MÉGRET d'ÉTIGNY Antoine (1719-1767)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

Antoine MÉGRET d'ÉTIGNY

Né à Paris le 28 novembre 1719

Décédé à Auch le 24 août 1767

Époux de Françoise THOMAS de PANGE (1723-1789) avec laquelle il eut un fils : Antoine Jean François MÉGRET de SÉRILLY (1746-1794), trésorier de l'Extraordinaire des guerres.

Intendant de la généralité de Gascogne, Béarn et Navarre. (avril 1751 au 24 août 1767), siège à Auch (Gers)

La famille Mégret, détentrice du château de Passy, acquiert en 1739 la seigneurie de Theil (Theil-sur-Vanne dans l'Yonne) 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_M%C3%A9gret_d%27%C3%89tigny

1751-1766

Importation de moutons mérinos d'Espagne

Gazette du commerce de l'agriculture et des finances. Année 1766. Du Samedi 17 mai. N° 38.
p. 311-312
MÉMOIRE de M. d'Étigny, sur le troupeau de béliers et brebis d'Espagne qu'il a dans sa terre de Teil, près de Sens.
Je suis Intendant depuis 1751 des Généralités de Pau et d'Auch.
Il se fait dans mon Intendance un très grand commerce de laines d'Espagne, et surtout dans les villes de Bayonne et d'Oloron.
J'ai été à portée de prendre connaissance sur ce commerce si avantageux pour l'Espagne et si nécessaire pour les manufactures du Royaume.
J'ai tenté pendant plusieurs années tous les moyens possibles pour tirer d'Espagne des béliers et des brebis de la race qui produit cette laine si précieuse ; mes soins ont été inutiles à cause de la difficulté de les sortir d'Espagne, des défenses y étant très rigoureuses et portant même peine de mort.
J'ai fait la campagne de 1762, en qualité d'Intendant de l'Armée Française qui a servi en Espagne et au Portugal ; j'ai parcouru une partie de ces deux Royaumes, et j'ai été assez heureux pour trouver du côté d'Alcantara et de Cacérès sur les frontières du Portugal, des troupeaux de l'espèce qui produit les plus belles laines.
J'examinai avec attention les pâturages qui servaient de nourriture à ces bestiaux, et je crus remarquer très peu de différence entre ces pâturages et ceux que j'ai chez moi auprès de Sens ; je me déterminai sur le champ à tâcher de me procurer à quelque prix que ce fût, un troupeau considérable en béliers et en brebis de la meilleure race, et je parvins avec beaucoup de soins et de dépenses, à faire arriver chez moi près d'Auch, au mois de Mai 1763, un troupeau de 80 brebis, 39 béliers et 3 moutons.
Ces animaux étaient très fatigués d'une route aussi longue ; ils avaient marché près de quatre mois pour venir d'Alcantara à Madrid, de Madrid à Pampelune, de Pampelune à Barcelone, de Barcelone à Perpignan, de Perpignan à Auch, ce qui fait un trajet de plus 400 lieues de France.
Le troupeau qui était arrivé à Auch avec sa toison, était chargé de poussière ; la galle fut suite de cette route, et je perdis au moins un tiers de mon troupeau.
L'été de 1763, ayant été fort chaud en Gascogne, et d'ailleurs les pâturages étant fort resserrés et peu convenables à ces animaux, la galle les gagna de nouveau dans l'automne de 1763 ; les brebis mirent bas, et beaucoup d'agneaux périrent.
J'étais à la veille de perdre le fruit de mes soins et de mes dépenses, lorsque je me procurai un Berger des montagnes des Pyrénées des plus intelligents et des plus habiles ; c'est cet homme à qui je dois le salut du reste de mon troupeau.
Ce berger me conseilla de l'envoyer avec le troupeau sur les montagnes vers les mois de mai de 1764 ; le troupeau y passa le printemps, l'été, et revint à Seillan près d'Auch dans le mois de Septembre de la même année.
Je fis venir à Auch dans l'été de 1764, de ma terre de Teil près de Sens, un Berger qui y était à mon service, je l'envoyai joindre au commencement d'Août mon autre berger sur la montagne en lui recommandant de seconder ses soins, et de bien examiner sa façon de conduire et de traiter son troupeau.
Ces deux Bergers étant revenus de la montagne, je crus que c'était la saison la plus convenable pour faire arriver chez moi, dans mes terres auprès de Sens, mon troupeau de béliers et de brebis d'Espagne.
Les deux bergers munis de leurs passeports et d'une provision de remèdes propres aux animaux qu'ils conduisaient, mirent près de 40 jours pour arriver d'Auch (Gers) à Passy près de Sens (Yonne). Les pluies furent quasi continuelles ; ces animaux arrivent très fatigués, et surtout les brebis qui étaient pleines.
Ce troupeau arriva (à Passy près de Sens) dans les premiers jours de Novembre (1764), les brebis commencèrent à mettre bas à la fin du même mois, elles n'avaient presque pas de lait, ce qui demanda encore beaucoup de soins et de dépenses, tan pour la nourriture des mères brebis auxquelles on ne refusait ni avoine, ni son, ni sel, ni orge cuit et moulu, que pour celle des agneaux.
Une partie des agneaux périt malgré les soins des deux Bergers, ceux qu'ils trouvent le moyen de conserver, ont bien réussi, et seront en état de faire la monte en 1766.
Le Berger de la montagne m'a confirmé dans l'idée que j'avais de l'excellence de mes pâturages. Ils sont composés de friches et de bruyères dans lesquelles il y a quelques buissons d'épines, des sauvageons, des trembles et des bois blancs. Ils forment une étendue d'environ une demi-lieue en tous sens. Les brebis, les béliers et agneaux y trouvent en tout temps et en abondance une herbe plus ou moins fine, suivant les cantons ; le terrain y est très sec presque partout.
Le Berger de la montagne me demanda la permission de s'en retourner dans son pays au printemps de 1765, et depuis cette époque le troupeau est resté sous la conduite de l'autre Berger auquel j'ai donné un garçon de 16 à 18 ans pour le seconder.
Ce berger a très bien gouverné ce troupeau, s'est donné beaucoup de soin, mais il n'a pas pu garantir des suites du grand froid les brebis et les agneaux qui sont nés en Novembre et Décembre de l'année 1765, et en Janvier 1766. Les brebis n'ont pu sortir à cause de la neige qui a couvert la terre, et elles ont manqué de lait quoiqu'on leur ait donné suffisamment du foin, de la paille de froment et de seigle, de l'avoine, du sel et de l'orge.
Malgré tous les soins qu'on a pris des agneaux je n'ai pu conserver que les 3/5 au plus. J'espère à l'avenir me mettre à l'abri de ces pertes, en faisant saillir plus tard mes brebis. Il y a tout lieu de croire qu si les brebis ne commencent à mettre bas qu'à la fin Février, elles ne manqueront pas de lait et que les agneaux seront beaucoup plus aisés à élever.
La suite à l'ordinaire prochain.

Gazette du commerce de l'agriculture et des finances. Année 1766. Du Mardi 20 mai. N° 40.
p. 317-318
Suite du Mémoire de M. d'Étigny, etc.
CONNAISSANCES que j'ai prises en Espagne sur la nourriture des bêtes à laine.
Un grand nombre de personnes croient que toutes les laines d'Espagne se ressemblent ou sont du moins peu différentes pour la finesse et la qualité ; c'est une erreur, et il est constant qu'il y a beaucoup plus de différence entre les laines en Espagne, qu'il n'y en a entre les laines des différentes Provinces de France.
Je ne connais pas précisément tous les cantons d'Espagne, relativement aux laines qu'ils produisent, j'ai seulement appris sur les lieux, que les laines de la plus grande finesse et de la meilleure qualité, proviennent des bestiaux de Castille nouvelle, de la Castille vieille, de l'Estremadoure Espagnole et Portugaise et des environs de Séville ; cette espèce de laine se vend toute lavée à raison de 8 à 12 réaux de veillon la livre, c'est-à-dire de 40 l. à 3 livres de notre monnaie, un peu plus ou un peu moins, suivant les demandes qui en sont faites, et proportionnément au produit de la tonte qui n'est pas toujours égal.
Ces troupeaux appartiennent pour la plupart aux Grands Seigneurs d'Espagne et aux maison Religieuses qui sont fort riches. Chaque troupeau est de 500, de 1 000, de 2 000 et quelquefois de 3 000 bêtes, surtout en moutons. Deux, trois, quatre hommes conduisent un troupeau et se relayent pour y veiller continuellement. 
Ces troupeaux n'entrent jamais dans aucune étable ; ils restent dehors nuit et jour dans toutes les saisons, exposés à toutes les injures du temps ; chaque troupeau a sa marque distinctive.
On m'a assuré qu'il y avait des Seigneurs qui possédaient jusqu'à 20, 30, 40 000 bêtes à laine. 
Il est aisé de concevoir que ces troupeaux restant toujours dehors, n'ont d'autre nourriture que l'herbe qu'ils pâturent. Cette herbe est ordinairement très fine.
Il faut observer qu'on ignore en Espagne, pour ainsi dire, jusqu'au nom de prairies, surtout dans les Provinces qui produisent cette laine si célèbre par sa finesse et sa qualité.
Il serait bien à désirer que les propriétaires de bêtes à laine en France, fussent instruits de tous les maux que leur cause la dépaissance dans les prairies, et surtout dans celles qui sont humides et qui produisent une herbe aigre et grossière.
Les troupeaux voyagent en Espagne pendant presque toute l'année ; ils vont de la Castille nouvelle dans la Castille vieille, et de là du côté de Séville et dans l'Estremadoure Espagnole et Portugaise, et la même année ils reviennent de l'Estremadoure dans les Castilles, où l'on fait presque toujours la tonte ; ces troupeaux parcourent ordinairement chaque année une étendue de 150 à 200 lieues de Pays. Je n'ai pris que de légères connaissances sur la tonte et sur le lavage des laines, il me sera fort aisé de me procurer des mémoires sûrs, relativement à ces deux objets, dont le dernier surtout est très important.
Je n'ai pas osé faire observer à mon troupeau d'Espagne le même régime pour la nourriture ; je me suis procuré des bergeries fastes et bien percées, qu'on peut échauffer en hiver et rafraîchir en été ; je n'ai pas même osé faire parquer mon troupeau, mais dans les chaleurs, j'ai bien recommandé de le faire sortir de grand matin, de le rentrer sur les dix heures, et de ne le ramener à la pâture que vers quatre ou cinq heures après midi.
Dans l'été de 1765, à la fin du mois d'Août qui a été très chaud, mes béliers et mes brebis que mon Berger avait laissées dehors, furent frappées d'un coup de soleil. Ils couraient de côté et d'autre, tournaient et finissaient par tomber et se pâmer, pour ainsi dire. Le Berger secouru par quelques voisins fit rentrer le troupeau, avec beaucoup de peine ; dès qu'il fût à l'ombre, les accidents disparurent, et mes bêtes à laine revinrent dans leur état naturel.
Pendant les grandes chaleurs, et par un temps bien assuré, mon troupeau a couché dans la cour de la ferme et s'en est très bien trouvé.
Quand le troupeau sera augmenté par la multiplication, je me propose de faire l'essai sur une partie, et de le conduire nourrir comme en Espagne. 
La suite à l'ordinaire prochain.

Gazette du commerce de l'agriculture et des finances. Année 1766. Du Samedi 24 mai. N° 41.
p. 325
Suite du Mémoire de M. d'Étigny, etc.
TONTE du Troupeau, vente et qualité de la laine.
Mon troupeau est arrivé à Auch au mois de Mai 1763, il était composé, comme je l'ai dit plus haut, de 80 brebis, 39 béliers et 9 moutons ; la tonte fut faite peu de ours après, et elle produisit 900 livres de laine que je vendis 90 livres le quintal, sans être lavée et petit poids à Messieurs Poey et Augerot, qui ont à Nay en Béarn une Manufacture de bonnets, façon de Tunis ; je leur vendis au même prix en 1764, et ce prix était beaucoup trop bas, puisque la tonte de 1765 fut vendue au sieur Epoingy de Sens 275 livres le quintal, poids de marc, avec les quatre au cent. Il est vrai que la tonte de 1765, avait été lavée en eau courante. Il n'y a pas la moindre différence entre la laine de la tonte de 1763 et celles de 1764 et 1765, c'est la même finesse, la même blancheur, et les tontes ont produit à peu près autant, proportionnément au nombre de bêtes à laine.
Les moutons produisent ordinairement 4 à 5 livres de laine lavée, les béliers 3 à 4 livres et les brebis 2,5 à 3 livres. 
J'ai fait faire des tontes jusqu'à présent sans que les bêtes fussent lavées ; je crois cependant qu'il serait convenable de les laver avant la tonte ; je ferai ces deux expériences à la tonte prochaine pour connaître quelle est la meilleure façon de procéder, et j'y serai très attentif à garder à chaque tonte, à commencer cette année 1766, six livres de laine, que je ferai laver avec soin et étiqueter, afin de pouvoir faire comparaison de la laine de cette année avec celle que j'aurai par la suite.
La suite à l'ordinaire prochain.

Gazette du commerce de l'agriculture et des finances. Année 1766. Du Samedi 31 mai. N° 43.
p. 341-342
Suite du Mémoire de M. d'Étigny, etc.
MÉLANGE DES RACES.
Quelles ont été les suites de ce mélange.
J'ai parlé dans le premier chapitre de ce Mémoire de la nécessité de la nécessité où je m'étais trouvé d'envoyer mon troupeau à la montagne pendant l'été de 1764.
Les Communautés auxquelles je m'adressai, me permirent de faire mener mon troupeau dans leurs pâturages, j'allais dans le mois d'Août le visiter je l'avais fait descendre à Bagnères-de-Luchon ; deux Syndics des Communautés auxquelles appartenaient les montagnes, où mon troupeau pâturait, se rendirent à Bagnères et me prièrent très instamment de leur prêter deux béliers ; j'eus toutes les peines du monde à leur faire entendre que je les leur donnais, ils me comprirent enfin, à force d'explication. Ces bonnes gens ne pouvaient s'imaginer que je voulusse leur faire un aussi beau présent ; nous nous quittâmes fort contents les uns des autres, et je crus qu'ils auraient le plus grand soin des deux béliers que je leur avais donnés et qui n'étaient qu'une faible marque de ma reconnaissance pour la permission qu'ils m'avaient accordé de faire pâturer mon troupeau sur leurs montagnes.
En 1764, à la fin de Septembre, quand je fis partir mon troupeau d'Auch pour se rendre chez moi à Vaumorin, auprès de Sens, dans ma terre de Teil, mes deux Bergers me représentèrent qu'il y avait quelques béliers et brebis qui auraient peine à soutenir la fatigue de la route. Je me déterminai à faire un triage de 28 à 30 bêtes des plus faibles, et de ces 30 bêtes, j'en donnai 4 à M. le Marquis d'Astorg auprès d'Auch, et j'envoyai le reste aux Communautés auxquelles j'avais donné les deux béliers ; je leur annonçai que je renonçais à la tonte de chaque année, et que je ne me réservais que les agneaux femelles qui naîtraient, leu abandonnant outre la tonte tous les béliers existants et qui naîtraient à l'avenir. Mes soins ont été inutiles, ce troupeau a été négligé et très mal soigné, le sieur Lassas mon Subdélégué à Mourjau, m'ayant marqué au mois d'Août 1765, que mon petit troupeau dépérissait de jour en jour, j'ai pris le parti de le faire revenir à Auch ; il s'est trouvé réduit à onze brebis sans aucun bélier. Il est actuellement à Scillau près d'Auch, et j'ai été obligé de donner à ces brebis un bélier du Pays ; je verrai quelle sera la qualité de leurs productions.
Mon troupeau était composé de 107 brebis et béliers à son arrivée à Vaumorin au mois de Novembre 1764. Comme j'avais un nombre de béliers plus que suffisant pour les brebis, j'ai pris le parti d'acheter 150 brebis de Sologne auxquelles j'ai donné trois de mes béliers : la rigueur de cet hiver a fait périr la moitié des agneaux qui sont nés, j'en ai reçu les peaux, et j'ai remarqué avec grand plaisir que la moitié de ces peaux d'agneaux, ont les unes, en partie, et les autres, presque totalement la même qualité de laine que celles des agneaux de mon troupeau d'Espagne, il est aisé de s'en convaincre par la comparaison des unes aux autres.
J'ai distribué dans cinq de mes Paroisses, treize béliers ; je comptais leur rendre un grand service, et que les propriétaires des brebis se donneraient pour mes béliers ; j'ai été bien trompé dans mes espérances, les uns ont perdu les Béliers, d'autres les ont abandonnés ; je n'ai pu en rassembler que huit, encore ont-ils rapporté la galle dans mon troupeau ; mon berger s'en est heureusement aperçu et s'est donné des soins pour arrêter le progrès de ce mal.
J'ai aussi envoyé l'été dernier (1765) à M. Turgot, Intendant de Limoges, et sur sa demande, quatre béliers, et je les ai adressés à M. de Rochebrune, Commissaire des guerres, auquel je me propose d'envoyer quelques peaux de mes agneaux métis ; je ne doute point des soins de M. de Rochebrune d'après la recommandation de M. Turgot.
Fin.

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1770

L'abbé CARLIER encourage avec quelques réserves l'introduction des mérinos en France initiée par l'intendant d'Etigny en Béarn !

 

CARLIER Claude (abbé) *. Traité des bêtes à laine ou méthode d'élever et de gouverner les troupeaux aux champs et à la bergerie. Tome second. Paris M. DCC. LXX. 1770.
p. 651-652
Feu M. d'Etigny Intendant du Béarn, ayant remarqué de l'analogie entre les pâturages du Béarn et ceux d'Espagne, se détermina à faire l'acquisition de plusieurs béliers Transhumants à toison fine, qu'il tira de l'Estremadure. Il les accoupla avec des brebis Béarnaises plus fortes de corsage, mais inférieures en qualité de laine. Ces brebis lui donnèrent des agneaux qui participaient de la taille du père et de celle de la mère. Parvenus à l'âge où l'on peut apprécier le mérite des toisons, les rejetons des deux branches croisées parurent couverts d'une laine peu au-dessous de celle des étalons étrangers.
Flatté du succès, M. d'Etigny s'occupa du soin d'accroître cette branche moyenne, et envoya des élèves dans plusieurs provinces.
Cette opération a été proposée dans des ouvrages périodiques, comme un exemple à suivre. Nous estimons qu'on peut effectivement le citer comme un modèle de conduite, mais à l'égard des pays seulement où il est à présumer que la nature des pâturages et la température de l'air ne mettront pas d'obstacles au succès.

* Abbé CARLIER http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2020/05/carlier-claude-abbe-1725-1787.html

Documentation

 

MÉGRET d'ÉTIGNY, dans LE GERS Dictionnaire biographique de l'antiquité à nos jours, Sous la direction de Georges Courtès, Société Archéologique et Historique du Gers. Imp. Fournié à Balma (Toulouse) 1999. 365 p. pages : 239-240.

BORDES (M.), D'Étigny et l'administration de l'intendance d'Auch, 1751-1767, thèse lettres, Paris, 1956 (éd. Auch, Cocharaux, 1957)

ESMONIN Edmond, Maurice Bordes, D'Étigny et l'administration de l'intendance d'Auch (1751-1767), 1957. In ; Revue d'histoire moderne et contemporaine, tome 5 N°3, Juillet-septembre 1958. pp. 236-240 ;
https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1958_num_5_3_3313_t1_0236_0000_2
p. 238
Note (2) J. LAFOND (d'Étigny, p. 100), a invoqué un article d'Étigny sur les moutons mérinos publié dans la Gazette d'agriculture de 1766 mais ce fait n'est pas probant : tous les intendants indistinctement avaient été invités par le contrôleur général à collaborer à ce journal, et l'article n'a rien de physiocratique.

Recueil des pièces pour servir à l'histoire de M. d'Étigny, intendant en Navarre, Béarn, et Généralité d'Auch. Auch, Veuve Duprat, Imprimeur du Roi et de la Ville. 1826.
p. 8-9
M. le comte François de Neufchâteau a eu la bonté d'extraire pour nus de ses collections agronomiques, le mémoire publié les 20, 24 et 31 mai 1766, dans la Gazette du commerce, de l'agriculture et des finances, où M. d'Étigny détaille les moyens qu'il employa.

Essais de sériciculture dans le département du Gers. Par le Docteur Teilleux. Auch 1861.
p. 30
Note (1)
Déjà, sous Louis XIII, on avait essayé l'introduction du mérinos en France. La Suède n'avait pas tardé à nous suivre dans cette voie ; en 1723, elle avait tenté la régénération de sa race ovine par le mélange de la race espagnole. La Saxe aussi, en 1765, avait introduit chez elle un troupeau de mérinos. J'ajouterai enfin qu'en 1762, lorsqu'il était intendant de nos armées en Espagne et au Portugal (conflit Espagne-Portugal, la France était avec l'Espagne et l'Angleterre avec le Portugal) , M. Antoine Mégret d'Étigny, après avoir remarqué la beauté des brebis d'Estremadure, n'épargna ni soins ni dépenses pour en faire venir à Auch. Les moutons arrivèrent en 1763 à leur lieu de destination. Bien loin alors de réserver pour lui seul ou d'en faire spéculation, le généreux intendant les distribua aux meilleurs agriculteurs de la contrée et de la France. M. le marquis d'Astorg en compta, à partir de cette époque, quelques uns dans son troupeau. Il en fut de même de l'intendant de la généralité de Limoges, le célèbre économiste Turgot, à qui M. d'Étigny, son ami, s'empressa également d'envoyer quelques béliers et brebis mérinos.

Recueil des pièces pour servir à l'histoire de M. d'Étigny, intendant en Navarre, Béarn, et Généralité d'Auch. Auch, Veuve Duprat, Imprimeur du Roi et de la Ville. 1826.
p. 8-9
Deux villes de son intendance, Bayonne et Oléron, faisaient un assez grand commerce de laines d'Espagne. Il sentit de quelle importance pouvait être l'introduction des mérinos pour la prospérité de l'industrie agricole et manufacturière. Il en avait reconnu de superbes troupeaux, du côté d'Alcantara et de Cacérès, lorsqu'en 1762, intendant de l'armée en Espagne et en Portugal, il avait parcouru une partie de ces deux royaumes. Il crut même qu'il y avait de l'analogie entre leurs herbages et ceux de sa terre de Passy (Yonne). Ni soins ni dépenses ne furent épargné pour faire arriver auprès d'Auch au mois de mai 1763, cent vingt-deux (122) bêtes à laine, dont 39 béliers. Les fatigues d'une route de 400 lieues, des accidents imprévus, et la négligence du berger, qui n'avait pas fait baigner le troupeau, lui occasionnèrent des maladies dont le tiers fut la victime. Il périssait tout entier, si on ne l'eût fait transhumer suivant l'usage d'Espagne et de Provence ; il se rétablit sur la montagne. La seconde année, les laines se vendirent près de trois francs la livre. Pour décider les cultivateurs à améliorer leur bétail, M. d'Étigny fit cadeau de béliers à des communautés près de Luchon, et leur confia des brebis, en ne se réservant que les agneaux femelles ; il tira des brebis de Sologne pour les croiser avec ses béliers ; il donna des mérinos au marquis d'Astorg, secrétaire perpétuel de la société d'Auch ; il en envoya à M. Turgot, alors intendant de Limoges : amis du bonheur public, ces deux administrateurs étaient faits pour s'entendre. M. le comte François de Neufchâteau a eu la bonté d'extraire pour nus de ses collections agronomiques, le mémoire publié les 20, 24 et 31 mai 1766, dans la gazette du commerce, de l'agriculture et des finances, où M. d'Étigny détaille les moyens qu'il employa. S'il ne put opérer une révolution complète dans l'une des branches les plus importantes de l'économie rurale, il lui reste la gloire de l'avoir tentée le premier, et d'avoir dirigé les esprits vers l'amélioration des laines. En 1769 (deux ans après le décès d'A. Mégret d'Étigny), on demandait avec inquiétude ce qu'étaient devenus les mérinos de M. d'Étigny, lorsque le baron de la Tour d'Aygues répondit que son troupeau de Provence en provenait. M. Ledosseur annonça, l'année suivante (1770), aux états du Béarn, qu'il devait à la même origine la grande qualité de ses laines. On a remarqué que les laines du Gers l'emportent pour la finesse sur celles des départements voisins, et l'on y regarde cet avantage comme un des bienfaits de M. d'Étigny.

 

 

 

 

 

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