SOCIÉTÉS D'AGRICULTURE EN FRANCE

Publié le par histoire-agriculture-touraine

1757-1793

JUSTIN Émile, LES SOCIÉTÉS ROYALES D'AGRICULTURE AU XVIIIe SIÈCLE (1757-1793), Préface de M. Em. SEVESTRE, Saint-Lô, 15, rue de la Marne, 1935, 367 p. [Original consulté à la Bibliothèque universitaire de Poitiers]
Extrait p. 275

LISTE DES SOCIÉTÉS ROYALES D'AGRICULTURE*

I. Pays d'Élections (16)
PARIS : (1er mars 1761) Paris, Meaux, Beauvais, Sens.
LIMOGES : (12 mai 1761) Limoges, Brive, Angoulême.
LYON : (12 mai 1761) Lyon, Montbrisson, Saint-Étienne, Roanne, Villefranche. 
AUVERGNE : (18 juin 1761) Clermont-Ferrand.
ORLÉANS : (18 juin 1761) Orléans, Chartres, Blois, Montargis. 
ROUEN : (27 juillet 1761) Rouen Évreux.
SOISSONS : (7 septembre 1761) Soissons, Laon.
ALENÇON : (31 janvier 1762) Alençon, Falaise.
BOURGES : (31 janvier 1762) Bourges.
AUCH : (15 février 1762) Auch, Saint-Gaudens, Dax.
LA ROCHELLE : (15 février 1762) La Rochelle.
MONTAUBAN : (21 mars 1762) Montauban, Villefranche, Rodez.
CAEN : (25 juillet 1762) Caen.
MOULINS : (31 août 1786) Moulins.
POITOU : (11 mars 1789) Poitiers. 

II. Pays d'États (4)

BRETAGNE : (avril 1757) Rennes, Vannes, Quimper, Saint-Malo, Dol, Saint-Brieuc, Tréguier, Léon.
HAINAUT : (4 septembre 1763) Valenciennes, Cambrai.
PROVENCE : (20 janvier 1765) Aix.
ROUSSILLON : (19 mai 1779) Perpignan.


* Certaines sociétés étant composées de plusieurs bureaux, le nom du Bureau Général est écrit en italiques. 
Toutes ces sociétés, sauf celle de Bretagne ont été établies par arrêts ou règlements du Conseil d'État du Roi.

 


 

1761

MORICEAU Jean-Marc, La mémoire des paysans, chroniques de la France des campagnes 1653-1788, Ed. Tallandier, 2020. 736 p.

Extrait p. 488-489

La Bible des agronomes : le Traité de la culture des terres
Au complet avec ses six tomes oubliés de 1750 à 1761 par Henri-Louis Duhamel du Monceau
 
Des encouragements publics : les sociétés d'agriculture
Le 6 janvier, dans un lettre à Trudaine, Bertin fixe la composition et le rôle du comité d'agriculture. Le 24 février, un arrêt du Conseil créé la Société d'agriculture de Tours avec trois bureaux à Tours, Angers et au Mans. Par un arrêt du Conseil du 1er mars, le premières sociétés d'agriculture - après celle de Rennes en 1757 - sont instituées (Tours, Paris, Limoges, Lyon, Auvergne, Orléans). En même temps est crée l'école vétérinaire de Lyon.
Le 20 juillet, in arrêt du Conseil, créé la Société d'agriculture de Rouen. Le 16 août, un autre arrêt encourage les défrichements : il porte exemption de la taille, des vingtièmes et autres impositions pendant 10 ans sur les terres "laissées sans culture" depuis 20 ans dans les généralités de Paris, Amiens, Soissons, Orléans, Bourges, Moulins, Lyon, Riom, Poitiers, La Rochelle, Limoges, Bordeaux, Tours, Auch, Champagne, Rouen, Caen et Alençon.

1762

MORICEAU Jean-Marc, La mémoire des paysans, chroniques de la France des campagnes 1653-1788, Ed. Tallandier, 2020. 736 p.

Extrait p. 492

La Bible des cultivateurs : les Éléments d'agriculture

C'est en 1762 que paraissent les deux premiers volumes des Éléments d'agriculture d'Henri-Louis Duhamel du Monceau. Le sommaire offre tout un programme :

I. Connaissances préliminaires.
II. Des préparations nécessaires pour obtenir une bonne récolte.
III. Des maladies des grains.
IV. De la récolte des grains.
V. De la conservation des grains.
VI. Principes et avantages de la nouvelle culture.
VII. Des instruments de labourage.
VIII. De la culture des différentes espèces de grains.
IX. Des prairies.
X. Application de la nouvelle culture de différentes espèces de plantes.
XI. Culture de quelques plantes qui servent à la teinture.
XII. Réflexions sur l'agriculture.

Après les six volumes de son Traité sur la culture des terres, Duhamel du Monceau offre cette fois un condensé réservé aux agriculteurs.

1761-2011

ACADÉMIE D’AGRICULTURE DE FRANCE. INDEX BIOGRAPHIQUE DES MEMBRES 1761-2011. ISSBN 0989-6988. 134 pages. 
Extrait p. 4


ORIGINE DE L’ACADÉMIE D’AGRICULTURE DE FRANCE

Société d’Agriculture de la Généralité de Paris : 1761-1788
Société royale d’Agriculture : 1788-1790
Société d’Agriculture de France : 1790-1793
Société d’Hommes libres 1793 (sans activité réelle)
Société centrale d’Agriculture du département de la Seine : 1798-1814
Société royale et centrale d’Agriculture : 1814-1848
Société nationale et centrale d’Agriculture : 1848-1853
Société impériale et centrale d’Agriculture : 1853-1859
Société impériale et centrale d’Agriculture de France : 1860-1870
Société nationale et centrale d’Agriculture de France : 1871-1878
Société nationale d’Agriculture de France : 1878-1915
Académie d’Agriculture de France : depuis 1915

1819

Circulaires, instructions et autres actes émanés du Ministère de l'Intérieur, ou relatifs à ce département. Seconde édition, publiée par ordre du Ministre. Tome III. 1816 à 1819 exclusivement. A Paris, de l'Imprimerie royale. 1823.


p. 505-506
(Établissement d'une Société d'Agriculture dans chaque Arrondissement)
Paris, le 14 Août 1819.
Le Ministre de l'intérieur (Comte Decazes)
Aux Préfets.
PARMI les moyens propres à accélérer les progrès de l'économie rurale, l'institution des sociétés d'agriculture est un de ceux dont l'action, toujours continue et progressive, est le plus efficace. C'est de la première formation de quelques unes de ces sociétés en France, vers le milieu du siècle dernier, que datent les principales améliorations introduites dans notre système agricole, telles que la culture des prairies artificielles, des assolements mieux combinés, le perfectionnement de quelques races de bestiaux, etc. Partout, en effet, où existe des réunions de ce genre, bien composées et constituées d'une manière stable, les bonnes pratiques rurales se propagent successivement par leurs instructions et leurs exemples, et l'agriculture fait chaque jour de nouveaux progrès.
Des avantages aussi précieux devaient faire désirer leur multiplication : en effet, elle a été provoquée, à diverses époques ; plusieurs sociétés nouvelles ont été successivement formées, et chaque département, à quelques exceptions près, en a possédé au moins une dans son sein.
Ces sociétés, dans les premiers temps de leur institution, se sont généralement occupées avec zèle des moyens d'en remplir l'objet, et d'utiles résultats sont dus à leurs travaux. Un petit nombre d'entre elles n'a pas même cessé, au milieu des circonstances les plus défavorables, et continue encore de suivre cette première impulsion imprimée à leur zèle. Mais la plupart, cédant à l'influence fâcheuse de ces mêmes circonstances, ou n'ayant pas été suffisamment encouragées dans leurs efforts, ont cessé de se réunir et n'existent plus que de nom. Quelques-unes cependant viennent, dans ces derniers temps, de recevoir une nouvelle vie par les soins des préfets, d'après les vœux des conseils généraux ; et il y a lieu d'espérer que leurs travaux n'éprouvent plus d'interruption.
Les bienfaits de la paix et la sécurité générale, dus au rétablissement du trône légitime et à l'affermissement de nos institutions nouvelles, rappellent de toutes parts, en ce moment, les propriétaires vers le goût des améliorations rurales. Il importe de seconder ces dispositions favorables, et de fournir aux agriculteurs les moyens de s'éclairer mutuellement, en se communiquant les résultats de leurs observations et de leurs expériences. Dans cette vue, il me paraîtrait désirable qu'il fût établi, dans chaque arrondissement de sous-préfecture, une société d'agriculture, pour la formation de laquelle on prendrait, autant que possible, un membre au moins par canton. Les sociétés de chaque arrondissement correspondraient avec celle du chef-lieu, qui leur servirait de centre commun. Elle réunirait à ses propres recherches celles qui lui seraient communiquées par ces diverses sociétés, et celles-ci, à leur tour, serviraient à propager plus immédiatement parmi les cultivateurs les méthodes reconnues préférables et susceptibles de recevoir une application journalière. Ce concours d'efforts sagement combinés hâteraient le progrès de l'agriculture sur un plus grand nombre de points à la fois, et la France verrait ainsi s'accroître de jour en jour la source la plus importante de sa prospérité.
J'ai l'honneur de vous inviter à vous occuper, sans retard, des moyens d'établir ou de compléter dans votre département un système de sociétés agricoles, dans le sens que je viens d'indiquer et à me faire part des dispositions que vous aurez prises à cet effet. A mesure que de nouvelles sociétés se formeront, vous aurez soin de m'en informer, pour que je puisse les faire participer aux distributions d'ouvrages agronomiques que reçoivent les sociétés déjà existantes.

1820

Annales de l'agriculture française. Deuxième série - Tome XV- Paris 1821.
p. 324-225
Sociétés d'Agriculture. 
Ce que font, au surplus, MM. les membres correspondants, on doit également l'attendre des Sociétés d'Agriculture déjà répandues dans un grand nombre de départements, et qui sont, en quelque sorte, pour chaque localité, ce qu'est le Conseil [Conseil d'Agriculture] pour toute la France. Le nombre de ces sociétés n'était en 1819 que de 165, il a été porté à 212 en 1820. Parmi ces sociétés, on en compte 18 qui publient, soit par elles-mêmes, soit par quelques-uns de leurs membres, des journaux ou recueils périodiques d'agriculture et d'économie rurale. Plusieurs autres recommandent par la publication d'utiles travaux, ou par leur zèle à propager les bonnes pratiques.
 

1820

Annales de l'agriculture française. Deuxième série - Tome IX- Paris 1820.
p. 300-347
RAPPORT sur les Travaux agricoles des correspondants et des membres résidants à Paris.

Extrait :
Instructions.
La création du Conseil d'Agriculture, l'institution des correspondants départementaux, l'établissement des fermes d'expériences et des bergeries royales, tels sont, Sire, les moyens d'action qui sont actuellement en nos mains et vont être mis en œuvre, pour réduire en pratique, sur tous les points du royaume, les saines doctrines qu'appuient de leur autorité les plus habiles agronomes régnicoles et étrangers. Ajoutons à ces moyens d'action, ceux qui propagent l'instruction et la rendent vulgaire. C'est dans cet esprit que l'établissement des Sociétés d'agriculture d'arrondissement a été conseillé et autorisé. Leur nombre est actuellement de 165, et s'accroîtra successivement. C'est dans les mêmes vues que le Conseil a cherché à naturaliser en France l'institution anglaise des Assemblées agricoles [Comices]. Une instruction destinée à la faire connaître est actuellement répandue dans les départements. Ces assemblées, composées de fermiers et de laboureurs, forment un jury rural qui prononce sur le mérite, soit des méthodes, soit des instruments aratoires soumis à son jugement, et décerne le prix à ceux des concurrents qui présentent les plus beaux résultats.
C'est une véritable amélioration de nos anciens comices agricoles, interrompus par la révolution ; c'est un moyen également simple et puissant d'établir entres les cultivateurs des communications profitables, de les intéresser tous aux travaux de chacun, de développer chez eux les germes de l'émulation et de propager rapidement, jusqu'aux lieux les plus reculés, l'emploi des pratiques que couronne le succès.

Comte Elie Louis DECAZES (Ministre de l'Intérieur)

1827

Le Petit producteur français ; par la baron Charles Dupin, membre de l'Institut. Tome I. Petit tableau des forces productives de la France depuis 1814. Troisième édition. Paris 1827.
Extrait p. 57-59


"Les officiers, les médecins, les chirurgiens, les vétérinaires et les pharmaciens, revenus des armées et retirés depuis 1814, ont propagé les connaissances qui leur sont propres, et mis à profit les observations qu'ils avaient faites dans leurs voyages ; la plupart d'entre eux habitent dans nos villes et nos campagnes ; ils y servent puissamment la civilisation.
Des effets précieux pour la force productive et pour la force commerciale sont résultés de la quantité prodigieuse de fonctionnaires publics, congédiés ou reformés, depuis 1814. Tous ces hommes d'élite, accoutumés au travail de l'esprit, à l'ordre, à la comptabilité, à l'examen comparé des intérêts public et particuliers, ont tourné l'activité de leurs pensées vers des travaux d'agriculture, de commerce et de fabrication. Nouveaux adeptes des arts, ils n'ont pas épousé les préjugés des hommes vieillis dans chaque profession ; ils ont, de prime abord, repoussé les mauvaises pratiques, et fait pénétrer les perfectionnements en des localités où la routine avait exercé jusqu'alors son antique et paisible domination. Ainsi, de toutes parts, les lumières ont pénétré dans les lieux qui semblaient le moins préparés à les recevoir.
Des sociétés d'agriculture ont été formées dans les chefs-lieux de département et d'arrondissement ; l'élite des hommes instruits que je viens d'énumérer s'est empressée de prendre place dans ces associations : elles sont devenues, pour les plus habiles propriétaires, un enseignement mutuel agricole. Ces sociétés ont généralement embrassé, dans leurs recherches, les diverses branches de l'industrie, et des sciences positives, qui sont le flambeau des arts ; elles ont proposé des prix souvent très remarquables, pour l'importance du sujet, et pour la sagesse des jugements dans les concours. Elles n'ont pas encouragé seulement les travaux de cabinet ou du laboratoire ; elles ont offert des récompenses aux artistes, aux agriculteurs, aux petits propriétaires, aux simples laboureurs, qui les premiers introduiraient d'utiles méthodes dans leurs professions respectives ; souvent même elles ont désigné l'innovation désirable : enfin, elles ont fondé des cours et donné des prix aux élèves. Par ces nombreux services, elles ont fait s'évanouir pour jamais un ridicule odieux jeté sur les sociétés littéraires de nos provinces, et motivé sur la médiocrité trop fréquente de leurs productions, poétiques ou prosaïques.
Depuis quelques années, la plupart des sociétés départementales d'agriculture, des arts et des sciences font paraître, à des époques de plus en plus rapprochées, des mémoires périodiques de plus en plus estimables.
Un seul fait nous montrera l'heureuse influence qu'ont eue ces associations, ces concours et ces études. Total des feuilles d'impression publiées sur les sciences en général, y compris les mémoires des sociétés savantes, 
en 1814, 232 319 feuilles
en 1820, 369 862 feuilles
en 1826, 1 177 780 feuilles."
 

Publié dans Organismes

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