MILLET Étienne (1825-1871)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

Étienne MILLET


Né le 15 août 1825 à Availles-en-Châtellerault (Vienne)

Fils de François MILLET (ancien militaire) et de Cora ROBINET (agronome)

Décédé le 4 août 1871 à Quinçay (Vienne) à l'âge de 46 ans

1844-1846. étudiant à l'Institut agronomique de Grand-Jouan à Nozay (Loire-Inférieure) ; élève de Jules Rieffel : http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2017/06/jules-rieffel-1806-1886.html

1847-1860. Il gère de domaine familial château de Pont à Genillé (Indre-et-Loire, canton de Montrésor), nouvellement acquis.

1858-1859. Il diriger une exploitation agricole dans les Landes pour le compte de MM. PEREIRE.

1860. Le domaine de Pont est vendu en 1860, lors du décès de son père (François-MILLET).

1849

Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture de France, Deuxième série, Tome quatrième, 1848-1849, Paris 1848.
Séance du 18 avril 1849
p. 838


M. ROBINET présente une observation de guérison de tétanos chez une jument opérée par l'éthérisation, recueillie par M. Etienne MILLET, élève diplômé de l'Institut agricole de Grand-Jouan. Ce mémoire est renvoyé à l'examen de la section d'économie des animaux domestiques.

1851

ADIL Recensement Genillé, château de Pont, 1851, p. 18

MILLET François, propriétaire, militaire retraité, marié, 73 ans
sROBINET Cora, sa femme, sans profession, 72 ans
MILLET Etienne, cultivateur, célibataire, 26 ans
MILLET Lucie, sans profession, célibataire, 20 ans
JOURDAIN François, laboureur gagiste, célibataire, 23 ans
FARINEAU Jean, laboureur gagiste, célibataire, 22 ans
BENOIST Désiré, jardinier, célibataire, 18 ans
PINAULT Marie, cuisinière, veuve, 48 ans
GRILLON Clémentine, cuisinière, célibataire, 21 an

1851

Visite du domaine du château du Pont par la Commission de la Société d'Agriculture du département d'Indre-et-Loire

 

Annales de la Société d'Agriculture Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire, Tome XXX, 1851, p. 130-186. Excursion agronomique dans le département d'Indre-et-Loire. Rapport de la commission d'examen lu dans la séance publique du 31 août 1851, par M. Bonnebault.

Château de Pont

De St-Flovier et après une courte station à Chemillé-sur-Indrois, attirés par la vue de riches plantations sur l'emplacement de la chartreuse du Liget, thomoe coede cruentus, monument célèbre dont nous n'avons pu parcourir les ruines sans une vive émotion, nous avons eu hâte d'arriver au château de Pont, sis en la commune de Genillé, sollicités par M. MILLET jeune, administrateur des cultures de cette dépendance depuis quatre ans (1847). Elève de l'Institut agronomique de Grand-Jouan, fils d'un vieux débris de nos gloires nationales, membre de la société centrale de Paris, fondateur de la magnanerie départementale de Poitiers, qui a employé le temps du repos à publier plusieurs manuels dans les différentes branches de l'agriculture, et d'une mère auteur d'une maison rustique des dames et d'autres écrits sur l'économie domestique et rurale, desquels il reçoit une habile impulsion, nous étions préparés à rencontrer la mise en pratique des théories avancées dont la science agricole s'honore.

Cultures fourragères d'amélioration sur un sol en entonnoir, tantôt argilo-calcaire, tantôt argilo-siliceux, épuisé par une production antérieure irréfléchie, emploi d'instruments perfectionnés à l'aide desquels on fait mieux et une plus grande somme de travail, bétail nombreux et de choix, voilà bien les éléments du succès en agriculture, au même titre que l'ordre l'activité et le travail sous le fondement nécessaire des sociétés et la base de la prospérité de la famille.

L'exploitation se compose de cent cinq hectares (105 ha), dont quatre-vingt-huit (88 ha) en terres arables et couverts pour la récolte de 1851.

De cinquante-trois hectares cinquante-quatre ares (53,54 ha) en légumineuses, graminées et racines, qui aspirent dans le repos les sels indispensables à la production postérieure des grains, tout en pourvoyant à la nourriture d'un riche bétail dont les détritus assureront le succès.

Enfin cinq hectares de trèfle et sainfoin nouvellement semés pour l'usage de 1852.

Dans les céréales, quatorze hectares de blé avec engrais naturel, ont frappé notre attention par leur bel aspect et par une régularité qui, en témoignant des soins donnés à leur confection, leur permettront de défier la continuité d'une sécheresse préjudiciable et justifieront cette maxime qu'il vaut mieux bien faire que trop faire.

Passant aux instruments dont la façon est à bon droit, si recommandée, nous avons vu avec intérêt une charrue Dombasle sans avant-train, une charrue Rosé perfectionnée, un extirpateur, une râtelle à roues de M. Simon de Châtellerault, nettoyant la prairie avec une rapidité merveilleuse à l'aide d'un seul ouvrier ; un semoir à roues de Dombasle pour le maïs, les haricots, le betteraves et analogues, un coupe-racine Dombasle, un lave-racine imaginé par M. Millet père, qui rend cette besogne sure, rapide et facile.

Six bœufs et cinq chevaux remplacés par l'élevage servent de levier à cette variété de moyens employés.

Le bétail est au nombre de quarante-six têtes, race du pays dont on préfère reconstituer l'état, à l'introduction d'une espèce étrangère, en le multipliant suivant la proportion des fourrages obtenus. Parmi les jeunes animaux, nous avons noté une génisse de deux ans et un taureau de même âge donnant les plus grandes espérances.

Par une semblable considération, M. Millet ne possède dans sa bergerie que la race du Poitou, qu'il continue par le choix des meilleurs sujets.

Dans la porcherie nous avons trouvé deux truies et un verrat de deux ans, ainsi qu'un autre plus jeune, de race anglo-chinoise pure, représentant les formes accomplies de l'espèce, dont les produits sont offerts à toute la contrée.

Enfin M. Millet a formé une basse-cour avec les gallinacées du Mans, dans l'intention de les propager et de se livrer à cette industrie lucrative.

Notre examen accompli, nous nous sommes retirés à regret sous l'impression de la bonne leçon pratique que nous avions reçue, lorsque nous croyions porter des conseils, et avec la conviction du bien que cette famille composée du père et de la mère si compétents, du fils leur digne interprète, de sa sœur jeune personne de dix-huit ans, d'une éducation distinguée, qui le seconde dans les détails domestiques avec un rare dévouement, apportera dans le canton où elle a fixé sa résidence.

1852

Remise de prix au domaine du château du Pont par la Commission de la Société d'Agriculture du département d'Indre-et-Loire

Annales de la Société d'Agriculture Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire, 1852

p. 194-196

Par une heureuse coïncidence, en quittant cette exploitation, votre commission allait visiter le château de Pont : là, elle rendait hommage à madame Cora MILLET, dont la plume élégante a su, dans un style plein de charme, retracer, dans la Maison rustique des Dames, les occupations utiles et les jouissances pures de la maîtresse de maison de campagne, et plus récemment, dans le Journal d'agriculture pratique, montrer l'influence des femmes sur le progrès agricole. Une mère telle que madame Cora MILLET ne pouvait avoir que des enfants agriculteurs, vous ne devez donc pas être surpris de voir M. MILLET fils figurer au nombre de vos lauréats, et Mlle MILLET, qui seconde si bien sa mère et son frère, est loin d'être étrangère au succès agricole dont nous allons vous entretenir.

2e Prix : M. MILLET au château de Pont. M. MILLET fils, chargé de la direction de la propriété paternelle, met à profit les sages conseils qu'il reçoit de son honorable père et les leçons qu'il a puisées à l’école régionale de Grand-Jouan. Le domaine n'est pas en pleine rotation de culture, mais déjà votre commission a pu apprécier le progrès qui s'est opéré dans l'exploitation des terres peu fertiles qui le constituent. Nous avons remarqué surtout une végétation de trèfle, digne des plaines de Flandre, et les blés obtenus sur un trèfle rompu par un seul labour ne le cèdent en rien à ceux qui sont le résultat d'une jachère dispendieuse ; cette manière économique de cultiver le froment, peu répandue dans le département, nous a paru digne d'être proposé à l'imitation des autres cultivateurs. Tous les efforts de M. MILLET tendent à arriver promptement à l'assolement de quatre ans :

1ère Année, Plantes sarclées ou fourrages annuels

2e Année, Céréales de printemps

3e Année Trèfle (la moitié de cette sole est consacrée à des fourrages annuels pour éviter le retour trop fréquent du trèfle)

4e Année Froment sur un seul labour.

En dehors de l'assolement, 5 ha ensemencés en minette, trèfle blanc, pimprenelle, fournissent aux moutons un pâturage abondant et salutaire, et 9 ha de sainfoin viennent augmenter les ressources fourragères de l'exploitation ; M. MILLET a le projet d'avoir aussi, constamment en dehors des cultures de la rotation, une sole de sainfoin ou de luzerne ; car il est convaincu, ainsi qu'il le dit dans le mémoire qu'il nous a adressé, de la vérité de ce principe de Jacques BUGEAUD : Veux-tu des blés, fait des prés. Nous avons vu avec plaisir l'introduction dans son troupeau d'un bélier et de deux brebis de la race précieuse de la Charmoise, créée à quelques kilomètres du département d'Indre-et-Loire, par M. MALINGIÉ, et qui remporte maintenant les premiers prix dans les principaux concours de bestiaux ; nous avons retrouvé dans sa porcherie la race anglaise dont vous avez primé un verrat l'année dernière, race qui a, sur celle du pays, l'avantage d'un engraissement précoce et facile. L'exploitation de Pont nous a donc présenté un ensemble de faits satisfaisants et nous vous proposons d'encourager par votre second prix le zèle et l'activité de son directeur.

1853

 

Prime décernée par la Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire

 

Annales de la Société d'Agriculture Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire,  1853. Rapport des prix d'agriculture pour les primes de 1854. Le secrétaire de la section d'agriculture, rapporteur de la Commission. F. MINANGOIN. p. 114-131.

Cultures fourragères : Médaille d'or à M. MILLET fils, au château de Pont

Race porcine ; 1er prix, 60 francs et 2e prix avec médaille de bronze, à M. MILLET fils

Race ovine : lot d'agneaux, 30 fr. ave médaille de bronze à M. MILLET fils

 

p. 125-126

Cultures fourragères

Exploitation de Pont. M. MILLET fils, qui deux fois a reçu des encouragements de la Société, a voulu nous montrer encore ses travaux et ses résultats. Nous avons pensé que l'ensemble de ses récoltes et particulièrement la vigueur remarquable de ses prairies artificielles, lui méritaient une médaille d'or, comme distinction nouvelle, supérieure aux précédentes. Quoique nous vous avons déjà entretenus de l'exploitation de Pont, vous nous permettrez cependant de vous faire part des faits saillants qu'elle nous a présentés, lors de notre dernière visite. Sous l'impulsion active et intelligente de M. MILLET, elle fait chaque année un pas de plus vers la voie du progrès, les céréales promettent des moissons de plus en plus abondantes ; la masse des récoltes fourragères augmente rapidement, et avec elle le nombre des bestiaux ; le troupeau s'améliore par l'introduction du sang de la race Charmoise ; les fumiers sont traité avec un soin tout particulier ; le purin qui découle des plates-formes, est recueilli dans un réservoir, d'où il est retiré par une pompe, pour rendre au fumier l'humidité qui lui manque, pendant les chaleurs d'été. Enfin, cette exploitation a apporté le tribut de ses expériences dans la lutte engagée récemment entre les agriculteurs les plus distingués, au sujet de l'emploi de la marne et de la terre pour litière. Sans vouloir en rien entrer dans les détails de cette discussion, votre commission se plaît à rendre justice aux efforts qui ont été faits au château de Pont, pour éclairer cette intéressante question.

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