GUYOT Jules (1807-1872)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

Jules GUYOT

Né le 17 mai 1807 à Gyé-sur-Seine (Aube)
Décédé le 30 mars 1872 à Savigny-lès-Beaune (Côte-d'Or)

« Médecin et physicien français du XIXe siècle, surtout connu pour ses études viticoles »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Guyot

Publications
« Étude des vignobles de France, pour servir à l'enseignement mutuel de la viticulture et de la vinification françaises. Deuxième édition augmentée… par M.-P COIGNET. Éditions Masson. Elle contient de plus que la première, parue en 1868, une notice biographique sur l'auteur, une table alphabétique des figures, une table des noms de personnes et des lieux cités et une table alphabétique et analytique des matières.

Le tome I, orné d'une carte dépliante en couleurs des 8 régions viticoles de la France traite de la région du Sud-Est (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Var, Corse, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées Orientales), du Sud-Ouest (Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Basses-Pyrénées, Landes, Gers, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne, Gironde et Dordogne).

Le tome II, concerne la région du Centre-Sud (Tarn, Lot, Aveyron, Ardèche, Haute-Loire, Cantal, Corrèze, Haute-Vienne, Puy-de-Dôme), la région de l'Est (Hautes-Alpes, Drôme, Isère, Savoie, Ain, jura, Doubs, Haute-Saône), la région de l'Ouest (Charentes, Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Indre, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher). -

Le tome III s'occupe de la région Bourgogne et Orléanais (Lyonnais, Beaujolais, Loire, Saône-et-Loire, Côte-d'Or, Aube, Yonne, Allier, Nièvre, Cher, Loiret), de la région du Nord-Est (Alsace, Vosges, Meurthe, Moselle, Meuse, Haute-Marne, Ardennes, Marne, Aisne), de la région du Nord-Ouest (Seine-et-Marne, Oise, région parisienne, Eure, Sarthe, Mayenne, Bretagne).

Ce grand classique, fruit de 6 années d'investigations dans 71 départements viticoles, que le Dr Guyot parcourut entre 1861 et 1867, rend compte non seulement de leur viticulture et de leur vinification, mais aussi de leur travaux, besoins, mœurs et vie. »
 

1865

ÉTUDE DES VIGNOBLES DE FRANCE pour servir à l'enseignement mutuel de la viticulture et de la vinification françaises par le Dr Jules GUYOT. Tome II, régions du Centre-Sud, de l'Est et de l'Ouest. PARIS Imprimé par autorisation de son Exc. le Garde des Sceaux. MDCCCLXVIII (1868)
p. 643-682
DÉPARTEMENT D'INDRE-ET-LOIRE
Extrait p. 680-681
En visitant la Touraine [1865] il m'était impossible de ne pas rendre à M. le comte Odart l'hommage qui lui était dû par tous les viticulteurs du monde, mais par les viticulteurs de France surtout (M. le comte Odart est décédé à Tours le 20 août 1866, dans sa quatre-vingt-huitième année.)
J'ai tenu à très grand honneur de visiter La Dorée (commune d'Esvres), domaine où l'éminent patriarche de la viticulture française (88 ans) a complété et vérifié, par une longue pratique, ses belles études ampélographiques, centre d'où sont partis ses précieuses leçons et ses importants écrits. Son Ampélographie universelle restera comme le cadre le plus naturel et le plus complet, cadre d'ailleurs toujours ouvert, de la classification et de l'appréciation des divers cépages. Son Manuel du vigneron est, sans contredit, le meilleur exposé des vraies données de la viticulture traditionnelle ; et, dans son Ampélographie comme dans son Manuel, la plupart des grandes questions de la viticulture et de la vinification sont traitées ou posées de main de maître.
La Dorée n'offrait rien du luxe et du goût du jour, mais elle offrait, dans un vaste enclos, la collection des cépages les plus importants et les mieux étudiés par le plus éminent des viticulteurs modernes. Elle m'a donc paru, comme son propriétaire, digne d'admiration et de respect.
 

1865

Annales de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire. Deuxième série, Cent-quatrième année, Tome XLIV - Année 1865, TOURS, Imprimerie Ladevèze, Rue Royale, 1865.

p. XXI
Séance du 11 mars 1865
M. le Préfet annonce que M. le ministre de l'agriculture a confié cette année à M. le docteur GUYOT une nouvelle mission d'études et d'enseignements viticoles dans huit départements du centre et du nord-est. La tournée de l'habile viticulteur commencera le 10 août pour être terminée le 15 octobre, et M. GUYOT pourra consacrer une semaine à chaque département : la Touraine recevra sa visite dans la première quinzaine de septembre. En conséquence, M. le Préfet invite la Société à lui désigner les personnes qui pourraient faire partie d'un comité chargé d'organiser les visites aux vignes, et la conférence après les visites. Sur la proposition de M. le Président, l'assemblée nomme vingt-et-une personnes compétentes, choisies dans les principaux centres viticoles du département, pour être désignée à M. le Préfet.

p. XXIII
Séance du 8 avril 1865
Lettre de M. le Préfet, par laquelle il communique son arrêté, en date du 5 avril, relatif à l'organisation de la commission qui sera chargée d'assurer de la manière la plus fructueuse pour le département, la mission que M. le docteur J. GUYOT a reçue de l'administration supérieure, pour des études et enseignements viticoles en 1865. Cette commission se compose, sous la présidence de M. HOUSSARD, de MM. ROUILLÉ-COURBE, propriétaire à Saint-Avertin ; HURET, à Véretz ; LESÊBLE père à Balla ; H. de VONNE, à Saché ; marquis de QUINEMONT, résident du comice agricole de Chinon ; ORYE, à Bourgueil ; PRINCÉ , à Restigné ; ARCHAMBAULT, président du comice agricole de Loches ; LEMAÎTRE-PAYS, à Bléré ; docteur HÉLIE, à Bléré ; JEUFFRAIN, à Amboise ; CHARLOT,  Nazelles ; BORDES-BONJEAN, à Vouvray ; NICOLLE, à VOUVRAY ; ROCHÉ, à Vouvray ; MESTIVIER, à Fondettes ; DUCLAUD, à Mettray ; MAUCLERC à Saint-Mars-la-Pile ; Charles ANDRÉ à Esvres, et ROLLAND, à Montbazon.


p. XXXIII
Séance du 8 juillet 1865
M. HOUSSARD donne communication d'une lettre qui lui a été adressée par M. le docteur GUYOT, relativement à la tournée de cet éminent viticulteur, et à la mission que le gouvernement lui a confiée. Cette mission a un double objet : 1° l'étude précise et détaillée des pratiques traditionnelles de la viticulture et de la vinification de chaque département ; 2° la transmission à chaque centre vignoble, des pratiques éprouvées des autres départements qui peuvent le mieux et le plus facilement s'adapter à la viticulture et à la vinification locales. C'est, à proprement parler, un enseignement mutuel. Chaque séance, dans un centre vignoble, se compose de trois parties distinctes. La première est une enquête publique, faite près des vignerons et des propriétaires du pays, sur tout le cercle des opérations de viticulture et de vinification, et sur toutes les conditions de la constitution et du rôle économique de la vigne. L'enquête est suivie de la visite aux vignes, aux pressoirs, celliers et caves, types du pays, pour confirmer de visu les données orales de l'enquête, et se complète par la dégustation des vins de la localité. Enfin, la séance se termine par une conférence publique, avec quelques souches, sarments ou pampres pour bien s'explique et s'entendre. 
M. le docteur GUYOT annonce qu'il arrivera en Touraine le lundi matin 4 septembre, qu'il consacrera six jours pleins à notre département, et qu'il terminera sa tournée par une conférence publique à Tours, le samedi 9 septembre, afin de résumer toutes ses observations. L'assemblée accueille avec plaisir cette communication, et s'applaudit d'avoir à profiter bientôt des leçons du savant viticulteur.

p. XXXIV
Séance du 22 juillet 1865
Lecture est donnée de la liste des ouvrages reçus depuis le 8 juillet. Le dernier inscrit porte le n° 4235. Dans cette liste figure la liste complète de tous les ouvrages du docteur GUYOT, relatifs à la viticulture. L'assemblée, qui apprécie toute l'importance de ce don, décide que ses remerciements les plus chaleureux seront transmis à l'éminent viticulteur.

p. XXXV
Séance du 22 juillet 1865
Sur la proposition de M. l'abbé CHEVALIER, la séance académique de la Société est fixée au samedi 9 septembre, à l'occasion de la conférence publique que M. le docteur GUYOT doit faire à Tours ce jour-là. On supprimera cette année la lecture du rapport de la commission de parcours, et le programme de la séance ne comprendra qu'un discours d'introduction du président, et le rapport annuel du secrétaire perpétuel, le tout fort court afin de laisser tous les honneurs de la journée à M. le docteur GUYOT. La solennité se terminera par la distribution des prix du concours départemental.

p. XXXVI
Séance du 12 août 1865
M. le docteur GUYOT écrit qu'il fera tous ses efforts pour assister au comice agricole d'Amboise, et il promet de prendre la parole le samedi 9 septembre, dans la séance publique de la Société, pour résumer toutes les observations sur la viticulture en Touraine. A l'occasion de cette lettre, M. le Président déclare qu'il réunira prochainement la commission départementale pour régler l'itinéraire de M. le docteur GUYOT.

p. LVIII
Séance publique du 9 septembre 1865
La séance a été ouverte à une heure, sous la présidence de M. HOUSSARD, président de la Société. L'assemblée était nombreuse et brillante. On remarquait au bureau MM. le baron Paul de RICHEMONT, sénateur ; de QUINEMONT, député, président du comice de l'arrondissement de Chinon ; le docteur GUYOT, chargé par le gouvernement d'une mission viticole dans notre département : M. ARCHAMBAULT, résident du comice de l'arrondissement de Loches ; M. FENNEBRESQUE, président de celui de l'arrondissement de Tours et vice-président de la Société ; plusieurs membres du conseil général etc. La salle était remplie par les lauréats du concours et par une foule d'invités…. Pendant plus de trois heures, et malgré une chaleur tropicale, l'éminent viticulteur (le docteur GUYOT) a tenu son auditoire sous le charme de sa parole éloquente et pittoresque.

p. LX
Séance du 14 novembre 1865
A l'occasion de la conférence publique de M. le docteur GUYOT sur la viticulture, M. le Président annonce que l'éminent viticulteur doit adresser au ministre de l’Agriculture un rapport sur sa mission, et que ce rapport sera imprimé. Un extrait, en ce qui concerne notre département, sera inséré dans nos Annales, pour recevoir toute la publicité possible.

p. 80
LES VIGNOBLES DE TOURAINE
(Extrait d'une lettre de M. le docteur GUYOT)
"Quant au mode de culture que j'ai conseillé pour les fins cépages, je le trouve installé un peu partout avec un succès complet. Mais c'est dans l'Indre-et-Loire, qu'à ma grande surprise, je l'ai trouvé appliqué chez les plus grands propriétaires et les viticulteurs les plus habiles avec une perfection et un succès, qu'excepté trois viticulteurs en France, je n'avais rencontré nulle part. La conduite des vignes-types de la Touraine est si parfaite, que les gravures de mon rapport sur la viticulture de l'Est en reproduisent exactement toutes les dispositions et tout l'aspect.
M. PÉCAULT, arboriculteur et vigneron, aussi habile et modeste, s'est constitué le moniteur et l'instructeur de la plus grande partie de cette transformation. Toutefois, le jardinier de M. HAINGUERLOT, à son magnifique château de Villandry, celui de M. BACOT de ROMAND, à Vernou, M. MARTINEAU, à Dierre, le régisseur de M. de SAZILLY, le chef vigneron de M. le marquis de QUINEMONT au château de Paviers, ont réussi à merveille aussi sur de très grandes échelles ; M. le comte de NAIVES, M. GALLAIS, M. le duc de LUYNES, M. le comte de CONTADES, M. ROUILLÉ-COURBE, le docteur IMBERT, M. de VONNE, M. le marquis de la FERTÉ, M. DRAKE del CASTILLO, ont aussi fait installer ou transformer leur vigne à la méthode type, directement sous la direction de M. PÉCAULT, qui a justifié et mérité la confiance de tous. La Colonie de Mettray a également dressé ses vignes à la branche à bois et à la branche à fruit palissé horizontalement et pincée : toutes les espèces de la collection du Luxembourg y sont ainsi traitées avec une grande perfection par le jardinier chef, horticulteur très remarquable.
La récolte moyenne la plus faible de toutes ces vignes, d'une superficie de 150 hectares, à divers, ne pouvait être estimée à moins de 60 hectolitres, et j'en ai vu beaucoup devant dépasser 80 hectolitres à l'hectare.
J'ai rencontré des vignes types, mais moins parfaites, dans tous les départements de mes tournées de 1864 et dans tous ceux que j'ai visités en 1865 ; aujourd'hui le succès en est si bien établi et si bien reconnu partout, que je ne vous en parlerai plus. D'ailleurs nous avons bien d'autres prodiges viticoles. J'ai été mis en présence d'une culture inventée et pratiquée depuis 20 ans (1835) par les paysans vignerons de Chissay près de Montrichard ; ils appellent cela cultiver la vigne en chaintres, mot que je traduis par chaînes-traînantes.
Jamais je n'ai rien vu de plus merveilleux dans sa simplicité sauvage. Figurez-vous chaque cep formé de 3 ou 4 bras, longs de 4 à 6 mètres, traînant à terre, et chaque bras portant 2 à 4 branches à fruit de 1,50 mètres à 2,00 mètres et jusqu'à 3,00 mètres de long chacune ! Ces branches à fruit sont laissées de toute leur longueur, sans taille, la gelée seule se chargeant de faire tomber l'extrémité qui n'est pas aoûtée (mûre). Imaginez chacune de ces interminables branches à fruit garnies de magnifiques grappes d'un bout à l'autre, sans interruption et sans nuances dans la perfection de la maturité, soulevée au-dessus de terre par de petites fourches de 25 centimètres, pour que le raisin ne pourrisse pas ; mêlez par la pensée des, sarments immenses de remplacement, courant entre ces guirlandes de fruits, et vous serez stupéfait comme moi. Mais quand vous apprendrez, comme je l'ai appris, qu'après la chute des feuilles ou avant la taille, tous ces longs bras sont relevés et renversés sur le champ voisin pour laisser toute liberté à la charrue de fonctionner sans embarras, puis remis en place après le labour, vous admirerez la haute intelligence qui a deviné, malgré les pratiques traditionnelles opposées, que la vigne devait croître en liberté et acquérir sa force et son étendue d'arborescence pour donner toujours beaucoup de bons fruits ; qu'elle devait toujours ramper sur terre pour perfectionner sa maturité (le vins de Chissay sont les plus estimés du Cher, ce sont des côts), et que ces deux conditions, à cause de l'élasticité des membres de la vigne, pourraient se concilier avec la nécessité d'une culture parfaite, prompte et économique. Vous admirerez aussi ces braves vignerons qui ont compris qu'avec ces longues branches à fruits ils échappaient en grande partie aux ravages des gelées printanières.
Je serais bien surpris que mon cher et savant confrère, le docteur PIGEAUX, qui n'a pas craint de parcourir l'Inde et la Perse pour en rapporter des graines des arbres et même des vignes, n'allât pas contempler les vignes de Chissay comme la plus belle démonstration qu'il ait jamais rencontrée de ses théories, peut-être un peu exagérées, mais certainement très fondées, sur la taille, ou plutôt sur la non-taille des arbres fruitiers."
Journal d'Agriculture pratique, du 20 novembre 1865.
Dr Jules GUYOT
 

2003

GALET Pierre, Cépages et vignoble de France, Tomme III, Les vignobles de France, Volume 1, Méditerranée, Rhône-Alpes, Bourgogne, Franche-Comté, Alsace -Lorraine. 2e édition entièrement refondue, Editions REC & DOC, 2003

Jules Guyot (1803-1872), né dans l'Aube à Gyé-sur-Seine, devint docteur en médecine et exerça cette profession de médecin jusqu'en 1835 à Gyé, où il séjourna à Paris durant 9 ans, exploitant un enclos de vignes de 3 ha en banlieue, ce qui lui permit de publier, en 1860, son Traité de la Viticulture et de la Vinification.
Ce livre le fit remarquer par le ministère de l'Agriculture, qui le chargea, à partir de 1861, d'une enquête sur la vigne en France. Pendant 5 ans il visita tous les vignobles de France, s'intéressant particulièrement, avec de nombreux dessins, aux systèmes de taille utilisés dans les diverses régions et notamment à la taille longue, qui porte depuis son nom (taille Guyot), aux procédés culturaux et à la vinification. Les cépages ne sont pas cités, mais cela donne une idée de l'encépagement avant le grand bouleversement engendré par l'invasion phylloxérique et les maladies américaines.
La première édition fut publiée en 1868, en 3 tomes et la seconde édition, en 1872, en 9 tomes
 

Publié dans Personnage, viticulture

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