Etat de l'agriculture tourangelle en 2019

Publié le par histoire-agriculture-touraine

2019


La Nouvelle République, Vendredi 19 avril 2019
https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/le-marche-du-lait-bio-en-pleine-expansion-3


L’association Solidarité paysans a soutenu 37 agriculteurs et leurs proches face aux difficultés de leur exploitation, en 2018, en région Centre - Val de Loire.


C’est suite aux intempéries qui touchent les agriculteurs, à la fin d’année 2016, que le déclic s’est produit pour une vingtaine de bénévoles de la Confédération paysanne Centre, l’Ardear (1) et InPact Centre (2). « On a décidé de créer cette association pour soutenir les agriculteurs qui prennent de plein fouet les difficultés », raconte Yveline Venier, présidente de l’association.
Trente-sept exploitations accompagnées en 2018
Réunis en assemblée générale à Pruniers-en-Sologne le 9 avril, les trente-deux bénévoles et la salariée (recrutée en mars 2018) ont dressé le bilan de l’année. Ils ont accompagné en 2018 trente-sept exploitations qui ont fait appel à l’association, la majorité dans le Cher et l’Indre. « On se déplace en binôme sur l’exploitation, on les aide sur le volet social, juridique, et parfois dans le changement de pratique », explique Yveline Venier.
Les bénévoles sont formés à l’écoute, pour l’aide psychologique. Nombre d’entre eux sont d’anciens agriculteurs à la retraite, souvent particulièrement concernés. C’est le cas de Jean-Paul, pour qui la vie d’agriculteur « n’a pas été un long fleuve tranquille », et qui ne veut pas « laisser la profession s’effondrer ». Mais tous ne sont pas d’anciens exploitants. Charles, comptable à la retraite et vivant en milieu rural, s’est senti « concerné par les difficultés des gens qui m’entourent, que ça soit les agriculteurs ou les chômeurs. C’est vraiment le nombre de suicides de paysans qui m’a marqué, et m’a fait agir. »
300 € pour vivre chaque mois
L’accompagnement se fait sur le long terme, souvent sur plusieurs mois voire années. Une majorité des difficultés (60 %) concernent des cas d’endettement. C’est le cas pour Christian (prénom modifié), éleveur caprin et ovin dans l’Indre, confronté à des difficultés avec sa banque. « Au lieu d’aider les gens, ils les enfoncent », regrette-t-il. Producteur de lait de chèvre, il n’arrive pas à s’en sortir. « Les prix ne montent pas, le lait est vendu 60 centimes le litre, il faudrait qu’il soit à 1 € ! Je vends pour environ 3.000 € de lait par mois, et 2.700 € passent en facture, il me reste 300 € pour le mois ! » Il a également récemment vendu vingt-sept chevreaux pour 74,50 €, bien insuffisant pour être rentable. Face aux difficultés, « l’association m’aide à négocier avec les banques. C’est aussi avec Solidarité paysans qu’on a décidé de me remettre au mouton, pour diversifier mon activité ».
L’association continue en 2019 à aider les agriculteurs, que ça soit pour une demande ponctuelle ou un accompagnement plus pérenne.
(1) Ardear : Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural. (2) InPact : Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale. Solidarité paysans Centre - Val de Loire, 87A, route de Château-Renault à Blois. Tél. 02.54.46.49.44. E-mail : centre-valdeloire @solidaritépaysans.org. Renseignements sur www.solidaritepaysans.org/centre


Le marché du lait bio en pleine expansion


Le lait bio est très demandé. C’est ce qu’ont expliqué Bio Centre et la chambre d’agriculture mardi 9 avril à Romorantin, devant une quinzaine d’éleveurs, lors d’une journée consacrée au lait bio. « Les laiteries ont un besoin en lait bio, car il y a une demande importante sur le marché », explique Jean-Marie Mazenc, salarié de Bio Centre.
Une bonne partie des laiteries de la région étaient représentées lors de cette journée. Des éleveurs passés au bio ont également apporté leurs témoignages. « Il faut gérer la période de transition de 2 ans. Le passage au bio nécessite de modifier sa méthode de travail, sa façon de penser son exploitation. C’est pour ça qu’il faut être accompagné », note Hubert Marseault, représentant de la chambre d’agriculture régionale. Bio Centre et la chambre ont donc présenté leur travail d’accompagnement vers la conversion au bio.
Hubert Marseault a également vanté les mérites du bio, « économique, on augmente les revenus, sociétal, le bio est très demandé par le consommateur, et environnemental, concevoir son exploitation autrement ». Les acteurs du bio ne cachent toutefois pas les difficultés, un changement parfois bouleversant de sa vision du métier. Il y a également des pratiques à modifier, changer l’alimentation de l’animal évidemment, mais aussi « se passer des compléments alimentaires, ajoute Hubert Marseault. Il en existe en bio, mais ils sont très chers, donc on ne les met pas. Il faut alors accepter de voir sa productivité baisser. »
Des difficultés dont il faut être conscient, mais qui débouchent sur des avantages, à commencer par le prix de vente du lait : « 470 € les 1.000 litres en bio en moyenne, contre environ 340 € en conventionnel », note Jean-Marie Mazenc.
 

La Nouvelle République, Mercredi 13 novembre 2019

https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/eclaircie-sur-les-fermes-tourangelles

Éclaircie sur les fermes d'Indre-et-Loire
 

Publié dans Etat de l'Agriculture

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