LA BELLANGERIE à Vouvray (Indre-et-Loire)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

LA BELLANGERIE à Vouvray

http://touraine-insolite.clicforum.fr/t1110-Le-Ch-teau-de-la-Bellangerie.htm
http://charles-bordes.over-blog.com/article-la-bellangerie-82255624.html

Le bail de ferme du 2 octobre 1823, signé par M. Le TISSIER, nous apprend l'existence d'une glacière dont l'usage est expressément réservé aux habitants du château, « les preneurs fourniront pendant le cours de ce bail la paille nécessaire pour entretenir la couverture de la glacière » Cette glacière est sans doute aujourd'hui comblée, mais pourra réserver des surprises aux archéologues du futur. Très pieuse, la mère de Charles Bordes, Marie Bonjean, allait selon la tradition dans une chapelle troglodytique à la Roche, au Nord-Ouest, sur la commune de Rochecorbon. Une chapelle se trouvait bien dans le château, transformée en bergerie après les Bordes. Denis Jeanson dans son livre Sites et monuments du Val de Loire, tome 1 (1977) le signale et aussi l'existence d'une cloche avec inscription du 17eme siècle. Sa localisation actuelle reste inconnue.
Le père de Charles Bordes, Frédéric BORDES, (1) était maire de Vouvray sous le Second Empire. Comme maire, il était informé de la progression du phylloxéra en France, le Val de Loire n'était pas encore atteint et donc sa propriété était indemne. On peut imaginer son inquiétude. Il est mort en 1875. Le Vouvrillon a été touché ensuite. Quand Madame BORDES a vendu la Bellangerie en 1879, sa valeur avait beaucoup diminué. Une des conséquences des difficultés financières de la famille fut le temps que passa Charles BORDES comme comptable à la Caisse des Dépôts et Consignations. Dans une lettre (transcrite par Bernard Molla) écrite vers 1884 à son ami Jules Chappée il parle de « cette rosse de caisse où je gagne 50 fr par mois, enfin c'est toujours 50 fr." Il ajoute "…Je n'ai pour toute sublimité que le bureau dans lequel je suis accroupi de 10 heures à 4 heures à la caisse de dépôt et réception, 1er bureau vieillesse, et la divine musique passe après. »
Le tombeau Bonjean-Bordes au cimetière de Vouvray montre bien l'attachement fort de la famille avec le domaine de la Bellangerie. Le grand-père maternel de Charles Bordes, Jean Lambert Bonjean, était un "ancien manufacturier", mais surtout un « propriétaire agriculteur », mort "en sa terre de la Bellangerie" en novembre 1851 (12 ans avant la naissance de Charles Bordes). Parmi ses prédécesseurs au Château de la Bellangerie, il y avait eu Beaumarchais, autour des années 1770, et plus tard, depuis novembre 1811, Pierre-Hippolyte Le Tissier, Maire de Vouvray sous la Restauration, du 14 décembre 1821 au 1er août 1821 (puis député d'Indre-et-Loire depuis novembre 1820 jusqu'en juillet 1830). Sa femme, Bénigne-Esther-Marie Guizol (1786-1859) était amie de Lamartine (voisin à Paris) mais désapprouvait son évolution politique. On dirait aujourd'hui qu'elle le trouvait trop à gauche, préférant le drapeau bleu-blanc-rouge au drapeau blanc semé de fleurs de lys des légitimistes. On trouvera ces informations sur Madame Le Tissier en lisant l'article passionnant de Fernand Letessier (ne pas confondre) écrit en 1981 dans les Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest.
Balzac fréquentait la Caillerie, 500 m plus bas, chez M. de Savary. Il y a même effectué son seul séjour attesté à Vouvray, 3 semaines pendant l'été 1823. Mais il s'évertuait à écrire de la poésie, pour quoi il n'était pas fait, et rêvait à Mme de Berny qui avait vingt ans de plus que lui. Plus tard, il séjournera avec elle à la Grenadière à Saint-Cyr-sur-Loire. En 1823, il ne montrait aucun intérêt pour Esther-Athénaïs-Fortunée Le Tissier, âgée de 14 ans, qui poursuivait sa rêverie romantique dans les nuages au-dessus de la Bellangerie. Plus tard encore, Balzac écrira L'Illustre Gaudissart (1833), qui se passe dans le haut de la Vallée Coquette.
Depuis 1964, l'ADAPEI est propriétaire du site. Il y a quelques années, une activité pour les handicapés avait pour nom « Bel ange rit »

(1) http://histoire-agriculture-touraine.over-blog.com/2018/11/frederic-bordes-1875-proprietaire-de-la-bellangerie-a-vouvray-indre-et-loire.html

1909

Monographie de la commune de Vouvray, par Auguste CHAUVIGNÉ
Mars 1909
Bibliothèque municipale de Tours, section patrimoine, en accès libre : cote 944.54 VOUV

p. 144
«Les grands domaines. Le plus grand domaine compris dans les limites de la commune a été pendant longtemps la Bellangerie [voir Gilbert Wycke], situé au nord-ouest, au-delà de la Fuye, vers les bois du Plessis. Il comptait, il y a dix ans environ [1899], plus de 100 hectares, était cité comme une ferme modèle ayant eu toutes les consécrations des récompenses officielles, Cet état de prospérité a pris fin ; tout en restant une ferme considérable pour le pays, la Bellangerie a vu sa surface considérablement diminuée.,,,, »

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