Domaine agricole et château de RICHELIEU à Richelieu (Indre-et-Loire)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

CHRONOLOGIE

En 1808 le cinquième Duc de RICHELIEU et ses sœurs, confrontés au coût d'une restauration, vendent leur domaine à Hippolyte COLLINEAU (armateur nantais, ancien propriétaire du domaine de Grillemont).

1808-1833

Propriétaire : Hippolyte COLLINEAU

Culture de la betterave à sucre, construction d'une sucrerie.

1833-1848

Propriétaire : Henri Hyacinthe LAURANCE (riche propriétaire du Richelais)

1848-1878

Propriétaire : Léopold HULIN (neveu de Henri Hyacinthe LAURANCE)

Usine de fabrication de poudre

1878-1830

Propriétaire : Michel HEINE (banquier parisien)

Culture de la vigne

Bulletin de la Société Les Amis du Vieux Chinon, Tome X, n° 7, Année 2003
p. 752-753


Extrait.
Plus surprenant est le silence des romanciers sur le domaine de Richelieu, "Le Parc" comme l'on dit, son agonie durant les trois quarts du 19e siècle et sa résurrection à partir de 1878.
L'histoire doit être rappelée dans ses grandes lignes. Durant la Révolution, le Domaine n'avait pas été dépecé ; le château n'avait souffert que de pillages réparables. Ses œuvres d'art les plus significatives avaient été sauvées par les pouvoirs publics, ce qui permet de les admirer au Louvre et dans les musées de Tours, Potiers, Orléans ou Versailles, voire au Musée de la Marine ou à Malmaison. En 1805, malgré certaines indemnisations au cinquième Duc et à ses sœurs, confrontés au coût d'une restauration, décidèrent de se défaire du Domaine qui leur avait été restitué.
Au cours des quelques soixante-dix années qui suivirent sa vente, la propriété fut découpée et redécoupée au gré des succession et transactions de toutes sortes ; elle ne fut bientôt qu'un puzzle hétéroclite de parcelles de toutes contenances aux destinées diversement triviales. Le château proprement dit et ses servitudes avait été acquis par un citoyen (Hippolyte COLLINEAU, armateur nantais) cherchant faire de l'argent de tout. Durant trente ans (1805-1835), lui et ses ayants droit, plus cupides encore, s'acharnèrent à la destruction systématique de ces monuments prestigieux pour en vendre les matériaux. En 1835, à l'exception miraculeuse du Dôme avec deux ou trois travées attenantes, du Portal d'honneur, aux Caves et de l'Orangerie, il ne restait plus pierre sur pierre d'une merveille qui n'avait duré qu'à peine deux siècles.
Dès cette époque, cependant, un riche propriétaire richelais, Conseiller général Henri Hyacinthe LAURANCE (1799-1861) méditait sans doute la reconstitution du Domaine. En 1833, il avait, en effet, racheté dans le Parc les terres et bâtiments de "la Sucrerie" (2), du nom d'une éphémère entreprise industrielle des années 1820. En 1852, il avait acquis le site et les vestiges du Château et, en 1860, 220 hectares de la forêt. Dans cette importante portion de l'ancien Parc, il fit construire, vers 1853, la grosse maison bourgeoise dite "Le Petit Château". A sa mort, il léguait l’ensemble et ses autres propriétés, en ville et aux environs, à son neveu, Pierre Paul dit Léopold HULIN (1812- 1896) (1). Homme instruit et entreprenant, HULIN fut maire de Richelieu de 1867 à 1875 et député à l'Assemblée nationale en 1871. Pour installer dans son domaine une usine de frittage de poudres métalliques, il s'était couvert de dettes. Il fit faillite en 1875 (moment où l'on perd complètement la race) sans que personne ait eu à se féliciter outre mesure de la réunion du Parc et de la Ville sous sa houlette magique.
En 1878, à a vente des actifs fonciers de HULIN, un grand banquier parisien, Michel HEINE (1819-1904), s'adjugea la majeure partie de ces biens, et en premier lieu, la totalité de ceux inclus dans le Parc. HEINE entreprit aussitôt, avec détermination, le patient rachat des autres parcelles encore aux mains de divers propriétaires. Sa reconstitution du Domaine lui permit d'en réaliser, dans le dessin général du Parc et dans le choix des essences, un aménagement paysager exemplaire. Toute la partie traitée dans l'esprit de l'Ecole française des jardins de la fin du 19e siècle appelle de ce fait, le plus scrupuleux respect.
La volonté de HEINE de redonner un nouveau lustre au Domaine du Cardinal-Duc avait d'excellentes raisons. En février 1875, il avait marié sa fille Alice à Richard Armand CHAPELLE, alors Marquis de JUMILHAC et, en puissance septième Duc de Richelieu. Effectivement, au décès du sixième Duc, son oncle, Richard ARMAND, relevait le titre ducal en février 1879. Il mourut malheureusement en juin 1880, à l'âge de 32 ans.
Richard ARMAND laissait à son beau-père, Michel HEINE, un petit fils, Jean ARMAND, né en décembre 1875. Cet enfant devenait, à 5 ans à peine, huitième Duc de Richelieu. Sa mère, Alice HEINE, veuve du septième Duc, se remaria en 1889 avec Albert 1er de Monaco, ajoutant à son titre de Duchesse de Richelieu celui de Princesse de Monaco. Son destin personnel est en marge de notre histoire qui doit s'attacher à celle de son fils. Le "Petit Dux", comme on disait lorsqu'il séjournait à Richelieu, vécut quelque temps adolescent à Monaco puis fit ses études supérieures de lettres à l'Université d'Aix. Il se maria tardivement aux Etats-Unis et vécut désormais les trois quarts de l'année à New-York.
Après avoir vu disparaître son grand-père et sa grand-mère en 1904 et 1915, sa mère, la princesse Alice, en 1925 et son oncle Georges HEINE en 1928, il se retrouva seul propriétaire du domaine dont Georges avait encore parfait la réunification en 1909. Jean ARMAND, n'ayant ni descendants ni neveux susceptibles de relever son titre, fit don en 1930 de son Domaine de Richelieu à une prestigieuse institution d'enseignement supérieur, l'Université de Paris. Il lui confiait, entre autres obligations, le maintien de la propriété en l'état et la garde du nom et du titre ducal de Richelieu. Décédé en 1952, Jean ARMAND, huitième et à jamais Duc de Richelieu, repose à bon droit, comme ses prédécesseurs, dans la crypte de l'église de la Sorbonne, aux côtés du Grand Cardinal qui la fit édifier.
 

(1) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/leopold-hulin-1822-1896-proprietaire-a-richelieu-indre-et-loire-homme-politique.html

(2) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/culture-de-la-betterave-a-sucre-en-touraine-au-xixe-siecle.html

1815

 

https://francearchives.fr/fr/agent/18951824

Inventaire après décès de Joseph Hippolyte Collineau, propriétaire, demeurant ordinairement à Richelieu (Indre-et-Loire), décédé à Paris, ru...
Cote : MC/ET/LXXXVI/991 - MC/ET/LXXXVI/1097, MC/RE/LXXXVI/18 - MC/RE/LXXXVI/20 - MC/RE/LXXXVI/18 Inventaire après décès de Joseph Hippolyte COLLINEAU, propriétaire, demeurant ordinairement à Richelieu (Indre-et-Loire), décédé à Paris, rue Montmartre, n° 134, hôte 
Période : 1815 - 1815 
Fonds : Minutes et répertoires du notaire Marie Joseph ROUSSE, 28 octobre 1813 - 28 juin 1845 (étude LXXXVI) 
Personne : Collineau, Joseph Hippolyte 
Lieu : Montmartre (rue) | Richelieu (Indre-et-Loire)

Publié dans Domaine agricole

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