletin est publié avec la collaboration des Syndicats suivants :

SYNDICAT DES ÉLEVEURS DE CHÈVRES DE TOURAINE
Siège Social : D.S.A., 14, rue Etienne-Pallu -TOURS -Tél. : 22-96

Président d'honneur :

M. DESACHÉ, Sainte-Maure

Présidente :

Mme de SAINT-SEINE, La Chapelle-Blanche

Vice-Présidents :

Mme SOURIAU, les Hermites 

M. FERRAND B., Anché

 

SYNDICAT CAPRIN DE LOIR-ET-CHER
D.S.A. 1, rue du Haut-Bourg -BLOIS- Tél. 113


Présidente :

Mme de MONTMARIN, "Fays", Chaumont-sur-Tharonne.

Vice-Présidents :

Mme RAOUL-DUVAL, "La Frelonnière", La Ferté-Saint-Cyr ;

M. Pierre SEGRÉ, Selles-sur-Cher.

Secrétariat :

Mme LE CONTE, "Villechenay", Millançay - Téléph. 4.

 

SYNDICAT CAPRIN DU BERRY


Présidente :

Mme DÉON, "Les Lagnys", par ISSOUDUN (Indre)

1958

Revue La Chèvre n° 3, juillet 1958, p. 6


SAINTE-MAURE-DE-TOURAINE (Indre-et-Loire)
Le 31 Août 
Concours interdépartemental organisé par le Comice Agricole de Chinon, la Ville de Sainte-Maure, la Direction des Services agricoles, le Syndicat des Éleveurs de Chèvres de Touraine.
La notice donne tous les détails.
Juges : Mme DÉON, Les "Lagnys" (Indre), Présidente du Syndicat du Berry ; M. BARAT, Ingénieur en chef Directeur des Services agricoles, chargé de mission.
Nombreux prix et récompenses. Primes de présentation d'au moins 500 fr. par sujet.
Il ne sera pas fait de plaques indiquant les noms et adresses des exposants. chacun est donc prié de préparer une plaque (carton fort, isorel, planche, etc.) avec indication de ses nom et adresse. A titre indicatif : 35 cm de haut et 40 cm de large, teinte noir sur fond blanc (par exemple peinture ou encre sur papier blanc fixé sur la plaque).
Un fil de fer sera tendu pour accrocher les plaques, prévoir donc deux petits trous pour passer fil de fer ou ficelle.
Si vous présentez des animaux dans deux ou trois sections, veuillez prévoir deux ou trois plaques.
Au pays du "véritable Sainte-Maure", le réputé fromage de chèvre, venez nombreux présenter vos animaux, encourager les exposants, au 1er Concours régional en Touraine, à la clôture des expositions caprines régionales de l'année.
 

1958

Fondation de la REVUE LA CHÈVRE

(Revue fondée en Indre-et-Loire)
 

LA REVUE "LA CHÈVRE: SON RÔLE DANS LA DIFFUSION DE L’INFORMATION CAPRINE DEPUIS 50 ANS, Auteur : Jean-Claude LE JAOUEN (Ancien directeur technique puis rédacteur en chef de la revue. Institut de l’Élevage), Ethnozootechnie n° 85, 2008

p. 89-93 

SOMMAIRE et extraits

I. Introduction

II. 1958-1974 : Les débuts de la revue

Le premier numéro est en réalité le bulletin de liaison du Syndicat Caprin de Touraine, à l'époque rédigé par Adolphe FATOUX, alors ingénieur de la Direction des Services Agricoles d'Indre-et-Loire et passionné de la chèvre. Très liée au Livre Généalogique Alpin (LGA), la revue , dont le titre "La Chèvre" apparaît au n° 2 en mai 1958, est surtout destinée aux éleveurs sélectionneurs et s'affiche comme "Bulletin intersyndical des éleveurs de chèvres". Elle comporte de nombreux articles sur les races, les concours et quelques articles plus techniques, parfois des articles de revues anglo-saxonnes traduits par Colette DE SAINT-SEINE. 

Tirée à 250 exemplaires au tout début, la revue voit son audience s'élargir

III. 1974-1993 : La revue devient nationale

IV. 1993-2008 : Redressement et stabilisation

V. "La Chèvre" continue de jouer son rôle dans un monde qui change

Concours général de Paris en 1959 : Premier anniversaire de la Revue la Chèvre et médaille décernée à Mme de SAINT-SEINE (Grillemont)
Concours général de Paris en 1959 : Premier anniversaire de la Revue la Chèvre et médaille décernée à Mme de SAINT-SEINE (Grillemont)

Concours général de Paris en 1959 : Premier anniversaire de la Revue la Chèvre et médaille décernée à Mme de SAINT-SEINE (Grillemont)

1959

Revue La Chèvre, n° 8, Juillet-Aout-Sept 1959


CONCOURS DÉPARTEMENTAL DE TOURS (18 mai 1959)

Nombre de prix par éleveur :

Mme HUET : 10
M. CATHELIN : 7
M. HÉRIBERT : 5
Mme de SAINT-SEINE : 4
M. MÉRY : 4
M. FOUCHER : 4
Mme GUILLOU : 3
Mme POIRIER : 3
M. FOUCAULT : 2
Mme AUBINEAU : 1

Les plus beaux sujets de la race Alpine en Touraine étaient rassemblés à Tours le 19 mai, et c'est plus de 50 animaux qui firent l'admiration des visiteurs. Grâce à l'Union des Comices Agricoles d'Indre-et-Loire des prix intéressants furent distribués et nous remercions les fabricants d'aliments du bétail : la maison Sanders, Totaliment, Pairault de Ligré, Lactaline de Tours, qui ont généreusement distribué des "échantillons" de leurs fabrications.
Merci enfin aux juges, Mme et M. LE CONTE, de Millançay (Loir-et-Cher), qui avaient bien voulu accepter la charge de départager les concurrents.

Palmarès


I. FEMELLES
1ère Section : Femelles de l'année.
Excellentes : "Idée", à M. CATHELIN A., à la Chapelle-Blanche -- "Ietta de Grillemont" à MMe HUET à Savigné-sur-Lathan -- 'Inès", à Mme de SAINT-SEINE, à la Chapelle-Blanche
Très bonnes : "Idylle de l'Etang", à Mme HUET -- "Isba de Villechenay", à Mme HUET -- "Idille de Grillemont", à Mme de SAINT-SEINE.
Bonnes : "Ipomée", à M. CATHELIN A. -- "Image de Grillemont", "Indiana" et "Iéna", à Mme de SAINT-SEINE
2ème Section : Femelles nées en 1958
1er prix : "Ariane", à Mme GILLOU à Braye-sous-Faye -- 2e prix : "Hélice", à Mme HUET -- 3e prix : "Honteuse" à M. HÉRIBERT à Pussigny -- 4e prix : "Héliette" à M. HÉRIBERT, 5e prix "Historia", à Mme HUET -- 6e prix : "Hadja" à Mme HUET --7e prix "Hercule" à M. HÉRIBERT -- 8e prix : "Harmonie" à M. HÉRIBERT -- 9e prix : "Helvetia" à Mme HUET
3ème Section : Femelles nées en 1957
1er prix : "Gabi", à M. MÉRY, à Sainte-Maure -- 2e prix : "Gitane", à M. MÉRY -- 3e prix : "Gélinotte" à Mme HUET -- 4e prix : "Astrid" à Mme GUILLOU -- 5e prix : "Gitane" à Mme HUET.
4ème Section : Femelles nées en 1956 et avant.
1er prix : "Fontaine" à M. MÉRY -- 2e prix : "Ynette" à M. CATHELIN A. -- 3e prix "Corrida" à M. CATHELIN G., à la Chapelle-Blanche -- 4e prix : "Caty" à Mme POIRIER à Joué-lès-Tours -- 5e prix : "Dalhia" à M. MÉRY -- 6e prix : "Qui Vive" à Mme POIRIER -- 7e prix : "Delly" à M. FOUCAULT à La Chapelle-Blanche -- 8e prix : "Polka" à M. CATHELIN A. -- 9e prix : "Bichette" à M. FOUCHER -- 10e prix : "Foulaine" à Mme GUILLOU -- 11e prix : "Doris" à M. FOUCHER.

II. MALES
1ère Section : Boucs de l'année
Excellents : "Indus" à Mme de SAINT-SEINE -- "Indice" et "INCA" à Mme HUET
Bons : N°11, à M. FOUCHER G., à Neuillé-le-Lierre -- N°50 à M. FOUCAULT -- "Iblis" à Mme de SAINTE-SEINE
2ème Section : Boucs nés en 1958
1er prix : "Horizon" à Mme AUBINEAU à Druye -- 2e prix "Horace" à M. HÉRIBERT -- 3e prix "Habile" à M. CATHELIN G. -- 4e prix "Hazar" à Mme POIRIER.
3e Section : Boucs nés en 1957 et avant.
1er prix : "Fram" à M. FOUCHER à Neuillé-le-Lierre -- "Esprit de Vin" à M. CATHELIN Albert, champion de France à Paris (mars 1959) était hors concours.

Appréciation des juges
Excellent concours dans l'ensemble avec quelques bêtes tout à fait de tête.
MÂLES
"Esprit de Vin", champion de Paris cette année, toujours en splendide état, mérite pleinement sa distinction du Concours Général Agricole.
3e Section : nés en 1957.
"Fram" se présente seul. Malgré son poil pas encore mué, sa tête excellent, ses aplombs, le développement du corps et son tour de poitrine imposant lui font attribuer sans hésitation le 1er prix.
2e Section : nés en 1958.
4 bons sujets. "Horizon de Grillemont" l'emporte sur sa vivacité, sa tête et surtout son tour de poitrine. Le 2ème, "Horace", motte, est un animal puissant à poils un peu trop longs.

FEMELLES
En 2ème Section une excellent bicolore prend la tête. Dans les autres sections M. MERY présent un superbe lot, aussi bien dans la 3e Section que dans la 4ème où "Fontaine de Grillemont" se place 1er sur un lot pourtant très bon. Pas très grande "Fontaine" est admirablement proportionnée, tête ravissante, pis et veines laitières exceptionnels, descente de poitrine, tour de sangle, poil d'une finesse et peau d'une souplesse rares, croupe excellent malgré le poids de son pis.
A signaler l'état excellent, la solidité et l'accrochage du pis d' "Ynette" classée 2ème, qui pour ses 9 ans, rendait bien des points à des sujets de 5 et 6 ans.
La 4ème, "Caty", est une très jolie mantelée qui montre une largeur et une profondeur de poitrine frappantes.
La Présidente du Syndicat de Touraine, Mme de SAINT-SEINE, à qui l'on devait, ainsi qu'à M. FATOUX, Ingénieur des Services Agricoles, une manifestation aussi réussie, avait amené, sans concourir, un beau lot de son élevage, dont "Framboise de Grillemont", championne de Paris en 1959.

JEUNES DE l'ANNÉE
Bons lots de jeunes élèves de l'année, en mâles et femelles. Bonnes têtes, beaucoup de vivacité, excellent état de santé. Dans l'ensemble pas assez de développement. Mais actuellement tout est embryonnaire et l'on pourra se faire une idée sur certains que d'ici 2 ou 3 mois.
En résumé, excellente présentation qui met plusieurs élevages tourangeaux en vedette, et doit les encourager à persévérer dans une aussi bonne voie.

Mme LE CONTE
 

 

 

1960

La Chèvre Bulletin de éleveurs de chèvres, n° 13, Juillet-août 1960, 3e année, Revue périodique bimestrielle, 14 Rue Etienne-Pallu, TOURS (I-et-L).

 

Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC)

36, Rue Fontaine Paris 9e

 

Livre généalogique de la Race Alpine (LGA)

36, Rue Fontaine Paris 9e

 

Syndicat des éleveurs de chèvres de Touraine

Présidente : Mme de SAINT-SEINE, La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

Secrétariat : DSA, 14 Rue Etienne-Pallu, Tours

 

Agent technique d’élevage caprin

M. DEBOUVER, Theillay, Loir-et-Cher, pour l’Indre, l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher

1960

La Chèvre Bulletin de éleveurs de chèvres, n° 13, Juillet-août 1960, 3e année, Revue périodique bimestrielle, 14 Rue Etienne-Pallu, TOURS (I-et-L).

ASSEMBLÉ GÉNÉRALE DU SYNDICAT DE TOURAINE

L’Assemblée générale annuelle du Syndicat de Touraine a eu lieu à Tours le 27 avril 1960.

Mme de SAINT-SEINE, Présidente, fait tout d’abord le compte-rendu des activités depuis la dernière Assemblée générale, et souligne les progrès accomplis dans l’élevage du département.

Sélection

C’est ainsi qu’une vingtaine d’élevages font maintenant inscrire des animaux au Livre Généalogique de la Race Alpine.

Ils constituent un noyau important d’animaux de race pure susceptibles de fournir aux autres éleveurs des sujets convenables.

En ce qui concerne le Contrôle laitier, les progrès sont moins rapides, les difficultés sont un peu plus grandes, mais si on considère que le Syndicat de Touraine est encore récent, il faut se féliciter que 8 élevages déjà fassent contrôler la production de leurs animaux par le Syndicat de Contrôle laitier.

Cela doit permettre rapidement de déceler de bonnes laitières, de bonnes souches, et c’est le plus important puisqu’en fin de compte c’est la production laitière qui est la raison d’être des chèvres.

Nous pensons même que le contrôle laitier devrait être le premier progrès à entrer dans l’élevage, que les animaux soient ou non de race pure et inscrits au Livre Généalogique.

Le Contrôle laitier n’est d’ailleurs pas coûteux puisque la cotisation n’est que de 500 francs par an et par chèvre en Indre-et-Loire, ce qui ne représente qu’une dizaine de litres de lait…

Défense du fromage de chèvre

À chaque réunion ce sujet est soulevé, mais la solution n’apparaît pas facile. Il serait nécessaire que toutes les activités intéressées : éleveurs, laiteries coopératives et industrielles, fabricants de matériel, commerce, etc., se constituent en syndicat de défense du fromage de chèvre, de façon à créer une marque, peut-être même un label, et pour cela définissent les caractéristiques du fromage tel qu’il devrait être.

Nous pensons que toutes les professions intéressées y trouveraient avantage car, défendant la qualité, elles permettraient une extension du marché et des prix soutenus.

Cela supposerait pour chacun une certaine discipline, mais nous savons que beaucoup sont dès maintenant disposés à l’accepter.

Ne faudrait-il pas commencer par une standardisation des ustensiles par régions (formes et dimensions des moules ou faisselles) ?

Agents techniques d’élevage caprin

M. FATOUX présente M. DEBOUVER, qui a été engagé par la Fédération Nationale pour les trois départements de l’Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher. Il a suivi plusieurs stages de perfectionnement et les éleveurs de ces trois départements peuvent s’adresser à lui en cas de difficultés de tout ordre : sélection, alimentation, sanitaire, etc.

Deux autres agents techniques sont entrés également en fonctions : M. CASSAR pour la Drôme et M. MAINGOT pour les Deux-Sèvres et la Vienne.

Ils sont en rapport constant avec la revue LA CHÈVRE, la Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres (FNEC), le Centre National de Recherches Zootechniques (CNRZ) de Jouy-en-Josas, et nous sommes persuadés qu’ils sont appelés à rendre les plus grands services aux éleveurs de chèvres. Pour s’adresser à eux, voir leur adresse en 2e page de la couverture.

Questions diverses et projets

Les administrateurs sortants : MM. FOUCHER, de GRAEVE, HÉRIBERT, sont élus à l’unanimité pur 3 ans.

Le concours itinérant d’élevages est une formule intéressante, qui permet des contacts avec les éleveurs, de leur donner des conseils. Il y avait lieu en 1959 dans l’arrondissement de Loches, en 1960 il aura lieu dans l’arrondissement de Tours. Se faire inscrire dès maintenant.

De même, le Comices d’arrondissement sont un moyen de montrer de beaux animaux, il serait désirable que quelques éleveurs exposent leurs sujets à Bourgueil le 28 août, au Grand-Pessigny le 21 août, à Neuillé-Pont-Pierre le 4 septembre.

Enfin, un Concours interdépartemental est prévu à Sainte-Maure en 1961, sans doute en juin, où seraient en même temps présentés toutes les productions qui se rapportent à la chèvre : fromages, matériel de laiterie et de traite, ce qui concerne le logement des animaux, les clôtures, les appareils et produits de castration, tatouage, écornage, etc. Nous reviendrons en temps voulu sur ce projet s’il doit voir le jour.

M. FATOUX donne le compte rendu financier du Syndicat et de la revue LA CHÈVRE, dont le nombre des abonnés va sans cesse croissant.

Après quelques échanges d’idées, il est projeté une série de vues en couleur sur l’élevage caprin, prises par M. MAYNADIER au cours de ses déplacements ; et qui furent appréciés.

L’Assemblée se donne enfin rendez-vous pour la réunion générale de de 1961, en février si possible.

Adolphe FATOUX Ingénieur des Services agricoles et secrétaire du syndicat)

1960

La Chèvre Bulletin de éleveurs de chèvres, n° 13, Juillet-août 1960, 3e année, Revue périodique bimestrielle, 14 Rue Etienne-Pallu, TOURS (I-et-L).

 

Exposition départementale de Tours

Dimanche 15 mai 1960, dans le cadre de la Foire agricole de cette ville.

L’impression d’arrivée est celle d’une heureuse surprise devant le nombre des animaux exposés : 84 chèvres et 17 boucs, et l’état des animaux. Groupes homogènes en parfait état de poil, état sanitaire certainement excellent : premier point bien agréable à constater pour les juges.

Exposants :

Mme de BROSSES, « Bresne », Langeais

M. CATHELIN A., Bellevue, La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

M. CATHELIN G. Bellevue, La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

M. DELAVAULT, Varennes

M. DOUARD, Vou

ÉLEVAGE DU GRAND-VAUDOUR, Sainte-Radegonde

M. de GRAEVE, « Cément », Chinon

M. FERRAND, Anché

M. GUILLOU R., Braye-sous-Faye

M. HÉRIBERT Lucien, « Bois-Rond », Pussigny

M. HUET, « l’Etang », Savigné-sur-Lathan

M. MÉRY, « Les Archambaults », Sainte-Maure-de-Touraine

Mmes RICHER, « La Barre », Fondettes

Mme de SAINT-SEINE, « Grillemont », La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

Mme VAUVY, La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

1960

La Chèvre Bulletin de éleveurs de chèvres, n° 13, Juillet-août 1960, 3e année, Revue périodique bimestrielle, 14 Rue Etienne-Pallu, TOURS (I-et-L).

Les CONCOURS

Concours itinérant dans l’arrondissement de Tours.

Expositions locales à l’occasion des Comices : Grand-Pressigny, le 21 août ; Bourgueil, le 28 août ; Neuillé-Pont-Pierre, le 4 septembre. Se faire inscrire dès que possible à la Revue

1960

La chèvre, Revue des éleveurs de chèvres. Numéro 15, janvier 1961, 4e année., p. 7-8

Inscriptions au Livre Généalogique de la Race Alpine.

Pour la première fois cette année, le L.G. de la Race Alpine remplissait son rôle de L. G. national, organisait, outre les marquages réguliers et déjà anciens dans certains départements tels que ceux du Centre (Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher), ceux des départements du Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Deux-Sèvres, Vendée, Charente-Maritime, Vienne, Gers et Dordogne, répondent ainsi aux rappels réitérés depuis quelque temps de certains éleveurs.

Tournée fertile en enseignements de toutes sortes ; trait d'union de plus entre les éleveurs français, connaissances d'excellentes souches, d'excellents débuts ; par contre, animaux à éliminer et à remplacer, soins et traitements sanitaire à intensifier. Explications, conseils, triages, tout cela a été largement distribué et fait, reçu par des éleveurs intelligents, pleins de bonne volonté très encouragés par le fait qu'ils ne se sentent pas isolés !

La Commission des marquages était composée en juillet, pour l'Ouest, de Mmes de SAINT-SEINE* et LE CONTE*, MM. Le CONTE et DEBOUVER ; pour le Gers et la Dordogne en août, de M. et Mme LE CONTE, alors dans les Landes.

VIENNE

Chez M. MARTINON, la question sanitaire mise au point permettra au troupeau d'excellent origine de donner tout son développement ; deux très bons boucs.

MAINE-ET-LOIRE

Mme Bernard DAVY, n'ayant pas assez de sujets sera marquée l'an prochain.

LOIRE-ATLANTIQUE

Quelques excellents chèvres, entr'autres chez M. PROUVOS, où "Fanchon" et sa fille font honneur à l'élevage de Mme CHABIRON.

MM. CHEREAU, AILLERIE et LEROY débutent à merveille et auront très vite un petit troupeau intéressant à nous présenter.

Mlle de COUFFON, dont les très jolies chamoisées font honneur aux soins qui leur sont prodigués ; les origines sont excellentes, les jeunes extraordinairement développés.

C'est grâce à l'active impulsion de Mlle COUFFON que le nouveau Syndicat "Bretagne-Vendée" vient d'être créé. Nous lui souhaitons de tout cœur pleine réussite

VENDEE

Mme GUIBERT attendait notre visite pour être sûre de la valeur de ses bêtes, nous l'avons sincèrement rassurée.

Chez Mme CHABIRON les nombreuses inscriptions au L. G. indiquent la valeur de l'élevage ; la joie de trouver chez elle un vrai éleveur, compréhensif et intelligent, a été pour nous un plaisir renouvelé.

DEUX-SEVRES

Mme SERVANT, dont la chèvrerie se compose moitié de Poitevines, moitié d'Alpines, mène de front et suit de très près ces deux races : du côté Alpin possède un excellent bouc.

CHARENTE-MARTIME

M. CHENEREAU nous offre, en plus du spectacle unique de son admirable site "La Roche Courbon", ses 11 adultes inscrites et sa vingtaine de jeunes de l'année ; départ spectaculaire d'un élevage qui peut aller très loin. Son désir de mettre sur pied un Syndicat caprin dans sa région nous réjouit sincèrement.

GERS

Mme ESTINGOY possède, outre ses chèvres d’un an, un lot de jeunes très développés aussi aux robes de soie, très joli ensemble, bien installé admirablement suivi et soigné.

DORDOGNE

Mme DIDIER est déjà une éleveuse connue qui, malgré sa nouvelle installation, nous montre quand même un troupeau en parfait état, avec quelques excellentes bêtes, avec en tête un jeune bouc de l'années, "Jupiter" qui fera sans nul doute parler de lui.

CHER

Le marquage avait eu lieu en mai après ceux de l'Indre, l'Indre-et-Loire et Loir-et-Cher. Commission de marquage : Mmes DÉON*, de SAINT-SEINE* et LE CONTE*, ainsi que M. DEBOUVER, agent technique. Il joint à ses nombreuses et jolies chèvres les qualités gustatives de ses vins fameux qui, ajoutés à ses fromages, en font un vrai régal.

Ce département, nouvellement venu au Livre Généalogique, matche à pas de géant et a pu cette année, devant le nombre de ses adhérents et leur désir de progresser, créer déjà son Syndicat dont M. Georges DESNOUES assume la présidence.

Nous accueillons avec joie ce nouvel inscrit. Il renforce avec l'Indre, l'Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher, notre solide groupe du Centre qui continue sa progression ininterrompue.

INDRE-ET-LOIRE

Je n'ajouterai rien à ça que j'en ai dit dans ce journal, après l'exposition de Tours où tous les éleveurs, du moins les plus importants étaient présents.

Le très bel ensemble, ce qui est rare, de Mme de SAINT-SEINE*, le spectaculaire redressement de l'élevage de Mme de BROSSES, les superbes laitières de Mmes MÉRY et GUILLOU, le troupeau des jeunes et les trouvailles d'installation de M. HÉRIBET*, la jolie présentation de Mme HUET, le nouvel élevage du Grand-Vaudour, commercialement mené de main de maître, tout cela constitue en Indre-et-Loire un noyau de premier ordre.

LOIR-ET-CHER

Le plus important par le nombre de ses adhérents et de ses bêtes inscrites, profite d'une avance prise par son inscription au Livre Généalogique dès 1957.

Quelques élevages importants avec contrôle laitier : DUHAMEL, MOUCHET, PAPINEAU, RAOUL-DUVAL et LE CONTE*. De nombreuses moyennes et petites exploitations, menées avec intelligence et bonne volonté, voient sans arrêt leur nombre s'accroître.

Les boucs très développés dans l'ensemble, sont une particularité de ce département ; ils sont nombreux : "Horus de la Frelonnière à Mme LE CONTE*, "Itou de Villechenay" à M. PAPINEAU, font office de champions ; ils sont suivis de très près par "Intrépide du Cheval Rouge" à Mme DUHAMEL, "Icare de la Frelonnière" à Mme SOULAT et "Elite de Villechenay" à Mme LE CLERC, excellent raceur laitier, sans oublier "Pompadour" à Mme DEBOUT.

Les grosses laitières issues de ces boucs aux origines contrôlées augmentent chaque année, les moyennes de rendement s'en ressentent et procurent à ceux qui les obtiennent de substantielles rentrées.

INDRE

Comprend près de 60 000 chèvres, le noyau d'éleveurs existants devrait très vite en entrainer beaucoup d'autres.

En tête les élevages de Mmes DÉON* et PILORCET ; ce dernier, nouveau venu du Syndicat, montre ce que peur rendre à son propriétaire un très beau troupeau d'une soixantaine de bêtes, aimées et soignées en conséquence.

A signaler, à Pouligny-Saint-Pierre, l'organisation de saillies établie par MM. REMONDEAU et LE MAITRE : mâle acheté en commun par un groupe d'éleveurs qui l'aura à sa seule disposition ; achat minime pour chacun, puisque partagé, possibilité d'échanges faciles avec d'autres groupes agissant de même.

Pour terminer, nous exprimons aux départements du Nord, Manche, Mayenne, Ille-et-Vilaine tous nos regrets de n'avoir pu aller jusqu'à eux ; le nombre de chèvres à inscrire vraiment trop restreint ne rendait pas très raisonnable les kilomètres à faire jusque-là ! Nous ne les oublions pas et espérons que des éleveurs nouveaux (on nous en signale déjà de possibles) s'aggloméreront dans le courant de l'année à l'élevage de Marianella que nous aurions bien aimé voir.

Tout s'organise peu à peu et ce que nous avons vu de tous côtés ne nous a certes pas donné envie de nous arrêter.

L'élevage de la chèvre rationnellement mené doit être de plus en plus une sérieuse source de profits... et de joies !

A tous les éleveurs nous souhaitons bon courage et disons "A l'année prochaine".

Mme LE CONTE*

Personnages cités (*) :

Collette de SAINT-SEINE

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/05/colette-de-saint-seine-1920.html

Mme LE CONTE

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/mme-le-conte.html

Mme DÉON

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/mme-deon.html

Lucien HÉRIBET

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/06/heribert-lucien.html

1961

La Chèvre, Revue de éleveurs de chèvres., Numéro 15, janvier 1961, 4e année.

"LE FROMAGE DE SAINTE-MAURE"

par Adolphe FATOUX

Souvent questionnés sur les modes de fabrication du fromage (ou plutôt des fromages) de chèvre, nous avons pensé intéresser nos lecteurs en publiant quelques recettes régionales, celles que voudront bien nous faire parvenir nos correspondants et lecteurs. SAINTE-MAURE-DE-TOURAINE, ville de 2 800 habitants, est traversée, à 30 km au Sud de Tours, par la route nationale n° 10 Paris-Tours-Bordeaux. C'est une étape pour le touriste qui désire goûter les spécialités et les vins de la région ; s'il n'est pas trop pressé, il ne regrettera pas un coup d'œil aux souvenirs d'autrefois : château reconstruit au 15e siècle, vieille maison du 16e, les Halles édifiées au 17e, etc. Les silex taillés, le dolmen, le camp romain font partie de ses richesses archéologiques. SAINTE-MAURE a donné son nom au fromage bien connu par sa forme cylindrique allongée. Si la Touraine compte environ 35 000 caprins (y compris boucs et chevreaux), c'est dans sa moitié Sud, et particulièrement dans la région de SAINT-MAURE, qu'on en rencontre le plus. Chaque vendredi, jour de marché, ce chef-lieu de canton est un actif centre où les fermières apportent leurs fromages fermiers et autres produits de la basse-cour. Les chèvres sont de race commune, mais les Alpines sont nombreuses et des progrès importants ont été enregistrés ces dernières années. C'est ainsi qu’une vingtaine d'élevages sont inscrits au Livre Généalogique de la race alpine et une dizaine d'entre eux pratiquent le contrôle laitier zootechnique.

IMPORTANCE DE LA PRODUCTION

Le cheptel caprin d'Indre-et-Loire est estimé à environ 30 000 chèvres laitières, donnant en moyenne 450 litres de lait par an. C'est donc environ 13 500 000 litres de lait qui sont produits chaque année. Si on déduit ce qui est consommé en nature par les chevreaux, les éleveurs, ce qui est transformé en fromage frais à la ferme (simplement égoutté), il reste 9 000 000 de litres destinés à la fabrication des fromages affinés. Pour faire un fromage de Sainte-Maure de 180 à 230 grammes, il faut près de 2 litres de lait (un peu moins en automne) ; c'est donc en fin de compte près de 5 000 000 de Sainte pure-chèvre affinés qui sont produite chaque année en Touraine. Sur les 5 000 000, si on tient en compte des quantités de lait collectées par les laiteries (coopératives et industrielles), on peut considérer qu'il est fabriqué près de 4 000 000 de fromages laitiers et guère plus de 1 000 000 de fromages fermiers. Si on tient compte de la fabrication des "mi-chèvres" et les "formes chèvres" ne contenant pas trace de lait de chèvre on arrive à un total de 6 000 000 à 7 000 000 de fromages au minimum. Notons que la collecte des laiteries en lait de chèvre augmente d'année en année et que 1960 semble vouloir être une année record, supérieure à 1957 qui est pourtant la plus forte année de la période 1953-1959. A quoi est due cette augmentation ? Peut-être au fait que certains s'intéressent plus à la chèvre depuis quelques années et qu'un certain nombre d'élevages ont amélioré nettement leur production. Nous pensons que cette augmentation des collectes est due pour une bonne part à l'abandon de la fabrication du fromage fermier par un certain nombre d'éleveurs, qui jugent plus simple de vendre leur lait à la laiterie dont le camion vient déjà dans la cour dans bien des cas, chercher le lait de vache. Notons également que les prix du lait de chèvre ont été bien revalorisés par les laiteries (jusqu'à 10 et 20 fr de plus que lait de vache suivant la saison) et ceci incite aussi certains éleveurs à livrer le lait en nature.

FABRICATION DU SAINTE-MAURE

C'est un fromage de lait de chèvre à pâte molle, affiné ou non, à égouttage spontané. Nous allons essayer de résumer la technique de sa fabrication à la ferme et en laiterie.

Le caillage :

Le lait est emprésuré frais, entier doux (entre 15 et 20°). A basse température (15°) le caillage est plus lent, ce qui donne une pâte de texture plus fine, ce qui est recherché. Pour respecter cette température il faut souvent refroidir le lait en été, en le mettant dans une pièce fraîche, exposée au Nord et en mettant les seaux ou pots dans des bassines ou bacs d'eau froide, renouvelée si nécessaire. L'hiver il faut au contraire emprésurer en chambre tiède, parfois placer le lait sur le derrière de la cuisinière. Le thermomètre permet de suivre cette température. Ce caillage doit se faire lentement, entre 18 et 24 heures. Pour cela, en plus du maintien à température convenable, il faut mettre très peu de présure : 1 à 2 gouttes par litre (présure du commerce à 1/2500e) et réduire encore s'il le faut en été, augmenter un peu en hiver si le caillage est trop lent.

Égouttage :

Les moules utilisés, appelés parfois "faisselles", sont des "cylindres" de fer étamé, perforés, un peu coniques, de dimensions assez variables (il semblerait d'ailleurs logique de les standardiser) ; un modèle courant a les mesures suivantes : 75 mm de diamètre à l'extrémité ouverte, 58 mm à l'extrémité fermée, 225 mm de longueur totale extérieure. La longueur intérieure est de 212 mm car il y a un "fond" ou cercle, comme un seau, sur lequel il repose pendant l'égouttage. Pour mettre en "faisselles" (placées verticalement), on utilise une louche en prenant des précautions pour diviser, ne pas briser le caillé. En laiterie on utilise parfois des entonnoirs spéciaux épousant la forme inférieure du moule ou des "multi-moules", sortes d'entonnoirs multiples permettant d'emplir plusieurs faisselles en même temps. L'égouttage à basse température, dure une journée environ. On commence par abandonner le caillé 3 à 4 heures dans la position normale (ouverture du moule en haut), puis on retourne le moule sur une planche ou de préférence sur un store : le sérum continue ainsi à s'écouler. Par basse température, il faut entendre environ 15°.

Ressuyage -- Salage -- Affinage :

Deux jours se sont écoulés (un pour le caillage, in pour l'égouttage). Le troisième jour le fromage est sorti des "faisselles". Il doit être suffisamment ferme, pas trop humide ; il est alors saupoudré de sel régulièrement (à 1 %). S'il était trop humide, on le laisserait un peu "ressuyer" avant salage. Il est alors allongé sur paillasson, et placé à une température d'environ 15° dans un endroit aéré. En laiterie ce sera au "hâloir" où on règle l'humidité, la ventilation, la température. A la ferme, il faut cherche l'endroit favorable qui donnera les meilleurs résultats. Tantôt à la cave (cave en roc très fréquente en Touraine), parfois au cellier ; dans certains cas c'est un couloir de la maison (où les fromages sont placés sur des clayettes suspendues au plafond) qui, suffisamment aéré, conviendra mieux. D'ailleurs, pour des raisons de température, le meilleur endroit n'est pas toujours le même en été et en hiver. Où qu'il soit, il faudra le retourner chaque jour, pour qu'il conserve sa forme et pour que le séchage, la maturation, l'affinage soient uniformes, homogènes. La moisissure va commencer à se former au bout de quelques jours (8 à 10 jours). Cette moisissure provoquée par un pénicillium, peut-être de teintes variables. En laiterie on utilise généralement le pénicillium candidum qui donne un feutrage blanc. A la ferme c'est souvent le pénicillium glaucum qui se rencontre et donne les fromages bleus. Le fromage est "fait" environ 3 semaines après l'emprésurage et prêt à être consommé. Naturellement, suivant les goûts il sera consommé plus tôt (plus frais) ou plus tard (plus sec).

CARACTÉRISTIQUES DU SAINTE-MAURE

Le bon Sainte-Maure a une pâte pleine, dans trous, une texture fine, une coupure nette, d'un blanc ivoire. La croûte relativement sèche est adhérente et ne se sépare pas, n'est pas gluante. Le fromage pèse environ 200 gr (180 à 230 gr) suivant les dimensions des faisselles utilisées et suivant qu'elles sont plus ou moins remplies. Pour le faire on utilise entre 1,8 litres et 2 litres de lait, suivant la composition, qui varie avec les saisons. On se représente souvent le Sainte-Maure avec une paille à l'intérieur, d'un bout à l'autre (le Sainte-Maure fermier). Cette présentation est demandée par certains consommateurs, qui y voient une "garantie d'origine". Mais cette pratique a presque disparu, elle subsiste encore pour "tenir" les fromages un peu moins faits, un peu mous ou cassés, elle n'augmente pas la qualité. Notons que depuis quelques années la propreté, la qualité bactériologique des laites de chèvre s'est améliorée. Il en est résulté une diminution de l'acidité de ces laits et une amélioration de la qualité des fromages. Il ne faut jamais oublier en effet que si la technique de fabrication joue un grand rôle, une des conditions de réussite d'un bon fromage est le soin, la propreté qui sont apportés aux diverses manipulations : traite, fabrication, propreté des récipients, etc.

LA COMMERCIALISATION

Le fromage de Sainte-Maure est maintenant connu dans toute la France, et les villes importantes sont approvisionnées régulièrement (régularité relative d'ailleurs en raison du caractère saisonnier de la production). Ces expéditions sont faites en fromages "laitiers" par les laiteries et en fromages fermiers. Ces derniers sont collectés par des ramasseurs (volaillers) à la ferme ou sur les marchés où les fermières apportent chaque semaine leur production, au marché de Sainte-Maure principalement. Les ventes directes ont également cours de la ferme aux restaurants, aux épiciers et aux particuliers.

DÉFENSE DE LA QUALITÉ

Pour valoriser les fromages de qualité et permettre au consommateur de les reconnaître, certaines dispositions ont été prises par les producteurs fermiers et par les laiteries.

Production fermière.

Sur l'initiative de M. DESACHE Conseiller général et maire de Sainte-Maure, appuyé par l'Union Commerciale de la Ville, une marque fût déposée au début de 1954 et fût imprimé un papier d'emballage, de présentation uniforme portant outre la désignation et la marque du fromage, le numéro de chaque producteur. Pour bénéficier de ces dispositions, le producteur doit affronter l'épreuve de la dégustation, sous forme de concours, qui a lieu périodiquement, en présence des professions intéressées, restaurateurs, ramasseurs, etc. Les fabrications reconnues valables ont droit à la marque et le papier d'emballage est cédé pour une somme modique. Par ce papier, le consommateur non satisfait est invité à adresser ses reproches à la Mairie de Sainte-Maure en rappelant le numéro du producteur. Il y a donc un contrôle permanent. Il faut croire que les consommateurs sont satisfaits car les réclamations sont rares et les critiques peu importantes (par exemple défaut ou léger excès de salage). Il est alors facile d'avertir le producteur qui peut y remédier. Les résultats ont été heureux et le prix du fromage passa rapidement de 70-90 fr à 100-130 fr (aujourd'hui 1,50 à 1,70 NF). DE tout côté, les producteurs ont fait un effort pour maintenir la qualité et conserver le droit de la "marque". Cette initiative, si elle est excellente, présente cependant l'inconvénient, à notre avis, de ne toucher qu'un nombre restreint de producteurs de Sainte-Maure et environs immédiats : 25 à 50 producteurs présentent 15 à 20 000 fromages par an au total, c'est-à-dire une très petite partie de la production départementale.

Production laitière.

La Fédération des laiteries coopératives "Touraine et Maine-Anjou" a voulu également attirer l'attention des consommateurs et a déposé une marque "Caprina" (décision de l'Assemblée générale du 19 octobre 1935). Il ne semble pas que cette marque ait été mise suffisamment en valeur jusqu'à ce jour, mais une décision récente (octobre 1960) semble vouloir la reprendre et surtout la faire mieux connaître.

Perspectives.

Ces initiatives parfois efficaces mais limitées à une partie seulement de la production, ne satisfont pas tous les producteurs (fermiers ou industriels) qui recherchent une méthode plus efficace de défense du fromage de chèvre. De nombreuses discussions ont déjà eu lieu, surtout depuis que quelques laiteries ne se contentent plus de faire du mi-chèvre (qui peut contenir jusqu'à 75 % de lait de vache) mais fabriquent, l'hiver surtout, du fromage à 100 % de lait de vache en adoptant la forme traditionnelle du fromage de chèvre de Sainte-Maure ; ceci dans un but de continuité commerciale, ce qui permet de "tenir" la clientèle pendant l'hiver et éviter d'avoir à la "récupérer" au printemps. Il n'y a pas de fraude puisque l'indication "fromage de chèvre" n'y figure pas ; mais le consommateur n'est pas non plus prévenu par l'indication "fromage au lait de vache". En somme, le consommateur est averti lorsqu’il s'agit d'un mi-chèvre (le papier d'emballage est marqué d'une bande jaune) alors que n'attire son attention si ce n'est un forme chèvre à 100 % de lait de vache. De cette manière le consommateur, qui ne connaît pas la législation complexe des fromages, mange du fromage de vache croyant manger, en raison de sa forme spéciale, du fromage de chèvre. Cette "imitation" des formes risque de lasser ce consommateur, le détourner d'un produit d'une qualité pourtant indiscutable. Cette "imitation" ne devrait pas être permise. Certes, pour la laiterie, en plus du maintien de la clientèle, elle valorise le lait de vache. En effet, le consommateur, habitué à payer plus cher le fromage de chèvre, paie "par erreur" et sans le savoir cette "imitation" plus chère qu'il ne paierait un fromage avoué "lait de vache". La laiterie qui voudrait ne fabriquer que des fromages "authentiques"..., ne résiste pas toujours longtemps à imiter sa voisine. C'est ainsi que la situation se dégrade d'année en année.

QUE FAIRE ?

1. Créer un label. Ce serait un moyen de distinguer les bons, les vrais, les authentiques fromages de chèvres, avec un emballage qui pourrait être uniforme (ce qui n'est pas obligatoire), gardant cependant une marque identifiant le fabricant. Créer un label, c'est créer une marque, une figurine déposée et inviolable, c'est accepter un contrôle de la qualité. Mais ce label, s'il attire l'attention du consommateur, n'empêchera as les autres fabrications des 100 % de lait de vache dans la forme chèvre.

2. Demander une appellation d'origine, afin d'obtenir la protection légale attachée aux Appellations d'origine. Mais, là encore, rien n'empêche d'appeler autrement un fromage qui imite et se fabrique au lait de vache.

3. Puisque ces deux moyens ne semblent pas permettre d'obtenir entièrement satisfaction, on se tourne tout naturellement vers le législateur. Pour éviter la confusion, empêcher les "imitations", il faudrait exiger que l'expression "fromage de lait de vache" figure sur les "formes chèvres" qui ne contiennent pas de lait de chèvre. Ce serait déjà un résultat. Mais le revendeur peut enlever le papier d'emballage et le fromage ressemblera comme un frère au meilleur chèvre fermier, pour lequel l'étiquetage, ou plutôt l'emballage individuel des fromages n'est pas obligatoire. Il resterait à interdire la fabrication de fromages dans la forme Sainte-Maure, autres que les pur-chèvre et mi-chèvre.

Les Pouvoirs publics, le Ministère de l'Agriculture ont été saisis maintes fois de cette suggestion mais rien n'a pu être obtenu. Il semble en effet que le Conseil d'Etat se soit fixé pour règle qu'une forme déterminée ne peut être réservée à un fromage. Pourtant, ce qui compte, c'est la défense d'une production nationale (si nous ne parlons que du Sainte-Maure, nous pourrions parler aussi du Valençay, etc.), la défense d'une production de qualité, et tout simplement... la clarté du marché, toutes choses qui justifieraient peut-être que l'on déroge à une "règle".

Nous souhaiterions donc que les corporations intéressées, les Pouvoirs publics prennent l'affaire en main et les oppositions ne résisteraient probablement pas au bon sens, à la clarification, la normalisation du marché tant désirée par la grande majorité des producteurs et des consommateurs.

Adolphe FATOUX

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/fatoux-adolphe-1917.html

1961

LA CHÈVRE, Revue des éleveurs de Chèvres, mars 1961, N° 16 (numéro spécial, 4e année)

FÉDÉRATION NATIONALE DES ÉLEVEURS DE CHÈVRES (FNEC) et

LIVRE GÉNÉALOGIQUE DE LA RACE ALPINE (LGA)

36 rue Fontaine PARIS 9e

SYNDICAT DES ÉLEVEURS DE LA RACE POITEVINE

15, rue Yvers, NIORT (Deux-Sèvres)

SYNDICAT DES ÉLEVEURS DE CHÈVRES DE TOURAINE

Présidente : Mme de SAINT-SEINE, La Chapelle-Blanche (Indre-et-Loire)

Secrétariat : D.S.A., 14 rue Etienne-Pallu, TOURS

SYNDICAT CAPRIN DU LOIR-ET-CHER

Présidente : Mme LE CONTE, "Villechenay", Millançay

Secrétariat : Mme MOUCHET

SYNDICAT CAPRIN DU BERRY

Présidente : Mme DÉON, "Les Lagnys" par Issoudun (Indre)

Secrétariat : Mme SAMAIN, "La Petite-Landes", Diors.

SYNDICAT DES ÉLEVEURS DE CHÈVRES DU CHER

Président : M. DESNOUES Georges, à Sagone

Secrétariat : D.S.A., 46 avenue Jean-Jaurès, Bourges

SYNDICAT CAPRIN DE LA CÔTE-D'OR

Présidente : Mme COTELLE, Velars-sur-Ouches

SYNDICAT CAPRIN DE SAÔNE-ET-LOIRE

Présidente : Mme MERCIER, Bissy-sur-Fley

Secrétariat : D.S.A., 44, rue Victor-Hugo, MÂCON

FÉDÉRATION CAPRINE DE LA DRÔME

Président : M. CHOSSON à Peyrins

Secrétariat : D.S.A., 2, rue Chevandier, VALENCE

SYNDICAT CAPRIN DU QUERCY (Lot et départements voisins)

Présidente : Mlle GABORIAUD, "Ramps", Sainte-Alauzie (Lot)

Secrétaire-Trésorier : M. G. MAYNADIER, "Vialolle", Lauzès (Lot)

SYNDICAT BRETAGNE-VENDÉE

Présidente : Mlle de COUFFON, La Cossonnière, par Le Pellerin (Loire-Atlantique)

Secrétaire : Mme MARTIN, "Le Cormier", Orvault (Loire-Atlantique)

LES AGENTS TECHNIQUES D'ÉLEVAGE CAPRIN

M. CASSAR, Les Fayolles, par Génissieux (Drôme), pour la Drôme

M. MAINGOT, Exoudun (Deux-Sèvres), pour les Deux-Sèvres et la Vienne

M. DEBOUVER, Theillay (Loir-et-Cher) pour le Cher, l'Indre, l'Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher

1961

LA CHÈVRE, Revue des éleveurs de Chèvres, mars 1961, N° 16 (numéro spécial, 4e année)

 

SYNDICAT des Éleveurs de Touraine

14, Rue Etienne-Pallu - TOURS

- une vingtaine d'élevages inscrits au Livre Généalogique de la race Alpine.

- une dizaine d'élevages pratiquant le Contrôle Laitier

Vous offrent des reproducteurs de bonne origine inscrits ou non au L. G. de la race Alpine.

 

 

"Élevage de Grillemont"

Mme DE SAINT-SEINE

La Chapelle-Blanche (I.&L.)

Téléphone 3

 

ALPINES CHAMOISÉES

Sélection depuis 1922

3 championnats aux Concours Agricoles de Paris

Nombreux prix -Livre généalogique

Contrôle laitier

 

BRITISH ALPINES

Importées d'Angleterre

Souche produisant 1500 à 2000 kg de lait en une année au contrôle laitier

CAPRINS en INDRE-et-LOIRE (historique)

1961

 

LA CHÈVRE, Revue des éleveurs de Chèvres, mars 1961, N° 16 (numéro spécial, 4e année)

 

L'organisation de l'élevage caprin.

Depuis quelques années nous constatons une tendance très louable des éleveurs à rompre avec l'isolement dans lequel ils se trouvaient et créer çà et là des groupements qui leur permettent de se réunir, d'étudier en commun les problèmes qui les intéressent et de progresser plus rapidement dans la voie de l'amélioration de leur cheptel. Ces types de groupements sont très variés, en voici quelques-uns, mais d'autres formules existent peut-être dont nous n'avons pas connaissance.

Le Syndicat communal.

C'est une formule trop peu répandue. Elle a pour but, entre autres, l'acquisition de boucs de bonne origine, donc améliorateurs. Ces boucs sont assez rares, aussi au lieu de les utiliser dans un troupeau de 10 chèvres, il est plus profitable pour l'élevage en général de les utiliser dans 5, 6, 7 élevages. Le prix d'achat sera ainsi plus facilement amorti ; d'ailleurs, même s'il est cher, il sera encore moins coûteux que 5, 6, 7 boucs quelconques. Ces syndicats ont joué un grand rôle dans l'amélioration de l'élevage bovin avant l'apparition de l'insémination artificielle ; il serait désirable qu'ils se multiplient dans les régions d'élevage caprin ; leur constitution est très simple. Déjà on nous cite Pouligny-Saint-Pierre (Indre), Champcol, hameau de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Il en existe certainement d'autres.

Le Syndicat départemental.

Cette formule se propose des objectifs très différents : réunir des éleveurs d'un département (et départements limitrophes encore inorganisés), pour qu'ils se connaissent mieux, puissent se consulter, s’entraider ; recevoir les conseils des plus avertis, organiser des conférences sur l'élevage, des concours caprins dont l'intérêt est évident, ne serait-ce que créer l'émulation, de montrer les meilleurs animaux, de créer des courants commerciaux. Depuis quelques années on assiste à une éclosion de nouveaux Syndicats dont la liste, sans doute incomplète, figure en page 2 de la couverture. Leur création est facile, il suffit de quelques éleveurs décidés, qui trouvent une aide auprès de la Direction des Services Agricoles de leur département.

Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres.

Certains problèmes d'ordre général, s'ils sont utilement étudiés sur le plan départemental, nécessitent une coordination sur le plan national ; c'est la raison pour laquelle les Syndicats départementaux se sont groupés en une Fédération nationale où les considérations de races caprines n'interviennent pas mais seulement le souci de défendre tous les éleveurs de chèvres. Peuvent donc faire partie de cette Fédération nationale toutes les Associations départementales caprines (ou régionales lorsque ces Syndicats groupent plusieurs départements, par exemple le Syndicat "Bretagne-Vendée"). Les éleveurs isolés ne sont pas admis, ils sont invités à rejoindre les Associations locales qui en font partie. Le Conseil d'Administration de cette Fédération nationale est constitué par les dirigeants de ces Associations locales.

Les Livres Généalogiques.

Si tous les éleveurs de chèvres ont des intérêts communs : techniques, économiques, etc., étudiés au sein des organismes précédents, ils ont aussi des intérêts particuliers suivant la race qu'ils ont choisie. Ces intérêts particuliers ne s'opposent d'ailleurs pas, ils consistent à améliorer toujours davantage la race qu'ils ont choisie et à la faire connaître. Il était donc logique que ces éleveurs constituent une Association spécialisée dans chacune de ces races. Heureusement ces races sont peu nombreuses en France, ce qui simplifie les problèmes ; nous avons deux Livres Généalogiques et deux seuls, celui de la race Alpine et celui de la race Poitevine (adresses en 2e page de la couverture). Chacune de ces Associations selon les méthodes propres à tous le L.G., qu'ils soient bovins, caprins, etc. ont défini le type, le standard de leur race, inscrivent sur leurs registres tous les animaux conformes à ce standard, et garantissent l'ascendance et la descendance. Ils rendent possible la détection de familles intéressantes, moralisent les transactions, et de diverses autres manières encore facilitent l'amélioration de la race, conseillent les éleveurs au cours des tournées d'inscription, organisent les Concours spéciaux (concours régionaux) de leur race et ont pour tâche de la faire connaître au-delà de nos frontières.

1961

 

LA CHÈVRE, Revue des éleveurs de Chèvres, mars 1961, N° 16 (numéro spécial, 4e année)

 

LES RACES DE CHÈVRES

 

LA RACE ALPINE

Que dire de cette admirable race de renommée mondiale, sinon qu'elle est actuellement le but vers lequel tendent la majorité des éleveurs.

Domestiquée dans les temps anciens, probablement d'abord en Orient, le type européen s'st surtout fixé dans les Alpes et en Suisse, se diffusant ensuite dans le monde entier, avec des effectifs plus ou moins nombreux selon les régions d'accueil. La Belgique, la Jamaïque, la Guadeloupe, le Mexique, l'Italie nous en demandent maintenant. C'est une erreur de croire que cet élevage caprin est l'apanage des régions sous-développées et qu'il doit disparaître dans les pays d'élevage évolué. N'est-ce pas, en effet, dans les pays généralement considérés comme particulièrement ouverts au progrès, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Suisse, Allemagne, que se trouvent les troupeaux de chèvres les plus sélectionnés et les plus productifs ?

L'ALPINE CHAMOISÉE

Personne n'ignore ma grande préférence pour l'Alpine chamoisée motte que j'élève depuis 20 ans. Transplantée des Pyrénées en Sologne, j'ai laissé là-bas mon troupeau blanc, bien joli à voir sur le fond de nos montagnes, pour prendre ici la chamoisée dont l'allure, le coloris, s'apparentaient plus aux chevreuils et aux biches de nos bois. J'ouvre ici une parenthèse, signalant que tous les coloris sont admis dans l'Alpine : le chamoisée n'est qu'un des coloris de cette race. Ceci pour répondre à ceux qui croient à la dégénérescence, devant des bêtes aux couleurs variées. Mais revenons justement à cette chamoisée, celle qui nous intéresse particulièrement aujourd'hui, à juste titre il faut bien le dire. C'est une bête élégante, robuste, vigoureuse, mais sans lourdeur, à l'aspect vif et intelligent : les femelles, au garrot, doivent mesurer, adultes de 70 à 85 cm de hauteur, les mâles de 80 à 95. Elle a le poil court, fin, brillant, la tête triangulaire, le front large, les orbites saillantes. Elle est cornue ou motte, possède ou non une barbiche et des pampilles. Pelage brun-roux uniforme ; les extrémités des membres, la colonne vertébrale et le ventre noirs ; les oreilles portées en cornet, droites à l'état normal, légèrement penchées en avant sous l'effet d'une surprise, d'un intérêt brusque. Evidemment, avoir devant soi un beau troupeau homogène, des bêtes races, élégantes et vives, est un plaisir des yeux. Mais l'amélioration du cheptel ne doit pas être limitée au seul perfectionnement de la conformation ; elle doit être concentrée surtout à une augmentation de la production laitière. En 1959 la population caprine occupait en France 1 140 560 têtes dont les principaux centres étaient la Corse, l'Isère, les Deux-Sèvres, la Drôme, l'Indre, l'Indre-et-Loire, la Vienne, le Puy-de-Dôme, le Loir-et-Cher et la Loire. Sur ces chiffres, approximatifs bien entendu, la grande majorité se trouve être des Alpines ou des demi-Alpines ; sur ces dernières saillies de vrais boucs Alpins amèneraient, en quelques années seulement, une transformation spectaculaire. J'ai vu, en Sologne des fermes possédant de ces demi-Alpines, à poil pas très long, mais pas court non lus, devenir en 4 ans, par l'apport de boucs de race, fils de bonnes laitières connues, des chèvreries modèles, entièrement inscrites à l'heure actuelle au Livre Généalogique Alpin. Ces boucs amenaient, avec leurs qualités raciales, leurs qualités laitières, comblant de joie des yeux par la création de bêtes ravissantes, comblant aussi de surcroît le porte-monnaie des éleveurs en renforçant et améliorant les rendements laitiers. A la suite de ces apports, nos chamoisées, soumises au Contrôle laitier, permettaient de situer les souches bonnes laitières ou se retremper, exerçant ainsi une action efficace sur l'orientation de notre race vers la production d'animaux de premier ordre. En France, où l'on commence en effet à comprendre, des résultats très intéressants sont déjà enregistrés : de moyennes de 600 kg de lait primitivement indiqués, augmentent de jour en jour, atteignant 700, 800, parfois 900 kg. Il n'est pas rare actuellement de trouver dans chaque élevage soumis au Contrôle laitier des sujets ayant dépassé 1000 kg, plusieurs entre 900 et 1000, d'autres entre 800-900. Des chiffres de 1051, 1053, 1130, 1209, 1208, 1240, 1255, 1095, 1345, 1399 sont connus. Cette année le total de 1473,9 kg est atteint en Loir-et-Cher ; n'ayant pas en main tous les résultats que j'escomptais, je crais en nommant une région et pas l'autre de me faire taxer de parti-pris. Je donnerai donc seulement les chiffres de mon Syndicat, les connaissant et sachant leur exactitude.

Un élevage : 14 bêtes, 750,5 kg en moyenne

Un autre : 6 bêtes, 825 kg en moyenne

Un autre : sur 4 années de contrôle : 746,22 ; 744,58 ; 856,65 ; 920 kg. Moyenne de ces quatre années : 816,85 kg.

Un autre : en 1959, 708,6 kg de moyenne avec 17 bêtes, en 1960, 812 kg de moyenne avec 26 bêtes.

Les élevages qui ont eu le courage de partir, il y a quelques années, voient déjà leurs efforts récompensés par le rendement accru et la vente facile de leur production. Nous ne les encouragerons jamais assez dans cette voie. Et n'oublions surtout pas, qu'à la valeur de ces reproducteurs l'Alpine ajoute celle de ses fromages (demande toujours supérieure à la production), celle de la qualité de son lait dont la légèreté et la digestibilité obtiennent sur les enfants fragiles tétant directement au pis des transformations incroyables (j'ai pratiqué cela 10 ans dans les Basses-Pyrénées), sur les vieillards, les intestins fatigués, les ulcères d'estomac, amenant des améliorations notables. Les Américains le savent bien, qui mettent en boîte pour "régimes" la presque totalité de leur lait de chèvre, le reste servant à la nourriture de leurs chiens et de leurs volailles avec pleine réussite.

Et dire que certains voudraient nous faire dire du mal de la chèvre ?

Sachons donc continuer notre sélection pour faire de notre si jolie chamoisée une bête d'élite, et une laitière pouvant rivaliser avec les résultats obtenus par nos pays voisins. Nous le pouvons et comme en France rien n'est impossible, si nous le voulons nous y arriverons.

Mme LE CONTE

1961

 

LA CHÈVRE, Revue des éleveurs de Chèvres, mars 1961, N° 16 (numéro spécial, 4e année)

 

LES RACES DE CHÈVRES

 

LA CHÈVRE SAANEN

La classification des races de chèvres n'a jamais été faite d'une façon précise et il existe actuellement beaucoup de confusion à ce sujet. Ainsi, pour la race dite Saanen, Joseph et Pierre Crépin la présentent comme sélectionnée par les Suisses à Saanen, village du district de Gessenay, canton de Berne, parmi les chèvres Alpines, dans la couleur blanche et l'absence de cornes. Ils la considèrent donc comme une Alpine, ainsi d'ailleurs que la Toggenbourg qui, elle, n'a pas de poil ras. C'est également l'opinion de Charon. Par contre les auteurs suisses classent actuellement la "chèvre de Gessenay" nettement à part des autres races et en particulier des Alpines. Ils ont adopté la classification suivante pour leur bétail caprin : - Chèvre de Gessenay (Saanen), - Chèvres des Alpes (diverses variétés de chamoisées, chèvre noire des Grisons, chèvre grise-blanche de montagne), - Chèvre de Toggenbourg, etc.

Dispersion :

La Saanen a servi dans un grand nombre de pays pour améliorer la qualité laitière des chèvres indigènes. Elle a été introduite en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Hollande et plus récemment en Israël. Dans certains de ces pays, elle est à l'origine de populations métisses nationales couvrant l'ensemble du territoire (Hollande, Sarre, Allemagne etc.). Il est difficile de donner des chiffres sur l'importance de cette race dans le monde, mais c'est sans doute une de celles dont l'effectif est le plus important avec la Toggenbourg, l'Alpine chamoisée et la Maltaise. En France, depuis plus de 200 ans cette race est connue et élevée en Alsace. C'est dans la Drôme qu'à l'initiative du Sous-Préfet de Die une première importation massive de reproducteurs Saanen a eu lieu en 1942. Quelques années plus tard M. BELLE, éleveur important du département a à son tour, introduit des Saanen dans la Drôme. L'idée a été reprise à partir de 1948 pas la Direction des Services Agricoles de la Drôme et la Fédération des Syndicats d'Elevage Caprin. Pendant quelques années des importations de reproducteurs de race pure ont été faites dans le département. Actuellement l'introduction de sang Saanen continue et s'intensifie grâce à l'insémination artificielle, pratiquée sur une assez grande échelle depuis plusieurs années par le Centre national des Recherches zootechniques de Jouy-en-Josas (CNRZ). Il n'existe aujourd’hui que quelques élevages d'une certaine importance de chèvres Saanen absolument pures, de nombreuses troupes sont composées de métisses don certaines très près de la Saanen pure. Du fait du développement de l'insémination artificielle dans la Drôme et plus récemment dans l'Ardèche, plus de 2000 chèvres par an sont inséminées en Saanen. Cette insémination se fait avec la semence de boucs de race pure, sélectionnés par le Contrôle laitier dans les meilleures souches laitières (plus de 1200 litres de lait par an). La population caprine de ces départements évolue très rapidement vers le type Saanen. Ce mouvement s'étend d'ailleurs à d'autres régions et en particulier à la Lozère et au Gard, par l'achat de chevrettes dans la Drôme et l'importation de boucs allemands. Cette extension est d'ailleurs limitée par le manque de géniteurs femelles, très demandés.

Mode d'élevage :

a) CONDITIONS DU MILIEU. La Saanen de race pure est assez délicate du fait de sa spécialisation laitière très poussée. On a pu dire qu'elle était à l'élevage caprin ce que la Frisonne est à l'élevage bovin. Elle est surtout sensible aux conditions d'alimentation mais s'adapte bien à des milieux climatiques différents. On l'a introduite avec succès en Hollande comme en Israël, aux Etats-Unis comme en Afrique du Nord. En ce qui concerne le sol, on peut craindre que cette race de grande taille et de production élevée s'adapte mal à un milieu pauvre en calcium et en phosphore. Même dans les régions calcaires son alimentation minérale naturelle est insuffisante pour des productions élevées et doit être complétée, sinon des accidents (ostéomalacie) sont constatés. Par contre les métisses, d'abord sous l'effet du phénomène d'hétérosis, ensuite lorsque le croisement d'absorption se poursuit, par l'adaptation au milieu, sont rustiques et résistantes.

b) STABULATION. Les chèvres Saanen sont d'une grande plasticité ; elles souffrent moins que les autres en stabulation. Mais il faut qu’elles y soient habituées depuis leur premier âge et bien soignées. Elles préfèrent cependant le grand air et la liberté, tout au moins pendant une partie de la journée. Les locaux de stabulation doivent évidemment répondre aux conditions d'hygiène normale.

c) ALIMENTATION. Nous avons dit que la Saanen était une race exigeante. Il lui faut une alimentation riche, en rapport avec sa production, mais elle a l'avantage sur d'autres races de chèvres de pouvoir exploiter et bien rentabiliser des pâturages de qualité. Pour les animaux à forte lactation une alimentation complémentaire à base d'aliments concentrés et de sels minéraux en proportion plus ou moins grande suivant la qualité du pâturage est nécessaire.

d) MALADIES. Souvent la Saanen peut donner une impression de fragilité sanitaire au moment des premières introductions. Ces accidents sont souvent, du fait de leur nature perfectionnée de la race, davantage dû à une négligence de l'éleveur qu'à une sensibilité exagérée aux maladies. Comme toutes les races améliorées, la Saanen demande à être bien soignée. Quand l'élevage est normal, l'alimentation rationnelle et l'habitat sain, ces chèvres ne sont pas plus sensibles aux maladies que d'autres.

Standard :

La race Saanen est une race suisse, créée en Suisse. Il est donc normal d'adopter comme standard celui défini dans son berceau d'origine. D'ailleurs en France, officiellement, elle n'est qu'un rameau particulier de l'Alpine et n'a donc pas de standard propre. D'après les documents originaux les caractères essentiels de la race de Gessenay est un animal d'un fort développement et de grande taille. Elle a un tempérament vif bien qu'elle soit douce et confiante. Sa hauteur au garrot est de 75 à 85 cm. Son poids est de 50 à 85 kg avec une moyenne élevée de l'ordre de 56 kg.

La tête est légère, la physionomie douce et expressive, le front large et plat, les oreilles portées et l'œil grand et clair. La chèvre Saanen est sans cornes, le standard type admet ou non de bambillons. La ligne du dos est horizontale du garrot aux hanches. La mamelle est très bien attachée, très large à sa partie supérieure, avec plus de développement en largeur qu'en profondeur. Elle est régulière et les trayons sont d'un développement moyen à fort. La robe est uniformément blanche, immaculée ; les poils sont courts, denses et soyeux, collants au corps.

Production laitière :

La production laitière moyenne de la chèvre Saanen dans son berceau d'origine est de l'ordre de 700 à 800 kg de lait en 300 jours de lactation. Certaines lignées de chèvres Saanen sélectionnées par le Contrôle laitier atteignent facilement des lactations de 1200 à 1500 kg de lait par an et on cite une chèvre, en Sarre, qui a donné 2100 kg de lait en 1958. La moyenne des chèvres contrôlées dans le département de la Drôme en 1960, première année de contrôle laitier, a été de 546 kg pour 35 animaux. Le meilleur élevage enregistre une moyenne de 647 kg sur 12 chèvres dont 4 en première lactation et 6 en deuxième. La meilleure production s'est élevée à 885 kg de lait en 290 jours.

Conclusion :

La chèvre Saanen apparaît comme une des meilleures races pour la production laitière. De ce fait et du fait de son grand développement, c'est une chèvre qui exige une nourriture et des soins appropriés. D'ailleurs, dans toutes les espèces animales, dès que l'on arrive par la sélection à un certain degré de perfection, les soins doivent correspondre à la production. Pour ces raisons, la chèvre Saanen ne peut être mise entre toutes les mains. Mais chez les bons éleveurs l'adoption de cette race est le gage d'une production élevée et rentable. Elle peut rendre de grands services pour l'amélioration de la production laitière des populations locales peu évoluées. Enfin il semble que la chèvre Saanen, sensible aux conditions d'élevage, le soit peu ou pas aux conditions de milieu et s'adapte, si elle est bien soignée, dans des régions au climat et au sol les plus divers.

MM. SCAVINO (Ingénieur des Services Agricoles, Nyons), TOURNIER (Ingénieur des Services Agricoles, Valence), CASSAR, (Assistant technique caprin), BOIVIN (Eleveur).

1961

LA CHÈVRE, Revue des éleveurs de Chèvres, mars 1961, N° 16 (numéro spécial, 4e année), p. 15-16

Utilisation du lait

Article écrit par Mme DÉON

La fabrication à la ferme de fromages affinés ou de fromages frais valorise considérablement le lait mais nécessite du temps pour la fabrication, la commercialisation t n'est pas toujours possible faute de main-d’œuvre.

Ces fabrications étant bien connues et d'ailleurs étudiées dans d'autres numéros, examinons seulement deux problèmes : la collecte par les laiteries du lait en nature et du "caillé" ou fromage blanc.

LA VENTE DE LAIT EN NATURE

L'industriel qui collecte le lait pour la transformation en fromages, parfois en poudre... a une opinion sur la vente en nature qu'il était intéressant de connaître ; aussi sommes-nous allés rendre visite à une laiterie. Voici, résumées, quelques opinions...

Dans le département où la densité caprine est importante les laiteries ramassent le lait de chèvre. Il en est ainsi dans les Deux-Sèvres, l'Indre, la Vienne, l'Indre-et-Loire le Loir-et-Cher, le Rhône et quelques autres. En laiterie on estime qu'un ramassage est satisfaisant quand la quantité de lait collectée au kilomètre est de 30 litres.

La livraison du lait nature à la laiterie offre un certain nombre d'avantages pour le producteur.

Il simplifie le travail : le lait trait, filtré, refroidi, mis dans un récipient entreposé dans un local frais, est livré au prochain passage du ramasseur.

Les risques de fabrication sont supprimés. Malgré les meilleures précautions prises, une chèvre peut donner un lait défectueux sans qu'on s'en aperçoive ; quelques gouttes de mauvais lait peuvent en contaminer des quantités de bon et voilà une fabrication manquée. D'autres facteurs sont néfastes à la réussite des fromages : les grosses chaleurs orageuses, les récipients mal lavés, certains produits de lavage, des ferments mal conservés, des présures trop vieilles ou de mauvaise qualité, un local trop sec ou trop humide et bien d'autres éléments qu'il serait trop long d'énumérer ici, contribuent à fausser la bonne marche de la fabrication.

Il n'y a pas de problème de commercialisation, pas de mise de fonds en matériel, installations, bâtiments, parfois peu couteux mais par contre d'entretien onéreux.

Si le producteur fabrique lui-même ses produits et les vend, compte-t-il bien son temps et son transport dans ses prix de revient ?

S'il vend son lait à une laiterie peut-être a-t-il l'impression de moins bien rentabiliser son lait, mais ne bénéficie-t-il pas d'une quiétude bien agréable, car régulièrement, chaque mois, la maîtresse de maison peut établir son budget avec sa paie de lait.

La qualité des laits :

Comme pour le lait de vache, on peut dire : les bons fromages se font avec le bon lait. Or, nous devons bien avouer que le lait n'est pas toujours d'une aussi grande qualité que nous le désirerions.

Dans bien des cas un effort supplémentaire pourrait être fait par certains éleveurs, pour obtenir un lait plus propre : avoir des animaux propres, nettoyer le pis avant de traire, tirer à par les 2 ou 3 premiers jets qui sont très chargés de microbes, porter une grande attention à la propreté des seaux, bien tamiser le lait aussitôt trait à travers une rondelle de coton placée sur le filtre métallique, sortir seaux et bidons de la chèvrerie le plus vite possible car le lait fixe les mauvaises odeurs avec une grande facilité.

Refroidir le lait aussitôt trait sinon il s'acidifie très vite (mettre le bidon, par exemple, dans un baquet d'eau que l'on change dès qu'elle est tiède).

Ces précautions sont loin d'être inutiles, elles sont nécessaires pour que l'industriel puisse faire de bons produits qui, se vendent mieux, permettront de valoriser le lait de chèvre.

La poudre de lait, en particulier, est un moyen de valoriser considérablement le lait mais, en été, il n'est pas toujours possible de le transformer en poudre en raison d'une acidité trop grande.

Le producteur a donc un effort certain à faire, cet effort peut être très rentable.

TRANSFORMATION EN FROMAGE BLANC

Dans la région du Berry appelée Champagne berrichonne et délimitée par Châteauroux, Issoudun, Vatan, Graçay, Selles-sur-Cher, Valençay, Ecueillé, Levroux, se situe la plus grosse densité de chèvre de l'Indre ; là les troupeaux y sont très importants et sont en moyenne de 20 à 30 chèvres. Cet important peuplement a évidemment développé le commerce du lait et du fromage de chèvres sous toutes les formes. Nombreuses sont les laiteries qui ramassent lait de vache et lait de chèvre, ce dernier étant très recherché ; malheureusement ce lait de chèvre n'étant pas taxé, le prix en est variable et pas uniforme dans le même département, c'est ce qui a incité certains producteurs à rechercher une meilleure commercialisation de leurs produits. Ils se sont donc adressés aux affineurs, ces derniers ramassant une fois par semaine chez le fermier ses fromages blancs égouttés, d'autres peuvent livrer chaque jour du fromage ou caillé égoutté, ce qui revient à peu près au même.

En 1960, alors que le prix du lait se situait en moyenne à 45 F le litre, le fromage se vendait 160, 135, 110, selon la saison.

Evidemment il est assez difficile de déterminer la quantité exacte de lait qu'il faut pour faire un fromage Pyramide tronquée, trop de facteurs entrent en ligne de compte : saison, température extérieure, nourriture des animaux, température à laquelle le lait a été emprésuré ; malgré tout je ne crois pas être loin de la vérité en comptant 1,75 litres à 2 litres pour un fromage forme Pyramide.

Par exemple, lorsque cet été le lait était payé 35 F le litre, le fromage blanc était vendu 119 F. S'il faut 2 litres pour un fromage à cette époque qui est la moins bonne pour le producteur, la différence est donc de 40 F par fromage. Il est certain qu'il est plus rentable de transformer le lait, la main-d’œuvre est insignifiante et de plus l'éleveur conserve à la ferme le sérum de fromage si utile pour l'élevage des porcs. Il n'est pas douteux que l'engraissement du porc complète dans une ferme l'élevage caprin, au point de vue rentabilité de l'exploitation.

Pour la préparation du fromage blanc, il ne faut pas des installations extraordinaires mais nécessite beaucoup de propreté du matériel et du soin, une laiterie exposée autant que possible au Nord avec une température de 15 à 18° et une hygrométrie de 90 %. La première des conditions requises pour une bonne réussite et qui joue surtout en période d'été, c'est le refroidissement du lait aussitôt la traire. Si le lait n'est pas refroidi, il s'échauffe, mousse, gonfle et devient inutilisable. L'égouttage peut être fait soit en grandes faisselles, soit dans des sacs de toile de nylon très pratiques en raison de leur facilité de nettoyage. Les laits sont mis en présure dans de grands pots de grès d'une contenance de 15 à 18 litres maximum ; au-dessus de cette taille ils sont difficiles à déplacer.

Naturellement toutes ces questions dépendent de l'importance de la chèvrerie et du lait traité.

Il est difficile de donner des chiffres exacts sur cette production très importante de notre département ; cependant on peut préciser que les affineurs, situés dans le Nord du département, ont au nombre d'une quinzaine, et affinent chacun de 5 à 600 000 fromages chaque année.

Les ramassages se font dans le centre du secteur où le sainfoin réussit et où les chèvres le pâturent ; là, le lait de qualité y est recherché, le goût du terroir ayant son importance dans cette fabrication.

Cette commercialisation du fromage blanc de chèvre ira en augmentant, les grands centres comme Paris, Lyon, etc., commençant à s'intéresser à cette production, inconnue jusqu'à ce jour chez le crémier.

Il y a donc un grand avenir pour cette nouvelle formule dont les qualités de digestibilité pour les enfants, les vieillard et les malades ne sont plus à faire, ce que nos amis d'Amérique ont compris déjà depuis longtemps.

Mme DÉON

1961

LA CHÈVRE, Revue des éleveurs de Chèvres, mars 1961, N° 16 (numéro spécial, 4e année), p. 19-20

Article signé de Mme de SAINT-SEINE

La rentabilité de la chèvre.

Depuis quelques années, de toute part s'éveille l'intérêt pour nos chèvres : on croirait presque que l'on découvre cet animal, qu'il débarque d'une autre planète.

Il y a pourtant bien longtemps que la chèvre a été étudiée, dans notre pays et à l'étranger, et ses possibilités sont bien connues.

Certains disent : "Une chèvre rapporte plus qu’une vache". Tel que, c'est faux. Mais si on dit : "proportionnellement, une chèvre rapporte plus qu'une vache", alors c'est parfaitement exact : proportionnellement à son poids (50 à 60 kg en moyenne), à la nourriture consommée, à la main-d’œuvre nécessaire, au capital engagé, à la surface de terrain et de bâtiments utilisés, alors oui, la chèvre, proportionnellement, rapporte plus qu'une vache.

COMBIEN RAPPORTE UNE CHÈVRE.

Ceci dépend :

a) de la quantité de lait qu'elle donne ;

b) du prix auquel on le commercialise ;

c) de la vente des chevaux.

a) Quantité de lait :

Rappelons que le litre de lait équivaut à peu près au kg : ceux qui n'ont pas l'habitude de peser le lait peuvent donc lire cet article en lisant "litres" à la place de "kg" sans faire une très grosse erreur : en réalité le litre de lait pèse un peu plus du kg.

Beaucoup de gens ne savent pas combien leurs chèvres donnent, ne pesant ni ne mesurant régulièrement leur production. C'est un tort, et il ne faut pas dire "je connais mes chèvres, je sais celles qui sont bonnes" : car telle chèvre qui a 5 litres au biconnage et est tarie au 15 août, n'est finalement pas meilleure que celle qui ne dépasse 3 litres à la mise-bas, mais encore 2 litres quand elle retourne au bouc.

La quantité de lait varie suivant l'âge de la chèvre :

EN PREMIERE MISE-BAS, 250 à 300 litres ne sont parfois pas dépassés alors que certaines, précoces, donnent 800 à 900 litres. Les chevrettes déjà bien développées lors de leur première mise-bas sont généralement bien meilleures, et c'est normal, que des chevrettes plus tardives comme développement, qui grandiront et forciront au lieu de faire du lait.

EN DEUXIEME MISE-BAS, l'augmentation est très variable : une chèvre qui n'a eu que 300 litres la première année peut monter à 600 ou 700 litres la seconde. Par contre, une première lactation très forte est suivie de moins d'augmentation, parfois même d'une légère diminution, comme si la bête refaisait ses réserves.

En moyenne cependant, sur un troupeau, on peut multiplier la première lactation par 1,5 pour prévoir à peu près la deuxième : un chèvre de 400 litres passant à 600, ou une de 500 montant à 750.

EN TROISIEME LACTATION, une augmentation se produit encore, elle est variable mais peut atteindre 2 à 300 litres. Certaines chèvres ont alors atteint leur plafond, d'autres maintiennent une amélioration jusque vers 5 ou 6 ans. Bien nourrie et bien soignée, un chèvre donnera de bons rendements jusqu'à 10 ans environ, elle baissera ensuite progressivement mais on cite de bonnes laitières de 12 ans.

Une mauvaise nourriture, les attaques de douve et de strongles, et surtout une mauvaise mise-bas influent beaucoup sur la production de lait ; et des chevreaux morts sur elle, ou qu'on doit découper pour les faire naître, ou une mauvaise délivrance ont une influence néfaste sur la lactation.

La rentabilité de notre chèvre sera donc basée d'abord sur la quantité de lait qu'elle vous fournira : entre 150 et 1 500 litres de lait, les deux extrêmes cités par le Contrôle laitier, il y a de la marge ! Mesurez le lait de vos chèvres et tâchez de ne pas descendre au-dessous de 300 litres en première lactation et 500 litres en adultes ; avec des chèvres communes et pas spécialement nourries c'est faisable ; avec des chèvres de bonne race, 40 lites en première année et 700 litres en adultes.

b) Prix de vente du lait :

Là est le vrai problème de rentabilité, car les prix varient énormément suivant l'emploi fait du lait de chèvre :

- Vendu tel que au ramasseur : prix de vente moyen en Indre-et-Loire en 1960, environ 0,45 NF ; prix de vente moyen en Deux-Sèvres, 0,65 NF environ,

- Commercialisation en fromage sec : aux alentours de 0,80 NF le litre ;

- Commercialisation en fromage frais : de 1 à 1,20 NF le litre.

c) Vente des chevreaux :

Là aussi, grande variation : les chevreaux communs, les mâles croisés et une grande partie des mâles purs n'ont d'autre fin que la boucherie. Les chevrettes croisées se vendent de 40 à 50 NF pièce, les chevrettes pures de 60 à 100 NF à trois semaines.

En moyenne, on peut commercialise deux chevreaux par et par chèvre. Les prix de boucherie en 1960 ont été de 3,5 à 6 NF le kg pour les chevreaux de 7 kg environ.

RECETTE (uniquement pour le lait)

Chèvre produisant 300 litres : 120 NF (0,40 NF/l) ; 180 NF (0,40 NF/l) ; 240 NF (0,40 NF/l) ; 300 NF (0,40 NF/l)

Chèvre produisant 600 litres : 240 NF (0,40 NF/l) ; 360 NF (0,40 NF/l) ; 480 NF (0,40 NF/l) ; 600 NF (0,40 NF/l)

Chèvre produisant 800 litres : 320 NF (0,40 NF/l) ; 480 NF (0,40 NF/l) ; 640 NF (0,40 NF/l) ; 800 NF (0,40 NF/l)

COMBIEN COÛTE UNE CHÈVRE

1° Prix d'achat ou prix de revient à l'élevage :

Dans d'autres articles de cette revue, consacrée à l'élevage des chevreaux, on verra que la seule nourriture d'une chevrette destinée à l'élevage revient, jusqu'au moment de la faire saillir, au moins à 100 NF. Une chevrette commune, saillie, ne peut donc pas revenir à moins de 120 NF, une croisée à 150 NF, une chevrette de race à moins de 180 NF. Ces prix sont souvent dépassés par des animaux de bonne souche et de bonne apparence. En chèvres adultes, il est rare de trouver à moins de 150 NF des sujets jeunes et en bonne santé, même non racés ; en race pure, inscrite, les très rares sujets mis en vente vont de 250 à 350 NF.

La chèvre prête à reproduire peut donc être évaluée en moyenne à 200 NF et amortie sur 5 ans, soit 40 NF/an.

2° Nourriture :

Là encore, si vous produisez votre nourriture ou si vous l'achetez, la différence est grande.

1 kg de foin de luzerne à 0,15 NF, en 365 jours..... 55 NF

1 kg de paille à 0,05 NF en 365 jours..... 18 NF

Grain et farine, 0,5 kg à 0,35 NF par jour, en 365 jours.... 63 NF

Total : 136 NF

La majorité des éleveurs ne donne pas 500 g par jour de grain ou de farine complète : j'ai forcé ce chiffre pour omettre par contre les quelques betteraves, topinambours et choix qui leur sont distribués généralement.

3° Dépenses diverses :

MAIN-D'OEUVRE : 1 heure par traite, soins et fromagerie, 1 heure de gardage le matin, 1 heure les soir : soit 3 heures par jour, 1 100 heures par an à 1,2 NF (ceci pour 20 chèvres environ), soit par chèvre : 66 NF par an environ (une clôture peut éviter le gardage).

LOCATION DE PRE (1 hectare pour 10 chèvres environ) : 2 quintaux à 35 NF, 70 NF, soit 7 NF par chèvre.

Nous avons donc :

DÉPENSES par chèvre :

Prix d'achat, amortissement par an : 40 NF

Nourriture : 136 NF

Main-d’œuvre : 66 NF

Pré : 7 NF

Vétérinaire : 21 NF

TOTAL : 270 NF

Cette comptabilité simplifiée ne prétend pas aborder tous les problèmes de la rentabilité de la chèvre.

Elle omet volontairement : logement, matériel, éclairage, clôtures, tous ces postes étant souvent peu onéreux chez beaucoup d'éleveurs de chèvres. Elle peut cependant servir de base à des études plus approfondies : elle démontre en tous cas que :

- la chèvre à 600 litres de lait boucle tout juste son budget si on doit payer du personnel pour la soigner et si on vend le lait au ramasseur ;

- elle rapporte une somme honnête à celui qui s'en occupe lui-même ;

- elle apporte un intéressant revenu à qui se donne la peine de transformer son lait avant commercialisation ;

Enfin ces résultats, obtenus avec une chèvre de 600 litres, seront considérablement augmentés lorsque l'effort de sélection aura porté au-dessus de ce niveau les rendements de nos troupeaux de chèvres.

Mme de SAINT-SEINE

1961

Revue "La Chèvre", n° 17, mai 1961, 4e année

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SYNDICAT DE TOURAINE

Mercredi 29 mars 1961 de nombreux éleveurs étaient présents à l'Assemblée générale annuelle du Syndicat des Éleveurs de Chèvres de Touraine.

ACTIVITÉ 1960

Mme de SAINT-SEINE, Présidente, fait le bilan de l'activité du Syndicat en 1960. En dehors des concours auxquels les éleveurs d'Indre-et-Loire ont pu participer (Départemental de Tours, Spécial de Châteauroux, Concours des Comices d'arrondissement), une attention particulière est à porter aux concours itinérants qui n'entraînent pour l'éleveur aucun déplacement, mais lui permettent d'avoir de la commission de visite des renseignements utiles et percevoir éventuellement des récompenses intéressantes. Il avait lieu en 1960 dans l'arrondissement de Tours, il aura lieu en 1961 dans l'arrondissement de Chinon.

Au cours de tournées dans le seul département d'Indre-et-Loire, il a été inscrit en 1960, 46 chèvres et 18 boucs au Livre Généalogique de la race Alpine.

Le Contrôle laitier, base de la sélection, se répand parmi les éleveurs. Pour le contrôle effectué par le Syndicat on comptait 7 élevages inscrits en 1960, 11 sont inscrits en 1961. Par ailleurs plusieurs autres ont commencé un contrôle gratuit fait par eux-mêmes, sur les conseils de l'Agent technique d'élevage caprin.

ACTIVITÉ 1961 et compte rendu financier

M. FATOUX Ingénieur des Services Agricoles, après avoir présenté la situation financière du Syndicat, et celle de la revue "La Chèvre" fait part du programme d'action établi par le Comité d'Administration du Syndicat pour 1961.

CONCOURS DÉPARTEMENTAL.

Il aura lieu à Tours le dimanche 14 mai.

Il est réservé aux animaux de race Alpine ; mais l'inscription au Livre Généalogique n'est pas exigée. Les animaux nés en 1961 pourront être exposés mais ne concourront pas. A la demande des éleveurs, il est décidé que les femelles seront traites le matin avant le départ de l'élevage.

CONCOURS NATIONAL.

Appelé Concours Spécial, il aura lieu les 27 et 28 mai à Sainte-Maure et M. DESACHE fait part de ses projets à cette occasion : diverses expositions sont prévues : matériel d'élevage, produits sanitaires, aliments pour chèvres, produits de quincaillerie, matériel agricole etc. Ainsi qu'un concours de fromages, et peut-être exposition de volailles. Seuls sont admis les caprins de la race Alpine (Charmoise, Saanen, etc.), inscrits au Livre Généalogique et nés en 1960 ou avant.

Les éleveurs désirant concourir doivent se faire connaître d'urgence à la Direction des Services Agricoles de leur département, où toutes précisions leur seront fournies.

Les tournées d'inspection au Livre Généalogique de la race Alpine vont avoir lieu prochainement (courant avril ou début mai). Les éleveurs intéressés doivent se faire connaître d'urgence en indiquant le nombre d'animaux qu'ils se proposent de présenter à la commission.

Il est rappelé que le nom des animaux nés en 1961 commence par K et leur numéro est 100, 101, 102, etc.

Par ailleurs les déclarations de naissance doivent être faites dans les plus courts délais au Livre Généalogique, dès la naissance.

Il est procédé ensuite au renouvellement des administrateurs dont le mandat est expiré. Mmes de SAINT-SEINE et PORIER et M. FERRAND sont réélus à l'unanimité. M. GUILLOU de Braye-sous-Faye, est élu de même.

Le souci d'amélioration de l'élevage caprin se poursuit et les demandes de bons reproducteurs mâles et surtout femelles, dépassent de loin les offres, d'où l'intérêt des éleveurs de sélectionner leur cheptel par l'utilisation de bons boucs, par l'inscription au Livre Généalogique et surtout par la pratique du contrôle laitier.

DÉFENSE DE LA QUALITÉ DES FROMAGES

Certes, le fromage de Sainte-Maure atteint des prix élevés et le prix du lait de chèvre a été revalorisé depuis quelques années. Cependant la qualité des fromages est variée, et nul ne peut affirmer que la commercialisation des produits connaîtra toujours les facilités actuelles.

C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années, le problème de la défense de la qualité des fromages figure à l'ordre du jour des réunions. Cette année, pour documenter les éleveurs intéressés et les laiteries fabriquant du fromage de chèvre, le Syndicat avait demandé à l'A.F.A.Q. (Association Française pour l'Expansion des Produits agricoles de qualité) de venir présenter son point de vue et ses solutions.

C'est ce que fit M. de WAZIERS, délégué de l'A.F.A.Q., dont le rôle est de mettre en valeur les produits de qualité ; pour cela elle dispose de plusieurs moyens :

- Accorder un label "Qualité-France" aux produits qui le méritent, qui ont réussi les épreuves de dégustation et d'analyses diverses ;

- Faire connaître ces produits par tous les moyens publicitaires dont dispose une organisation importante ;

- Propose ces produits dans les nombreux points de vente suivis par l'A.F.A.Q. ;

- Surveiller la continuité de la qualité par des contrôles périodiques.

L'obtention de tels labels, en usage pour de nombreux produits agricoles, a permis des résultats importants, et souvent inattendus : c'est ainsi que le "Poulet jaune des Landes" s'est ouvert un marché important sur la Région Parisienne, alors que les pattes jaunes sont encore dépréciées sur de nombreux marchés.

La facilité de l'écoulement, la valorisation des prix des produits de qualité tels sont les objectifs de l'A.F.A.Q.

La réalisation en est simple puisqu'il suffit aux producteurs et laiteries intéressés de se grouper en un syndicat de label, et de définir les caractéristiques du fromage e Sainte-Maure.

Ce syndicat aurait sans doute un rôle de grande importance à remplir, et nous ne pouvons que souhaiter que dette idée fasse son chemin ; elle aurait d'ailleurs l'appui total des services officiels.

1962

Revue "La Chèvre", N° 22, Mai 1962, 5e année

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SYNDICAT D'INDRE-ET-LOIRE

Le 27 février de nombreux éleveurs de chèvres étaient présents à l'Assemblée générale annuelle du Syndicat, présidée par Mme de SAINT-SEINE.

L'année 1961 a connu une grande activité avec les différents concours, réunions, visites d'élevages, etc., sur laquelle nous ne reviendrons pas, préférant regarder vers l'avant et voir ce qui reste à faire.

L'amélioration de l'élevage se poursuit, grâce aux diverses techniques dont l'éleveur peut bénéficier.

La revue "LA CHÈVRE", en assurant un lien entre les éleveurs, facilite les ventes et les achats de reproducteurs. Mais la facilité actuelle, les demandes importantes de chèvres et de chevrettes, dureront-elles toujours ?

On peut le supposer, mais il est à prévoir que les acheteurs deviendront de plus en plus exigeants, à juste titre d'ailleurs. Déjà beaucoup recherchent des sujets de race pure, avec de bonnes lactations des sujets ou leurs ascendants. Des possibilités d'exportation existent, mais pour des animaux ayant des garanties suffisantes. Il est donc de l'intérêt de tous d'améliorer la pureté de la race, de faire inscrire leurs animaux au Livre Généalogique, et surtout d'entreprendre le Contrôle laitier, base indispensable de la sélection.

Le prix du contrôle a fait jusqu'à présent hésiter certains éleveurs. Cependant, si le prix du contrôle est d'environ 700 francs par an et par chèvre, cela ne représente que 14 litres de lait à 50 francs, c'est-à-dire une bien petite partie de la production de l'animal (environ 2%).

Contrôle de la matière azotée.

Les éleveurs présents purent profiter d'u exposé très documenté, fait par M. RICORDEAU, de la Recherche Zootechnique (Jouy-en-Josas) (CNRZ) sur le contrôle de la matière azotée. Cette question est très importante pour l'espèce caprine puisque la presque totalité du lait est transformée en fromage. Or le fromage c'est la caséine du lait, c'est-à-dire de la matière azotée. Il semble donc du plus grand intérêt de connaître la valeur fromagère de chaque chèvre et de sélectionner sur ce caractère.

Le Laboratoire départemental de Tours va entreprendre ces analyses, pour un prix très modique ; nous ne pouvons qu'encourager tous les éleveurs à participer à ce contrôle qui se fera avec l'aide du contrôle habituel, sans aucune complication pour eux.

Alimentation des chèvres.

Un intéressant exposé sur l'alimentation termina cette réunion. M. STEVENS montra comment l'avenir d'un reproducteur dépendait d'abord d'une bonne alimentation de sa mère avant même sa fécondation, puis au cours de la gestation en particulier dans les deux derniers mois. C'est dans ces conditions qu'elle mettra au monde un chevreau solide qui, bien nourri ensuite, fournira de bonnes lactations.

L'eau distribuée suffisamment, mais par petites quantités, propre et à température douce, favorise la digestion des aliments donc une bonne production.

De même les changements d'alimentation doivent toujours être progressifs, un changement brusque pouvant entraîner des accidents.

Le problème des matières minérales est également abordé, ainsi que celui des concentrés.

Les concours.

Comme chaque année, auront lieu en 1962 : le Concours départemental à Tours, le dimanche 13 mai ; le Concours itinérant d'étables, qui se déroulera cette année dans l'arrondissement de Loches et qui permet aux éleveurs, sans se déranger, de recevoir sur place des conseils... et récompenses. Enfin, à l'occasion des Comices, pourront avoir lieu des expositions ou concours de caprins : le 19 août à Montrésor, le 26 août à Azay-le-Ridea, le 2 septembre à Châteaurenault.

Comme l'an dernier, le Concours de Tours pourra être l'occasion, pour les éleveurs, de présenter leurs fromages de chèvre.

Questions diverses.

L'insémination artificielle des chèvres a eu lieu dans la zone de ramassage de la Coopérative laitière de Reignac. Les résultats sont satisfaisants et cette pratique sera poursuivie cette année.

Les chevreaux pour la boucherie semblent avoir atteint des prix satisfaisants puisque des éleveurs nous signalent avoir vendu de 550 à 600 francs le kilo sur Ligueil, Richelieu, etc.

Parmi les administrateurs dont le mandat expirait, M. CATHELIN Albert (La Chapelle-Blanche) est réélu à l'unanimité. M. MÉRY (Sainte-Maure) est également élu pour compléter le Conseil d'Administration.

Un film en couleur très joli, sur l'élevage caprin en Angleterre fut présenté par Mme de SAINT-SEINE. Il montrait en particulier les diverses races élevées en Angleterre, le soin avec lequel elles sont soignées et les diverses utilisations du lait de chèvre.

Prix remportés par l'élevage de Grillemont (Mme Colette de SAINT-SEINE) en 1962, 1964, 1965
Prix remportés par l'élevage de Grillemont (Mme Colette de SAINT-SEINE) en 1962, 1964, 1965
Prix remportés par l'élevage de Grillemont (Mme Colette de SAINT-SEINE) en 1962, 1964, 1965

Prix remportés par l'élevage de Grillemont (Mme Colette de SAINT-SEINE) en 1962, 1964, 1965

1963

Elevage en stabulation de M. HÉRIBERT à Pussigny

La Chèvre, Revue des éleveurs de chèvres, numéro 28, 6e année, juillet-août-septembre 1963, p. 10-11

"Elevage caprin de la Touraine"

"J'ai un très mauvais souvenir des chèvres, nous dit M. HÉRIBERT : quand j'étais encore écolier, je gardais le jeudi les vaches aux champs, et le quelques chèvres qui accompagnaient étaient toujours parties vagabonder à un kilomètre de moi..."

Aussi, ce qui me frappe au premier coup d'œil, c'est le circuit de la clôture électrique et son utilisation très étudiée soit pour clore la cour de la stabulation libre, soit sous le hangar pour protéger les bottes de paille du bardage ou pour empêcher les chèvres d'aller se coucher sur le foin qui leur est distribué dans un long râtelier à ras du sol, de même que les betteraves. La marque de cette clôture est "Clotseul" qui semble vraiment la plus efficace, puisque jamais aucune chèvre ne s'échappe.

"L'Elevage Caprin de Touraine" a été créé en 1958 et on peut dire que le troupeau est une synthèse de nos meilleurs élevages car, dès le départ, M. HÉRIBERT a acheté des boucs chez MM. FERRAND (à Anché), MÉRY (Les Archambaults à Sainte-Maure-de-Touraine) et Mme LE CONTE (présidente du Syndicat caprin de Loir-et-Cher, éleveuse à Villechenay commune de Millançay)

Il y a toujours eu des chèvres dans cette ferme et de mémoire d'homme les arrière-grand ‘mères ont toujours fait un Sainte-Maure réputé, cependant, ce n'était qu'un petit à-côté et non pas un rapport principal ; l'idée est venue de se lance d'une façon moderne, car toutes les terres sont groupées autour des bâtiments et manifestement la qualité des récoltes est particulièrement adaptée à l'élevage de la chèvre qui ne produit bien que bien nourrie ; c'est une vieille et fausse croyance de dire qu'elle se nourrit de peu...

De plus l'écoulement des fromages ne posait pas de problème, étant sur une grande ligne de chemin de fer et de car vers Tours.

Il n'y a pas eu de temps perdu en fausse manœuvre dans la sélection, et on peut admirer qu'en si peu d'années la production du troupeau soit arrivée à un semblable niveau, ainsi d'ailleurs que son homogénéité, de bonne taille, de robe égale et de lactation très élevée.

L'originalité de cet élevage, ce sont ses diverses installations.

La stabulation libre, sous un grand hangar de 200 m2 de fabrication Intrabois, donc entièrement en bois traité ; une aire de promenade est clôturée par deux fils électriques comme tous les parcs. Le bardage du hangar est fait de bottes de paille pressées pendant l'hiver seulement ; le foin est stocké sous le hangar, les betteraves dans un profond silo à proximité. Il est facile de couper en deux le hangar, toujours grâce à la clôture électrique très largement et très astucieusement employée partout. Cette division sert pour la traite : en effet le troupeau est bloqué dans la moitié du fond puis, par une petite porte à la taille des seules chèvres et montée sur glissières, manœuvrée à distance, dix chèvres à la fois pénètrent dans la salle de traite ; une fois traites, elles sont relâchées dans la première partie du hangar.

La salle de traite demande une description car elle semble unique en son genre.

Les chèvres circulent sur une sorte d'estrade en couloir ; ce couloir longe trois côtés, dont deux sont divisibles en petites stalles individuelles par une porte en glissière sur laquelle est fixée une auge où les chèvres prennent le supplément distribué à chaque traite. Nous avons ainsi 10 chèvres, 5 à droite et 5 à gauche, enfermées dans une petite stalle, à environ un mètre du sol, les trayeurs se placent dans le milieu de la stalle, les bidons à côté d'eux ; quand les dix chèvres sont terminées, en ouvrant la porte de chaque stalle, on rétablit la circulation dans tout le couloir et les chèvres regagnent le hangar dans la partie réservée aux chèvre traites. Puis on recommence ; l'avantage du procédé, c'est d'abord de traite debout ce qui est moins fatigant ; c'est la propreté puisque nous sommes totalement en dehors de la partie étable, et surtout les chèvres mangeant tranquillement leur concentré, la production laitière a pu être augmentée de 10 litres par jour... sans oublier un gain de temps appréciable.

La fromagerie.

Pour compléter l'étude des installations il faut visiter la fromagerie, très bien installée dans un ancien logement, dont la salle de séjour a été garnie en son milieu de deux pièces isothermes construites en double paroi et en matière isolante : l'une, munie d'un climatiseur Philips, est maintenue à une température de 18°C quelle que soit la température extérieurs ; elle sert à l'emprésurage ; les marmites en émail ne sont pas posées à terre mais sur une table très basse, ce qui facilite la surveillance et la manutention, sans qu'il soit nécessaire de se baisser.

Le caillage dure de 18 à 24 heures suivant la saison, c'est un caillage pratiqué avec environ une cuillerée à café par 10 litres de lait.

La deuxième pièce, calorifugée également, sert à l'affinage et reçoit les fromages après qu'ils ont séjourné pour l'égouttage dans un couloir ; les claies en bois qui servent pour cet affinage sont empilées les unes sur les autres d'une façon très stable, détail qui fait gagner beaucoup de temps dans la manutention, car il n'y a jamais besoin de les reprendre et que toujours dans le même souci de confort on les pose à la hauteur que l'on veut ; ce haloir est maintenu entre 15 et 16 °C.

Cette installation est assez coûteuse au départ, mais la dépense est rattrapée rapidement grâce à la régularité de la fabrication et donc dans la satisfaction du client. Il est certain qu'en travaillant dans une atmosphère à température constante on peut sortir un fromage qui sera aussi régulier que ceux fabriquée avec les grands moyens des usines.

La vente des fromages se fait uniquement en Sainte-Maure affiné, une bonne partie est expédiée sur Paris et aussi sur Tours.

Suivant l'usage il faut signaler quelques lactations remarquables et nous devons au passage noter : "Kermesse", 700 kg en 1962 à 37 0/00 de matière grasse : "Jolie", 834 kg à 33 0/00 ; "Jacquette", 1028,85 kg à 33 0/00 ; "Julie", 947,5 kg à 33,44 0/00 de matière grasse.

Plusieurs récompenses, de nombreux prix sont venus encourager tout ce travail de sélection ; mais la plus grande récompense ce doit être de pouvoir regarder ce troupeau, ces installations et de faire en pensée un cour retour en arrière pour constater les progrès si rapides et l'amélioration de la vie familiale que tout cela a permis par rapport à ce qui aurait pu être sans audace, le courage et la persévérance de cet éleveur, si jeune...

E. DE GRAEVE (membre du conseil d'administration du Syndicat caprin d'Indre-et-Loire, éleveur au Cément à Chinon)

(Avril 1963)

1964

Revue La Chèvre, n° 30 ; 7e année, janvier-février 1964

LE COIN DU L.G.A

LES VRAIS ET FAUX PAPIERS

Les divers Clubs

I a existé en France bien des organismes s’occupant des chèvres de race pure et délivrant des pédigrees.

Nous pouvons citer, parmi ceux-ci, le Club de la Chèvre de Race pure, qui tenait le Livre Zootechnique, dit L.O.C.R.P. ; la Société Caprine de France ; le Syndicat de la Vache du Pauvre etc.

Il faut préciser que le Syndicat des Eleveurs de Chèvres inscrites au Livre Généalogique de la Race Alpine, dit plus simplement Livre Généalogique Alpin ou L.G.A., est le seul reconnu par me Ministère de l’Agriculture et subventionné par ce dernier ; il travaille en liaison avec les services ministériels sous le contrôle technique, administratif et financier de celui-ci.

Seuls les papiers à en-tête du L.G.A., délivrés par lui, et portant son cachet, sont « officiels » et les animaux qui les ont reçus peuvent seuls être dits « inscrits ».

Les Pédigrées d’élevage

Beaucoup d’éleveurs d’animaux inscrits au L.G.A. remettent cependant à leurs acheteurs une formule de pédigrée portant l’origine du sujet vendu. Ces pièces n’ont pas de valeur officielle, mais ils peuvent rendre service aux acheteurs, et il est très normal que l’éleveur tienne à les délivrer : en effet, jusqu’ici, le L.G.A. tardait parfois à délivrer les papiers officiels, et il était utile pour l’acheteur de connaître les origines des sujets achetés.

En plus, bien des animaux ont des origines que peut connaître l’éleveur, mais qui ne peuvent pas figurer au Livre, ni sur les papiers officiels qu’il délivre : c’est le cas pour un animal pour lequel la déclaration de naissance n’a pas été faite, ou qui a été vendu non tatoué, ou des animaux appartenant à un nouvel adhérent : dans ce cas-là, les animaux sont inscrits à titre initial, c’est-à-dire sans aucune origine, puisqu’il n’y a pas de certitude officielle quant à leur filiation.

Mais l’éleveur peut connaître ces origines, et dans ce cas il peut très bien délivrer des pédigrées « privés » sur n’importe quelle formule ou sur un papier libre (des formules sont en vente chez Mme LECONTE, à Millançay (Loir-et-Cher) et, pour les éleveurs d’Indre-et-Loire, à leur Syndicat Caprin.

Mais il doit être bien compris que ces pédigrées ne sont pas une pièce officielle.

1964

 

Revue "La chèvre", N° 33, Juillet-Septembre 1964, 7e année

I. Assemblée générale du Syndicat d'Indre-et-Loire

Le Syndicat des Éleveurs de Chèvres de Touraine s'est réuni le 8 avril en Assemblée générale.

Après le compte rendu financier, ce fut le compte rendu d'activité de 1963 : progrès du contrôle laitier, insémination artificielle, défense des éleveurs de chèvres victimes d'annonces dans certains journaux et certaines revues, défense du véritable fromage de chèvre ; en juin période de production maximum de lait de chèvre, on trouve encore des "mi- chèvre" (75 % de lait de vache) et même des pur-vache dans la forme traditionnelle des fromages de chèvre. C'est là une anomalie préjudiciable aux éleveurs.

Afin de déterminer la rentabilité de l'élevage de la chèvre, plusieurs éleveurs ont adhéré au Centre départemental de Gestion, de manière à tenir une comptabilité sur un modèle uniforme, permettant des comparaisons utiles. Il serait utile que ces essais de comptabilité se multiplient. Cette pratique peu coûteuse, doit rendre de grands services.

Un conseiller caprin, M. CASSAR, est au service des adhérents du Syndicat et ses conseils sont déjà bien appréciés.

Pour 1964 seront poursuivies des démonstrations de traitements antiparasitaires.

En ce qui concerne les prix du lait, il est demandé une revalorisation des prix d'hiver. Les prix du fromage à cette époque le permettent. D'ailleurs, dans certains départements, le lait a été payé jusque 1 F et même 1,05 F (Vienne, Deux-Sèvres au cours du premier trimestre 1964.

Cette revalorisation est un moyen d'inciter les éleveurs à produire du lait pendant cette période de l'année.

Bien entendu un effort supplémentaire doit être fait par les éleveurs pour livrer un lait très propre, filtré, refroidi, qui permettra aux laiteries de faire des produits de qualité qui se vendront mieux.

Le Concours départemental aura lieu pendant l'Exposition agricole de Tours, le 20 septembre, avec classement de synthèse pour les sujets contrôlés.

Les éleveurs présents souhaitent qu'une patente sanitaire puisse être accordée, ce qui offrirait des garanties certaines aux acheteurs (lait et reproducteurs), comme cela existe pour les bovins.

Après renouvellement du Conseil d'administration, M. RENOULT, Directeur des Services Agricoles, félicite les éleveurs et les encourage dans le travail de sélection qu'ils poursuivent. Mais dans le cadre du Marché Commun, un effort particulier doit être entrepris en matière de commercialisation.

Le problème de la qualité est capital, mais le regroupement n'est pas moins important en vue de créer de grandes unités commerciales qui pourront souscrire des marchés, des contrats.

Pour terminer cette réunion intéressante, M. CASSAR fait un tour d'horizon sur les maladies et les parasite des chèvres, indique les traitements correspondants et répond aux questions posées.

Enfin une projection de diapositives montre les techniques d'élevage utilisées aux Etats-Unis, commentés par Mme de SAINT-SEINE.

II. Concours itinérant d'étables.

Il a lieu chaque année dans l'un des trois arrondissements. Cette année c'est le tour de l'arrondissement de Chinon. Les éleveurs intéressés peuvent se faire inscrire dès maintenant à la Direction des Services Agricoles, 14, rue Etienne-Pallu, Tours.

III. Comices agricoles.

Les Comices agricoles d'arrondissement auront lieu en août au lieux suivants :

Ligueil (pour le Comice de Loches), le 23 août,

Amboise (pour le Comice de Tours), le 30 août,

Richelieu (pour le Comice de Chinon), le 30 août.

Les éleveurs qui désirent présenter des caprins à ces Comices peuvent prévenir la Mairie de Ligueil, Amboise, Richelieu.

IV Concours départemental.

Le Concours départemental caprin aura lieu à Tours le dimanche 20 septembre, dans le cadre de la Foire agricole qui se tiendra du 17 au 20 et réunira, outre le matériel agricole, les diverses espèces animales (bovins, ovins, porcins).

En plus du classement de conformation, aura lieu un classement se synthèse pour les chèvres soumises au contrôle laitier. Les engagements sont à adresse à la Direction des Services Agricoles, 14 rue Etienne-Pallu, Tours.

1965

Revue "La Chèvre", n° 36, mars-avril 1965, 8e année


La page du Livre Généalogique Alpin.
NOUVELLE DES ÉLEVAGES


Les éleveurs suivants, adhérents du L.G.A. ont importé des caprins dans le cours des récents mois (extraits, éleveurs région Centre) :


Saanens :
D'Allemagne :
M. de RIBON, à Arthon (Indre) : une vingtaine de chèvres et deux boucs.
Mme DÉON de LONGUERUE, Saint-Valentin (Indre) : un bouc.


D'Angleterre :
M. de LONGUERUE, Bagneux (Indre) : le bouc "Mostyn Maigret"


British Alpine :
Mme de SAINT-SEINE, La Chapelle-Blanche (Indre-et-Loire) : un bouc

1965

 

Revue "La Chèvre" N° 37, mai-juin 1965, 8e année

Assemblée Générale du Syndicat d'Indre-et-Loire.

Le 2 mars, plus de 60 éleveurs étaient présents, ainsi que MM. RENOULT (D.S.A.), VILLATTE (Président de la Chambre d'Agriculture) et MM. YALCIN, LAMBERT et JARDON (Chef de service et Vétérinaires du Laboratoire NOE).

Mme de SAINT-SEINE, Présidente, donne lecture du rapport moral. Il en ressort que M. CASSAR, technicien caprin, qui n'est qu'à mi-temps, n'arrive pas à suivre tous les nombreux élevages adhérents au Syndicat comme il serait souhaitable.

Les éleveurs doivent donc comprendre qu'il doit se limiter, lors de ses visites, à montrer et non à exécuter : il ne peut tatouer ni droguer toutes les chèvres. Après la démonstration, les outils (pinces, pistolet) doivent circuler d'un éleveur à l'autre.

Le concours itinérant d'étables, qui a eu lieu dans l'arrondissement de Chinon en 1964, aura lieu dans l'arrondissement de Loches en 1965. Il est très utile, il met en contact les éleveurs et le jury sur l'élevage même, et permet des discussions profitables.

Le concours de boucs de Sainte-Radegonde en mai 1964 fut une réussite, aussi il sera répété en 1965 le 2 mai, à Sainte-Maure, chez M. COUDREAU. Il devrait devenir une plaque tournante pour les ventes et les échanges de boucs et éviter que les bons reproducteurs ne soient pas trop tôt réformés.

En 1964, 22 boucs sur les 30 présentés, avaient une production maternelle d'environ 1 014 kilos, performance jamais atteinte même sur un concours spécial général.

Pour faire face aux demandes des pays étrangers nous manquons de sujets ; les éleveurs devraient donc garder 2 ou 3 chevrettes en plus, vendables un bon prix comme chevrettes saillies, pleines.

Au point de vue du contrôle laitier, l'Indre-et-Loire va grouper environ 800 chèvres en 1965, ce qui la place en excellent position par rapport aux autres départements et montre, malgré le coût du contrôle (9 F par chèvre), un désir marqué d'amélioration.

Tatouages.

Il est conseillé aux éleveurs d'avoir leur pince à tatouer, leur pistolet de drogage, par groupe d'élevages. Une pince (Hauptner) est actuellement à l'essai, elle convient très bien à la chèvre et au chevreau : 100 F l'une, avec 2 jeux de chiffres, pour une certaine quantité, donc utilité des commandes groupées. Le Syndicat de Touraine ou le Livre Généalogique Alpin vont pouvoir faire une commande pour faire bénéficier les éleveurs de ces prix.

En outre, une pâte à tatouer semble donner satisfaction (en blanc pour oreilles noires et inversement). Le tube coûte 5 F et permet de faire 100 tatouages (on peut en demander à M. CASSAR ou au L.G.A.).

Le Concours départemental de Tours aura lieu le dimanche 19 septembre. La Foire agricole durant du 16 au 19, il y aura, les 1, 17 et 18, une simple présentation de chèvres par quelques éleveurs. Obligation de vaccination anti-aphteuse.

Un voyage est décidé début septembre vers les Deux-Sèvres et la Charente.

Vœux.

Pour la défense de l'élevage caprin et des fromages de chèvre, plusieurs vœux sont adoptés : ils seront adressés à tous les Services intéressés. Les industriels laitiers seraient favorables à ces dispositions, l'attitude de certaines Coopératives serait malheureusement plus nuancée.

Il est rapporté qu'actuellement certains fromages "imitation chèvre", soit en mi- chèvre, soit en pur vache dans la forme "chèvre", sont mis sur les marchés suisse et allemand. Par leur mauvaise qualité ces produits sont susceptibles de nuire à notre production nationale, de nous fermer ces possibilités d'exportation. Il serait donc grand temps qu'une modification de la législation intervienne enfin.

Sur le plan alimentation plusieurs éleveurs demandent qu'une commission d'étude soit désignée, ce qui est adopté.

Sur le plan sanitaire, nous reproduisons ci-après (ou au prochain numéro) l'intéressante conférence de M. YALCIN.

M. RENOULT (DSA) donne des précisions sur la patente vétérinaire et médicale (ne concerne que les bovins), voit "Journal Officiel" du 25 février sur les groupements de producteurs.

Ces groupements, s'ils savent s'imposer une discipline de production, qu'il s'agisse de la production des fromages ou de l'élevage et la vente de reproducteurs, doivent permettre à leurs adhérents d'en tirer des avantages substantiels.

Il rappelle que les labels agricoles sont aussi un moyen de défense des producteurs, et que de nouvelles dispositions, parues au "Journal Officiel" du 18 janvier 1965 (décret du 13 janvier) réglementent les labels et leurs conditions d'homologation.

Grâce à ces labels, le consommateur peut être mieux informé, la vente des produits facilitée.

Les éleveurs doivent s'en préoccuper et résoudre ce problème, qui peut leur rendre de grands services pour la défense d'un produit de qualité qui offre par ailleurs des possibilités à l'exportation.

CAPRINS en INDRE-et-LOIRE (historique)

1965

 

Revue "La Chèvre" N° 37, mai-juin 1965, 8e année

Tribune du lecteur : ENQUÊTE SUR L'ELEVAGE CAPRIN
Jusqu'à ce jour aucune enquête particulière n'avait eu lieu sur les effectifs caprins en France. Il va être remédié à cette situation et dès cette année plusieurs départements vont faire l'objet d'une enquête approfondie. Il s'agit de l'Ardèche, la Drôme, l'Isère, la Vienne et l'Indre-et-Loire. L'enquête sera étendue à d'autres départements en 1966. Les éleveurs comprendront certainement l'intérêt qu s'attache à ces enquêtes, à la connaissance aussi pécise que possible des effectifs et possibilités de production.
Malgré le nombre quelquefois important des questions qui leur sont posées, nous sommes persuadés qu'ils réserveront aux enquêteurs leur meilleur accueil.

 

RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE 

Source enquête DDA Indre-et-Loire 1965, ADIL 911W37à38

Cheptel en Indre-et-Loire en 1965 : 22 621 chèvres

6 035 exploitations

232 communes

26 exploitations par commune ayant des chèvre, en moyenne

97,5 chèvres par commune en moyenne

3,7 chèvres/exploitation en moyenne

305 élevages > 10 chèvres (cheptel total : 4 963)

278 élevages de 10 à 29 chèvres (cheptel total : 3 833)

27 élevages de 30 à 80 chèvres (cheptel : 1 130)

 

CantonNombre total de chèvesNombre d'exploitations ayant des chèvres
Amboise590176
Annexée à Descartes en 196616530
Azay-le-Rideau411109
Ballan-Miré19549
Bléré1529480
Bourgueil208105
Chambray-lès-Tours845206
Château-la-Vallière656286
Château-Renault510183
Chinon1137205
Descartes1044228
Joué-lès-Tours-Nord et Joué-lès-Tours-Sud4714
Langeais551217
le Grand Pressigny42787
Le Grand-Pressigny1079247
Ligueil1741415
L'Île-Bouchard896209
Loches2080488
Luynes24083
Montbazon477133
Montlouis-sur-Loire17029
Montrésor898305
Neuillé-Pont-Pierre538221
Neuvy-le-Roi466244
Preuilly-sur-Claise1433313
Richelieu1662388
Saint-Avertin6024
Saint-Cyr-sur-Loire4612
Sainte-Maure-de-Touraine1822284
Saint-Pierre-des-Corps00
Tours7010
Vouvray628255

 

Lettre Ministère de l’Agriculture Service de l’Elevage 14 rue E.-Pallu TOURS à A. FATOUX (Ingénieur d’Agronomie Service de l’Elevage), 5 juin 1969  et à M. GROS Chef du Service Régional des Statistiques rue Marcel Proust à Orléans, extrait :

BOUCS

Si on calcule le nombre de chèvres par bouc, on trouve pour l’effectif national : 748 030/26 520 = 28 chèvres par bouc.

Cher : 30 chèvres par bouc

Eure-et-Loir : 21

Indre : 36

Indre-et-Loire : 25

Loir-et-Cher : 40

Loiret : 28

 

1965 (suite)

Résumé des résultats provisoires de l’enquête caprine 1965 par M. Adolphe FATOUX 

Au 1er août 1965, le cheptel caprin du département d’Indre-et-Loire, évalué à 33 600 têtes se répartissait ainsi :

Adultes de 1 an et plus : mâles 1000, femelles 27 400, soit 1 bouc pour 28 mères

Elèves de moins d’un an : mâles 900, femelles 4 300

Naissances 1965 : au cours de leur dernière mise-bas du printemps 1965, les femelles ont donné 44 000 chevreaux, ce qui fait 166 naissances pour 100 mères

Production laitière : La quantité de lait produite au cours d’une semaine de juillet 1965 est de 348 700 litres, ce qui fait 1,83 l. par jour et par femelle adulte. Sur la production totale 196 400 litres sont commercialisés directement sous forme de lait, soit 56 %.

Nombre d’exploitations ayant des caprins : Le troupeau est détenu par 7 300 exploitations dont 1 700 possèdent au moins un bouc.

 

Lettre de M. R. RENOULT (Directeur DSA 37) au Ministre de l’Agriculture (Direction générale des études et des affaires générales. Service central de enquêtes et des études statistiques), att. De M. Théodore.

Comme suite à ma communication téléphonique du 15 courant, je vous confirme mon très vif désir de voir l’INDRE-ET-LOIRE figurer au nombre des départements où, en 1965, sera effectuée une enquête caprine.

Ma requête est motivée par le fait que le responsable à l’échelon national de la Section technique caprine est un I.S.A. de la Direction des Services Agricoles d’Indre-et-Loire (M. FATOUX) ; il apparaît donc souhaitable que cet Ingénieur puisse suivre de très près, dans le département même où s’exerce son activité, l’enquête précitée.

Source enquête DDA Indre-et-Loire 1965, ADIL 911W37à38

1965

Revue "La Chèvre" n° 39, octobre-décembre 1965, 8e année

PAGE DU LIVRE GÉNÉALOGIQUE ALPIN (extrait)

Le développement du L.G.A. se poursuit ; plus de 5 000 caprins figurent sur les inventaires des 200 éleveurs actifs. Le secrétariat, depuis le début de l'année, a distribué 1 900 certificats d'inscription au Livre des Jeunes, plus de 1 000 inscriptions au Registre Alpin, plus de 150 inscriptions au Livre d'Origine. 100 cessions d'adultes.

Le secrétariat comprend maintenant 4 personnes travaillant pour le L.G.A. Aussi, il est demandé de ne pas adresser la correspondance à un nom personnel, mais à : LIVRE GÉNÉALOGIQUE ALPIN, sans indication de personne.

La permanence est assurée au téléphone tous les jours, de 14 à 19 heures. Autant que possible, téléphonez à ces heures-là et s'abstenir de téléphoner aux heures de repas ou le dimanche. Le numéro est le 3, à la Chapelle-Blanche, par Loches (I-et-L).

1965 

Les plus grands élevages d'Indre et Loire

 

Nom Prénom Commune Adresse Nombre de femelles
HÉRIBERT Lucien Pussigny Bois-Rond 80
VÉZIN Jacques Grand-Pressigny La Vienne 72
DELABARRE Elie Marcilly-sur-Maulne Le Viornay 70
FERRAND Bernard Anché   60
MERLOT Jean Braslou La Thibaudière 59
DELHOMMAYE Able Le Louroux Mazerie 48
ROUSSEL Jean-Jacques Saint-Epain Berthelonnières 45
VERRON Maurice La Celle-Saint-Avent Les Ormeaux 43
DE GRACUS Etienne Chinon "Le Clément" La Rochelle 40
BARILLER Raymond Sainte-Catherine-de-Fierbois Godefroy 40
POIRIER Léon Ferrière-Larçon Le Bourg 40
HULIN André Druye Le Baillin 40

1966

Concours de chèvreries

Modernisation des installations

Revue "La chèvre" n° 40, 9e année, Janvier-Février 1966

INDRE-ET-LOIRE
Le concours itinérant de chèvreries a eu lieu le 25 novembre (1965) et a permis des entretiens intéressants avec les concurrents, de conseiller certains, de féliciter les autres pour les réalisations obtenues. Il avait lieu cette année dans l'arrondissement de Loches. Voici le palmarès :


Chèvreries en stabulation libre :

1er Prix : M. VEZIN, au Grand-Pressigny (72 chèvres)

Chèvreries en stabulation entravée :

1er Prix : Mlle SUARD, à Cigogné (11 chèvres)
2e Prix : Mme DOUARD à Vou (<10 chèvres)
3e Prix : M. CATHELIN Albert, à La Chapelle-Blanche (10 chèvres)
4e Prix : Mme COURTAULT, à Manthelan (11 chèvres)
5e Prix : Mlle BICHET, à Cigogné (14 chèvres)
6e Prix : Mme ROBINEAU, à Bossé (34 chèvres)
7e Prix : M. TAFFOREAU, à Chédigny (21 chèvres)

Mme DE SAINT-SEINE, hors concours, reçoit un prix d'honneur (35 chèvres)

1966


Revue "La chèvre" n° 40, 9e année, Janvier-Février 1966


Livre Généalogique Alpin


L'Assemblée générale du Livre Généalogique Alpin a eu lieu à Paris, le 3 décembre (1965).
Nous reviendrons dans le prochain numéro sur cette importante réunion au cours de laquelle des décisions importantes ont été prises. Elle marque en effet une étape.
Le développement du Livre a été important au cours des dernières années, puisqu'il compte maintenant plus de 200 adhérents et plus de 4 300 animaux inscrits.
Mais ce dernier chiffre ne représente encore qu'environ 0,5 % du total de l'effectif caprin français. C'est insuffisant pour que la production française et le revenu des éleveurs soient sensiblement influencés.
L'Assemblée générale du 3 décembre a donc décidé d'ouvrir plus largement ses portes à toutes les chèvres de France, sans aucune exception ; même si elles ne présentent pas du tout les caractères de la race Alpine.
Une condition principale pour leur admission : être soumise au contrôle laitier technique nécessaire à tous ceux qui désirent améliorer leur production. De plus, elles doivent être saillies par un bouc Alpin, ce qui est à la portée de tous les éleveurs.
Les chèvres qui ne sont pas Alpines, qui peuvent être des chèvres d'une autre race ou sans race déterminée (dites communes) seront inscrites sur les registres et répertoires ouverts à cet effet. Leur descendance offrira ainsi aux acheteurs les garanties de filiation et de production qu'ils souhaitent.
Les chevrettes issues de ces chèvres inscrites aux répertoires pourront progressivement s'élever dans la hiérarchie et grâce à l'utilisation d'un bouc Alpin améliorateur mériter après quelques générations l'entrée au Livre d'Origine.
Voici, en résumé, la hiérarchie de ces registres :


a) Viennent d'être ouverts :


Répertoire Laitier (R.L.) : Peuvent y être inscrites toutes les chèvres, même celles de races diverse ou communes, pourvu qu'elles soient au Contrôle laitier et, bien entendu, identifiées (tatouage par exemple).


Répertoire de Filiation (R.F.) : Y sont inscrites les filles des chèvres inscrites au R.L., pourvu qu'elles aient donné un minimum de production laitière.


b) Existaient déjà :


Registre Alpin (R.A.) : Pourront y être inscrites les filles des chèvres figurant au R.L. ou au R.F. dès que les caractères Alpins seront suffisamment marqués.


Le Livre d'Origine (L.O.) : Ouvert aux animaux qui offrent des garanties exigées habituellement (pureté de race et production minimum).


Le Livre des Jeunes : Continue à enregistrer les naissances, pourvu qu'elles soient faites dans les délais fixés. Les animaux qui y sont inscrits passeront ensuite, selon leur production laitière au R.A. ou au L.O.


On peut donc affirmer qu'il s'agit là d'une étape importante qui vient d'être franchie par le L.G.A. et tous les éleveurs, quels que soient leurs caractères ou types de chèvres qu'ils élèvent, peuvent maintenant entrer dans la grande famille des sélectionneurs, gravir progressivement les échelons qui conduisent à la qualité (pureté de race, et surtout conformation et production) et à la rentabilité, but que s'est fixé le Livre Généalogique Alpin.
Dès maintenant, les éleveurs peuvent donc écrire au L.G.A., à la Chapelle-Blanche (Indre-et-Loire), pour avoir des précisions complémentaires. Ils ne doivent pas attendre car, à la veille des naissances, un mois de perdu peut leur faire perdre une année entière.

 

 

1966

Revue "La chèvre" n° 40, 9e année, Janvier-Février 1966


A L'OCCASION DES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES DES SYNDICATS DÉPARTEMENTAUX


Depuis un an, la situation du fromage de chèvre n'a guère évolué, elle s'est même plutôt aggravée si on considère le nombre de plus en plus grand des imitations, des astuces qui permettent de ne pas appliquer la législation pourtant déjà insuffisante pour protéger le véritable fromage de chèvre.
La confusion ne fait que s'accroître. Il semble donc que cette question devrait être portée à nouveau à l'ordre du jour des Assemblées générales prochaines des syndicats, coopératives et groupements de producteurs de fromage de chèvre.
Les résolutions qui seront prises devraient être adressées aux divers organismes intéressés sur le plan départemental : Préfecture, Direction départementale de l'Agriculture, Service de la Répression des Fraudes etc.., ainsi que sur la plan national : Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres (F.N.E.C.), afin qu'un dossier étoffé puisse être constitué, qui permettra d'engager les actions nécessaires.
Il appartient aux producteurs de dire clairement s'ils désirent que cette action soit entreprise, pour que leur production conserve la réputation qu"elle avait acquise à juste titre.

1966

Revue "La Chèvre" n° 41, 9e année, Mars-Avril 1966


Performances laitières de chèvres contrôlées en 1964

Il s'agit d'une présentation identique à celle qui avait été faite en 1963 dans le "Bulletin Technique d'Information", et en 1964 dans les revues "Pâtre" et "La Chèvre".
Bien que l'effectif contrôlé soit en augmentation, il ne représente qu'une très faible part de la population caprine (France) que l'on estime à 950 000 chèvres.
Dans cette présentation, on n'a pas effectué de classement par race pour plusieurs raisons :
- il existe une trop grande hétérogénéité dans les conditions d'exploitation (entre élevages et entre régions) pour tirer des conclusions valables sur les aptitudes de telle ou telle variété :
- dans beaucoup de cas, ce classement n'a aucun sens.
D'ailleurs, il n'y a aucune raison et surtout aucun intérêt à séparer les performances des chèvres de type Saanen ou de type Chamoisé puisque ces animaux appartiennent à la même race. On aurait pu sortir les chèvres Poitevines, mais celles-ci sont en très petit nombre et les plus performantes (que nous avons d'ailleurs calculées séparément) sont tout à fait comparables aux autres. Enfin, il est temps, pour une question d'efficacité, de parler d'aptitudes plutôt que de standard.
Par contre, pour apporter des informations supplémentaires, les performances ont été calculées pour deux catégories de chèvres : les chevrettes de un an et les chèvres de plus de un an.


I. RÉSULTATS D'ENSEMBLE


a) Effectifs :


Lactations .... 3665
Élevages..... 223
Effectifs par élevage (graphique 1)..... 16
Départements considérés... 23


b) Performances :


Kilos de lait par lactation.... 571
Durée moyenne en jours.... 252
Taux butyreux en g/1 000 g de lait.... 33,9
Taux de protéines en g/1 000 g de lait.... 28,8

1966

Revue "La chèvre", N° 42, mai-juin 1966, 9e année

Le Syndicat des Éleveurs de Chèvres d'Indre-et-Loire tenait le 1er mars son Assemblée générale annuelle. Outre une nombreuse assistance, on notait la présence de MM. MAILLON, Adjoint au Directeur des Services Vétérinaires ; DISSET, de la Fédération Nationale des Eleveurs de Chèvres (FNEC) ; CASSAR, Moniteur d'élevage caprin et Inspecteur du Livre Généalogique de la race Alpine ; FATOUX, Ingénieur d'agronomie, de la Section technique des Productions animales du Ministère de l'Agriculture ; PUISAIS, Directeur du Laboratoire départemental ; JULIEN, Adjoint au Directeur du Centre d'Insémination artificielle.

S'étaient excusés : M. le Directeur départemental de l'Agriculture (DDA) ; M. DESACHE, Président du Conseil général, Président d'honneur du Syndicat, et le Laboratoire NOE.

Mme de SAINT-SEINE, Présidente, présente le compte rendu d'activité en 1965 : Concours régional de boucs de Sainte-Maure en mai, Concours départemental de chèvres à Sainte-Maure en août, qui attirèrent de nombreux visiteurs et mirent en relief la quantité de cheptel d'Indre-et-Loire. Voyage des éleveurs en Charente-Maritime. Concours de chèvreries dans l'arrondissement de Loches. Démonstrations et conseils de M. CASSAE, développement du Contrôle laitier etc., sont les principales manifestations et activités.

Mme de SAINT-SEINE présente ensuite le projet de programme pour 1966. En voici quelques actions résumées :

Le 8 mai, au Grand-Pressigny, dans l'élevage de M. VEZIN, se tiendra le Concours-Exposition régional de boucs.

Le 18 septembre, à l'occasion des Foires de Tours, aura lieu le Concours départemental de chèvres.

Un voyage d'études aura lieu dans les premiers jours de septembre dans l'Aveyron, avec une visite d'élevages et la Coopérative fromagère. Un concours de chèvreries est prévu dans l'arrondissement de Tours.

Afin d'améliorer l'élevage du département, le Centre d'Insémination artificielle de Joué-lès-Tours a acquis d'excellent boucs.

M. JULIEN présent l'action menée en 1965, qui pourra se développer en 1966. Il donne des chiffres sure les inséminations et les pourcentages de réussites.

Poursuivant la même action, le Syndicat a acquis en 1965 un excellent bouc, qu'il a placé chez un éleveur de Rilly-sur-Vienne, et qui a été utilisé par les éleveurs de la région.

Il souhaite que cette action se développe en 1966 et il est prêt à acquérir plusieurs boucs ayant de bonnes origines pour les prêter aux éleveurs qui en feraient la demande, dans les communes où les effectifs de chèvres le justifient.

Les éleveurs intéressés peuvent donc se faire connaître dès maintenant et demander toutes les précisions qui les intéressent. Il serait souhaitable que plusieurs boucs entrent ainsi au service des éleveurs dans plusieurs communs avant la prochaine saison de monte.

Mme de SAINT-SEINE constate avec satisfaction que le nombre des éleveurs de chèvres d'Indre-et-Loire adhérents au Syndicat de Contrôle laitier augment chaque année, c'est près de 1 000 chèvres qui devraient être contrôlées en 1966, soit plus de 3 % de l'effectif.

Bien que ce chiffre soit encore insuffisant, il place le département d'Indre-et-Loire en très bonnes place. Bien entendu, le contrôle laitier de la matière azotée, facteur essentiel dans le rendement fromager sera assuré pour toutes les chèvres.

M. DISSET, de la Fédération Nationale Caprine (F.N.E.C.), présente les études qui ont été entreprises dans plusieurs élevages de Loir-et-Cher et d'Indre-et-Loire : conseils techniques, sanitaires, études économiques avec le concours des Centres de Gestion, qui permettront de dégager les prix de revient du lait, des chevrettes, la rentabilité de l'élevage caprin. Ces études seront poursuivies en 1966.

La défense du fromage de chèvre fait l'objet d'une discussion et les vœux émis lors de l'Assemblée générale de 1965 sont repris et adoptés à l'unanimité.

Les problèmes sanitaires sont également abordés et M. MIALLON donne des précisions sur les textes qui vont permettre de rendre obligatoire la prophylaxie contre la brucellose bovine, ovine et caprine.

M. FATOUX fait remarquer que toutes les actions envisagées par le Syndicat ne pourront être menée à bien qu'avec le concours de tous. Chacun doit donc se considérer, dans son propre intérêt, comme mobilisé pour participer à ces diverses activités. Plus le Syndicat comptera d'adhérents, plus il sera fort et efficace.

Le Conseil d'Administration du Syndicat est complété par l'élection ou la réélection des membres suivants : MM. MERLOT, à Braslou ; VEZIN, au Grand-Pressigny ; COUDREAU à Sainte-Maure ; VERRON, à la Celle-Saint-Avent ; De GRAEVE, à Chinon, HERIBERT, à Pussigny.

La revue "LA CHEVRE" assure un lien entre tous les éleveurs, qui devraient pouvoir trouver autour d'eux de nombreux lecteurs.

Après quelques échanges de vues et questions posées, la séance se poursuit par la présentation de deux films sur l'élevage caprin.

Le premier, 'D'un plateau à l'autre", a été conçu et réalisé par un groupe de jeunes cinéastes amateurs de Sainte-Maure.

C'est un film spécifiquement tourangeau qui mériterait d'être plus largement connu.

Le second est un film en couleurs, tourné dans l'Indre, l'Indre-et-Loire, la Charente-Maritime. Il présente l'élevage caprin sous ses divers aspects : les races, les méthodes d'élevage, de sélection, etc.

Les applaudissements de l'assistance montrèrent combien ces deux films avaient été appréciés.

1966

Source enquête DDA Indre-et-Loire 1965, ADIL 911W37à38

Lettre du « Syndicat des éleveurs de chèvres inscrites au LIVRE GÉNÉALOGIQUE DE LA RACE CAPRINE » (tampon de Livre généalogique ALPIN, La Chapelle-Blanche Indre-et-Loire) à M. l’Ingénieur en chef DDA 14 rue Etienne Pallu 37 TOURS, 23 septembre 1966

Extrait : "Nous avons l’honneur de vous faire savoir qu’une Commission d’agrément a été désignée, pour procéder à l’inspection de deux boucs alpins en cours d’achat pour le Centre d’insémination de Bois Bonnevie. Cette commission sera composée de M. VERRON, éleveur, les Ormeaux, La Celle-Saint-Avent, I&L ; Mme de SAINT-SEINE, éleveuse, La Chapelle-Blanche I&L. Nous serons reconnaissants de bien vouloir déléguer un représentant de la DDA pour l’assister dans ses travaux. Le lieu de réunion est fixé le lundi 26 septembre à 9 h chez M. Paul COUDREAU, Anzay, Sainte-Maure, I&L, et ira ensuite chez M. MÉRY, Les Archambaults, Sainte-Maure, I&L."

 

Lettre de R. FOX (Contrôle des organismes d’élevage) à M. le directeur de la DDA I&L, le 22 sept 1966). Objet : Inscription au Registre-Catalogue Livre généalogique Race Alpine.

Extrait : "M’étant rendu à la Chapelle-Blanche le 16 septembre 1966, j’ai pu constater l’excellente organisation du Secrétariat du Livre Alpin. Le classement des documents et archives établi suivant le procédé Walter rotatif est à jour et complet… L’étude du dossier présenté par le LGA et l’enquête menée au Siège de ce Livre à la Chapelle-Blanche (Indre-et-Loire) ont mis en évidence une bonne organisation et un travail sérieux. Seules quelques mises au point devront être opérées."

 

Prix remportés par l'élevage de Grillemont (Mme Colette de SAINT-SEINE) en 1970 et 1978
Prix remportés par l'élevage de Grillemont (Mme Colette de SAINT-SEINE) en 1970 et 1978

Prix remportés par l'élevage de Grillemont (Mme Colette de SAINT-SEINE) en 1970 et 1978

1971

Revue "La Chèvre", N° 68, Juillet-Septembre 1971


Éditorial de la F.N.E.C.
SYNDICALISME et COOPÉRATION
par Jean-Claude LE JAOUEN, Secrétaire général de la F.N.E.C.


La défense du revenu des éleveurs de chèvres, objectif premier du syndicalisme caprin, passe nécessairement par la défense du prix du lait à la production.
Or les statistiques laitières montrent que plus des 2/3 du litrage de lait de chèvre collecté en France le sont par des coopératives qui, à l'exception des groupements de producteurs, sont toutes des coopératives laitières mixtes à la fois du lait de vache et du lait de chèvre.
Cette situation amène donc fréquemment les responsables syndicaux caprins à intervenir auprès des responsables de ces coopératives pour discuter de la fixation du prix du lait.
Force est de constater que parfois les dirigeants des coopératives adoptent une attitude négative, refusant le dialogue, ce qii provoque des frictions et des malentendus avec les producteurs;
Par ailleurs, le fait que dans nombre de coopératives mixtes, les producteurs de lait de chèvre ne soient pas représentés dans les Conseils d'administration, ou du moins soient mal représentés par des producteurs mixtes (on ne peut avoir deux cœurs à la fois), aggrave encore le problème.
Cette situation, à tous égards déplorable, est anormale. En effet si nous revenons aux principes de base du syndicalisme et de la coopération, leurs deux fonctions ne peuvent qu'être complémentaires et non concurrentes.
Un état d'esprit de mutuelle compréhension et de respect réciproque des deux partenaires est nécessaire et le jeu de certains responsables coopératifs considérant que par leurs statuts il apparaissent comme les "vrais" représentants de la profession, cela par opposition au syndicalisme spécialisé, ne peut que contribuer à aggraver le malaise actuel.
En matière de défense économique des producteurs, il ne saurait y avoir de prédominance d'un secteur sur l'autre, il ne peut y avoir que complémentarité.
Toute lutte d'influence interne ne peut qu'affaiblir les deux partenaires et, en définitive, se révéler préjudiciable aux intérêts des producteurs dans le contexte d'âpreté du marché actuel.
L'amélioration des rapports doit porter en premier lieu sur une modification de l'état d'esprit des responsables syndicalistes et coopératifs, cela grâce à une information réciproque et à des concertations régulières.
Pour la défense de l'éleveur, syndicalisme et coopération, qu'on le veuille ou non, sont mariés pour le meilleur et pour le pire.

1971

Revue "La Chèvre", N° 68, Juillet-Septembre 1971


La conférence internationale de l'élevage caprin

aura lieu à TOURS (I.-&-L.) du 17 au 19 juillet 1971.


Inscriptions, renseignements : I.T.O.V.I.C., 36, Rue Fontaine - PARIS IXe
Une 4e JOURNÉE (Mardi 20 juillet) est prévue, s'inscrire au L.G.A. -37 - La Chapelle Blanche (domaine de Grillemont chez Mme de SAINT-SEINE, secrétaire du L.G.A.)

CAPRINS en INDRE-et-LOIRE (historique)
CAPRINS en INDRE-et-LOIRE (historique)

1971

CONFÉRENCE INTERNATIONALE DE L'ÉLEVAGE CAPRIN

Revue La Chèvre, n° 69, Octobre-Décembre 1971

CONFÉRENCE INTERNATIONALE DE L'ÉLEVAGE CAPRIN
La 2e Conférence internationale de l'Elevage caprin s'est tenue à Tours, les 17, 18 et 19 juillet 1971, au cœur même d'une grande région d'élevage caprin.
Cette manifestation d'audience internationale a connu un vif succès, tant par la qualité des rapports et communications qui y furent présentés, que par la très large participation de nombreux spécialistes français et étrangers de cet élevage.
C'est en effet plus de 230 chercheurs, techniciens et éleveurs, représentant 23 pays des cinq continents, qui ont débattu pendant ces trois journées des grands problèmes économiques, zootechniques et sociaux que pose cet élevage trop souvent méconnu, sinon ignoré dans ses possibilités réelles.
Il convient notamment de souligner la représentation officielle de nombreux pays en voie de développement, pour lesquels l'élevage de la chèvre revêt un intérêt majeur comme source de lait et de viande.
Cette Conférence, la première du genre par son ampleur et par l'intérêt qu'elle a suscité, a permis de faire le point de l'état des recherches réalisées dans le monde, en matière d'élevage caprin.
A la lumière des débats, il est apparu en premier lieu que ces recherches en étaient encore au stade embryonnaire dans bien des domaines. La chèvre, jusqu'à ces dernières années, était en effet généralement considérée comme une extrapolation de la vache pour sa production laitière ou du mouton pour sa viande.
La nécessité d'engager des recherches spécifiques s'est donc affirmée comme l'une des premières urgences. 
En alternance avec les visites d'élevages, de laiteries et d'un centre de recherches, les séances plénières ont permis d'aborder trois thèmes : l'Economie de la Production, la Nutrition et la Sélection.
Les quelques 40 rapports et communications présentés ont mis en évidence les potentialités étonnantes de la chèvre, que ce soit en système intensif pour la production du lait ou en système extensif pour la production de viande et de cuir.
Cette conférence a été l'occasion d'une prise de conscience, maintes fois réaffirmée dans les conclusions et recommandations, du rôle éminent que peut jouer la chèvre dans l'économie agricole de tous les pays, quel que soit leur niveau de développement.
L'intégralité des rapports et débats fera l'objet d'une impression qui sera publiée prochainement.
Pour tous renseignements, s'adresser au Secrétariat de la 2e Conférence internationale de l'Elevage caprin, 36, rue Fontaine, Paris (9e).


CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
La 2e Conférence internationale de l’Élevage caprin, qui s'est tenue à Tours les 17, 18, et 19 juillet 1971, a permis de faire le point sur l'état des recherches actuelles, tant zootechniques qu'économiques en matière de production caprine dans le monde.
Elle a notamment mis en lumière un certain nombre d'aspects originaux et intéressants de cet élevage, trop souvent méconnu et décrié, alors qu'il possède incontestablement sa place au sein d'un équilibre agro-sylvo-pastoral.
Les travaux des différentes séances plénières ont donné lieu aux conclusions et recommandations suivantes, que la Conférence demande à tous les organismes internationaux et gouvernementaux nationaux intéressés de bien vouloir prendre en considération.


1° Préambule : potentialité et avenir de l'élevage caprin. - Il convient, dans un premier temps, de poser de façon objective et raisonnée le problème général de l'élevage caprin, que ce soit dans les pays à agriculture développée dans lesquels la chèvre est principalement exploitée pour son lait, ou dans les pays en voie de développement où la chèvre est particulièrement élevée pour la viande, sa peau et son poil.
Pour raisonner logiquement ce problème, il est nécessaire avant toute chose, de débarrasser l'élevage de la chèvre des mythes et des "à priori" qui l'entourent, afin de juger impartialement de ses potentialités exactes. La chèvre n'est ni un animal miracle, ni cet animal foncièrement néfaste et destructeur que l'on décrit trop fréquemment dans la littérature spécialisée.
A la lumière des recherches actuelles, on peut d'ores et déjà affirmer que l'exploitation rationnelle de la chèvre pour sa viande, son lait et son poil, possède sa place à côté des autres espèces animales, que ce soit en tant qu'élevage spécifique ou en association avec les autres espèces, afin de maintenir l'équilibre écologique dans certaines régions du monde.
La chèvre mal exploitée en système extensif peut être néfaste, mais ses possibilités d’intensification sont énormes, compte tenu des résultats obtenus à ce jour, dans les pays industrialisés.
Pour autant, faut-il proscrire définitivement l'élevage caprin en système extensif, si celui-ci est raisonné et pratiqué sans surcharges excessives des parcours ? Plusieurs dizaines de millions d'hommes vivent actuellement, en tout ou partie, de l'élevage de la chèvre ; doit-on condamner cet élevage ? Et dans ce cas, par quoi le remplacera-t-on dans ces zones déshérites où seule la chèvre peut vivre ?
La Conférence affirme que la chèvre, source de protéines noble par son lait et sa viande, peut contribuer efficacement à résoudre les problèmes de sous-nutrition, et surtout de malnutrition dans les pays en voie de développement.
Il apparaît urgent de réhabiliter l'élevage caprin parois trop hâtivement condamné.


2° Formation et vulgarisation. - L'amélioration des conditions de vie passe par l'éducation des hommes. Il convient donc de développer l'enseignement spécialisé en matière d'élevage caprin et, plus particulièrement, la formation de vulgarisation pratique dont les éleveurs ressentent vivement le besoin. La productivité peut s'accroître sensiblement grâce à la diffusion de techniques simples et désormais maîtrisées.
A cette fin, il serait souhaitable de créer un Centre international de Formation de Vulgarisateurs spécialisés, ce centre pouvant être placé sous l'égide d'un organisme international.


3° Information. - L'état embryonnaire de la recherche caprine et le faible nombre des spécialistes dans le monde nécessitent la coordination étroite des travaux afin d'assurer le maximum d'efficacité. Le développement de l'information par des échanges réciproques entre les pays pourrait porter sur les points suivants : 
- Banque de données, Coordination des recherches, Voyages d'étude.
Ces actions s'inscriraient dans le cadre d'une collaboration et d'une concertation internationale permanente.


4° Transformation et commercialisation des produits. Parallèlement aux études zootechniques, il convient de promouvoir les recherches sur l'utilisation et la transformation industrielle du lait et de la viande de chèvre. Seule l'industrialisation de la transformation des produits permettra de dépasser le cadre artisanal actuel de la commercialisation et d'ouvrir ainsi les échanges internationaux aux produits de la chèvre.
En particulier, la mise en œuvre d'études sur le lait de chèvre et sur la technique de transformation s'avèrent de plus en plus indispensables.


5° Intensification. - L'amélioration des conditions de vie des éleveurs passe fréquemment par l'intensification raisonnée et adéquate de leur système de production. L'étude des possibilités d'intensification de l'élevage de la chèvre dans le cadre de projets limités, mais sérieux et encadrés, devrait permettre de mieux situer les perspectives d'avenir qu'offre cette solution. Enfin, face à l'alternative entre la production de lait et la production de viande, il conviendrait de définir les critères permettant de fonder de telles actions.
Ces données qualitatives et quantitatives sont indispensables pour élaborer une politique d'orientation de l'élevage sur des bases objectives.


6° Organismes internationaux de développement.
- La Conférence demande également à la F.A.O. de bien vouloir, dans la mesure du possible, s'associer activement aux recherches et aux actions actuellement entreprises, notamment :
- en assurant en son sein une représentation caprine spécifique ;
- en créant un ou plusieurs postes d'experts caprins ;
- enfin, en mettant en place des programmes de développement caprins, afin de juger des possibilités exactes de cet élevage.
La notoriété et l'autorité morale d'une organisation internationale telle que la F.A.O. peuvent incontestablement jouer un rôle moteur déterminant dans la réussite des différentes actions engagées consécutivement à la Conférence.


7° Comité national d'Organisation de l'Elevage caprin. - Afin d'assurer la coordination et la constance des efforts entrepris, il a été décidé la création du Comité national d'Organisation de l'Elevage caprin dont l'objet sera :
- de promouvoir la coordination des recherches et des informations entre les différents pays intéressés par l'élevage caprin ;
- d'assurer, selon la fréquence de trois à quatre ans, l'organisation de Conférences internationales de l'Elevage caprin ; 
- Ce Comité présidé par M. GALL, est composé d'un représentant de chaque grande région mondiale d'élevage caprin, ainsi que d'un représentant de la F.A.O.. Le secrétariat du Comité sera assuré par MM. LE JAOUEN et DISSET, Section caprine de l'I.T.O.V.I.C., 36, rue Fontaine, Paris (9e).
Ces recommandations et la création du Comité mondial d'Organisation de l'Elevage caprin ont été approuvés en séance plénière par un vote unanime des délégués de 23 pays représentant les 5 continents.
 

1972

Création de la Commanderie du Fromage de Sainte-Maure

Le Sainte-Maure, Journal d'informations municipales, mars 2013, page 8

La Commanderie a été créée lors du Comice agricole d'août 1972 dans des circonstances bien particulières. Cette année-là les commerçants de Sainte-Maure, fort mécontents de la décision d'installer une grande surface dans la commune (IFAPRIX rue Rabelais), ont décidé de faire la grève du Comice : pas de char, en particulier rue du Docteur Patry traditionnellement très active. Pour compenser ce vide, Robert GUIGNARD alors maire, et Marc DESACHÉ (ancien maire) ont eu l'idée de créer la Commanderie et de faire appel au parrainage de l'illustre confrérie des Entonneurs rabelaisiens. Ce fut bien sûr un événement très fort du comice. (Témoignage de Claude LARCHER)

 

Site internet de la Commanderie : http://www.commanderiedufromagedesaintemauredetouraine.fr/nos-sorties-article-3-0-53.html

 

1974

Revue La Chèvre N° 85, Nov-Déc 1974

CONCOURS SPÉCIAL DE TOUR

20-21-22 septembre

Races : Alpines, Saanen, Poitevine

1975

Revue La Chèvre, n° 95 Juillet-Août 1975, p. 23

Reportages.

L'ÉLEVAGE CAPRIN EN INDRE-ET-LOIRE.
L'Indre-et-Loire est un de ces départements où l'élevage caprin est implanté depuis des générations. La "Chèvre" n'est pas ici une "nouveauté". D'implantation ancienne, l'élevage caprin a su, en Touraine, s'adapter, se moderniser et évoluer. Une tradition caprine, le goût de la bonne chère, des vins fins et des repas, où la note finale et savoureuse est donnée par un Sainte-Maure, tout cela forme un environnement favorable à l'éclosion et à la prospérité de nombreux élevages.
Au dernier recensement, le département comptait 40 000 chèvres pour près de 6 000 détenteurs de caprins mais ce chiffre n'est pas significatif. Pour obtenir une estimation plus juste de l'importance et de la qualité de l'élevage caprin en Touraine, tournons-nous vers le Syndicat Caprin, qui, comme dans tous les départements, regroupe généralement, exception faite de quelques farouches individualistes, la majorité des éleveurs spécialisés.
Le Syndicat d'Indre-et-Loire regroupe 164 éleveurs. Parmi ces 164 éleveurs, on en relève 80 inscrites au Contrôle laitier, dont 62 inscrits à l'U.P.R.A. (1) et 22 adhérents au S.Y.N.D.E.X.A.L. (2)
L'élevage caprin en Touraine : Un élevage dont la relève est assurée. 
Examinons l'âge moyen des éleveurs concernés par le Syndicat Caprin : 10 % ont plus de 45 ans, 55 % ont plus de 50 ans, oui, mais 35 % ont moins de 35 ans ! et ces jeunes ne sont pas des rêveurs ! En 1975, 10 nouveaux élevages se sont montés. Ce sont, pour la plupart, de jeunes agriculteurs qui ont choisi l'élevage caprin comme option.
Une fabrication fromagère fermière importante : 
En Indre-et-Loire, les éleveurs de chèvres sont pour plus de 70 % d'entre eux des producteurs fermiers. Ce chiffre peut paraître élevé par rapport aux autres régions françaises, mais d'une part, la Touraine offre de bons débouchés commerciaux (la consommation de fromages de chèvre est ici une tradition gastronomique), d'autre part, le prix du lait n'est pas encore assez incitatif. Les éleveurs ont donc intérêt à produire et à commercialiser eux-mêmes leurs fromages dans la mesure où ils peuvent les vendre.


Les effectifs :
Cependant, l'éleveur qui choisit la fabrication fromagère ne peut, en même temps, à moins de bénéficier d'une nombreuse main-d’œuvre familiale et gratuite, viser un effectif important. En Touraine, les effectifs tournent autour de 70, 75 têtes. Les producteurs fermiers ont un effectif moyen légèrement inférieur (60 à 60 têtes).
Voici quelques chiffres qui permettent de mieux appréhender l'élevage caprin dans le département :
Sur les 164 adhérents du Syndicat :

15 % ont moins de 30 chèvres, (24 élevages)
25 % ont de 30 à 50 chèvres, (41 élevages)
35 % ont de 50 à 100 chèvres, (58 élevages)
25 % ont plus de 100 chèvres. (41 élevages)

Ces chiffres prouvent que l'élevage caprin a cessé d'être un "élevage d'appoint". Il est devenu une spéculation originale souvent unique et hautement spécialisée. Soulignons que 60 % des élevages ont des effectifs supérieurs à 50 chèvres et dépassent souvent les 100 bêtes.


La production laitière :
La moyenne départementale de la production laitière se situe autour de 650 litres. Ce chiffre représente pour un élevage un "score moyen" mais lorsqu'il s'agit d'un "moyenne", ce n'est déjà pas mal !


Monique BENDER-VAILLANT
 

(1) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/upra-unite-nationale-de-selection-et-de-promotion-de-race.html

(2) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/s.y.n.d.e.x.a.l.syndicat-d-expansion-et-d-exportation-des-caprins-de-race-alpine.html

1981


Revue La Chèvre N° 124, Mai-Juin 1981, p. 22-24

Extrait :


L'amélioration génétique caprine une concrétisation en Touraine.
L'Indre-et-Loire compte environ 30 000 caprins répartis dans 2 600 élevages (11 chèvres/élevage), soit en 10 ans une augmentation d'effectif de 21 % et une diminution d'éleveurs de 40 %.
Trois zones caprines se dessinent :


- Le plateau de SAINTE-MAURE-DE-TOURAINE
- Le canton de CHINON
- Le canton de LIGUEIL 


40 % du litrage produit sont transformés à la ferme. Les 60 % restants, soit 140 000 hl de lait de chèvre sont collectés par 10 entreprises laitières mixtes (vache et chèvre).
La moyenne de lactation 1980 des 4 000 chèvres inscrites au contrôle laitier s'élève à 610 kg.
Une bonne coordination existe entre les différents organismes techniques d'où une intensification des activités caprines départementales.

3 500 CHÈVRES SYNCHRONISÉES
900 CHÈVRES INSÉMINÉES ARTIFICIELLEMENT


Les principales activités techniques caprines se regroupent en trois thèmes :


- Activités en liaison avec la transformation : mise au point des moules forme Sainte-Maure pour le label. Label Sainte-Maure Régional et vulgarisation auprès des adhérents par des articles et des réunions techniques.
- Activités en liaison avec la recherche : INRA - La physiologie de la reproduction constitue le 1er thème - Le second se situe au niveau des références sur la coccidiose.
- Activités "Amélioration génétique". Ce secteur très développé caractérise plus particulièrement l'Indre-et-Loire. Nous allons décrire les différentes phases de cette activité.


En 1980, 3 500 chèvres ont été synchronisées et 900 inséminations artificielles ont été pratiquées.
Outre les accouplements raisonnés, l'EDE contribue à la mise en place d'un programme de testage en ferme.

Trois organismes participent à cette action :


- L'INRA.
- Le CEIA (Centre Elevage Insémination Artificielle)
- L'EDE suit les prévisions d'accouplements raisonnés et le schéma de testage en ferme.


Pendant toute la campagne I.A. (Insémination artificielle), un inséminateur caprin est chargé de la mise en place pratique de l'I.A.


LE TESTAGE EN FERME : 130 CHÈVRES SUPPORT.
En mars-avril, chaque éleveur-adhérent à l'UPRA et au contrôle laitier reçoit la visite d'un technicien. A l'aide des inventaires génétiques, il informe chacun sur :


- l'avantage d'applique un schéma génétique : accouplement avec index matière azotée totale ;
- le commentaire de son inventaire et de son bilan génétique ;
- la possibilité de bénéficier de l'amélioration génétique apportée par les mâles ;
- la nécessité de contribuer au testage national pour bénéficier ultérieurement des boucs améliorateurs.


Sur les 80 éleveurs ainsi contactés en 1980, 37 élevages ont participé au testage fournissant 130 chèvres support.

Différents éléments sont étudiés lors de chaque accouplement raisonné :


- la note qualification UPRA de la chèvre ;
- la date de mise-bas par rapport à l'I.A. souhaitée (4 mois étant une période minimum entre la mise-bas précédent et la pose d'éponge) ; 
- index de la chèvre ;
- comptabilité du cornage avec le bouc souhaité ;
- le bouc choisi (ce choix tient compte de la disponibilité des doses de semences et de la prédisposition de l'éleveur au testage).


Au démarrage de la campagne "reproduction", l'éleveur est informé sur les mâles et les femelles à retenir ainsi que la date des interventions de l'inséminateur pour la pose des éponges, les piqûres de PMSG, le retrait des éponges et les 2 I.A. exécutées à 12 heures d'intervalle.


Le schéma classique de chaque séance se programme ainsi 19 jours après la pose des éponges :


Lundi matin piqûre PMSG.
Mercredi matin retrait des éponges.
Jeudi après-midi 1ère I.A.
Vendredi matin 2ème I.A.
Suivant les demandes, une séquence peut être intercalée.


Les techniciens de l'INRA, l'inséminateur et les contrôleurs caprin se répartissent toutes ces tâches.

Monique BABIN (ITOVIC)
Entretien avec Yves BEAUDET, Conseiller Caprin Départemental, Chambre d'Agriculture.
 

1983

Insémination artificielle

Capri'IA

Créée en 1983, Capri-IA est l´union nationale des coopératives agricoles de l´élevage et d´insémination animale pour l´espèce caprine. Capri-IA regroupe vingt-deux coopératives et union de coopérative sur l´ensemble du territoire français, soit plus de mille éleveurs utilisateurs de l´insémination. La qualité du travail réalisé par Capri-IA dans les domaines de la sélection, de l´insémination et la reproduction lui confèrent une reconnaissance nationale et même internationale.

C´est pourquoi cette Union a été choisie par le ministère de l´Agriculture pour recevoir le prix du Président de la République. Ce prix récompense chaque année, un homme ou une structure pour la qualité de son parcours dans le domaine agricole.

C´est Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, qui a ainsi remis le prix à François Perrin, Président de Capri-IA, le 4 mars 2004, lors du Salon international de l´Agriculture.

https://chevre.reussir.fr/actualites/filiere-caprine-capri-ia-recoit-le-prix-du-president-de-la-republique:17319.html

1984

Revue La Chèvre N° 145, Novembre-Décembre 1984

LE SAINTE-MAURE DE TOURAINE

2 600 exploitations de l'Indre-et-Loire se répartissent les 25 000 chèvres présentes dans le département (300 exploitations possèdent plus de 30 caprins totalisant 23 000 têtes, soit une moyenne de 76,6 têtes/exploitation).

La collecte laitière : 54 000 hl en 1983 regroupe la production de 1 200 producteurs caprins.

300 chevriers fabriquent du fromage fermier qu'il commercialisent eux-mêmes au auprès d'affineurs.

50 % de la production laitière caprine d'Indre-et-Loire est transformée en fromages Sainte-Maure.

La dénomination Sainte-Maure de Touraine est protégée par un label régional.
Depuis 1972, une Commanderie des Fromages de Sainte-Maure de Touraine a pour objet de faire connaître et apprécier les fromages de chèvre du même nom.
Chaque année, à Sainte-Maure, dans le cadre d'une foire aux fromages, un concours de fromages de Sainte-Maure regroupe les producteurs.

1990

Cahier des charges de l’Appellation d’Origine « Sainte-Maure-de-Touraine »

Version du 05 10 11


Extrait p. 11-13
Facteurs humains : 
S'il est avéré par des fouilles archéologiques que la présence de caprins dans la région Centre date du néolithique, il faut certainement attendre l'an 732 pour commencer l'histoire du fromage de Sainte-Maure-de-Touraine.  
Depuis 711, les armées maures envahissent l'Europe occidentale depuis le détroit de Gibraltar. Ayant investi Bordeaux, puis mis à sac la cathédrale Saint-Hilaire de Poitiers, l'émir Abd-ElRhamân désire le trésor de Saint-Martin-de-Tours, la plus riche des abbayes. Après quelques avancées jusqu'à Balatedo (aujourd'hui Ballan-Miré, au sud-ouest de Tours), les soldats sarrasins affrontent les guerriers Francs de Charles Martel au sud d'Arciacum (Sainte-Maure de Touraine) lors de la bataille dite de Poitiers. Au cours des affrontements, l'émir Abd-ElRhamân meurt. Ses troupes se disloquent. Mais l'intendance, composée de familles de civils convoyant moutons et chèvres destinés aux "repas de la victoire", tarde à suivre la retraite. Certaines de ces familles repartiront, après quelques temps, dans le sillage des armées battues, d'autres resteront sur place. Si leur intégration ne fut certainement pas sans problèmes, elles transmettront aux populations locales leur savoir-faire en transformation fromagère.  
Dans les vallées humides du plateau de Sainte-Maure pousse l'osier. Habillement tressée, cette fibre végétale est très certainement à l'origine de la forme du moule Sainte-Maure de Touraine. 
Par la suite, les moules en osier seront remplacés par des moules en terre cuite, puis successivement des moules en fer blanc, en fer étamé, en inox et en matière plastique. 
Il est intéressant de remarquer que le volume d'un moule Sainte-Maure-de-Touraine correspond au volume de lait quotidien produit par une chèvre (des écrits relatifs aux statistiques caprines du sous-préfet de Loches datant de 1830 citent un fromage fait de 3 pintes (2,8 litres) de lait de chèvre : il semble que ce fromage soit celui de Sainte-Maure de Touraine puisque il faut 2,5 litres de lait environ pour un fromage). 
Les « capitulaires » de Charlemagne (735-804) montrent que gigots, côtelettes et fromages de chèvre sont consommés. 
Durant le moyen-âge et la Renaissance, les produits de l’élevage caprin figurent en bonne place sur la table royale. François Rabelais (1484-1553) évoque fréquemment dans ses écrits le fromage de bique. 
Durant la révolution française, les paysans tourangeaux mangent du fromage de chèvre. 
Honoré de Balzac fait mention de ce fromage de Sainte-Maure dans La Rabouilleuse et Michel LAURENCIN (1), dans son ouvrage La vie quotidienne au temps de Balzac précise que "le fromage le plus connu est le Sainte-Maure, de forme longue avec une paille à l'intérieur, fabriqué avec le lait de chèvre caillé à la présure, salé, affiné et conservé dans la cendre des javelles de sarments". 
Dans son ouvrage "le folklore de Touraine en 1931", Jacques-Marie ROUGÉ (2) mentionne que "il existe en Touraine méridionale un fromage de chèvre assez connu même à Paris et qui a des aspects traditionnels : le Sainte-Maure, fromage long tenu par une paille et roulé pour être conservé dans les cendre des boubines". 
Du VIIIème siècle au début du XXème, la chèvre occupe une position très marginale dans l'agriculture. Elle est très souvent ignorée des recensements agricoles. 
La chèvre est présente sur les régions difficiles. La quasi-totalité des terres est emblavée. Les prairies permanentes existent peu du fait de leur faible rendement. Quant aux autres fourrages, (choux fourragers, betteraves), le meilleur est destiné aux bovins. L'alimentation des chèvres repose sur un usage très ancien appelé la "vaine pâture". La vaine pâture permet au propriétaire de chèvres de les faire pâturer sur des espaces libres : les chemins, les landes, les bois et les prairies naturelles non closes, les regains succédant aux récoltes de céréales ou de fourrages. Cet usage est très critiqué, notamment dans les zones boisées et dans les zones bocagères d'élevage bovin où elles occasionnent des dégradations sur les haies clôturant les parcelles. Les grands propriétaires fonciers souhaitent interdire cette tradition. Rares sont les défenseurs de la vaine pâture tels que du CLUZEL, Intendant Général de Tours. Une loi de 1791 tente de limiter fortement cette pratique. Mais, en pleine Révolution, la chèvre, vache du pauvre, s'impose. Entre 1790 et 1800, le cheptel caprin tourangeau augmente fortement (+ 30%). Mais les tensions demeurent toujours (dans les archives départementales – « Recueil des Usages Locaux » - publié par la Préfecture d’Indre-et-Loire en 1822, il est fait mention des démêlés qu’ont, avec leurs voisins, les éleveurs de chèvres, lesquels détruisent tout sur leur passage. Le maire d’une commune de la région tente d’interdire par un arrêté de 1832 le passage des troupeaux dans la prairie communale ; le sous-préfet casse cette décision, arguant du respect des usages pratiques de temps immémoriaux). Lorsque les animaux ne pratiquent pas la "vaine pâture", leur alimentation est constituée par "le nourri", végétaux fauchés ou ramassés (herbes, plantes diverses, racines et légumes) et apporté à l'auge, dans l'abri des animaux, le "té". 
Jusqu'en 1910-1920, il n'existe pas d'élevages de chèvre au sens zootechnique moderne. Une part importante de la population rurale part travailler vers les agglomérations. La profession des "BOF", négociants en beurre, œufs et fromages (3), va permettre de mettre en relation commerciale les citadins et leur racine rurale. La demande en fromages, et fromages de chèvre notamment, augmente très sensiblement. Les BOF développent fortement leur réseau sur Tours, Blois, Châteauroux et Paris. 
En mai 1923, lors de la "Grande Semaine " (équivalent de nos foires expositions), la Société Avicole de Touraine expose pour la première fois une sélection de races caprines. Face au succès rencontré, l'image de la chèvre change. A cette même date, le marquis de LUSSAC, à Sainte-Catherine-de-Fierbois, se consacre à améliorer le potentiel de production des chèvres. Il fait venir de Savoie un petit troupeau de chèvres de race Alpine. Si les premiers résultats sont satisfaisants, une épidémie de douve du foie anéantit le cheptel et ralentit les travaux du marquis. 
Malgré tout, si on en croit les statistiques, les effectifs caprins continuèrent de progresser bon an mal an, y compris pendant la Seconde Guerre Mondiale. Une des explications à la progression continue lors de l'Occupation était que l'élevage de chèvres n'était soumis à aucune réquisition contrairement à d'autres productions animales (bovins, chevaux...). Il fallut néanmoins attendre quelques années après la libération pour que l'idée de développement caprin refasse son apparition. 
Après le Seconde Guerre mondiale, la demande de fromages de chèvre tend à croître pour approvisionner les cités plus industrielles : Tours, Blois, Vierzon, Châteauroux, Paris, Lyon... La demande urbaine en produits caprins allant de pair avec un développement des techniques d'élevage (stabulation libre, machine à traire, introduction des races Alpine et Saanen pour améliorer les souches locales) et les moyens prophylactiques et vétérinaires (antiparasitaires, antibiotiques) vont rapidement contribuer à une spécification des producteurs caprins, tant laitiers que fermiers (vendeurs directs ou livrant à un affineur). 
Les éleveurs s'unissent pour réhabiliter la chèvre. Le 14 février 1958, le Syndicat des Éleveurs de Chèvres de Touraine est créé par une centaine de professionnels. Les éleveurs vont également se regrouper pour élaborer et commercialiser les produits caprins. La création de laiteries et la spécialisation des grossistes et affineurs vont permettre une diffusion à la fois plus massive et plus lointaine et un développement de la production caprine en spécialisant leurs collectes et leurs circuits commerciaux (les exploitations de polyculture-élevage ont alors de petits effectifs : de 5 à 15 chèvres, très rarement plus de 20 chèvres). 
L'amélioration des techniques d'élevage, de la sélection génétique et l'embauche de techniciens caprins vont rapidement accroître la production laitière. Entre 1953 et 1960, les quantités annuelles de lait collectées par les 14 coopératives laitières de l'Indre-et-Loire vont passer de 5 200 000 litres à 7 400 000 litres. 
Au cours des siècles, le savoir-faire fromager particulier au plateau de Sainte-Maure de Touraine va progressivement se diffuser vers le Richelais, la Champeigne, puis le Boischaut nord et les plateaux bocagers de la Touraine méridionale.  
Par le biais des flux humains (mariages entre Tourangeaux, Berrichons et Solognots impliquant des transferts d'usages et de savoir-faire fromagers) et commerciaux (l'important axe commercial Nantes-Tours-Lyon passant par la vallée du Cher), une économie caprine se développe sur le Sud de l'Indre-et-Loire et au carrefour des départements de l'Indre-et-Loire, de l'Indre et du Loir-et-Cher. Dans ce secteur, les usages de 3 AOC caprines convergent (Sainte-Maure-de-Touraine, Valençay, Selles-sur-Cher). 
Avec l'augmentation de la taille des troupeaux et la claustration des animaux, la pratique de la vaine pâture disparaît au profit de système d'alimentation distribuée à l'auge (résurgence du nourri à grande échelle). 
La filière se fédère et l’un des tous premiers syndicats caprins français est créé en Indre-et-Loire en 1958. Dès sa première assemblée générale, il est évoqué la promotion de l’image de marque du fromage Sainte-Maure-de-Touraine. 
Cependant, dès 1955, le maire de Sainte-Maure-de-Touraine, afin d’inciter les producteurs fermiers non seulement à développer la fabrication, mais également à parfaire la qualité, organisait un premier concours de fromage de Sainte-Maure-de-Touraine dans les halles de la ville. 
En 1972, la « Commanderie du Fromage de Sainte-Maure » était constituée. 
En 1978, était créé, avec la collaboration du Comité de Promotion « Centre Val de Loire Berry », un label régional « Sainte-Maure-de-Touraine ». 
La demande en reconnaissance d’appellation d’origine contrôlée Sainte-Maure-de-Touraine a été déposée devant le Comité National des Appellations d’Origine Fromagères en 1989, qui a abouti au décret de reconnaissance du 29 juin 1990.

(1) Michel LAURENCIN

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/09/la-vie-en-touraine-au-temps-de-balzac-michel-laurencin.html

(2) Jacques-Marie ROUGÉ

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/jacques-marie-francois-rouge-1873-1956-ecrivain-folkloriste-tourangeau.html

(3) BOF

https://fr.wikipedia.org/wiki/Beurre,_œuf,_fromage

Beurre, œuf, fromage (BOF) est l'ancien sigle du commerce de produits alimentaires, du grossiste des Halles au détaillant crémier vendant donc du beurre, des œufs et du fromage. Son sens est devenu péjoratif en France, durant l'Occupation allemande avec les cartes de rationnement, très recherchées au marché noir. Par extension, BOF désigna une personne s'enrichissant grâce au marché noir pendant cette période. Le roman Au bon beurre de Jean DUTOURD met en scène, sur un ton satirique, les aventures d'un couple de BOF sous l'Occupation. L'expression BOF a peu à peu perdu de son sens, et a été remplacée et confondue avec beauf - mot popularisé par le dessinateur et scénariste CABU.

 

1997

1997 : l'Indre-et-Loire compte 25 000 chèvres, réparties dans 456 foyers, 
- plus de 150 têtes : 29
- de 100 à 149 têtes : 42
- de 50 à 99 têtes : 97
- de 1 à 49 têtes : 288
En 1997, en Indre-et-Loire, 98 élevages sont inscrits au contrôle laitier

En 1955, en France, plus de 300 000 foyers possèdent une ou plusieurs chèvres. L'effectif caprin et de 1 290 000 têtes 
En 1997, en France, 28 000 foyers possèdent une ou plusieurs chèvres. L'effectif caprin est de 785 000 têtes. 
En 1997, 56 %  des chèvres vivent en ateliers de plus de 100 têtes.
Le nombre moyen de chèvres par élevage s'élève à 131 en région Pays de Loire, 111 en région Poitou-Charentes, 91 en région Centre (58 en Indre-et-Loire).


Source : Magazine de la Touraine, printemps 2000, n° 74
 

 

2000

Cheptel en Indre-et-Loire en 2000 : 15 133 chèvres (205 exploitations, 73,8 chèvres/exploitation)

source AGRESTE

Commune Exploitations ayant des chèvres en 2000 Cheptel correspondant (têtes) en 2000 Chèvres par exploitation en 2000
37010 - Auzouer-en-Touraine 3 17 5,7
37012 - Avon-les-Roches 4 878 219,5
37026 - Betz-le-Château 6 466 77,7
37027 - Bléré 3 9 3,0
37028 - Bossay-sur-Claise 6 595 99,2
37032 - Bournan 5 661 132,2
37045 - La Celle-Saint-Avant 5 266 53,2
37046 - Céré-la-Ronde 3 184 61,3
37055 - Channay-sur-Lathan 4 7 1,8
37057 - La Chapelle-Blanche-Saint-Martin 4 236 59,0
37061 - Charnizay 7 1206 172,3
37062 - Château-la-Vallière 3 76 25,3
37065 - Chaveignes 4 119 29,8
37079 - Civray-de-Touraine 4 177 44,3
37081 - Cléré-les-Pins 7 48 6,9
37093 - Crouzilles 3 390 130,0
37094 - Cussay 5 253 50,6
37097 - Dolus-le-Sec 4 184 46,0
37099 - Druye 3 212 70,7
37107 - Ferrière-Larçon 3 383 127,7
37113 - Le Grand-Pressigny 5 411 82,2
37130 - Ligueil 7 404 57,7

2000 (suite cheptel)

Commune

Exploitations ayant des chèvres en 2000 Cheptel correspondant (têtes) en 2000 Chèvres par exploitation en 2000
37143 - Manthelan 5 671 134,2
37147 - Marcilly-sur-Vienne 3 218 72,7
37155 - Monthodon 3 7 2,3
37177 - Orbigny 3 272 90,7
37180 - Parçay-sur-Vienne 3 267 89,0
37181 - Paulmy 4 731 182,8
37183 - Perrusson 3 147 49,0
37184 - Le Petit-Pressigny 4 272 68,0
37187 - Ports 4 144 36,0
37211 - Saint-Branchs 6 186 31,0
37212 - Sainte-Catherine-de-Fierbois 3 222 74,0
37216 - Saint-Épain 11 646 58,7
37218 - Saint-Flovier 5 257 51,4
37221 - Saint-Hippolyte 3 160 53,3
37226 - Sainte-Maure-de-Touraine 8 938 117,3
37234 - Saint-Quentin-sur-Indrois 3 15 5,0
37247 - Sepmes 6 324 54,0
37250 - Sorigny 7 599 85,6
37257 - Thilouze 4 365 91,3
37272 - Villandry 4 281 70,3
37276 - Villedômer 4 17 4,3
37277 - Villeloin-Coulangé 6 541 90,2
37282 - Yzeures-sur-Creuse 5 671 134,2

2008

CAPGÈNES

Capgènes est né en 2008 de la fusion de Capri’IA et Caprigène France. Elle regroupe 13 coopératives ou union de coopératives.
Capgènes est l’unique centre national de production de semence en caprin. Il réunit l’ensemble des partenaires de la filière directement impliqué économiquement par les résultats des actions de sélection et de promotion mises en œuvre pour les races caprines de France
Capgènes est l’instance professionnelle de définition des objectifs de sélection, de conduite des schémas génétiques, notamment le Schéma National d’Amélioration Génétique des races laitières Alpine et Saanen de maîtrise d’ouvrage et de représentation nationale pour l’amélioration génétique des races caprines.
Agréée par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, elle regroupe l’ensemble des races caprines françaises.


http://www.capgenes.com/organisation/presentation/organisme-et-entreprise-de-selection/

2010

Cheptel en Indre-et-Loire en 2010 : 14 738 chèvres (82 exploitations, 179,7 chèvres/exploitation)

source AGRESTE

Commune Exploitations ayant des chèvres en 2010 Cheptel correspondant (têtes) en 2010 Chèvres/exploitation en 2010
37012 - Avon-les-Roches 4 2500 625,0
37026 - Betz-le-Château 6 1031 171,8
37028 - Bossay-sur-Claise 4 687 171,8
37032 - Bournan 3 397 132,3
37057 - La Chapelle-Blanche-Saint-Martin 3 489 163,0
37061 - Charnizay 4 808 202,0
37093 - Crouzilles 3 483 161,0
37097 - Dolus-le-Sec 5 453 90,6
37107 - Ferrière-Larçon 3 467 155,7
37130 - Ligueil 6 602 100,3
37134 - Louans 3 635 211,7
37143 - Manthelan 4 671 167,8
37147 - Marcilly-sur-Vienne 3 320 106,7
37184 - Le Petit-Pressigny 3 535 178,3
37216 - Saint-Épain 7 743 106,1
37226 - Sainte-Maure-de-Touraine 10 1722 172,2
37257 - Thilouze 4 905 226,3
37277 - Villeloin-Coulangé 3 620 206,7
37282 - Yzeures-sur-Creuse 4 670 167,5

 

2013 à 2015

Agreste Centre-Val de Loire, La statistique agricole, Analyses et résultats. N° 2017-AR6  Février 2017

Les principaux chiffres de l'agriculture de l'Indre-et-Loire en 2015

Extrait
"Le troupeau caprin s'est contracté de 5 % et ne compte plus que 41 400 têtes dont près de 28 000 chèvres. La production de lait de chèvre s'est consolidée en gagnant 4 % en un an, pour atteindre 234 milliers d'hectolitres (23 400 000 litres soit une moyenne de 835 litres par chèvre)"

Ensemble espèce caprine 

en 2013 : 43 170
en 2014 : 43 680
en 2015 : 41 440


dont chèvres 

en 2013 : 28 830
en 2014 : 29 560
en 2015 : 27 960


Production totale de lait de chèvre en hl

en 2013 : 219 180 (760 litres/chèvre)
en 2014 : 224 964 (761 litres/chèvre)
en 2015 : 234 443 (838 litres/chèvre) 


dont livraison de lait entier à l'industrie en hl
en 2014 : 143 234
en 2015 : 149 273
dont ventes directes de lait entier et utilisation à la ferme en hl
en 2014 : 350
en 2015 : 360

2013

La paille de l'AOP SAINTE-MAURE-DE-TOURAINE

http://www.socheese.fr/la-question/article/a-quoi-sert-la-paille-du-sainte

A quoi sert la paille du Sainte-Maure de Touraine ?

mardi 16 juillet 2013 , par Arnaud Sperat-Czar

Long fromage de chèvre de forme tronconique, le Sainte-Maure de Touraine arbore une paille qui le traverse de bout en bout. Elle servait initialement de « tuteur » aux fromages un peu fragiles menaçant de se rompre en cours de fabrication.

« La paille fait office de broche, indique Christian LECLERC, animateur du syndicat, et empêche le fromage de plier lors du démoulage. Elle permet aussi de le saisir plus facilement pour le retourner en cours d’affinage. Elle a une fonction de maintien, et nullement d’aération, comme on a pu l’entendre. »

La meilleure maîtrise des paramètres de fabrication la rend désormais tout à fait facultative. Mais le syndicat AOC a décidé de la rendre obligatoire, tellement elle constitue la signature du fromage et le distingue notamment des Sainte-Maure génériques.

Quelque 6 millions de pailles de seigle sont marquées chaque année pour les besoins de la production !

Gravée au laser depuis 1991, la paille du Sainte-Maure AOC mesure 17 cm, comme le fromage. Elle comporte le nom du produit, la mention AOC, le numéro d’agrément sanitaire et le nom du producteur.

 

Fabrication des pailles gravées à l’ESAT de Bridoré près de Loches

https://www.reseau-gesat.com/Gesat/Indre-et-Loire-37/Bridore-14069/

https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/indre-et-loire-7-millions-de-paille-fabriquees-chaque-annee-pour-les-fromages-sainte-maure-de-touraine-1477415595

L'appellation fromagère Sainte-Maure-de-Touraine répond à un cahier des charges bien précis : une bûche de chèvre au lait entier et crû, cendré, avec une couleur gris bleutée, produite dans un périmètre restreint à la Touraine. Et obligatoirement traversée d'une paille de seigle gravée du nom du fromage et de son producteur. Chaque année, les quelque 7 millions de pailles nécessaires sont façonnées au même endroit, à l’Établissement et Services de l'Aide au Travail, ou Esat, de Bridoré, au Sud-Est de l'Indre-et-Loire.

Les pailles sont réalisées avec du seigle lui aussi cultivé sur le périmètre de l'appellation. C'est une variété ancienne de seigle qui produit des tiges plus longues. Le tout est ensuite ramassé par une ramasseuse-lieuse des années 1950 qui ne broie pas les tiges. A l'Esat de Bridoré, une quarantaine de travailleurs handicapés s'occupent de toute la production : il faut dans un premier temps passer les tiges à l'aspirateur pour enlever la poussière et les résidus, puis les couper.

Une fois pré-coupées, ces tiges partent entre les mains d'une deuxième équipe, chargée de donner à la paille sa dimension conventionnelle : 16 cm de long. La tige ne doit être ni trop fine, ni trop épaisse.

Toutes ces étapes, hormis le gravage fait au laser, sont réalisées à la main et nécessitent une vérification : de la taille, de l'écriture, de la couleur, de l'état... Au total, il faut une quarantaine de personnes, à temps plein, pour façonner quelque 7 millions de pailles chaque année.

https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/un-savoir-faire-unique-et-solidaire

On y fait rarement attention. D'autant qu'il faut que la paille sèche un peu (*) pour que l'inscription apparaisse. Mais chacune des pailles qui traversent de part en part chaque bûche de Sainte-Maure-de-Touraine est gravée. On peut y lire le nom de l'appellation, mais aussi celui de l'éleveur et son numéro d'agrément. Un élément de traçabilité.

On sait encore moins comment sont produites ces pailles. Elles viennent toutes de Bridoré et de son Esat (pour « établissement et service d'aide par le travail », nouveau nom des CAT). Dans un atelier divisé en deux salles, une quarantaine de travailleurs handicapés doit répondre à un cahier des charges très précis, sous la supervision de deux encadrants. Il leur faut aussi… fournir car l'AOP Sainte-Maure-de-Touraine est en expansion : sa commercialisation est passée de 1.532 tonnes de bûches de chèvre en 2014 à 1.606 tonnes l'année dernière (*). Plus de 6.400.000 bûches par an ! Seul un difficile renouvellement des générations parmi les producteurs de fromages freine son développement.

Essentiellement destinée à maintenir la bûche, la paille de seigle fait partie intégrante de l'identité du Sainte-Maure. D'où l'importance du travail réalisé à l'Esat qui cultive le seigle sur une dizaine d'hectares autour de Bridoré. Cette année, la récolte, correcte en quantité, n'est pas forcément à la hauteur sur le plan de la qualité. La faute aux intempéries du printemps.

Une moissonneuse des années 50

« On a recours à une variété ancienne de seigle car elle permet d'avoir des tiges les plus longues possibles, indique le directeur adjoint de l'Esat, Pascal Méreau. Et on se sert d'une moissonneuse des années 50, car c'est le seul modèle qui permet de récolter en gerbes. »

Puis, dans l'atelier, c'est la découpe au sécateur, paille par paille, d'un nœud à l'autre. Par la suite, chaque paille est calibrée, côté taille (16 cm) et côté diamètre. « On utilise un outil créé ici pour vérifier le diamètre. Mais, à force d'habitude, les travailleurs peuvent voir rien qu'à l'œil s'il est bon ou non conforme », poursuit Pascal Méreau. Enfin, vient le temps de la pyrogravure au laser de chacune des pailles. Un procédé unique au monde.

(*) Une astuce pour accélérer le processus : cinq secondes au micro-ondes.

2017

Cheptel caprin du Centre-Val-de-Loire 

D'après Recensement Ovins Caprins (extraction en mai 2017) et EAL
N° DépartementNombre de détenteurs de plus de 10 caprins reproducteursNombre de caprins reproducteursEffectif moyen (de reproducteurs) /élevage
1814123355                         166  
285438                           88  
3616533250                         202  
3714033985                         243  
41479704                         206  
45354699                         134  

2017

INSTITUT DE L'ELEVAGE, Résultats du Contrôle laitier - Espèce Caprine - 2017 - p.22
5.2 - Effectifs et résultats des lactations brutes par département


Indre-et-Loire 2017


Nombre d'élevages contrôlés : 64
Nombre de lactations : 10 892
Effectifs moyens par élevage : 170 (10 892/64)
Durée de lactation en jours : 336
Kg de lait/lactation : 1 031
TP (taux protéique en g/kg) : 33,7
TB (taux butyreux en g/kg) : 37,8

2018

60 ans d'histoire de la Revue La Chèvre et de l'élevage caprin en France

https://chevre.reussir.fr/actualites/la-chevre-60-ans-d-histoire:0UQP8YK0.html

REVUE LA CHÈVRE, N° 348, Septembre-octobre 2018, p. 22-35, Un dossier réalisé par Marine Steinnmann, étudiante en master d'histoire à la Sorbonne.

Depuis six décennies, la revue La Chèvre informe les éleveurs de la filière caprine sur l'actualité de leur profession. Retour sur soixante ans d'histoire de chèvre...

En 1958, la revue n'était qu'un modeste bulletin de liaison syndicaliste d'à peine dix pages. Aujourd'hui support national de l'information caprine, La Chèvre est la seule revue d'information spécialisée s'adressant aux professionnels de la filière caprine. En soixante ans, l'évolution de la revue témoigne de la transformation de l'élevage de chèvres en France et des nombreux domaines qui y sont liés. L'alimentation, la santé, la fabrication fromagère, la mécanisation et les techniques connaissent durant ces six décennies un développement sans précédent. Miroir des mutations de ce secteur agricole et de son histoire contemporaine, La Chèvre garde dans ses pages les traces de l'actualité caprine et les différentes étapes franchies par la filière pour organiser l'élevage de chèvres en France. Les nombreux articles et reportages, au fil des années, suivent et partagent les découvertes, les doutes, les expériences, les progrès et les réussites d'un métier à part, dont la chèvre est le squelette et l'éleveur la chair.

Retrouvez dans La Chèvre n°348 de septembre-octobre 2018, le retour sur les 347 derniers numéros :

- Années 50 et 60 : Un travail de reconstruction de la filière caprine

- Années 70 et 80 : Les quinze glorieuses de la filière

- Années 90 : L'inquiétude au tournant du siècle

- Années 2010 : Les défis de la filière face à la société

- Faire La Chèvre : Du journaliste à la boîte aux lettres

- La Chèvre aujourd'hui, sa mission reste la même

 

2018

 

Les 10 ans de l'AOP Sainte-Maure-de-Touraine

Terre de Touraine, 14 juin 2018

http://www.terredetouraine.fr/dabord-une-histoire-deleveur-et-de-savoir-faire

AOP sainte-maure-de-touraine

D’abord une histoire d’éleveur et de savoir-faire

A l’occasion de ses 10 ans, l’appellation sainte-maure-de-touraine a convié la presse nationale à une visite de l’exploitation de Ludovic Roy, producteur fermier. Un savoir-faire d’éleveur et de transformateur mis en valeur.

Le fameux sainte-maure-de-touraine… une AOP qui fête ses 10 ans et affiche une production de 1 700 tonnes à l’année. Le produit s’inscrit dans les tendances actuelles de consommation : une spécialité locale, artisanale, issue de la ferme. L’anniversaire de l’AOP était ainsi l’occasion de mettre la bûche sous les feux des projecteurs, afin d’amplifier son rayonnement et de mieux faire connaitre son processus de fabrication et ses caractéristiques. Rien de tel pour cela que d’inviter les journalistes directement à la ferme.

Parmi les 33 producteurs fermiers de l’appellation – et les 122 éleveurs en AOP au total -, Ludovic Roy (de Sainte-Maure-de-Touraine) produit 5,5 tonnes de fromages par an. Depuis son adolescence, son projet professionnel est clair. En 1998, il s’associe ainsi avec ses parents, installés en élevage caprin depuis 1978, puis reprend l’exploitation à son nom en 2016.

Avec ses 140 chèvres de race alpine, l’éleveur transforme son lait et commercialise ses sainte-maure-de-touraine en vente directe à la ferme, sur les marchés et dans 2 grandes surfaces. Une petite entreprise à laquelle œuvrent avec lui son épouse ainsi que deux salariées.

Des gestes artisanaux inchangés

La technique de fabrication du sainte-maure-de-touraine ne souffre pas d’entorse à la tradition. Le lait cru est emprésuré à une température comprise entre 18 et 20°C ; le caillé obtenu 18 à 48 h après est ensuite réparti dans des moules à la forme tronconique, c’est-à-dire que le diamètre n’est pas le même des deux côtés. Une particularité exigée par le cahier des charges de l’appellation. « Cette forme permet un meilleur égouttage et un démoulage plus facile, explique Ludovic Roy. L’égouttage dure 48 h chez nous, au lieu de 24 h le plus souvent dans les autres exploitations, car notre lait est gras. Il contient 40 g de matière grasse par litre de lait et 36 g de matière protéique. C’est l’équilibre que je recherche pour mes fromages : 1,1 fois plus de matière grasse que de matière protéique ». Une fois égouttés, les fromages sont démoulés et la fameuse paille de seigle, gravée au nom de l’AOP et du producteur, est insérée dans leur cœur fondant. Ils sont ensuite roulés dans un mélange de sel et de charbon végétal. Une étape qui avait jadis pour intérêt de les conserver, la cendre remplaçant alors le charbon végétal actuel. Tout ce travail se déroule dans une atmosphère à 20-22 °C.

Les fromages restent à peu près 3 jours dans la fromagerie, puis sont transférés dans le haloir, maintenus à une température de 10-14 °C et une hygrométrie de 90 %. « On adapte ces données selon la météo, l’humidité extérieure…, détaille le producteur. Ces conditions sont indispensables pour que le fromage ne sèche pas trop vite. Sans quoi il n’aurait pas de goût ». L’affinage peut aller jusqu’à 2 ou 3 mois, voire plus. D’après le cahier des charges, chaque fromage doit justifier d’une matière sèche d’au minimum 100 g. Chez Ludovic Roy, « on est plus aux alentours de 120 à 130 g de matière sèche. Ensuite, à 10-12 jours d’affinage, il faut un poids total de 250 g ». Environ 2,5 l de lait sont nécessaires pour fabriquer un fromage, soit la production journalière d’une chèvre. Mais 2 l suffisent dans le cas de Ludovic Roy, avec son lait à forte teneur en matière grasse.

« La différence de goût entre les fromages de différents producteurs dépend de l’alimentation qui est donnée aux animaux, précise l’éleveur. Ici, nous pratiquons l’affouragement en vert depuis toujours ; ça permet de casser le parasitisme et c’est intéressant financièrement. Les chèvres mangent de la luzerne et du trèfle en vert, pour l’apport protéique, du ray grass italien en foin et un peu d’enrubannage ». Près d’une tonne d’herbe à faucher par jour. Sur l’exploitation, 35 ha sont consacrés aux fourrages et aux céréales destinés à nourrir les animaux, et les moissons de céréales sont faites à façon. Le fumier est utilisé pour la fertilisation des sols. A la question gourmande de savoir à quelle période les sainte-laure-de-touraine sont les meilleurs, Ludovic Roy n’a pas d’hésitation, « c’est lorsque les chèvres viennent de mettre bas, donc au printemps, en mars-avril. Et aussi dans notre cas en octobre, notre deuxième période de mises-bas ». Ce qui n’empêche pas de faire honneur à ce savoir-faire local traditionnel tout au long de l’année…

2018

Génétique et sélection caprine

Terre de Touraine, 11 septembre 2018

http://www.terredetouraine.fr/genomie-en-elevage-caprin

Filière caprine

Génomie en élevage caprin

Le génotypage du génome caprin est en cours. Le but est de pouvoir connaître la valeur génétique d'un individu avec précision uniquement par analyse de son ADN.

La génomie permet de gagner du temps dans la sélection des reproducteurs, par comparaison avec le lestage réalisé sur la descendance des chèvres et des boucs. À terme, un simple échantillon de sang et environ 70 € suffiront pour connaître les qualités génétiques (lait, taux, résistance aux maladies...) de l'animal âgé de quelques jours seulement.

La génomie en élevage caprin est un processus construit en deux étapes. Depuis 2010, il existe le séquençage du génome en race alpine, saanen et créole, ainsi que la mise en production de la puce qui permet d'analyser 50 000 caractères. Une hase de référence a été construite par le génotypage de 825 boucs issus d'IA. Tous les boucs d'insémination nés depuis 2010 ont été génotypés pour consolider la base. A partir de 2018-2019, ce sera le début de la sélection génomique pour les races alpines et saanen. Il y aura un génotypage accessible aux éleveurs qui souhaitent connaître la valeur de leurs boucs issus d'IA avant de les utiliser en saillie naturelle.

La génomique entraînera une réorganisation du schéma de sélection avec une utilisation fiable des animaux dès leur plus jeune âge et permettra d'intégrer de nouveaux critères peu héritables et donc difficiles à améliorer en schéma classique.

2018

Remarque sur la rentabilité de l'élevage caprin en Indre-et-Loire

Source : Nouvelle République, dimanche 16 décembre 2018, p. 13

Le grand témoin. "Les agriculteurs n'ont plus aucune visibilité".

Directrice de la chambre d'agriculture depuis quatre ans, Alix MARTIN s'apprête à quitter ses fonctions. Elle évoque les évolutions de la profession.

Extrait : "En dix ans, le département a perdu entre 200 et 300 élevages. Les prix sont au plus bas. Les crises se succèdent. Actuellement, seule la filière caprine arrive à s'en sortir"

 

2018

Elevage caprin de la Ferme des Croq'épines à Nouans-les-Fontaines

Nouvelle République, Jeudi 27 décembre 2018 p. 18

Nouans-les-Fontaines

« Elle prend soin de ses chèvres retraitées »

« Alexandra Dubois s’est installée, à la Treurie dans la ferme des Croq’épines de Nouans-les-Fontaines, le 1er janvier 2011. Sur 20 hectares, elle a commencé sa production fromagère avec un premier lot de de 12 chèvres de race Saanen, Boer et Alpine, suivi d’un second de 25 chevrettes et deux boucs : Espiègle de race alpine et Gangster, poitevin. Etc…"

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/nouans-les-fontaines/elle-prend-soin-de-ses-chevres-retraitees

Ferme des Croq'épines

La Treurie

37460 Nouans-les-Fontaines

http://www.lafermedescroqepines.com/

www.helloasso.com/associations/le-refuge-des-croq-epines

Races de chèvre utilisées pour produire

le fromage de Sainte-Maure, AOP

 

Race ALPINE

(Alpine & Saanen)

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/la-chevre-des-alpes.html

 

Race POITEVINE

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/03/la-chevre-de-race-poitevine.html

Création du Livre Généalogique Poitevin, afin d'organiser la sélection de la Chèvre Poitevine dont les effectifs restent localisés dans sa région d'origine. Le siège social du LGP est basé à Melle (Deux-Sèvres). Le standard de la race poitevine avait été décrit en 1947, Gilbert TOUSSAINT en est l'animateur.

PERSONNAGES

1920-1939

Docteur PETIT DE LANGLE

Joseph CRÉPIN, père (Paris)

Pierre CRÉPIN, fils (Paris)

Marquis Maximilien DE LUSSAC (château de Comacre à Sainte-Catherine-de-Fierbois)

Georges LECOINTRE (château de Grillemont à la Chapelle-Blanche-Saint-Matin)

Madame DELAMARRE DE MONCHAUX (épouse LECOINTRE), Henriette, Valentine Huberte (château de Grillemont à la Chapelle-Blanche-Saint-Matin)

 

Syndicat des éleveurs de chèvres de Touraine

Fondé le 14 février 1958

Madame Colette DE SAINT-SEINE, présidente (fille de Georges LECOINTRE), au château de Grillemont, commune de la Chapelle-Blanche-Saint-Martin

M. DESACHÉ, président d’honneur, Maire de Sainte-Maure

Madame SOURIAU, éleveuse de chèvres aux Hermites

Madame POIRIER, éleveuse de chèvres à Joué-lès-Tours

Madame HUET, éleveuse de chèvres à Savigné-sur-Lathan

Monsieur FERRAND, éleveur de chèvres à Anché

Monsieur DE GRAEVE, éleveur de chèvres à Chinon

Monsieur FOUCHER, éleveur de chèvres à Neuillé-le-Lierre

Monsieur COLLET, éleveur de chèvres à Cangey

Monsieur HÉRIBERT, éleveur de chèvres à Pussigny

Madame GUILLOU, éleveuse de chèvres à Braye-sous-Faye

CAHIER DES CHARGES de L'APPELLATION "Sainte-Maure-de-Touraine", version 5 octobre 2011

Sites internet

FRESYCA (Fédération Régionale des Syndicats Caprins Charentes-Poitou-Vendée)

NDLR : Site très riche et intéressant

http://www.fresyca.org/spip.php?article1

 

TERRE DES CHÈVRES Le portail de la filière caprine de Nouvelle-Aquitaine & Vendée

http://www.terredeschevres.fr/

 

FNEC (Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres)

http://www.fnec.fr/

 

Bibliographie 

La Chèvre, Bulletin des éleveurs de chèvres. Revue périodique bimestrielle fondée en 1958 par Adolphe FATOUX (ingénieur des Services Agricoles d'Indre-et-Loire).

Série complète disponible à la Bibliothèque municipale de Tours, fonds patrimoniaux, cote Per. 506 :  n° 13 (juillet-août 1960) au n° 151 (novembre-décembre 1985)

La Touraine, fief de la chèvre, Le magazine de la Touraine n° 29, janvier 1989, Dossier, p. 29-43

Larousse agricole 1921, Tome premier, Chèvre (zootech.), p. 319-322.

Larousse agricole 1921, Tome premier, Chèvrerie. p. 323-324.

BRICE M., La chèvre poitevine, sa connaissance, sa conservation. Mémoire de maîtrise de l'Université Claude Bernard, Lyon I. 1997, 75 p.

CONSTANT Georges, L'agriculture du département d'Indre-et-Loire, Tours, office régional agricole du Centre et de l'Indre-et-Loire, 1933, 288 p.

CONSTANT Georges, MESTAT Pierre, FATOUX Adolphe, MÉRILLON Raymond, Manuel complet de l’agriculture moderne. 2ème édition, Terre de Touraine, Direction des services agricoles d’Indre-et-Loire, 1955, 508 p. , Pages 290-292

CRÉPIN Joseph., La Chèvre et ses produits, Deyrolles, Paris 1903

CRÉPIN Joseph., La Chèvre. Paris, Ed. Hachette, 1906

CRÉPIN Joseph. et Pierre., La Chèvre, encyclopédie des connaissances caprines, Siboney, Paris, 1948, 128 p.

DENIS B., Classement et parenté des races caprines françaises vues par les anciens auteurs, Ethnozootechnie, n° 41, p. 15-23.

DELFOSSE Claire, "Chèvre des champs ou chèvre des villes ? Sélection et élevage caprins dans l'entre-deux-guerres", Ruralia (En ligne), 20, 2007, mis en ligne le 01 juillet 2001, consulté le 30 septembre 2016. URL : http://ruralia.revues.org/1592, 19 pages.

DELFOSSE Claire, La France Fromagère (1850-1990), La boutique de l’histoire. Mondes ruraux contemporains (Collection pluridisciplinaire du Laboratoire d’études rurales, Université Lyon-INRA, http://www.bhedition.com 2007, 267 p.

DELFOSSE Claire et LE JAOUEN Jean-Claude, De la zoologie à la zootechnie l'évolution de la sélection caprine au XXème siècle, Ethnozootechnie n° 63 (Prémices et débuts de la sélection animale en France), p. 101-112.

DOMEC Jean, La chèvre, mamelle de la Touraine, "Libérons-la" La chèvre, Le magazine de la Touraine, n° 74, printemps 2000, p. 67-71. Texte de Jean DOMEC (éleveur de chèvres à Saint-Avertin).

Fédération Régionale des Syndicats Caprins de Poitou-Charentes Vendée, Terre des Chèvres entre tradition et modernité. Geste éditions, 2002, 185 p.

LE JAOUEN Jean-Claude, L'élevage caprin en France, Paris, ITOVIC, 1976, 50 p.

LE JAOUEN Jean-Claude, Chèvres de pays. Sauver les races menacées d'extinction, La Chèvre, 1993, p. 24-25. 

LE JAOUEN Jean-Claude, Sauvegarder la chèvre du Massif-Central, La Chèvre, 1998, p. 25-26.

LE JAOUEN Jean-Claude, La Revue "La Chèvre" : son rôle dans la diffusion de l'information caprine depuis 50 ans, Ethnozootechnie n° 85, 2008, p. 89-93

LICARI Sophie, Collette de Saint-Seine, La Dame aux Lévriers. Cynophilie Française, 3e trimestre, 2006, p. 4-7

MAYAUD J. L., Cent cinquante ans d'excellence agricole, Histoire du concours général agricole, Belfond, Paris, 1991, 196 p.

NATTAN Jenny. La chèvre et ses produits, La Maison Rustique, Paris, 1936, 293 p.

RICORDEAU G., La recherche agronomique et la production caprine, La Chèvre, 1970, n° 61-62.

SOULAKIAN D., De la question des chèvres en France au XVIIIème siècle, Ethnozootechnie n° 41, 1988, p. 33-46.

SPINDLER F., L'évolution du cheptel caprin en France, Ethnozootechnie n° 41, 1988, p. 113-119.

TOUSSAINT G., Historique de la race poitevine, La technique laitière, p. 25-31.

L'élevage des chèvres par l'Institut de l'élevage. Ed. France Agricole. 2012. 330 p.

 

Publié dans Productions

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Sogood 14/08/2020 11:06

Bonjour,
Je souhaite connaître les races anciennes et originelles de chèvres de Touraine
Les connaissez vous et pouvez vous me les communiquer sur csogood@outlook.fr ?
Merci d'avance