BOVINS en INDRE-et-LOIRE (historique)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

2019

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/breches/la-race-charolaise-reprend-du-poil-de-la-bete

La Nouvelle République. Mardi 2 juillet 2019. Page 8

Agriculture 

La race charolaise reprend du poil de la bête

Brèches : Une coopérative de génétique animale travaille à l'amélioration de cette race bovine réputée. La démarche séduit les éleveurs sud-américains

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Chiffres clés :

En Centre-Val-de-Loire, le cheptel bovin compte 622 000 têtes, dont 10 % de vaches laitières. 68 % du cheptel se concentre dans l'Indre et le Cher. Par comparaison, le cheptel caprin est de 125 710 têtes. Ce sont 422 millions de litres de lait de vache produits.

Les médailles pleuvent au concours général agricole

Les lauréats du concours devant l'orangerie du château de Chenonceau, vendredi 28 juin 2019.

Les médaillés pour les produits & les médaillés pour les vins

1955

CONSTANT Georges, MESTAT Pierre, FATOUX Adolphe, MÉRILLON Raymond, Manuel complet de l’agriculture moderne. 2ème édition, Terre de Touraine, Direction des services agricoles d’Indre-et-Loire, 1955, 508 p.

1933

CONSTANT Georges, L'agriculture du département d'Indre-et-Loire, 1933, 288 p., ADIL Cote 8°363

Extrait p. 187-191


III. Les bovins


RÉPARTITION SUIVANT LES RÉGIONS. La population bovine est très inégalement répartie. La moyenne du département donne 20 bovins pour 100 hectares de surface totale (France entière : 27,8).
On ne trouve de densité supérieure que dans les cantons de Châteaurenault : 22,6, Montbazon : 22,5, Chinon : 28,6 (c'est le maxumum). Dans le plateau de Sainte-Maure et le sud du département on dépasse également la moyenne : Canton de Sainte-Maure, 24,0 ; Canton du Grand-Pressigny, 27,2 ; Canton de la Haye-Descartes, 27,4 ; Canton de Ligueil, 25,6 ; Canton de Preuilly, 26,1. Par contre les cantons de Langeais (13,6) et Amboise (12,4) sont nettement inférieurs, à cause des importantes étendues occupées par les bois. Les autres cantons ont entre 15 et 20 bovins pour 100 hectares de surface totale.


EFFECTIFS. Il est intéressant de comparer les diverses catégories de la population bovine suivant les époque :
Taureaux 1862 (1 648) ; 1892 (1 696) ; 1903 (1 565) ; 1913 (1 712) ; 1920 (1 606) ; 1929 (2 214)
Bœufs 1862 (8 756) ; 1892 (9 513) ; 1903 (9 634) ; 1913 (8 055) ; 1920 (4 615) ; 1929 (1 777)
Vaches 1862 (72 700) ; 1892 (74 130) ; 1903 (79 511) ; 1913 (95 143) ; 1920 (78 183) ; 1929 (95 077)
Élèves d'un an et plus 1862 (10 104) ; 1892 (14 413) ; 1903 (12 469) ; 1913 (4 559) ; 1920 (15 722) ; 1929 (13 844)
Élèves de moins d'un an 1862 (10 041) ; 1892 (9 414) ; 1903 (8 682) ; 1913 (8 219) ; 1920 (9 013) ; 1929 (5 041)
TOTAL 1862 (103 249) ; 1892 (109 166) ; 1903 (111 861) ; 1913 (117 688) ; 1920 (109 139) ; 1929 (117 953)
Ces comparaisons (par dates) nous indiquent que les bœufs sont de plus en plus rares, que la spéculation bovine poursuivie est l'exploitation des vaches laitières et qu'enfin on fait peu d'élevage.

RACES. La Touraine étant aux confins des aires d'extension de plusieurs races a eu très longtemps une population bovine de race peu déterminée. C'était un terrain de transition où se trouvaient mélangés les races normande et parthenaise dans des proportions diverses et où les animaux de croisement, soit importé, soit élevés, tenaient une place considérable.
Longtemps le cultivateur tourangeau s'est médiocrement intéressé à l'élevage du bétail, et ne portait pas grande attention au mâle, ne lui demandant que de remplir "sa fonction" pour un prix très minime. En 1903 le nouveau professeur départemental d'agriculture (Jean-Baptiste MARTIN), qui venait d'un département normand (Calvados), se trouvait fort surpris devant le bétail exposé à un concours de comice : "4 taureaux : un vilain manceau, un mauvais normand, un charolais, un parthenais métissé de limousin ; 15 vaches ou génisses toutes croisées et mal racées, ni normandes, ni vendéennes, ni limousines".
Vers 1906, on estimait que "si l'on en exempte quelques sujets normands et quelques vaches parthenaises à peu près purs, mais souvent mal conformés, ce son pour la plupart des métis normands et parthenais, des manceaux... formant un ensemble tout à fait hétérogène. La race normande tend cependant à prédominer".
"L'Etude sur les races de l'espèce bovine", de M. LAPPARENT, qui porte la date de 1914, mais dont les renseignements nous paraissent retarder peut-être un peu, indique encore que les animaux de croisement manceau-normand figurent pour 2/10es dans l'ensemble du total de vaches laitières, et les normands (à peu près purs) pour 3/10es seulement.
Mais il y a déjà longtemps que l'on constatait que la race normande était en augmentation lente mais constante, et qu'elle tendait de plus en plus à s'implanter dans les grandes et moyennes exploitations, en refoulant vers le sud les parthenaises et les croisements divers.
La race parthenaise (33 000 têtes en Indre-et-Loire, soit 35 % environ de l'effectif en 1912, principalement au sud du département sur la rive gauche de la Vienne, puis de la Creuse et de la Claise) devrait disparaître devant la normande. En effet si la parthenaise est une laitière passable pouvant donner en moyenne 1 400 à 1 500 litres de lait pour une durée de lactation de neuf mois, si elle est très bonne beurrière (18 à 20 litres de lait pour faire un kilo de beurre), il n'en est pas moins vrai qu'elle avait sa raison d'être avant tout pour la production de ses remarquables bœufs de travail, énergiques, rustiques, rapides (mais médiocres pour l'engraissement et la viande).
Au total il y a seulement 15 ou 20 ans on trouvait la répartition suivante des races bovines :
Race normande (vaches importées ou nées de parents importés) 30 % ; Race parthenaise (vaches et bœufs) 35 % ; Animaux de croisements parthenais-normands 20 %. On trouvait encore Race Limousine (bœufs, quelques vaches) 5 % ; Race charolaise (bœufs) et races diverses 10 %. Total 100 %
Le Conseil Général de 1896 avait voté un crédit (9 000 francs puis 3 000 francs) pour subventionner des taureaux approuvés de race normande ou parthenaise suivant le milieu, au moyen d'une prime de un franc par saillie inscrite sur un livre à souche.
C'est surtout la merveilleuse extension prise par l'industrie laitière et beurrière qui a amené les agriculteurs tourangeaux  peupler leurs étables de vaches normandes. Cette race est tout à fait propre à la fonction qui lui est dévolue, c'est-à-dire la production abondant d'un lait riche en matière grasse, sans négliger toutefois celle de la viande (animaux de réforme et veaux de boucherie). A l'heure actuelle on peut dire qu'on est arrivé à n'avoir presque plus que des troupeaux à peu près homogènes (ce qui est remarquable pour un pays qui ne faisait presque pas d'élevage).
On ne voit partout que des bovins normands à part quelques bœufs introduits , quelques importations parfois de vaches hollandaises ou flamandes quand les marchands peuvent les obtenir à meilleur prix, mais elles ne sont pas à conseiller en raison de la différence de climat, de leur rusticité moindre, et de la perte sur le veau de boucherie.
Il existe encore, malheureusement, dans la plupart des vacheries des animaux défectueux et d'aptitudes peu développées à remplacer par d'autres mieux racés et mieux conformés. La sélection, l'introduction de bons taureaux feront beaucoup à cet égard. Il est seulement regrettable que les syndicats d'élevage, qui seuls permettent dans les régions de petite et de moyenne culture l'application des règles de perfectionnement zootechnique, n'aient pas eu le développement désirable.
Cependant ceux qui ont connu le cheptel de la Touraine, il y a quelque 20 ans seulement, sont à même de se rendre compte des progrès réalisés, progrès qui sont mis en lumière par le concours départemental de race bovine normande qui se tient à Tours en mai.

ENTRETIEN ET EXPLOITATION. Le nombreux troupeau de vaches est utilisé pour la production de lait et de veaux de boucherie (voir plus loin, IX, Produits animaux, viande, lait), mais on pratique peu l'élevage.
Les animaux élevés en Indre-et-Loire (pour le remplacement des laitières) proviennent des naisseurs du département (naisseurs non spécialisés) qui, pour eux-mêmes généralement, conservent quelques veaux femelles.
Malgré les syndicats d'élevage au nombre de 35 environ, subventionnés pa l'Office Agricole départemental (le premier a été créé à Louans en 1907), l'élevage a été ces dernières années en régression, à cause des hauts prix des veaux de boucherie et du lait. 
Presque tous le jeunes taureaux, mais une faible proportion de femelles d'élevage, viennent des divers départements normands : Manche, Calvados, Orne, etc...
es statistiques nous indiquent  5 000 veaux de moins d'un an destinés à l'élevage. L'élevage est surtout pratiqué dans le nord du département ; cantons de Châtearenault 2 100 génisses de plus de une an, Château-la-Vallière, Neuvy-le-Roi, Neuillé-Pont-Pierre : 800 à 1 000 génisses chacun ; Vouvray, Langeais : 600 à 800. Le sud du département élève sensiblement moins : on ne peut citer avec des chiffres un peu importants; que les cantons de Montbazon (800), Montrésor et Preuilly (500).
L'engraissement des bovins a peu d'importance dans l'Indre-et-Loire. On le pratique un peu dans le nord du département (où des prés créés sur d'anciens étangs ou des terres labourables sont aptes à cette utilisation), dans les cantons de Neuvy-le-Roi, Neuillé-Pont-Pierre, Château-la-Vallière. Le plus souvent on achète des bœufs dans la Sarthe, la Mayenne, que l'on engraisse à l'herbage. Dans la pointe sud de l'Indre-et-Loire, principalement vers Preuilly et Yzeures on fait aussi de l'engraissement ; on le commence à l'herbage et on le termine à l'étable. Les bœufs sont vendus vers l'âge de 5 ans. Il y a bien longtemps que les bœufs ont été abandonnés pour le travail (dès le milieu du XIXe siècle, on signalait que les chevaux plus agiles et plus propres au charroi, avaient remplacé les bœufs qui étaient employés autrefois pour le labour ; cependant, les bœufs étaient encore utilisés sur les plateaux où on appréciait leur sobriété et leu faculté de pâturer dans les landes), on en voit encore quelques-uns dans les régions de Château-la-Vallière (400 bœufs de travail dans le canton, contre 100 pour les 10 autres cantons réunis de l'arrondissement de Tours), et de Preuilly (500), ensuite on ne peu guère noter que les 100 bœufs de Richelieu et les 110 du Grand-Pressigny.
La région de Château-la-Vallière achète chaque année des bœufs parthenais dans les Deux-Sèvres, en septembre, vers la Saint-Michel (sorties de ferme), à l'âge de 5 ans environ. Les bœufs sont élevés, dressés dans les Deux-Sèvres, et les cultivateurs vendent leurs bêtes par roulement. Ces animaux ne sont d'ailleurs pas surmenés et sont maintenus en bon état pour la vente. Ils sont revendus vers Carnaval après engraissement depuis novembre, après les travaux. De septembre à Carnaval, les effectifs sont donc doublés.
L'engraissement se fait avec du fourrage, farine d'orge, betteraves.
Le Parthenais fait moins de viande que le Charolais, mais il est moins coûteux à se procurer. Les bœufs engraissés sont vendu d'ailleurs facilement dans la région.
En définitive la spéculation, si elle ne permet pas un gain appréciable sur la viande, est intéressant en ce qui concerne le travail.

 

1914

Bulletin agricole de Touraine, Janvier 1914. 

Cinq taureaux de pure race normande ont été achetés au concours foire de Cherbourg par des éleveurs de l'arrondissement de Chinon guidés par le président du comice et la subvention de 500 fr à été répartie au prorata des prix d'achat entre tous les éleveurs. 
 

1860

La connaissance générale du bœuf, études de zootechnie pratique sur les races bovines de la France, de l'Algérie, de l'Angleterre, de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Autriche, de la Russie et de la Belgique, avec un atlas de 83 figures, par les auteurs de l'Encyclopédie pratique de l'Agriculteur publiée par Firmin DIDOT Frères, Fils et Cie, sous la direction de Louis MOLL Chevalier de la Légion d'honneur, Fermier à Vaujours, Professeur d'Agriculture au conservatoire impérial des Arts et Métiers, Membre du Conseil général d'Agriculture, De la Société impériale et centrale d'Agriculture, etc., etc.. et Eugène GAYOT Ancien directeur de l'Administration des Haras, Membre de plusieurs Sociétés scientifiques. Paris 1860. 600 pages

1845

Annales de la Société d'Agriculture des Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire. Tome XXV. Année 1845. Tours Imprimerie Mame 1845

p. 45-49
De la nécessité et des moyens d'améliorer la race bovine dans le département d'Indre-et-Loire
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Ce 8 mars 1845
Jules Pételard
Médecin-Vétérinaire

Publié dans Productions

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