RÉMY Hubert Joseph (1823-?)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

RÉMY Hubert Joseph

Né en 1823

Fermier agriculteur, ferme de La Brouardière à Chemillé-sur-Indrois (Indre-et-Loire)

1861

ADIL Recensement La Brouardière, Chemillé-sur-Indrois, 1861, p. 16

RÉMY Hubert Joseph, feermier agriculteur, veuf, 38 ans
BISSIOUX Luc, gagiste chef, marié, 43 ans
Hénault Silvine, sa femme, gagiste, 38 ans
BISSIOUX Alexandre, leur fils, 13 ans
CHÊNE Alexandre, gagiste laboureur, célibataire, 22 ans (soldat, réserve de la classe 1859)
BATAILLE Claude, gagiste, célibataire, 44 ans
BAUDOIN Auguste, gagiste laboureur, célibataire, 19 ans
BODIN Jule, gagiste laboureur, célibataire, 19 ans
LORILLOUX François, gagiste laboureur, célibataire, 23 ans
DECOUTE Henry, gagiste, célibataire, 14 ans
CARATI Antoinette, gagiste, célibataire, 17 ans
SOULIT Pierre, gagiste jardinier, célibataire, 30 ans
POUPEAU Sophie, gagiste pâtre, célibataire, 30 ans

Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire. 1866. p.348-354. Visite aux exploitations. Rapport au nom de la commission présenté par M. FENNEBRESQUE (vice-président de la Société d’Agriculture d’Indre-et-Loire, Ingénieur agricole de Grignon).

La Commission a retrouvé dans le fermier de la Brouardière, commune de Chemillé-sur-Indrois, près Montrésor, un lauréat de l'année précédente dont elle a visité les cultures avec un nouvel intérêt. M. RÉMY a mis à profit la récompense qui lui avait été accordée. C'est un cultivateur sérieux chez lequel on trouve une réunion de récoltes qui dénote une agriculture bien comprise. Le sol de cette ferme, qui avait été antérieurement stimulé vigoureusement par de nombreux engrais, a rencontré un continuateur zélé qui, à l'encontre de la plupart des fermiers, a résolu de procéder par les fumures abondantes, les labours puissants et la culture variée des plantes fourragères depuis la fertile et inappréciable luzerne jusqu'à l'humble trèfle rampant. Ces trois causes de prospérité ont produit d'heureux fruits. Sur les 140 ha que comprend cette ferme, 27 vaches et veaux, 9 bœufs, 10 chevaux et 400 moutons s'entretiennent et s'engraissent. Parmi les animaux, le troupeau a plus particulièrement attiré l'attention de la Commission, parce que c'est sur sa direction et sa composition qu'est basée la principale spéculation de M. RÉMY. Sur les 400 moutons que contient sa bergerie, on trouve 200 brebis portières, 150 agneaux et 50 moutons d'engrais. Tous ces animaux sont des premiers extraits de brebis, tant berrichonnes que solognotes, et de béliers de race anglaise Southdown, puis de cette race française de la Charmoise. La supériorité du type anglais paraît décidément l'emporter pour le poids des toisons et la précocité de la viande. Cette qualité est des plus précieuses pour l'éleveur, et c'est vers ce but que les cultivateurs doivent tendre dans le temps présent, parce qu'il n'est pas indifférent d'obtenir, dans des animaux de 18 mois, ce qu'on ne rencontrerait que dans des bêtes de 2 à 3 ans. L'industrie de la viande, qui se présent si opportunément pour résoudre la question de l'avilissement du prix des céréales, ne peut s'exercer avec profit qu'à la faveur d'un engraissement rapide et hâtif avec le concours des races perfectionnées dont, à l'imitation de M. RÉMY, l'intervention doit être limitée à des croisements, malgré tout ce que des apparences, souvent mensongères, pourraient engager à tenter. Pour tous les cultivateurs qui entreprennent l'exploitation d'une propriété, il y a toujours une grande difficulté à vaincre, c'est la recherche de l'inconnue qui détient le secret des causes de réussite ou d'insuccès. Communément, on n'étudie pas ce point capital ; on passe d'une opération à une autre, on perd du temps, et souvent on compromet gravement ses intérêts. M. RÉMY, soit hasard ou calcul, a découvert cette inconnue, il a surtout développé et mis en relief les facultés herbigènes de son sol, en ne se laissant pas entraîner à l'épuisant et exclusive culture des céréales, il en a fixé et restreint l'étendue, pour donner aux fourrages et aux pâturages une extension en rapport avec ses besoins du moment, et pour préparer des ressources propres à assurer l'existence d'un troupeau de 800 moutons au lieu de 400. Les fourrages de toute nature qui sont cultivés sur la ferme de la Brouardière, les céréales qui y figurent dans une année où tant d'autres sont moins que médiocres, font l'éloge du système de M. RÉMY, et prouvent qu'il a persisté dans la voie du progrès qu'il s'est imposée ; qu'en un mot, il est digne de la médaille de vermeil, grand module, que la Commission est d'avis de lui décerner. En signalant les opérations de cet agriculteur, en faisant ressortir les moyens par lesquels il est parvenu à tirer d'une terre dont la stérilité était généralement connue, ce qu'on obtient à peine d'un fonds d'une valeur beaucoup plus élevée, la Commission a pensé que M. REMY aurait quelques imitateurs, qu'elle sera heureuse d'encourager et de récompenser. Le moment n'est-il pas venu pour les cultivateurs instruits et comprenant tout à la fois leur époque et leurs intérêts, de travailler sérieusement à améliorer le sol qui leur est confié, par une culture progressive et l'éducation d'un bétail bien entendue, et non de l'appauvrir en suivant les sentiers battus d'habitudes surannées que la science, le raisonnement et la pratique ont depuis longtemps condamnées.

FENNEBRESQUE.

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