Société Nationale d'Acclimatation

Publié le par histoire-agriculture-touraine

1854

Bulletin de la Société Zoologique d'Acclimatation fondée le 10 février 1854.
Tome premier
Paris. Goin, Librairie de la Société Zoologique d'Acclimatation, à la Librairie centrale d'Agriculture et de Jardinage, 14 quai des Grands-Augustins.
1854


La pensée d'une association organisée en vue de l'acclimatation, de la domestication et du perfectionnement d'animaux utiles, remonte à plusieurs années. Dès 1845, et surtout à partir de 1849, date de la publication du rapport général de M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire sur la naturalisation des animaux utiles, cette pensée se faisait jour en plusieurs lieux et inspirait des projets divers.
A Paris, M. le comte d'Eprémesnil format, en 1851, le plan d'un jardin zoologique destiné à naturaliser des animaux utiles, et MM. Delon, Pomme, Richard (Cantal), Saulnier, le comte de Sinety, se ralliaient à ce projet. En 1853, de nombreuses adhésions, le concours de M. le baron de Rothschild, l'accueil favorable du gouvernement, permettaient d'en espérer la très prochaine réalisation, lorsque survinrent les graves événements qui ont troublé la paix du monde. En de pareilles circonstances, il parut sage d'ajourner une entreprise aussi coûteuse.
De son côté, M. le baron de Montgaudry, neveu de Buffon, proposait, vers la même époque, de convertir une partie des célèbres jardins de notre grand naturaliste en un haras de naturalisation, et M. Barhélémy-Lapomeraye avait élaboré à Marseille un projet analogue qui avait trouvé faveur auprès des hommes les plus éclairés de la ville et du département.
C'est de ce mouvement général d'idées, de ces préoccupations simultanément dirigées vers un même but, qu'est née la Société zoologique d'acclimatation. Les bases de son organisation furent jetées dans deux réunions préparatoires de ses 50 fondateurs, les 20 janvier et 5 février 1854, sous la présidence de M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, et bientôt 80 nouveaux adhérents concoururent à la constituer définitivement, telle quelle est aujourd'hui. Dès lors, comme on pourra le voir ci-après, le nombre des membres de la nouvelle Société s'est accru avec une merveilleuse rapidité. Elle est maintenant à l'oeuvre, et peut, dès aujourd'hui, publier un premier bulletin de ses travaux.
On trouvera plus loin les statuts constitutifs de la Société zoologique d'acclimatation et le règlement administratif qui la complète. Au besoin ces pièces suffiraient à faire connaître le but, le plan et l'esprit de notre association ; mais la Commission chargée de la publication du Bulletin a voulu être encore plus explicite. Elle a pensé qu'un exposé général des vues qui présideraient à nos travaux devait en inaugurer le recueil, et qu'elle ne pouvait mieux faire connaître ses vues qu'en reproduisant ici l'allocution par laquelle M. le président a ouvert la première réunion des membres fondateurs ; ses propres souvenirs, aidés de ceux de quelques auditeurs, ont permis à M. Geoffroy-Saint-Hilaire de nous conserver les paroles qu'on va lire.
L'un des secrétaires, H. HOLLARD

ALLOCUTION DE M. ISIDORE GEOFFROY-SAINT-HILAIRE, président de la Société zoologique d'acclimatation, dans la réunion préparatoire du 20 janvier 1854.
Messieurs,
Réunis ici par la pensée commune, vous désirez que je m'en fasse l'interprète, et que, dans cette première séance préparatoire, je résume les grandes questions dont la solution pratique va devenir l'objet de nos travaux.
Nous voulons fonder, Messieurs, une association, jusqu'à ce jour sans exemple, d'agriculteurs, de naturalistes, de propriétaires, d'hommes éclairés, non seulement en France, mais dans tous les pays civilisés, pour poursuivre tous ensemble une oeuvre qui, en effet, exige le concours de tous, comme elle doit tourner à l'avantage de tous. Il ne s'agit de rien moins que de peupler nos champs, nos forêts, nos rivières, d'hôtes nouveaux ; d'augmenter le nombre de nos animaux domestiques, cette richesse première du cultivateur ; d'accroître et de varier les ressources alimentaires, si insuffisantes, dont nous disposons aujourd'hui ; de créer d'autre produits économiques ou industriels ; et, par là même, de doter notre agriculture, si longtemps languissante, notre industrie, notre commerce et la société tout...

Société Nationale d'Acclimatation

Créée en 1854

Déclarée d'intérêt public en 1855

Le comte Louis LECOINTRE (château de Maisonneuve près de Châtellerault et 16 rue du Petit-Bonnevau à Poitiers) devient membre en 1895.

Joseph CRÉPIN (55 rue de Verneuil à Paris, fonctionnaire au Ministère de la Guerre) devient membre en 1899

Section caprine fondée en 1906 (Secrétaire : Joseph CRÉPIN)

Mme VALOIS (épouse de Noël VALOIS, 1855-1915) à Lestiou (propriété familiale près de Mer, Loir-et-Cher)

Le comte DELAMARRE de MONCHAUX (château de Troussay à Cour-Cheverny, Loir-et-Cher) devient membre en 1906

Pierre CRÉPIN (fils de Joseph), 55 rue de Verneuil à Paris ; docteur ès-lettre, avocat à la Cour d'Appel de Paris) devient membre en 1918

Le marquis Maximilien de LUSSAC (château de Comacre à Sainte-Catherine-de-Fierbois, Indre-et-Loire) devient membre en 1920

Robert-Jean-Marie MAUVY (rue du Bourgneuf à Blois, Loir-et-Cher) devient membre en 1926

1883

Enquête sur la Chèvre


Bulletin mensuel de la Société nationale d'Acclimatation de France 3e série, Tome X, 1883
p. 209-219


Enquête sur la chèvre. Rapport présenté à la première section par M. J. GAUTIER (membre de la Société et avocat à Paris)
Messieurs,
Je viens, selon le désir exprimé par la première section dans sa dernière séance, vous rendre comte des réponses faites au questionnaire adressé par la Société d'Acclimatation au sujet de la Chèvre.......
Le travail que je vous présente aujourd'hui est donc non pas un étude dans le sens du vœu exprimé par M. le marquis de PRUNS (marquis d'Apchiers de Pruns, délégué cantonal pour l'instruction primaire, au château de Brassac, à Brassac-les-Mines, Puy-de-Dôme) mais seulement le très long résumé de toute la correspondance échangée à ce sujet.
Le nombre des réponses au questionnaire, défalcation faite des anonymes, par conséquent de nulle valeur, a été de 136. Un certain nombre d'entre elles contiennent des informations intéressantes ; enfin il nous est également parvenu quelques lettres dont nous vous rendrons compte....
Les départements qui ont répondu à notre appel, en comptant l'Algérie, sont au nombre de 63 et ils ont répondu dans la proportion suivante : .........Cher, 3 ; Deux-Sèvres, 5 ; Indre, 2 ; Indre-et-Loire, 5 ; Loir-et-Cher, 1 ; Vienne, 8 ;....


1e question : Y a-t-il des Chèvres dans votre département ? 100% de réponses affirmatives. 

2e question : sont-elles nombreuses ou pas très nombreuses ? Réponses contradictoires au sein du même département.

3e et 4e questions : Y a-t-il une race particulière, et est-ce une race du pays ? Majorité de réponses négatives, sauf pour l'Algérie où l'on trouve pures la race arabe et la race maltaise ; du département du Nord, où l'on trouve à Lille un troupeau de Chèvres du Thibet admis au concours régional de 1879 ; des Pyrénées-orientales, où l'on trouve la Chèvre roussillonnaise, noire avec le dessous du ventre presque blanc ; enfin de Vosges, où, nous dit-on il existe une race naine du pays, il n'existe pas en France de pays bien fixée. Il serait seulement permis de conclure des renseignements qui nous ont été envoyés que dans certains départements les Chèvres proviennent de telle ou telle ancienne race que l'on nous désigne comme race des Alpes, race d'Auvergne, race du Vivarais, race des Pyrénées, race Poitevine ou limousine, sans que les individus dont il s'agit soient purs. Telle n'est pas cependant la réalité des choses et il existe certainement en France des races bien fixées et déterminées.

5e question : Description de la Chèvre. Réponses très variées (couleur, longueur du poil, taille...).

6e question : relative aux cornes. Réponses très variées sur la présence ou pas de cornes....

7e question : Comment sont réparties les Chèvres du département ? est-ce par troupeaux ou par individus isolés ? Les départements où les chèvres sont réparties par troupeaux sont fort peu nombreux.......

8e question : Le nombre des chevreaux mis bas ets généralement de 2, et le nombre de 3 est souvent atteint....
9e, 10e et 11e questions : La durée de la lactation comme toutes les dernières questions ont donné lieu aux réponses les plus diverses et les plus contradictoires.... Cette durée varie généralement entre 4 et 8 mois. Le chiffre de 9 à 10 mois est exceptionnel et nous a été signalé dans....les Deux-Sèvres, l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, la Vienne.... Le chiffre de litres de lait donné journellement par une chèvre n'est pas moins variable. Il est de 2 à 5 dans presque tous les départements, le plus souvent de 2 ou 3..... Le lait sert le plus souvent à la fabrication des fromages ; parfois il est vendu pour les enfants ou les malades....En ce qui concerne la viande de Chèvre, celle-ci est estimée dans certains départements et refusée dans d'autres....Les réponse sont très variées concernant l'usage de la peau.

12e question; Comment nourrit-on les Chèvres ? Dans les pays de montagne seulement on les laisse vagabonder et partout ailleurs on ne les nourrit à la crèche que pendant la mauvaise saison ; pendant la belle saison on les fait pâturer soit en les laissant aller avec les troupeaux de mouton, soit en les faisant paître attachées à un piquet. Par exception elles semblent toujours vagabonder dans l'Ile-et-Vilaine et les Landes, tandis qu'au Mont-d'Or on suit exclusivement le système de la stabulation.

13e et 14e questions ayant trait au prix moyen de la chèvre et du chevreau. Les réponses sont très variées.....


Observations faites par les correspondants.
Disons d'abord que le but même que se propose la Société d'Acclimatation, l'admission de la race caprine dans les concours régionaux et par suite son amélioration, a été assez vivement critiqué. Là où le terrain est riche et divisé la Chèvre n'appartient qu'aux pauvres gens et vit évidemment aux dépens de ceux qui possèdent. Là encore où l'industrie beurrière est en pleine activité, l'espèce bovine seule est en honneur. Partout enfin, dans une mesure qui varie avec les productions du sol, la Chèvre cause des dégâts et c'est ainsi qu'il est d'usage dans les baux d'interdire aux fermiers d'avoir des chèvres, dans plusieurs départements, par exemple le Cher, la Vienne et les Deux-Sèvres. Doit-on cependant en conclure qu'il n'y ait pas lieu d'améliorer l'espèce caprine ? Nous ne le pensons pas. De ce que l'élevage de la Chèvre n'a pas de raison d'être dans certains départements, il ne s'ensuit pas qu'il ne présente pas des avantages considérables dans d'autres et la question de dommage est absolument distincte de celle de l'amélioration de la race..............Nous avons également à signaler à votre attention une lettre de Mme MULLER (de Blois), qui nous écrit qu'en 1872 elle a fait l'acquisition d'un Chèvre, qui, croisée avec un Bouc du Liban, noir brillant, a donné naissance à une véritable race, qui malheureusement s'éteint aujourd'hui. Tous les produits étaient noir ou couleur de chevreuil. Notre correspondante ajoute qu'elle pourrait exposer, si la race caprine était admise dans les concours, un magnifique Bouc, issu de la race du Thibet qu'elle possède aujourd'hui. Elle nous enseigne de plus qu'elle a fait usage du laite de Chèvre pour l'élevage si difficile de jeunes chiens de race, et s'en est fort bien trouvée, tous ses élèves ayant évité la maladie.......

1899

Entrée de Joseph CRÉPIN à la Société d'Acclimatation

Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation de France (Revue des Sciences naturelles appliquées),1899
p. 76-83
Communication faite à la Section des Mammifères dans la séance du 6 février 1899
La Chèvre à Paris (1), par J. CRÉPIN
De l'intéressante enquête ouverte, il y a quelques années (1883), par la Société d'Acclimatation sur l'industrie chevrière en France, il ressort, avant tout, un fait : c'est l'indifférence du public pour la Chèvre, cette "Vache du pauvre", si productive, si facile à nourrir, si précieuse par la salubrité, les vertus reconstituantes et l'abondance de son lait. etc...

p. 193
Séance générale du 16 décembre 1898.
M. le Président proclame les noms des Membres admis par le Conseil depuis la dernière séance générale.
M. CRÉPIN Joseph, sous-chef de bureau au ministère de la guerre, 163, rue Blomet à Paris ; présenté par MM. Baron J. de Guerne, Le Myre de Vilers, Raveret-Wattel.

p. 219
Séance du 17 janvier 1899
M. CRÉPIN remercie de son admission

p. 287
Séance du 6 février 1899
Au nom de M. CRÉPIN, qui s'excuse de ne pouvoir assister à la séance (6 février 1899), lecture est donnée d'un travail intitulé "La Chèvre à Paris" ; l'auteur envisage surtout les services que cet animal pourrait rendre pour l'allaitement des enfants. Ce mémoire, qui paraîtra au Bulletin, provoque quelques réserves de la part de M. le Dr Trouessart, partisan, autant que possible, de l'allaitement au sein. Dans les villes, l'emploi des Chèvres semble devoir être toujours peu pratique ; mais à la campagne, il peut, dans certains cas, devenir très utile. Quoi qu'il en soit, M. Trouessart pense que la question mérite d'être sérieusement étudiée, et que la création d'une chèvrerie,  titre d'essai, offre un réel intérêt. A propos de l'opinion exprimée par M. Crépin, concernant la grande propagation de la tuberculose par le beurre de Vach, M. Trouessart dit qu'il ne croit pas que le danger soit, à beaucoup près, aussi grand qu'on l'affirme.
M. Debreuil demande que intérêt pratique pourrait offrir le croisement des Chèvres de Murcie avec la race de Nubie dont parle M. Crépin.
A propos des chèvres laitières, M. de Guerne dit quelques mots des Moutons du Texel, élevés en vue de la production de lait, chez M. Pays-Mellier à la Pataudière (Indre-et-Loire).

p. 343
Séance générale du 24 mars 1899
M. le Secrétaire général annonce que la Section des Mammifères se péoccuppe d'organiser une excursion à la Chèvrerie modèle du Val-Girard, fondée par M. crépin, et sur laquelle celui-ci a déjà publié dans le Bulletin un intéressant article (voir ci-dessus, p. 76). La production du lait dans l'établissement est aujourd'hui régulière et assez abondante. Plusieurs membres de la Société, et notamment M. Debreuil, ont pu goûter à ce lait sans saveur spéciale et qui ne rappelle en rien celui des chèvres quelconques.

p. 387

Séance du 3 mai 1899
Au moment de lever la séance, M. le Président rappelle que le dimanche 4 juin (1899), aura lieu une visite spécialement réservée aux Membres de la Société à la chèvrerie du Val-Girard, 163, rue Blomet, à Paris. M. Crépin, dont on connaît les persévérants efforts pour introduire le lait de Chèvre dans l'alimentation des enfants de Paris, fera les honneurs de son établissement aux excursionnistes qui pourront en outre déguster le lait de Chèvre, soit pur, soit transformé en crème ou en fromage.

1901

Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation de France (Revue des Sciences naturelles appliquées),1901
p. 1-27


UTILISATION DE LA CHÈVRE A PARIS

par J. CRÉPIN (communication faite en séance générale le 15 janvier 1901


I. La question du lait dans l'état actuel.
II. Erreurs et préjugés contre le lait de Chèvre.
III. La santé de la Chèvre à Paris
IV. L'alimentation de la Chèvre à Paris.
V. Lactation de la Chèvre.
VI. Etudes des propriétés hygiéniques du lait de Chèvre. Recherches chimiques
VII. Recherches cliniques.
VIII. Recherches expérimentales.

Nous espérons que le lecteur qui aura bien voulu nous suivre dans cette étude un peu longue peut-être, mais cependant encore incomplète, de la Chèvre et de son lait, ne conservera aucune prévention contre cet animal. Tout nous porte à penser que nous parviendrons, et ce sera la récompense de nos peines, à entraîner l'opinion en faveur d'une nouvelle industrie parisienne que nous croyons appelée à rendre des services considérables au point de vue économique, hygiénique et même humanitaire.
Dans notre prochain article sur a Chèvre nous nous proposons de traiter la question au point de vue spécial de la description des caractères propres à chaque race et des résultats obtenus par le croisement des races suisses avec les races d'Espagne et de Malte.

1902

Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation de France (Revue des Sciences naturelles appliquées),1902
p. 17
Séance du 2 décembre 1901 (Ière section : Mammifères)
M. CRÉPIN annonce qu'il va prochainement installer une pouponnière à Montgeron. Les enfants seront nourris au laite de Chèvre, soit trait, soit, autant que possible, pris directement au pis de l'animal.

p. 49
Ière Section. Mammifères. 
Séance du 6 janvier 1902.
Il est procédé à la nomination du bureau de la Section pour l'année 1902.
Sont élus à l'unanimité :
Président : M. le Dr. Trouessart
Vice-Président : M. Wuirion
Secrétaire : M. Ch. Mailles
Secrétaire-adjoint : M. Crépin

p. 50
M. Crépin fait, sur la chèvre, une communication qui paraît important du point de vue de l'allaitement artificiel des enfants. D'après les expériences de M. Crépin, la composition chimique du lait de Chèvre varierait dans des proportions extraordinaires selon la nature de l'alimentation de l'animal, si bien qu'il est possible d'y augmenter ou d'y diminuer à volonté la dose de certains éléments comme le beurre, la caséine, le sucre de lait. Par ce moyen on arrive à obtenir exactement la formule du lait de femme. M. Crépin pose ensuiute la question de savoir s'il ne serait pas possibe de faire disparaître l'odeur que le Bouc de race alpine porte sur lui. Il paraît certain que cette exhalation provient d'un suintement cutané, mais on a pu constater que le développement et l'intensité de l'odeur est le fait de l'urine que l'animal projette sur lui.

p. 90
Séance du 3 février 1902
M. Crépin informe la Section qu'il se propose de faire sous eu un intéressante application de la Chèvre pour l'allaitement des enfants. il s'agit d'organiser à Montgeron un pouponnière où les enfants seront nourris directement à la mamelle des animaux. Les espèces laitières employées seront celles des Alpes dont le lait est naturellement léger et peut être rendu tout à fait identique au lait de femme au moyen d'une alimentation rationnellement appropriée.

 

p. 413-421
OBSERVATIONS SUR LES MEILLEURES RACES DE CHÈVRES
Par M. J. 
CRÉPIN

La chèvre de Syrie ou Chèvre Mambrine

La chèvre de Nubie, de la Haute-Egypte et de la Thébaïde

1903

Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation de France (Revue des Sciences naturelles appliquées),1903
p. 33-46
OBSERVATIONS SUR LES MEILLEURES RACES DE CHÈVRES (suite)
Par M. J. CRÉPIN

La Chèvre de Murcie
La Chèvre de Malte
La Chèvre alpine (elle présente des types variés : Saanen ou de Gessenay, Gruyère, Toggenbourg, Schwartzhals)
La Chèvre du Béarn

1906

Création de la Sous-Section d'études caprines

Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation. 1906

Séance du 6 avril 1906

p 186-189

M. le comte d'ORFEUILLE propose l'élection du bureau de la nouvelle section d'Etudes caprines. Cette élection donne les résultats suivants à l'unanimité de tous les membres présents :

Président : M. le baron Jules de GUERNE (6 rue Tournon à Paris)

Vice-Présidents : Mme NOËL VALOIS ; M. le Dr GRANEL (docteur en médecine, 121 rue de la Pompe à Paris)

Secrétaire : M. CRÉPIN

En prenant possession de la présidence, M. de GUERNE remercie les assistants de la marque de sympathique considération qu'ils viennent de lui donner. Il fait ensuite, dans une improvisation familière qui a beaucoup intéressé, l'historique de la question caprine en France. Il montre que la Société nationale d'Acclimatation s'est préoccupée de la réhabilitation de la Chèvre dès l'époque de sa fondation qui remonte à 1854. Il était question alors de la Chèvre à tissu. Dans sa séance annuelle publique du 17 février 1857, M. le Dr SACC annonçait la fondation d'un prix pour encourager l'élevage et la propagation de la Chèvre d'Angora dont un troupeau avait été importé d'Asie-Mineure par les soins de la Société d'Acclimatation et prospérait admirablement en Algérie.

En même temps qu'elle s'exerçait sur les Chèvres d'Angora, la sollicitude de la Société s'était portée sur les Chèvres au nez busqué et à oreilles pendantes, que le Négus a envoyées à Napoléon III et qui ont été embarquées au Caire en même temps qu'un jeune Hippopotame qu'elles étaient chargées de nourrir. Cette race caprine, originaire de Nubie et appartenant à la variété Zaraïbe a été signalée par tous les auteurs qui ont écrit sur la Chèvre, comme susceptible de fournir des laitières merveilleuses comme abondance et qualité du produit.

Les propriétés hygiéniques du lait de Chèvre ont particulièrement frappé l'attention de la Société Nationale d'Acclimatation qui s'est préoccupée, vers 1883, de l'étude d'une amélioration zootechnique du cheptel caprin en France. A ce sujet, un questionnaire fut lancé, dans toute la France et dans quelques Etats voisins. Cette consultation a fourni à M. I. GAUTIER l'occasion de présenter à la Société un rapport des plus intéressants et qui a été publié en son temps au Bulletin. Ce rapport a fait ressortir l'état lamentable de la situation caprine en France et l'extraordinaire incohérence des opinions formulées sur un sujet que tout le monde croit connaître.

M. le médecin vétérinaire, Ernest PION a repris la question plus tard, en 1885 et a mis en lumière, de sa plume alerte et suggestive, les avantages considérables que peut présenter, pour l'allaitement des jeunes enfants, un animal doué de la précieuse faculté de résister d'une façon toute spéciale à l'infection tuberculeuse. Cette même thèse avait déjà été soutenue, vers la même époque, par le Dr BOUDART.

C'est aux archives de la Société d'Acclimatation, dans les écrits des personnalités que nous venons de citer et dans ceux d'autres amis de la Chèvre, tels que MM. le Dr SACC, GEOFFROY-SAINT-HILAIRE, de PRUOS, Amédée BERTHOULE, HUART DUPLESSIS etc., etc., que M. CRÉPIN a amorcé ses premières recherches sur les Chèvres et c'est par le Bulletin de la Société qu'ont été publiées toutes les constatations scientifiques faites par ce dernier sur les nombreux troupeaux caprins de toutes races qu'il a été à même d'observer depuis 1897.

L'année dernière, usant de la valise diplomatique, la Société d'Acclimatation a lancé un nouveau questionnaire ayant cette fois pour objet l'exploitation de la situation caprine dans le monde entier.

Cette enquête a révélé que le bon grain jeté par notre Société depuis plus de 50 ans a levé puissamment dans tous les pays ouverts au progrès. En Angleterre, en Allemagne, en Suisse et en Belgique des sociétés et des syndicats y répandent l'usage de la Chèvre et le souci d'améliorer cette espèce animale. Le danger de l'infection tuberculeuse par le lait de vache a décuplé partout l'intérêt qui s'attache à l'étude de la Chèvre laitière.

M. de GUERNE conclut en traçant la tâche que la Section d'études caprines aura à remplir. Son programme comprendra notamment la fixation des caractères des meilleures races caprines à rechercher et à élever, soit en se plaçant au point de vue de la production des éléments à tissus, soit au point de vue de la production laitière. Il conviendra de rechercher la meilleure formule de sélection ou de croisement pour obtenir des types parfaits dans l'un ou l'autre des ordres d'idées poursuivis. Une Commission devra être nommée pour étudier ce programme et arrêter les bases d'un livre de généalogie caprine qui rendra les plus grands services à la cause de la Chèvre et aux éleveurs-amateurs soucieux de bien faire.

M. DEBREUIL demande la parole pour souhaiter la bienvenue à la jeune Section d'études caprines. Il compare avec infiniment d'à-propos et de bonne grâce la Section à la maison de Socrate qui, quoique de dimension restreinte, était encore largement suffisante pour grouper les bons et vrais amis.

Ceci, en l'espèce, pourrait s'entendre plus particulièrement des vrais amis de la Chèvre. Il rappelle que la Société d'Acclimatation a donné naissance, en France comme à l'Etranger, à plusieurs Clubs et Sociétés qu'il voudrait voir rattachés plus intimement à la Société-mère qui est restée et se maintient sur le terrain scientifique où les efforts de ses membres mis en commun ne visent jamais que l'intérêt général et le bien public.

La parole est donnée à Mme VALOIS pour une communication sur son élevage de Lestiou (Loir-et-Cher). La conférencière possède des chèvres depuis 1875, date à laquelle son premier sujet caprin lui fut fourni par le Jardin d'Acclimatation par prélèvement sur un troupeau nouvellement importé de Suisse. Il reste à Lestiou une seule descendance de la chèvre de Toggenbourg précitée et, fait remarquable, qui contredit les idées généralement reçues sur la prédominance du mâle, cet animal malgré l'intervention des boucs absolument vulgaires et banaux, rappellerait très bien encore son origine unilatérale de race, par sa robe et ses grandes qualités laitières.

Mme VALOIS n'a aucune préoccupation commerciale ; elle vise à faire de l'utile et du bien. Elle a pu l'automne dernier (octobre novembre 1905), attirer vers son troupeau toutes les Chèvres des environs, qui ont été saillies ; celles à poil ras, par un magnifique bouc Nubio-alpin de sang absolument authentique ; celles à poils longs, par un pur-sang de race mambrine, la fameuse race beurrière d'Orient. Il sortira des dispositions ainsi prises une génération caprine déjà un peu améliorée. Madame VALOIS rachètera à un prix honorable toutes les chevrettes au sevrage, qu'elle fera élever et soigner dans un herbage opulent qu'elle vient de louer. Les jeunes Chèvres seront accouplées dans la suite avec les mêmes sujets de choix dont elles proviennent et le fruit de ces unions donnera aux parages où Mme VALOIS exerce ses bons offices, une race caprine qui fera le bonheur de la grande masse des petits propriétaires qui vivent péniblement du produit de leurs champs et qui sont déjà vivement intéressés à l'entreprise bienfaisante qui honore l'esprit et le cœur de Mme VALOIS.

M. le comte DELAMARRE prend la parole pour exprimer, en sa qualité de citoyen du Loir-et-Cher, toute la reconnaissance que devront à cette dame tout particulièrement les nombreux enfants assistés que Paris envoie dans ce département, en raison des conditions supérieures d'hygiène et de bien-être que leur amènera l'introduction dans le pays d'une race caprine à lait meilleur et plus abondant.

Il est procédé ensuite à la désignation des membres qui feront partie de la Commission du livre d'origine. Sont nommés : MM. le Dr GARNEL, TOLET et CREPIN ; ce dernier fera office de rapporteur.

M. LOYER rend compte de l'affiliation spéciale à la Section d'études caprines de M. de GONTCHARROF, Président de la Société d'aviculture rurale de Moscou, qui vient de se faire admettre comme membre de la Société d'Acclimatation de France. L'assistance accueille avec grande faveur cette personnalité étrangère, qui est un homme de qualité, d'un esprit scientifique distingué, et qui témoigne en toute circonstance tout son dévouement à la France.

M. de GONTCHARROF a annoncé à M. LOYER qu'une exposition d'aviculture aurait lieu à Moscou en novembre prochain, qu'il y serait annexé une exposition spéciale de chèvres. Il convie la Section caprine à y participer tout au moins par des envois de documents sur l'espèce caprine.

La prochaine réunion est fixée au vendredi 11 mai 1906.

Le secrétaire

J. CRÉPIN

Publié dans Organismes

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