FERME-ÉCOLE DE LA CHARMOISE (Pontlevoy, Loir-et-Cher), 1847-1865

Publié le par histoire-agriculture-touraine

FERME-ÉCOLE DE LA CHARMOISE (Pontlevoy, Loir-et-Cher), 1847-1865

Journal d'agriculture pratique. 3ème série, T2, (janvier à juin), 1851.
p. 158
15. Loir-et-Cher.
(Arrondissement de Blois, canton de Montrichard, commune de Pontlevoy.)
Ferme-école de la Charmoise.
Cette ferme-école a été créée le 8 octobre 1847, et mise sous la direction de M. Malingié, propriétaire du domaine de la Charmoise.
La ferme-école est située dans une belle plaine près de Pontlevoy, à 40 km de Tours et à 24 de Blois.
Sa contenance est de 395 ha, dont 180 ha de terres en culture, 20 ha en prés irrigués, 5 ha en vignes, 190 ha en plantations de bois.
La durée d'apprentissage est fixée à quatre ans.
La ferme-école reçoit, chaque année, 8 apprentis nouveaux.
 

LECLERT Hélène, Edouard Malingié (1799-1852) Agriculteur et éleveur au domaine de la Charmoise à Pontlevoy. 
Bulletin trimestriel. Société d'art, d'histoire et d'archéologie de la Sologne. N° 109 - 3e trimestre 1992. 48 p. BSAT.
p. 35-38
LA FERME-ECOLE DE LA CHARMOISE.
Vers 1840 Edouard Malingié accueille des enfants trouvés et orphelins, cette colonie est dirigée par des « Frères de la doctrine chrétienne. » * "Ces pauvres enfants, qui se perdaient dans les villes et qui finissaient trop souvent par y fournir des recrues aux émeutes et au bagne, prennent dans nos champs, les sentiments religieux et les connaissances agricoles propres à en faire de bons citoyens et de bons ouvriers ruraux. Leur sang, trop souvent vicié par l'immoralité et la débauche qui ont présidé à leur naissance, semble lui-même se transformer au contact d'un air pur et sous les feux d'un soleil vivifiant." (58)
"Par décision du 27 juillet dernier, M. le Ministre de l'agriculture a créé sur le domaine de la Charmoise une ferme-école sous la direction de M. Malingié... Le Conseil général, considérant l'avantage qui peut résulter pour le département de cet établissement : accorde à M. Malingié, directeur, et pour la ferme-école une subvention de 1 500 fr. à titre d'encouragement." (59)
Edouard Malingié l'appelle souvent école d'agriculture de la Charmoise. Le président du conseil général de Loir-et-Cher se félicite de cette ouverture lors de la séance du 24 août 1847 : "Une ferme-école destinée à former de bons agriculteurs pratiques, vient d'être fondée par M. le Ministre de l'agriculture et du commerce, à l'établissement de la Charmoise, ce foyer d'où rayonnent tant d'utiles enseignements et d'honorables exemples. Après avoir rendu grâce aux intentions, si favorables pour nous, de M. le Ministre, je serai, j'en suis convaincu, l'interprète des sentiments de tous, en disant que nulle création ne pouvait mieux satisfaire aux désirs et aux besoins du pays, et que le gouvernement ne pouvait placer à la tête de cet établissement un chef plus digne de l'estime et de l'affection publique, du respect et de la confiance de ses élèves." (60)
Le but de cette école est : "former de bons agents secondaires agricoles, fermiers, régisseurs, gardes, maîtres laboureurs, bergers, jardiniers etc. etc..." (61)
Le financement de cette école est très dur à supporter. Lors de la séance du conseil général du 25 novembre 1848, Edouard Malingié "expose que l'arrêté constitutif des fermes-écoles laisse à la charge des départements les frais d'appropriation et de premier établissement ; il justifie que ces frais se sont élevés à la Charmoise à près de 13 000 fr et il les a tous supportés. Il prie le conseil général d'avoir égard à ces sacrifices et de porter cette année à 2 000 fr... la subvention de 1 500 fr qui lui avait été accordée l'année dernière." (62) Selon F. Lourdel cette subvention sera maintenue à 1 500 fr qui "porte le nombre des élèves boursiers à 32, fixe à 4 année le temps de séjour à l'école, et à 8 le nombre des élèves qui y sont admis tous les ans, jusqu'à ce que l'effectif de 32 soit atteint.
M. Malingié, frappé par le nombre trop réduit de ses élèves pour la première année, sollicite l'admission dans sa ferme d'une seconde série de 8, mais il ne l'obtient qu'à la condition que ces 8 élèves seraient entièrement à sa charge pendant l'année 1848, leurs bourses ne pouvant être payées qu'à partir de l'année 1849.
M. Malingié consentit à ce sacrifice et le nombre de ses élèves fut immédiatement porté à 16, il manifeste l'intention de recevoir de la même manière, et par participation, la 3e série de 8 élèves en 1849". (62)
Comment peut-on entrer dans cette école ?
"Un jury d'admission se réunit tous les ans à la Préfecture de Loir-et-Cher, au mois de décembre, pour y examiner les jeunes gens qui désirent être admis comme boursiers du gouvernement. On admet également dans l'établissement des jeunes gens ayant fait préalablement de fortes études, qui désirent compléter leur éducation agricole ; il existe pour eux des cours particuliers". (63)
Selon F. Lourdel, la scolarité est gratuite, mais les élèves doivent apporter deux trousseaux et leurs outils. Edouard Malingié accepte 2 ou 3 élèves libres qui paient 1 500 fr/an et logent près des appartements du directeur. C'est Edouard Malingié qui paie les frais d'installation de cette école à la Charmoise et construit un grand bâtiment, sans étage, à gauche de l'habitation actuelle pour y installer la salle d'études et le dortoir. Le réfectoire se trouve à droite de la tourelle.

F. Lourdel nous renseigne également sur l'organisation des études. La première année est consacrée à l'apprentissage des différents travaux des champs, la seconde à celui des métiers de charretier et de laboureur, lors de la troisième année les élèves s'occupent de la bergerie et apprennent le métier de berger, en quatrième année ils s'occupent de l'élevage bovin.
Le personnel de l'établissement se compose de : "Un chapelain, un docteur-médecin, un surveillant complétant l'instruction primaire des élèves ; un chef de pratique chargé des travaux agricoles ; un comptable enseignant la comptabilité, l'arpentage, le cubage, les nivellements ; un médecin-vétérinaire, un jardinier-pépiniériste ; un maître-vacher ; un maître-laboureur ; un maître-vigneron." (63)
Édouard Malingié enseigne l'agriculture générale, Goubaux, vétérinaire au haras de Blois enseigne la zootechnie, il est quelquefois suppléé par le vétérinaire de Montrichard.
A la fin des études, l'élève reçoit un certificat d'apprentissage avec une prime de 100 fr. Au premier on attribue une prime d'honneur de 400 fr. (64) La ferme-école est tenue de façon irréprochable. "Les élèves aimaient leur directeur, le respectaient tant pour sa volonté que pour sa dignité et la fermeté de son caractère." (64) Dans son dernier discours, prononcé à la Société d'agriculture de Loir-et-Cher, le 30 août 1852, Edouard Malingié précise le rôle joué par sa ferme-école : "Si les écoles régionales forment de savants professeurs et d'utiles ingénieurs agricoles ; si elles procurent à une jeunesse instruite et capable des lumières de la science qui porteront de vives clartés sur la route agricole qu'elle aura à parcourir, nos fermes-écoles, qu'on peut considérer comme des écoles primaires de l'agriculture, jouent un rôle plus modeste, mais n'en rendent point pour cela de moindres services. À elle la tâche pénible, mais méritoire, de former cette foule d'agents secondaires agricoles, véritable armée de sous-officiers intelligents, rompus à la pratique et indispensables à la réalisation des études de la science et des combinaisons de la théorie. A ces jeunes gens, sachez-le bien messieurs, est dévolue l'utile mission d'entraîner les masses rurales dans la voie du progrès. Sortis du milieu des cultivateurs ordinaires, destinés à vivre parmi eux, parlant leur langage, vivant de leurs mœurs, ils exercent sur eux la plus salutaire influence." (64)
Certains anciens se sont distingués, comme nous l'apprend F. Lourdel. L'un d'eux, RIVERAIN, devient président du syndicat des agriculteurs de Loir-et-Cher. Alfred LEROY, décédé en 1898, est l'auteur d'un livre : "Mouton Charmoise", il sera président d'honneur du syndicat des éleveurs de la race Charmoise. MERIEN, gendre de M. Malingié, éleveur à Pont-de-Claix dans l'Isère, est le premier vice-président du syndicat, il meurt en 1903. (65) Un certain MENANT devient régisseur du "gros domaine de Châteaumeillant" dans le cher (66). BRUNOT, quant à lui devient propriétaire à Seignelay dans l'Yonne. Il tient son exploitation d'une façon remarquable et on reconnait tous les préceptes si chers à Édouard Malingié : "La propriété que constitue en ce moment M. Brunot, à Hauterive ; elle s'impose à notre attention, elle sollicite l'examen et l'étude ; il faut en parler. Chez M. Brunot, tout marche d'un pas égal dans la voie du progrès sérieux et réel. En même temps que les bâtiments anciens, insuffisants et délabrés sont remplacés par de vastes constructions bien aérées, et parfaitement aménagées, pour recevoir, les unes de belles brebis mérinos, les autres de magnifiques vaches normandes ; qu'une porcherie s'élève, et que d'autres travaux importants s'exécutent ou se préparent, la terre est parfaitement remuée par de fortes charrues et de puissantes fouilleuses, finement ameublie par des herses et des rouleaux perfectionnés, abondamment pourvue d'engrais d'étable et de commerce, les blé y sont semés à plat et en ligne au moyen de bons semoirs, et se chargent de lourds épis, les luzernes y sont vigoureuses, la maïs plantureux ; et la jachère en est absente. Quinze à vingt hectares de betteraves à sucre, d'une végétation splendide, vont servir à faire de la viande, de la laine et du lait, et plus tard sans doute aussi de l'alcool et du sucre, la ferme appelle l'industrie." (67)
Auguste FERTE qui possède une ferme aux environs de Soisson nous intrigue. Les recherches entreprises aux archives départementales de l'Aisne, les archives municipales de Soissons, M. Marc FERTE de RESSONS LE LONG, et Mme Jeanne FERTE de SOISSONS n'ont pas abouti. F. Lourdel nous mentionne qu'Auguste FERTE, mort en 1903, est vice-président du syndicat des éleveurs de la race de Charmoise. Or, nous nous savons d'après sa biographie qu'il est né à Mosloy le 4 octobre 1857 (ou 1837), l'école de la Charmoise a fermé en 1865. Cet éleveur devait être vraisemblablement le fils d'un ancien élève de la ferme-école. Il exploite la ferme de la Loge à Chouy dans le canton de Neuilly-Saint-Front : "l'éleveur des plus distingués fait tous ses efforts pour arrêter la diminution des moutons en France, recommande à ses confrères de remplacer leurs mérinos purs par des races ovines plus précoces, possède lui-même un troupeau d'environ 1 000 têtes de la race de la Charmoise qui a déjà obtenu plus de 60 prix dans les concours et expositions." (68)


* https://fr.wikisource.org/wiki/Tableau_de_l%E2%80%99instruction_primaire_en_France/4
Paul Lorain, Tableau de l’instruction primaire en France, Hachette, 1837 (p. 77-95).
« Il est juste d’assigner aux Frères de la Doctrine chrétienne une place à part : la supériorité de leurs écoles, reconnue par le suffrage presque unanime des inspecteurs, leur moralité, la discipline secrète qui les régit, leurs statuts particuliers, tout enfin, jusqu’à la singularité de leur costume, les distingue des instituteurs ordinaires. »


58 - Malingié-Nouel : Considérations sur les bêtes à laine.. op. cit.
50 - Compte-rendu de la session du conseil général de Loir-et-Cher du 4 septembre 1847
F. Lourdel, op. cit.
60 - Compte-rendu de la séance du conseil général de Loir-et-Cher du 24 août 1847 (Direction départementale de l'agriculture à Blois)
61 - Annuaire du Loir-et-Cher, 1852 (Bibliothèque municipale de Romorantin)
62 - Séance du Conseil général de Loir-et-Cher di 25 novembre 1848 (Direction départementale de l'agriculture de Blois)
63 - Annuaire du Loir-et-Cher, 1852 (Bibliothèque municipale de Romorantin)
64 - F. Lourdel : op. cit
65 - Les archives départementale de l'Isère n'ont pu nous fournir des renseignements complémentaires.
66 - Les Archives départementales du Cher n'ont pu localise ce domaine
67 - Rapport de la commission de l'enseignement agricole au concours de Seignelay, par M. de Bogard, (1879), (Archives départementales de l'Yonne).
68 - Dictionnaire biographique du département de l'Aisne. Paris, Henri Jouve, 1895 (Archives départementales de l'Aisne)

 

BAKER Alan R. H., Farm Schools in Nineteenth-Century France and the Case of la Charmoise, 1847-1865. The Agricultural History Review, Vol. 44, N° 1 (1996), p. 47-62

Extrait traduit de l’anglais.
p. 51-54
Cet article va maintenant rendre compte de la fondation, du fonctionnement et de la fin de l'école de La Charmoise puis un bilan de son rôle. Les comptes rendus antérieurs se sont appuyés sur des rapports publiés sur les activités de l'école (comme ceux du Conseil général du Loir-et-Cher) mais ce papier est en outre et substantiellement basé sur des documents non publiés (comprenant notamment des correspondances entre les directeurs de l'école et le préfet de Loir-et-Cher à Blois et entre le Préfet et le Ministère de l'Agriculture à Paris, et rapports annuels de l'école soumis au Préfet par un Jury ou un Conseil d'Administration indépendant). Une circulaire ministérielle du 23 juillet 1847 déclara la conviction du gouvernement que l'éducation agricole était l'un des plus grands besoins du pays et son intention en conséquence de les promouvoir, avec un plan immédiat pour établir pendant 1848 dans toute la France dix ou douze écoles agricoles dans lesquelles, informe théoriquement des pratiques agricoles bien adaptées aux circonstances locales. Le ministre a invité le préfet de chaque département à soumettre des propositions pour de telles écoles, expliquant que pour qu'une école soit même considérée pour approbation, elle devrait faire partie d'une ferme en activité avec un capital suffisant pour son exploitation et des bâtiments appropriés à la fois pour la ferme elle-même, et pour les élèves de l'école. Le gouvernement n'offrait de couvrir aucun coût en capital, mais simplement les coûts récurrents des salaires du personnel de l'école. Malingié répond rapidement à l'invitation du gouvernement : le 16 août, il écrit au président de la Société d'agriculture de Loir-et-Cher qu'il a proposé au préfet et au député de l'arrondissement de Blois la création d'une école agricole à la Charmoise. Sa lettre énonce clairement les objectifs de l'école proposée : « Les jeunes bien élevés qui savent lire, écrire et calculer seront admis gratuitement : l'hébergement, la nourriture, le chauffage et les vêtements seront fournis gratuitement. Les élèves seront formés à la fois théoriquement et manuellement sur toutes les pratiques de l'agriculture améliorée, y compris celles relatives à l'élevage et à l'engraissement du bétail, à la laiterie, à la viticulture et à la sylviculture. Leur séjour à l'école durera trois ou quatre ans, au terme desquels ces élèves dont la conduite et le travail ont été satisfaisants recevront une certaine somme d'argent fournie par l'Etat. La proposition de Malingié a été chaleureusement accueillie par le préfet (qui avait reçu depuis quelques années des rapports favorables de l'inspecteur de l'agriculture du gouvernement, M. Royer, sur les initiatives agricoles de Malingié à La Charmoise), par M. Naudin, vice-président de la Société d'Agriculture de Loir-et-Cher (qui a déclaré que rien ne pouvait mieux répondre aux besoins de la localité qu’une telle école) et par M. de Souvigny, vice-secrétaire de la Société (qui a salué la fondation de l'école comme l'événement le plus propice et le plus important de l'année agricole 1846-1847. L'école agricole de La Charmoise a été approuvée par l'arrêté ministériel du 9 novembre 1847 et créée officiellement à partir du 1er janvier 1848. L'arrêté a défini un cadre opérationnel clair pour l'école. Huit élèves, âgés d'au moins seize ans, devaient être admis chaque année au programme d'études de quatre ans qui impliquerait qu'ils travaillent à la ferme comme s'ils étaient rémunérés. L'école devait avoir quatre membres du personnel: un directeur avec la responsabilité globale de l'enseignement, à la fois pratique et théorique; un chef de pratique pour assister le directeur dans la démonstration du travail manuel à la ferme et pour s'occuper des bâtiments; un surveillant-comptable pour enseigner les bases de la comptabilité, pour combler les lacunes que les élèves pourraient avoir dans leur enseignement primaire en termes de poids et de mesures et pour surveiller le comportement de l'élève dans le dortoir et le réfectoire de l'école; et un vétérinaire praticien à la fois pour s'occuper du bétail et pour enseigner les soins de base aux animaux aux élèves. Le chef de pratique et le surveillant comptable devaient résider à l'école et travailler sous la supervision du directeur. Lui-même nommé par le ministre, le directeur devait être chargé de nommer les autres membres du personnel. Chacun des quatre membres du personnel devait être payé annuellement par le ministère de l'Agriculture, respectivement 2400 fr, 1000 fr, 1000 fr et 500 fr. Le directeur recevrait également du ministère 175 fr par an pour chaque élève de l'école pour couvrir ses frais de subsistance et il était envisagé que ces paiements ainsi que le travail fourni par les élèves couvriraient les frais de fonctionnement de l'école. En outre, pour chaque élève, le ministère effectuerait un versement unique de 75 fr; dont une partie était destinée à couvrir les frais d'entretien et de remplacement des vêtements de chaque élève, le reste pouvant être attribué à la fin de chaque année par le directeur en tant que prix pour récompenser l'enthousiasme, la bonne conduite et la compétence (l'argent n'était pas, toutefois, être remis immédiatement mais placé sur un compte d'épargne au nom de l'élève et lui être remis en cas de réussite du cours: tout élève qui partait plus tôt ou était licencié perdait tout droit au prix en argent).
Un jury, composé du directeur et de quatre autres nommés par le ministre sur recommandation du préfet, devait sélectionner les candidats à entrer à l'école ; l'admission étant basée à la fois sur le niveau d'instruction primaire du candidat et sur son expérience d'une aptitude aux travaux agricoles. Le jury devait également procéder à des examens à l'école en fin d'année, et ainsi déterminer quels élèves devraient être autorisés à entrer dans le programme d'études de l'année suivante et, à terme, décerner leurs certificats scolaires (certificat d'instruction). Par l'intermédiaire du jury et en rendant le directeur responsable directement devant le ministre de la gestion de l'école, le gouvernement a contrôlé la qualité de l'offre éducative de l'école. Les premiers élèves ont été admis à l'école en 1848. Son prospectus imprimé soulignait qu'en dehors de la fourniture initiale de vêtements, il n'y aurait aucun coût pour les parents d'élèves qui seraient hébergés, nourris, entretenus et enseignés gratuitement. Il a également souligné que les parents qui souhaitaient que leurs enfants aient une éducation chrétienne seraient satisfaits de la Charmoise, car l'évêque de Blois avait autorisé une chapelle à l'école, servie par un prêtre dévoué avec amour des jeunes et du travail des champs. Le but de l'école était de dispenser un enseignement agricole pratique dans un cadre chrétien à un total de trente-deux élèves, huit étant admis chaque année. Le prospectus affirmait que le personnel de l'école comprenait, en plus du directeur, les personnes suivantes : un médecin, un surveillant pour dispenser l'enseignement élémentaire, un chef de pratique chargé des travaux agricoles, un comptable pour enseigner la comptabilité et la mensuration, un vétérinaire, un jardinier, un berger, un vacher, un laboureur et un viticulteur. Physiquement, l'école était un grand bâtiment de plain-pied (qui n'existe plus) qui servait à la fois de salle de classe et de dortoir (équipé de lits pliants). Il se situait prétendument dans la cour de la grande ferme en brique et pierre du XVIe siècle.
L'école fut dirigée par Edouard Malingié pendant seulement cinq ans : il mourut d'une pneumonie, après une brève maladie, à la mi-décembre 1852 alors qu'il était au sommet de sa carrière agricole. Son fils aîné Charles (qui avait fait ses études dans une autre école d'agriculture et qui était, semble-t-il, au moment de la mort de ses pères, chef de pratique à l'école agricole de la Charmoise) fut nommé directeur de l'école à partir du 15 janvier 1853. Suite à la mort d'Edouard, sa famille en vint à un accord qui consistait à vendre La Charmoise à un industriel du textile de laine qui avait accepté de laisser la ferme pendant dix-huit ans à Charles déranger, Paul. Pour des raisons familiales, Charles s'installe dans une ferme ailleurs (près de Bourges), démissionne de la direction de l'école de La Charmoise le 30 juin 1854, pour être remplacé (par nomination ministérielle sur recommandation du préfet) par Paul Malingié, puis âgé de vingt-six ans. L'entreprise agricole de Paul a connu des difficultés financières qui l'ont contraint à vendre, parcelle par parcelle, certaines des terres qu'il possédait lui-même. Paul suivit également son père dans la fonction publique, devenant maire de Pontlevoy en 1862 ; mais il mourut subitement, après seulement une semaine de maladie, en juillet 1865, ce qui créa une crise pour l'école de ferme. Le jour de la mort de Paul Malingié, M. Menont, chef de pratique de l'école, écrit au préfet pour lui faire part de son inquiétude pour l'avenir de l'école. Le ministère, convenablement informé le préfet, fit en sorte que M. Boitel, inspecteur général d'agriculture, visite l'école agricole, ce qu'il fit à plusieurs reprises cet été-là, afin d'examiner, avec Mme Malingié, comment mieux organiser l’avenir de l’école. La veuve de Paul Malingié, Octavia, n'avait que vingt-neuf ans et leur fils aîné à peine huit ans. Le 7 septembre 1865, le ministre informe le préfet que les efforts de Boitel pour garantir un avenir à l'école ont échoué, Mme Malingié ayant décidé de continuer à cultiver à La Charmoise mais d'abandonner l'école de ferme : le ministre déclare qu'il n'a pas d'autre choix que de fermer la ferme école. En ce qui concerne ses élèves, le ministre a décidé que les élèves de quatrième année d'études devaient faire avancer les examens finaux, à tenir immédiatement, et que ceux des trois premières années seraient transférés (s'ils le souhaitaient) aux trois écoles agricoles les plus proches. à La Charmoise, dans les départements limitrophes de l'Indre-et-Loire (à Hubaudières), du Loiret (à Montbernaume) et du Cher (à Laumoy). Quant au personnel, le jardinier, le chef de pratique et le surveillant-comptable ont été, à titre de compensation, remis leur salaire jusqu'à fin novembre. Les décisions du ministre ont été mises en œuvre par le jury lors de sa réunion à La Charmoise le 19 septembre : les trois élèves de quatrième année ont été examinés et ont décerné leurs certificats : sur les autres élèves, dix ont décidé de mettre fin à leurs études, un a opté pour Hubaudières, deux pour Montbernaume et six pour Laumoy ; l'un a demandé à aller à l'école agricole du département de Mayenne et un autre à celui de Grand-Jouan en Bretagne.
L'école agricole de La Charmoise existait depuis dix-huit ans, du début de 1848 à la fin de 1865. Son rôle va maintenant être évalué, d'abord tel qu'il est perçu par les contemporains et ensuite avec le recul historique. Etc.
 

1848

Voyage agricole en Belgique et dans plusieurs départements de la France, suivi de quelques articles extraits des journaux d'agriculture anglais ; par M. le comte CONRAD DE GOURCY, Imprimerie de Mme Vve Bouchard-Huzard, 1849, 200 pages, Cote A237
BELGIQUE, CHER, LOIR-ET-CHER, INDRE, INDRE-ET-LOIRE, VIENNE, OISE
Visite de quelques fermes du centre de la France en 1848


p.129-136 (extraits)

Le 27 juillet 1848, je me rendis à la Charmoise, près Pontlevoy. 
M. Malingié a obtenu, en 1847, une des premières fermes-écoles qui aient été créés : elle se composait, lors de ma visite, de 16 jeunes dont beaucoup sont trop jeunes pour être forts ; il les a partagés en deux sections qui ont chacune un chef devenu tel par son mérite, car il a été élevé à cette dignité par un scrutin auquel ont concouru tous les membres de l'établissement. Le jeune Cherrier, fils de l'ancien régisseur de madame de Gourcy, se trouvait le chef de la première section. Ces jeunes gens doivent passer 4 ans dans cette ferme-école, et ils devront, dans cet espace de temps, apprendre tout ce qui se fait dans une ferme : ils deviennent charretiers et laboureurs, bergers, vachers, faucheurs, jardiniers, vignerons, etc., etc., ; ils font, en un mot tous les travaux de la ferme. Ces jeunes gens sont fort bien nourris, à ce qu'il m'a paru : ils ont deux fois de la viande fraîche par jour, avec soupe et légumes, du beau pain de ménage composé de farine de froment avec du fromage à déjeuner et à goûter, de l'abondance composée d'un tiers de vin et deux tiers d'eau. Cette nourriture revient, cette année, où tout est fort bon marché, à 65 centimes par jour. Le personnel se compose d'un directeur, un comptable, du professeur de pratique, d'un horticulteur pépiniériste et vigneron, enfin un vétérinaire de la ville voisine. M. l'abbé Lot, qui est professeur de troisième au collège de Pontlevoy, a voulu, sans accepter aucune rétribution, se charger d'instruire cette jeunesse dans la langue française, le calcul, l'arpentage et un peu d'histoire. On ne saurait trop admirer un pareil dévouement.
Le dortoir m'a paru encore mieux organisé que ceux de Mettray, Petit-Bourg ou le Ménil-Saint-Firmin : les jeunes gens couchent sur des cadres au lieu d'avoir des hamacs, ce qui est infiniment plus commode, il règne, le long du mur, une armoire qui a juste la hauteur voulue pour former en même temps le siège sur lequel l'élève s'assied lorsqu'il s'habille. Les cadres, qui sont garnis d'un fond de courtil, contiennent un matelas de laine, deux draps et autant de couvertures ; les cadres sont fixés, du côté de la tête, par deux charnières, sur le bord extérieur du banc qui couvre l'armoire. Lorsque l'élève fait son lit, il fixe le couchage au moyen d'une courroie et relève le cadre, dont les deux pieds, fixés au bout aussi par des charnières, retombent contre le cadre, qui est tenu lui-même au moyen de deux crochets placés au haut du mur.
Les cadres sont à une distance convenable les uns des autres. Chaque élève a donc assez de place pour faire sa toilette et ranger ses affaires dans son armoire.
Les élèves portent, le dimanche, un habit-veste de couleur verte, à boutons jaunes ornés d'une tête de bœuf entouré du nom de la Charmoise ; la casquette verte, a une broderie en fil jaune, formant un C entouré de feuilles de vigne ; le collet de la veste a aussi des C entourés d'épis de froment. Les chefs de section ont leur broderie en argent. La chaussure est formée de souliers et de guêtre militaire en cuir.
J'ai vu des jeunes gens à leur repas, qui était fort appétissant ; je les ai vus aussi occupés de leurs travaux, auxquels ils avaient l'air de mettre de l'activité, accompagnée de bonne humeur. Quatre d'entre eux chargeaient une charrette attelée d'un cheval, un autre ramenait une charrette vide pour remplacer celle qui venait d'être chargée, et qu'il conduisait ensuite à la grange, où il trouvait la troisième déchargée ; il y attelait son cheval pour la reconduire auprès des chargeurs. Quatre ou cinq jeunes gens déchargent et entassent dans les greniers ouverts qui sont au-dessus de ces immenses bergeries ou bouveries ; cet entassement se fait aussi régulièrement que des meules carrées, et l'on peut circuler autour des tas de grains et de fourrage.
La culture de la Charmoise se compose de 140 ha, pour lesquels on ne tient que 4 chevaux et autant de bœufs. Si M. Malingié attelait plusieurs chevaux à ses charrettes, ses attelages seraient loin de pouvoir suffire à tous ses travaux. Ses jeunes gens avaient rentré, dans la matinée, avec trois charrettes et deux chevaux, 1 150 gerbes de froment. Son troupeau se compose de 1 500 bêtes à laine. Il dit que ses brebis, étant bien engraissées, à l'âge de 5 ans pèseront de 30 à 35 kg., viande nette.

Il demande au préfet des fusils de voltigeurs pour amener tout son personnel à en former une petite compagnie de sapeurs-pompiers qu'il compte exerce le dimanche.
Il a établi une fort jolie chapelle, pouvant contenir 80 personnes, dans les combles du château, et on y dit la messe : elle lui a coûté 1 100 fr.
Il a monté un café dans lequel se trouve un billard ; cela dans l'intention de prévenir, autant que possible, les absences des élèves dans les jours fériés, car il pense que, s'ils peuvent s'amuser dans la ferme, ils n'iront pas ailleurs pour se désennuyer.
 

1849

Annuaire du département de Loir-et-Cher 1849
p. 105 
Ferme école de Pontlevoy
Cette ferme école est située sur le domaine de la Charmoise, commune de Pontlevoy, canton de Montrichard. Cet établissement est destiné à former de bons ouvriers agricoles, contre-maîtres ruraux, chefs de culture, en un mot des agents éclairés propres à hâter les progrès de l'agriculture locale. On reçoit chaque année 8 nouveaux élèves apprentis : le temps complet d'études et de séjour à l'école est de 4 ans. Les parents des candidats aux places vacantes d'élèves apprentis doivent envoyer au préfet, 15 jours au moins avant d'ouverture des examens, leur acte de naissance et un certificat constatant qu'ils ont été vaccinés ou qu'ils ont eu la petite vérole. Ce jury examine les candidats sur les éléments de l'instruction primaire et tient compte de l'aptitude des candidats aux travaux des champs et de leur destination antérieure. 
MM.
Malingié, C. Directeur. 
Nouel, chef de pratique.
Malingié, Paul, surveillant comptable.
Main, médecin vétérinaire. (vétérinaire à Blois). 
Pottereau, jardinier pépiniériste.
 

1850

Annuaire du département de Loir-et-Cher 1850
p. 141-142
École d'agriculture de la Charmoise, près Blois. 
Cette école fondée sous les auspices du gouvernement, qui y entretient 32 élèves, a pour but de former de bons agents secondaires agricoles, fermiers, régisseurs, gardes, maîtres laboureurs, bergers, jardiniers, etc., etc.
Les cours sont de 4 années. 
Un jury d'admission se réunit tous les ans à la préfecture de Loir-et-Cher, au mois de décembre, pour y examiner les jeunes gens qui désirent être admis comme boursiers du gouvernement. 
On admet également dans l'établissement des jeunes gens ayant fait préalablement de fortes études, qui désirent compléter leur éducation agricole ; il existe pour eux des cours particuliers. 


Directeur, M. MALINGIÉ (chevalier de la Légion d'honneur), à la Charmoise.


Le personnel de l'établissement se compose de
Un chapelain.
Un docteur-médecin.
Un surveillant complétant l'instruction primaire des élèves. 
Un chef de pratique chargé des travaux agricoles. 
Un comptable enseignant la comptabilité, l'arpentage, le cubage, les nivellements.
Un médecin vétérinaire. 
Un jardinier pépiniériste. 
Un maître berger.
Un maître vacher.
Un maître laboureur. 
Un maître vigneron.
 

1850
 
Source : Ministère de l'Agriculture et du Commerce. Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'Enseignement professionnel de l'agriculture. Paris. Imprimerie nationale. Janvier 1850. 826 p.
p. 47

Département ; Loir-et-Cher ; Ferme-école : La Charmoise ; Renseignements divers : Arrondissement de Blois, canton de Montrichard, commune de Pontlevoy, 

Directeur : M. MALINGIÉ, propriétaire du domaine

Date de création : 8 octobre 1847 

Candidats à l'admission 6

Apprentis admis en 1850 : 6

Nombre total d'apprentis au 31 décembre 1850 : 22

Observations pour l'année 1850 : Cette ferme-école est en roulement complet. Le temps de séjour est de quatre années, et le nombre d'apprentis à recevoir est de 8 par an.

 
p. 116

LOIR-ET-CHER
Arrondissement de Blois, canton de Montrichard, commune de Pontlevoy.
Cette ferme-école a été créée le 8 octobre 1847, et mise sous la direction de M. MALINGIÉ, propriétaire du domaine de la Charmoise.
La ferme-école, située dans une belle plaine près Pontlevoy, à 40 kilomètres de Tours et 24 de Blois.
Sa contenance est de 395 hectares, dont 180 hectares de terres en culture, 20 hectares en prés irrigués, 5 hectares en vignes, 190 hectares en plantations de Bois.
La durée de l'apprentissage est fixée à quatre ans.
La ferme-école reçoit, chaque année, 8 apprentis nouveaux.
Il y en a 24 présents

 

Directeurs :

Édouard MALINGIÉ (1847-1852) puis son fils Paul MALINGIÉ (1852-1865)

http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/02/malingie-edouard-1799-1852.html

 

1850

Second voyage agricole en Belgique, en Hollande et dans plusieurs départements de la France par M. le comte Conrad de Gourcy, Librairie d'agriculture de Mme Bouchard-Huzard, Paris 1850, 387 pages, Cote A238

p. 43
M. Chavannes* loue ses meilleures terres, près d'un village, jusqu'à 70 fr/ha. Il a fait venir récemment un bon vacher du canton de Fribourg ; il a des bergers du pays pour ses troupeaux, tandis que chez M. Malingié ce sont les jeunes gens de l'école qui gardent et soignent les bêtes à laine. Un des deux taureaux est un croisé Durham-Cotentin ; il y a dans l'étable deux vaches Durham.

* M. Chavannes est propriétaire de la ferme-école de Montbernaume (près de Montargis, Loiret), dont le directeur est M. Bardonnet.

 

p. 313
J'ai retrouvé à Bury* M. Edouard Laburthe, dont j'avais fait la connaissance lorsqu'il était en pension chez M. Malingié, pour y étudier l'agriculture ; il est venu se loger depuis quelque temps dans ce village, afin de suivre les cultures véritablement modèles de M. de Bocarmé* et quelques bons agriculteurs des environs...

* M. Bocarmé (Visart de Bocarmé, château de Bitremont à Bury (Région wallonne dans la province de Hainaut, Belgique)

 

p. 340
Il* a la houe à cheval Malingié, qui ne coûte que la moitié des précédentes et est aussi très bonne  dans son genre....
* M. Lupin demeurant à Henrichemont (Belgique)

 

1865

Journal d'agriculture pratique. Tome II. 1865
p. 57

Nous avons le regret d'annoncer la mort prématurée de M. Paul Malingié, directeur de la ferme-école de la Charmoise (Loir-et-Cher). Déjà, M. Malingié père était mort alors qu'on devait espérer de longs ans lui permettraient de parfaire l'oeuvre difficile qu'il avait entreprise, celle de la création d'une race de l'espèce ovine. Ses efforts avaient été continués par ses deux fils, qui avaient compris combien l'illustration de leur père leur imposait de devoirs à remplir. M. Paul Malingié a succombé en vaillant champion de la cause agricole.

1865

Voyages agricoles dans le Nord et le Centre de la France en 1865. par Le comte Conrad de Gourcy, Paris, Ed. Bouchard-Huzard,1867. 268 pages, Cote A250

p. 43-44

De chez M. Ponsard, je me suis rendu au camp de Mourmelon. J'ai visité, il y a quelques années, trois des fermes du camp ; cette fois j'ai visité les cinq autres, la première porte le nom du quartier de l'Empereur ; la ferme n°2, s'appelle Bouis ; la 3e, Avenays ; la 4e Cuperly ; la 5e, Piedmont ; la 6e, Suippes ; la 7e Jonchery, et la 8e, Saint-Hylaire. J'ai commencé ma tournée par la n°8 ; son chef, M. Genin, est un élève de la ferme-école d'Aubussay, près Vierzon, dont M. Poisson a été directeur.....
J'ai été reconnu par trois chefs de ferme qui m'avaient déjà vu dans mes tournées agricoles ; l'un de ces chefs était M. Brouardelle, qui dirige la ferme de Suippe, la plus fertile des huit, car elle borde un peu la vallée de la Suippe. M. Brouardelle est un ancien élève de M. Malingié ; il l'a quitté pour aller se perfectionner sous M. Rieffel, à Grand-Jouan, il est sous-directeur des huit fermes du camp. Ses appointements sont de 1 000 écus ; les chefs de ferme n'ont que 15 ou 1 800 fr, ils sont logés, mais non nourris ; les bergers ont 1 500 fr, mais ils paient leur aide-berger qu'ils prennent, s'ils le peuvent parmi leurs enfants...
 

1867

Excursions agricoles faites en France en 1867 suivi de notes agricoles diverses de lettre et rapports par Le Comte Conrad de Gourcy. La Maison Rustique, Paris 1869, 579 pages, Cote A251


p. 45-46
M. Benoit Durand m'a conduit, le 26 mai, chez M. Poisson, directeur de la ferme-école du département du Cher ; c'est un ancien et excellent cultivateur des environs de Paris... il exploite près de 200 ha...il a une porcherie très considérable (races : middlessex, yorkshire, berkshire)...Son propriétaire vient de drainer 20 et quelques ha.. Son économe comptable, dont il était très satisfait, l'ayant quitté pour se marier, il l'a remplacé par un ancien élève de M. Malingié ; il le loge, le nourrit à sa table, lui donne la première année 800 fr, avec une augmentation annuelle de 100 fr, jusqu'au chiffre de 1 500 fr.

 

p. 72
M. Fourot vient de construire sur un excellent fonds, nous avons vu de très-beaux bâtiments de ferme et une jolie maison de régisseur ; celui-ci est un ancien élève de Malingié, à la Charmoise ; il était aussi absent pour conduire une partie de son beau bétail au concours régional d'Aurillac, où il a eu le premier prix pour un taureau charolais élevé dans la ferme etc.

 

p. 141-143
Je suis allé, le 17 août, voir pour la troisième fois M. Charles Riant ; c'est un parisien que j'ai l'honneur de connaître depuis longtemps, comme il avait le goût de l'agriculture , il a été en Angleterre pour s'y perfectionner ; plus tard, il a épousé Mlle Clairmorin, fille unique et il vit depuis lors chez son beau-père, grand propriétaire de ce pays [Allier], ces messieurs possèdent ensemble 1 300 ha (18 métairies)....[ayant l'intention de planter de la vigne], je l'ai fortement engagé à visiter les vignes de Chissay [près de Montrichard, Loir-et-Cher], plantées en chaintres ; il ma promis de la faire quand rendra visite à Mme Malingié, avec le mari [Paul Malingié] de laquelle il était très lié ; il compte aussi y envoyer M. Amiot, son régisseur, ancien élève de la Charmoise et qui est de ces environs ; cela me fait espérer que M. Riant importera dans l'Allier cet excellent genre de culture de la vigne si peu cher à établir, dont....

1996

BAKER Alan R. H., Farm Schools in Nineteenth-Century France and the Case of la Charmoise, 1847-1865. The Agricultural History Review, Vol. 44, N° 1 (1996), p. 47-62

Article très documenté et intéressant.

Publié dans Enseignement

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