CHAPU Silvain (1824-1892)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

Silvain CHAPU

Né le 18 avril 1824 à Orbigny, fermer de La Cartinière (canton de Montrésor, Indre-et-Loire)

Décédé à Orbigny, ferme de la Cartinière le 4 avril 1892

Il reste célibataire.

Cultivateur-laboureur. Il exploite la ferme familiale avec ses trois frères depuis le décès de son père (Jacques Silvain.

La ferme de la Cartinière (140 ha), très bien gérée, est remarquée dans les comices agricoles et par la Société d'agriculture d'Indre-et-Loire (voir ci-après)

Les frères CHAPU sont ingénieux : ils perfectionnent leur matériel agricole (voir ci-après)

 

1861

ADIL Recensement, Orbigny, La Cartinière, 1861, p. 12-13

BESSON Veuve CHAPU (Victoire, Rose, Sophie), propriétaire, chef de famille, 58 ans
CHAPU Silvain, cultivateur, fils aîné, célibataire, 37 ans
CHAPU Désirée, fille, célibataire, 31 ans
CHAPU Justin, fils,célibataire, 29 ans
CHAPU Marie, fille, célibataire, 27 ans
CHAPU Louis, fils,  célibataire, 16 ans
DESRIAU Silvine, domestique, fille-célibataire, 30 ans
GAUVIN Silvain, domestique, garçon-célibataire, 28 ans
PETIBON Louis, domestique, garçon-célibataire, 19 ans
COUDRAY Prudent, domestique, garçon-célibataire, 40 ans

1866

Commission de visite aux exploitation menée par M. FENNEBRESQUE, 

vice-président de la Société d’Agriculture d’Indre-et-Loire, Ingénieur agricole de Grignon. 

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/fennebresque-pierre-gervais-1808-1879.html

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1866. p.348-354. Visite aux exploitations. Rapport au nom de la commission présenté par M. FENNEBRESQUE.

Au nombre des exploitations sur le mérite desquelles la Commission a été appelée à se prononcer, il en est une qui a été précédemment honorée d'une des récompenses que le département réserve aux agriculteurs les plus dignes par l'ensemble de leurs travaux, par le nombre des animaux qu'ils entretiennent et les progrès qu'ils ont entrepris et réalisés. Le domaine de la Cartinière, commune d'Orbigny, près Montrésor, s'étend sur 140 hectares que MM. CHAPU frères cultivent par quart. Les céréales comprennent 40 ha de blé et 43 d'avoine qui révèlent par leur aspect, l'action de l'engrais minéral, la chaux, qui y est employée depuis plusieurs années. Contrairement aux récoltes de même nature, les blés et les avoines de la Cartinière sont exempts de mauvaises herbes et on reconnait facilement que ce domaine est entre les mains de cultivateurs éminemment actifs et laborieux qui ont résolu de ne reculer devant aucun sacrifice de temps et d'argent pour l'améliorer. La culture du trèfle et de divers fourrages temporaires concourt à l'entretien d'un troupeau de 160 bêtes à laine, de 20 vaches, 6 bœufs et 4 chevaux dans un état satisfaisant. Il y aurait cependant utilité à faire la part des plantes fourragères plus large, afin que le nombre d'animaux pût être porté à un chiffre supérieur en rapport avec la surface de cette exploitation. En effet, le succès de l'entreprise de MM. CHAPU frères ne peut pas dépendre uniquement de l'usage de la chaux ; ce serait gravement compromettre l'avenir que de ne pas travailler en vue de recueillir et d'employer les engrais animaux, ce fumier-type que rien ne peut remplacer d'une manière absolue. Le chaulage à haute dose, même sur un sol qui peut s'en accommoder aussi bien que celui de la Cartinière, ne conduit aux récoltes maxima que quand il est suivi et soutenu par d'abondantes fumures capables de restituer de nouveaux et indispensables éléments de fertilité, et de transmettre aux récoltes subséquentes les bienfaits d'une telle opération. C'est dans de telles circonstances que la formule de restitution, cette loi si naturelle et si judicieuse, doit recevoir une application, parce que retirer sans rendre c'est agir à la manière des dissipateurs irréfléchis et qui se soucient peu du lendemain. La Commission ne peut qu'engager MM. CHAPU à entrer plus franchement dans la voie des fourrages et des fumures, pour établir entre la culture des céréales un équilibre qui les préserve des inconvénients d'un chaulage excessif et leur permettre d'élever la puissance de production de leur par la présence d'un plus grand assortiment de bétail. Elle croit pouvoir leur présager que leurs efforts persévérants seront couronnés d'un succès qui, loin d'être éphémère et trompeur, aura assez de durée, dès qu'il reposera sur une action simultanée des grosses fumures, pour leur procurer une équitable rémunération at augmenter la valeur de leur capital foncier.

1872

ADIL Recensement, Orbigny, La Cartinière, 1872, p. 19

 

CHAPU Silvain, propriétaire, célibataire, 48 ans

CHAPU Désirée, sa sœur célibataire, 42 ans

CHAPU Justin, son frère, célibataire, 40 ans

CHAPU Lucien, son frère, célibataire, 27 ans

CHAPU Ernestine, sans profession, 7 ans

CHAPU Louis, sans profession, 5 ans

SISSON Silvain, domestique, célibataire, 37 ans

VAUVY Louis, domestique, célibataire, 29 ans

CHRÉTIEN Louis, domestique, célibataire, 24 ans

COUVREUR Auguste, domestique, célibataire, 14 ans

RENAULT Marie, domestique, célibataire, 29 ans

POMMIER Marie, domestique, célibataire, 19 ans

1878
 
Exposition universelle de Paris
Instruments agricoles créés par M. CHAPU
 
Les Grandes usines, études industrielles en France et à l'Etranger par Turgan, Tome 12, Paris Calman Lévy, Libraire-Editeur, rue Auber, 3, et Boulevard des Italiens, 15 à la Librairie nouvelle. 1879.

Extrait
pages 6-7

"M. CHAPU, d'Orbigny (Indre-et-Loire), n'est pas un constructeur de profession ; c'est un laboureur épris de son art, qui a voulu perfectionner lui-même l'instrument de sa profession. Je n'ai pas vu ses instruments en marche, et je ne puis parler que d'après ses affirmations. Il dit avoir obtenu les meilleurs résultats, pour recouvrir les semences, d'un instrument armé de six petits socs avec mancheron unique, et qu'il conduit comme une charrue. Un autre instrument de M. CHAPU est destiné à la plantation de la vigne ; c'est un engin à double versoir que l'on fait travailler au fond de la raie tracée d'abord par une charrue ordinaire : l'action de cet instrument a pour but de faire ce que l'on appelle en Touraine l'aujoux, et de rendre plus rapide le travail du planteur. M. CHAPU m'a paru surtout préoccupé d'une idée dominante : faciliter la sortie du soc hors de la terre au moment où le laboureur se prépare à tourner : quel que soit donc l'instrument qu'il fabrique, M. CHAPU établit au-dessous de l'age un ressort en hélice qu'il loge en partie dans une boîte cylindrique. Tant que le soc est enfoncé dans la terre et que les chevaux tirent sur l'instrument, ce ressort comprimé par la traction s'enfonce dans le cylindre ; si, au contraire, le laboureur attire à lui le mancheron, l'action du ressort sert à dégager l'ensemble et à faciliter la manœuvre. Les ressorts de M. CHAPU me paraissent bien faibles eu égard au poids de l'armature sur laquelle ils doivent agir ; mais s'ils n'ont pas l'effet que s'est proposé l'inventeur, ils doivent au moins, au point de vue de l'attelage, diminuer la pression du coup de collier et pendant toute la marche répartir plus également l'effort de traction et par conséquent le rendre moins pénible."

Justin CHAPU

Raconte-moi Orbigny. De la Révolution à la Belle Epoque. Les grands moments d'un village tourangeau au XIXe siècle. p. 302-307

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