UPRA : Unité Nationale de Sélection et de Promotion de Race

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UPRA : Unité Nationale de Sélection et de Promotion de Race

Une Unité Nationale de Sélection et de Promotion de Race (UPRA) est une association qui gère le livre généalogique d'une race animale, et aide les éleveurs dans la sélection de cette race. Ils ont été créés dans les années 1970 à la suite de la Loi sur l'Élevage de 1966, à partir des associations d'éleveurs qui géraient les livres généalogiques depuis la fin du XXe siècle.

Une UPRA est composée des éleveurs sélectionneurs, des coopératives d'insémination et des entreprises d'aval intéressées par la race concernée. Elles ont été créées pour coordonner les efforts de sélection des races animales, à un moment où les filières se complexifiaient, avec des stratégies qui différaient suivant les acteurs de la filière.

Les UPRA disparaissent petit à petit à partir de 2006 à la suite des modifications apportées à la loi sur l'Élevage par la loi d'Orientation de l'Agriculture de 2006 pour faire place aux organismes de sélection.

http://www2.agroparistech.fr/svs/genere/fus/upra.htm

 

SELMI Adel, JOLY Pierre-Benoît, RÉMONDET Martin, La construction d'un "animal nouveau" : la sélection génétique entre production de savoirs, marchés et action collective. EDP Sciences, 2014/1 Vol. 22 | pages 33 à 41
Extrait, p. 35-36
Analyse comparée de la construction d'une "sélection moderne" : les assemblages (bio)sociotechniques.
La sélection animale moderne se met en place en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à une époque où les agronomes comme René Dumont et les planificateurs s'accordent sur la nécessité de rattraper le retard de l'agriculture française. La génétique quantitative va être mise au service de ce projet modernisateur. La très remarquable efficacité de la sélection tient alors à ce que l'on se dote de dispositifs permettant de mesurer précisément les valeurs génétiques des animaux, c'est-à-dire leur capacité à transmettre des caractères à leur descendance (breeding value). Fondés sur des connaissances communes en génétique quantitative, les formes de sélection caractéristiques des trois filières considérées sont néanmoins très différentes. Si l'on analyse les réseaux socio-techniques qui caractérisent leurs processus d'innovation, le rôle des objets biologiques considérés prend une importance toute particulière. Les caractéristiques physiologiques selon le cycle de vie des animaux influent ainsi fortement sur la production et l'évaluation des connaissances génétiques. Ces distinctions interagissent avec les possibilités de diffusion, de contrôle et d'appropriation des outils et connaissances génétiques. Nous nous proposons donc de partir de l'animal pour décliner les différentes formes de sélection, d'organisation de la production et de mise en marchés qui lui sont associée
Une sélection bovine fondée sur la notion de race
Le concept de race constitue la clé de voûte de la sélection bovine ; En matière de génétique, le premier choix d'un éleveur est en effet celui de la race. On est éleveur de Charolaise, de Gasconne, de Salers, etc. Et même si l'on fait le choix de ne pas travailler en race pure, la référence à la race reste omniprésente. Si le concept fait l'objet d'acceptions multiples, ont définit généralement une race comme une collection d'animaux qui possèdent un certain nombre de caractères communs et qui peuvent les transmettre à leurs descendants.
D'un point de vue historique, la création des races est l'œuvre des éleveurs. Au XVIIIe siècle, l'éleveur anglais R. Bakewell systématise une pratique de sélection d'animaux spécialisés par accouplement de consanguins (in and in, inbreeding). A partir de la fin du XIXe siècle, les livres généalogiques sont créés par des associations d'éleveurs pour gérer les races animales : l'appartenance d'un animal à une race est conditionnée par sa généalogie et par sa conformité au standard de la race. La race n'est pas seulement une entité biologique. C'est un bien commun, géré par un collectif, exprimant une relation forte avec un territoire, des traditions et une adaptation à des systèmes de production. La place des animaux dans les concours agricoles illustre la valeur symbolique des races dans l'imaginaire paysan.
La sélection bovine se construit en premier lieu au sein même de chaque élevage où l'éleveur cherche à faire évoluer le potentiel génétique de son troupeau en conservant les meilleurs animaux et en se séparant des autres. L'apport d'une génétique nouvelle s'effectue essentiellement par la voie même. L'insémination artificielle (IA) débute en France en 1945 ; elle monte en puissance dans les années 1950. C'est un facteur déterminant de la diffusion du progrès génétique puisqu'un taureau élite peut produire quelque 50 000 doses d'IA.
Les progrès de la génétique quantitative permettant d'estimer la valeur des reproducteurs à partir de caractères quantitatifs mesurables (poids, litres de lait, gabarit, etc.) et les techniques d'insémination artificielle (IA) permettant la diffusion des meilleurs taureaux vont permettre à une multitude de petits producteurs bovins d'accéder au progrès génétique. C'est un système collectif mis en place par l'Etat avec la Loi sur l'élevage de 1966 qui pilote la définition des objectifs de sélection et la gouvernance de la sélection bovine. Chaque UPRA (Unité de promotion des races animales) constituée par race bovine regroupe alors le livre généalogique (herdbook), les coopératives d'insémination artificielle et les groupements d'éleveurs, pour agir comme structure de concertation et de dialogue entre ces différentes parties prenantes afin de construire une évaluation commune de la performance animale attendue. Malgré tout, l'éleveur, et tout particulièrement en élevage allaitant où l'usage de l'IA qui s'est développé plus tardivement qu'en élevage laitier reste limité (15 à 20 % des inséminations environ), demeure le véritable maître d'œuvre de la génétique de son troupeau. Si le progrès génétique est diffusé par voie mâle, sa transmission effective dans les élevages repose sur les femelles que les éleveurs possèdent en propre ; le choix d'un taureau d'insémination comme d'un taureau de monte naturelle est ainsi étroitement dépendant de l'histoire du troupeau, de l'évolution de l'élevage et de son environnement socioéconomique, et des objectifs que chaque éleveur vise (meilleure productivité, facilité de vêlage, meilleure adaptation des animaux au système d'élevage, etc.).
 

1973

Revue La Chèvre, n° 75, Janvier-Février 1973

UPRA (Unité Nationale de sélection et de Promotion des Races Caprines). Secrétariat : 37 - La Chapelle-Blanche.

 

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