VAVASSEUR Charles (1867-1950)

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https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/%28num_dept%29/7370


Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)
Né le 23 juillet 1867 à Saint-Pétersbourg (Russie).

Député d'Indre-et-Loire de 1919 à 1924.

Charles Vavasseur naquit le 23 juillet 1867 à Saint-Pétersbourg où son père s'était établi restaurateur.
Il rentra très jeune en France, en Touraine d'où sa famille était originaire, et fit ses études secondaires au lycée de Tours.
Après son mariage, il s'installa à Vouvray où il exerça la profession de viticulteur qu'il compléta par celle de négociant en vins.
Il s'occupa très activement des problèmes de sa profession et devint président du Syndicat des vins mousseux de Vouvray, vice-président de la société des viticulteurs français et grand maître de la Chantepleure. Il fut également président de la société d'agriculture, arts, sciences et belles lettres d'Indre-et-Loire.
Charles Vavasseur s'intéressa également à la vie politique locale de sa région. Eu 1908, il fut élu conseiller municipal de sa ville de Vouvray et, en 1912, il devint maire.
En 1919, il fut candidat aux élections législatives dans son département d'Indre-et-Loire, sur la liste d'union républicaine et de défense des intérêts économiques dont il était le 5e et dernier candidat. Malgré cette position défavorable, il obtint plus de voix que ses colistiers et, avec 22.304 voix, il fut le seul élu de sa liste, au quotient électoral.
A la Chambre, il fut membre de la commission du commerce et de l'industrie, de la commission des comptes définitifs et de la commission du travail.
Il fut également président de la sous-commission des spéculations de guerre.
Il prit part à plusieurs discussions dans le domaine fiscal, notamment à celle du projet de loi concernant la taxe sur le chiffre d'affaires. Il intervint à plusieurs reprises dans la discussion d'interpellations sur la liquidation des stocks.
En 1924, il fut de nouveau candidat aux élections législatives mais il n'obtint pas le renouvellement de son mandat. La liste d'union des gauches, conduite par Camille Chautemps, obtint en effet la majorité absolue dans le département d'Indre-et-Loire et remporta les 5 sièges à pourvoir.
Charles Vavasseur ne fit plus ensuite acte de candidature aux élections législatives. Il s'occupa de ses activités professionnelles et de sa mairie de Vouvray.
Il était chevalier de la Légion d'honneur et commandeur du Mérite agricole.
 

SCHWEITZ Daniel, Historiens, antiquaires et archéologues de la Société archéologique de Touraine, Répertoire biographique et bibliographique (1840-2019). Mémoires de la Société archéologique de Touraine, Tome LXXVII, 2020
Extrait p. 268


VAVASSEUR Charles

Né en 1867 à Saint-Pétersbourg

Décédé en 1850 à Vouvray

Propriétaire viticulteur à Vouvray

Membre titulaire de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d'Indre-et-Loire (1894)

Président de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d'Indre-et-Loire (1909-1950)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Vavasseur

 

 

LAURENCIN Michel, Dictionnaire biographique de la Touraine. C.L.D. 1996 (?)
p. 575-576
 

VAVASSEUR Charles-Henri
(1867-1950)

Maire de Vouvray de 1908 à 1944, Charles Vavasseur est né à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 23 juillet 1867 de Charles-Louis Vavasseur et de Marceline Chevrier. Viticulteur, président du Syndicat Viticole de Vouvray et président de la Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire, il se présente aux élections législatives de l'après-guerre, en 1919 comme candidat de la liste d'Union Républicaine (le Bloc National). Le 16 novembre 1919, il réunit 22 304 suffrages sur 101 179 inscrits, 74 890 votants et 71 467 exprimés. Il est élu député d'Indre-et-Loire (le seul alors à représenter la droite républicaine). Lors du même scrutin sont élus Camille Chautemps (24 894 voix), Bernier (22 232 voix) et Proust (22 674 voix) sur la liste de la Fédération Républicaine. Ferdinand Morin, avec 20 822 suffrages est l'unique élu de la liste des Socialistes Unifiés.
Membre de la majorité du Bloc National, il s'inscrit à la Commission du Commerce et du Travail, intervient sur les droits de circulation des vins et pour la défense des intérêts paysans. Il perd son siège de député en 1924, lors de la formation d'une nouvelle majorité du Cartel des Gauches. Tête de la liste de l'Union Républicaine, il ne recueille que 23 150 suffrages sur 99 245 inscrits, 83 137 votants et 80 900 exprimés. Les cinq élus appartiennent à la liste de l'Union des Gauches (radicaux-socialistes et socialistes) : Camille Chautemps (44 417 voix), Louis Proust (43 677 voix), Paul Bernier (42 986 voix), Ferdinand Morin (42 457 voix) et Emilien Brigault (40 557 voix). Les candidats du Bloc Ouvrier et Paysan et des Travaillistes sont battus. Il tente une nouvelle fois de reconquérir son siège en 1928 dans la cinquième circonscription, celle de Loches. Le 22 avril 1928, Vavasseur réunit 5 159 suffrages face à Paul Bernier (6 689), à Dardante (2 762) et à Madesclair (791). Lors du deuxième tour, le 29 avril 1928, il recueille 5 028 voix contre 791 au candidat communiste Madesclair et 9 615 à l'élu, le radical-socialiste Paul Bernier.
Secrétaire général de la Fédération Radicale, appartenant au courant progressiste à la veille de la Première Guerre Mondiale, Charles Vavasseur remit en cause l'unité du parti. Après les évènements de février 1934, il reçoit le soutien des Croix de Feu. Le 19 janvier 1936, devant un public de 1 500 personnes réunies à Vouvray, le président du mouvement en Touraine, Henri Neveux, lui apporte publiquement son soutien. Charles Vavasseur prend la parole au cours de cette réunion.
Lors du premier tour des élections législatives, le 26 avril 1936, dans la première circonscription d'Indre-et-Loire, Vavasseur, qui brigue les suffrages sous l'étiquette de républicain indépendant, réunit 4 389 voix sur 16 932 inscrits et 14 558 votants contre 4 738 au socialiste S.F.I.O. Maffray, 2 382 au républicain socialiste Jupeau, 2 000 au radical-socialiste Camille Chautemps et 661 au communiste Bonnin. Il est battu au second tour, le 3 mai et réunit 6 395 suffrages contre 1 340 à Jupeau et 6 947 à l'élu socialiste Marius Maffray.
Charles Vavasseur meurt le 3 février 1950 en son domicile, à l'Auberdière à Vouvray. Ses obsèques se déroulent dans cette commune le 6 février. En 1930, son ami, le sculpteur Jérémie-Aimé-Delpin Octobre, Prix de Rome, exécuta son buste en bronze sur un socle de marbre. L'œuvre fut placée dans le bureau de Vavasseur puis fut donnée par Mme Cholet, nièce de la seconde épouse de Charles-Henri Vavasseur, à la commune de Vouvray sous réserve qu'une place prenne le nom de l'ancien maire. La place fut baptisée le 9 juin 1969. Son fis Charles fut inspecteur des Affaires Publiques à Thu-Duc en Cochinchine.
 

1895

BMT (Bibliothèque municipale de Tours, cote TA 501
Congrès viticole de Tours
Organisé par le Comité agricole populaire de l'arrondissement de Tours, sous les auspices de l'Union des Comices d'Indre-et-Loire, tenu à Saint-Symphorien le 12, 13, et 14 septembre 1895.

Présidence de M. TIPHAINE, député.
TOURS
Imprimerie Louis Dubois
10 rue Gambetta
1896

p. 72-74
De la pépinière de la Ville de Tours [Chenardière], nous nous rendons aux Bidaudières, commune de Vouvray, chez M. Ch. Vavasseur.
Le clos des Bidaudières (ce n'est pas le seul clos de M. Vavasseur), situé au midi, comprend 12 arpents, entièrement reconstitués, de vignes greffées âgées de 5, 4, 3, 2, et 1 ans : vignes blanches ou rouges, celles-ci dans la vallée.
Le flanc du coteau, très en pente, forme une succession d'étages en terrasses maintenues par des murs de maçonnerie.
La couche arable est très variable, tantôt profonde et silico-argileuse (sur la crête du coteau et dans la vallée) ; tantôt très peu épaisse et silico-calcaire, principalement dans les pentes où la proportion de calcaire est parfois très forte.
Au début de sa plantation, M. Vavasseur n'employait que des Riparias de diverses variétés. Les seuls Riparias actuellement employés sont la Gloire de Touraine ou la Gloire de Montpellier.
Dans les sols par trop calcaires il plante des Rupestris Phénomène du Lot. Et, cette année, il a mis à l'étude toute une série d'hybrides.
Comme greffons, M. Vavasseur emploie :
1° Cépages blancs : presque exclusivement le Chenin blanc ou Pineau de la Loire, dans ses deux variétés, Gros et Menu Pineau, le Menu n'entrant que pour une faible proportion.
2° Cépages rouges : le Côt, qui domine, diverses variétés de Gamay, quelques Pinot noir, Groslot, Bourgogne.
Dans la vallée, des essais de sidération [culture dérobée de légumineuses] ont été faits avec le lupin ; ils ont donné satisfaction.
M. Vavasseur fait lui-même ses greffes : greffes anglaises à la main, ou greffes en fente à épaulement à la machine. M. Bouchard nous a fait remarquer que ces dernières, comme soudure, laissent assez souvent à désirer.
En somme, M. Vavasseur a fait pour la reconstitution de son vignoble de très lourds sacrifices : il a même fait preuve d'une audace peu commune. Il commence à en être récompensé, il le sera plus encore, dans un avenir prochain, par le vin remarquable de Vouvray que continuent à produire les coteaux ensoleillés des Bidaudières.

Chez M. Vavasseur nous avions dégusté des vins délicats, mais jeunes.

Chez M. Faucheux, au Vignot, au-dessus et tout près du bourg, au-dessus et tout près du bourg, c'est toute la gamme des Vouvray qui nous a été servie ; depuis 1835, jusqu'à nos jours.
M. Faucheux nous a introduit dans sa cave même, où une table avait été dressée : et je ne suis pas bien sûr que tout le monde à la sortie y vît aussi clair qu'en entrant.
Le vignoble de M. Faucheux est encore constitué de vieilles vignes françaises, que malheureusement le phylloxéra mine de jour en jour davantage.
Mais le propriétaire, tenant à conserver le plus longtemps possible et la réputation de son vignoble et la qualité de son vin, maintient le plus qu'il peut et par tous les moyens – terrages, sulfurages-,  ses vieux et respectables ceps.
Il a cependant, et depuis plusieurs années, commencé à reconstituer, mais par petits morceaux : c'est la prudence de l'âge mûr à côté de l'audace juvénile [âgé de 28 ans]  de M. Vavasseur.
Souhaitons que, par un moyen ou par un autre, soit conservé ou reconstitué ce réputé vignoble de Vouvray, qui est la perle fine des vignobles de Touraine.
 

1895


Annales de la Société d'agriculture sciences, arts et belles-lettres du département d'Indre-et-Loire. Tome LXXX, année 1895, Tours 1895
p. 82-85
 

Rapport sur le concours départemental de viticulture en 1895 spécialement réservé aux vignes reconstituées.
GRANDE CULTURE
Vignoble de plus de 3 hectares
M. Charles VAVASSEUR, aux Bidaudières (Vouvray)

L'ensemble de l'important vignoble de M. Vavasseur se divise en trois parties :
Aux Bideaudières, 9 ha reconstitués en vignes américaines greffées de 1890 à 1895, comprenant une partie basse plantées en cépages rouges, Gamay, Côt, Groslot, Petit-Bouschet, et une partie haute, de beaucoup la plus importante planté en menu et gros Pinot de la Loire.
La disposition du terrain sur le coteau est curieuse. Il est coupé en une succession d'étages séparés par des murs servant au maintien des terres qui, sans cela, livrées à elles-mêmes, seraient bientôt entraînées et laisseraient les parties supérieures dénudées et sans valeur.
La pente au midi est en effet très accentuée et la présence de ces murs de soutien n'empêche pas d'ailleurs de pratiquer tous les ans l'opération de terrage.
Aux Caves-du-Bourg, 6 ha replantés en vignes américaines de 1891 à 1895 en Pinot. Situé au bourg même de Vouvray, près de l'église, ce sol qui produit un des premiers vins du pays repose sur un plateau silico-argileux profond où l'on a accès par un escalier creusé dans le roc à 10 ou 12 m de hauteur.
Le Gué-d'Amant, provenant d'un important achat de l'année dernière et comprenant de vieilles vignes plus ou moins phylloxérées, dont une partie a été traitée au CS2 pour en obtenir les dernières productions, et une autre de 3 ha a été défoncée à la vapeur et replantée en Pinot sur Riparia.
L'ensemble du vignoble reconstitué comprend donc aujourd'hui 18 ha de vignes âgée de 1, 2, 3 et 4 ans.
Les défoncements, partout où cela a été possible, ont été faits à la vapeur à 0,60 m, et c'était merveille de voir ce soc puissant de la charrue exposer à l'action bienfaisante de l'ait ces terres depuis si longtemps inertes.
Sur les coteaux aux Bideaudières il a fallu avoir recours au défoncement à la main à 0,40 ou 0,50. La profondeur varie d'ailleurs suivant la composition du terrain. Tantôt c'est une craie micacée plus ou moins compacte, tantôt c'est une argile forte et adhérente alternant avec une marne sableuse.
Le Riparia réussit fort bien sur tout l'ensemble ; seules quelques parties calcaires du coteau pourraient-elles ne pas lui convenir ; mais la nature compacte de ce calcaire rendra peu redoutable la chlorose qui pourrait se déclarer. D'ailleurs, M. Vavasseur a eu l'heureuse idée de créer dans la partie la plus ingrate un véritable champ d'essai où les cépages américains les plus connus ont été plantés, Monticola, Mourvèdre Rupestris, Bourrisquou Rupesptris 601, 603, Chasselas Berlandieri, 41, Gamay Couderc, etc., etc.
La sélection se fera ains tout naturellement et les victorieux seront des porte-greffes sur lesquels on pourra compter.
M. Vavasseur, pour s'assurer de la parfaite authenticité de ses plants, fait faire ses greffes et en constitue une pépinière. Cette année, 110 000 greffes-boutures témoignent, par leur aspect vigoureux, des soins incessants dont elles sont l'objet.
La plantation a lieu au pal à 1,50 m entre les lignes et 1m sur la ligne ; la conduite a lieu partout sur fil de fer.
Les fumures consistent en terreaux préparés à l'aide de toutes sortes de débris organiques et complétés par des engrais chimiques : nitrate de soude, superphosphates, sulfate de potasse et plâtre. De ses voyages dans le Bordelais, M. Vavasseur a rapporté et appliqué sur son domaine l'usage des engrais verts. Le lupin blanc, par sa végétation rapide et sa vigueur, fournit une fumure azotée organique produisant les plus heureux effets.
Si maintenant nous envisageons la vendange qui se prépare dans ce jeune vignoble, nous devons déclarer que nulle part la Commission n'a éprouvé une satisfaction plus grande.
A la vigueur de feuillage et l'abondance de la récolte ; à la propreté excessive des terres et les soins apportés aux tailles, viennent faire un malheureux contraste les pauvres ceps rabougris des vignes voisines.
La production pour 1894 s'est élevée à 18 pièces par ha et le vin obtenu a été vendu 110 francs la pièce, ce qui constitue un produit de 1908 francs don il faut déduire 250 francs de frais culturaux, 190 francs achats de futailles, 60 francs d'imposition, soit 1 832 francs de bénéfice net par hectare.
Certes, le propriétaire des Bideaudières est aidé avec dévouement par deux bons serviteurs, M. Bury maître-closier depuis 30 ans aux Caves-du-Bourg ; M. Morissot, closier depuis 9 ans aux Bideaudières. Mais il faut avouer que tout l'honneur d'une si merveilleuse transformation revient d'abord à M. Vavasseur père, qui, un des premiers, se consacra à ses chers vignobles avec une autorité que chacun se plaisait à reconnaître. Enlevé prématurément à l'affection des siens, M. Vavasseur laissait à son fils une reconstitution brillamment commencée et que ce dernier devait élever au niveau que nous avons pu apprécier. Le mérite de M. Charles Vavasseur est d'autant plus grand que, nullement préparé par des études spéciales à la grande œuvre qu'il devait continuer, en collaboration avec son beau-père, M. Hervé, viticulteur consommé, il s'est mis au travail avec un courage digne des plus grands éloges.
Le succès ne devait pas se faire attendre, et en constatant les résultats obtenus jusqu'ici et qui ne feront que s'accentuer dans l'avenir, M. Vavasseur a le droit d'être fier de son vignoble situé merveilleusement dans un des centres les plus justement réputés de la Touraine.
Aussi, la Commission a-t-elle accordé à M. Vavasseur le 1er prix de la grande culture et un objet d'art de 300 francs.
Il est aussi accordé à MM. Bury et Morissot le deux dévoués collaborateurs à chacun une médaille de bronze grand module.
 

1907

CHAUVIGNÉ Auguste, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble, Péricat, 35 rue de la Scellerie, Tours 1909, 196 pages.
p. 131-135
 

Les Bidaudières, créées par M. Charles Vavasseur, présentent, sans contredit, le plus important domaine de la commune, et se placent en première ligne pour leur culture, leur direction et l'influence qu'elles ont eue dans la contrée. Le château se dresse à mi-côte, à l'est du bourg, dominent les Petites-Vallées, sur lesquelles sont situées les vignes rouges.
Au-dessus, en première côte et sur divers points des meilleures terres, s'étendent 60 hectares de vignes blanches, formant les dépendances du domaine.
Bien que nous ayons pris à tâche de ne pas faire de personnalités, nous n'hésitons pas à consacrer à cet important vignoble une étude spéciale, qui aura pour but de faire connaître le type par excellence de la grande culture, telle qu'elle est pratiquée dans cette commune.
Le domaine, constitué par l'achat de terres environnant le château, et qui furent les anciens fiefs royaux déjà cités de Caves du Bourg et du Bouché a été, dès sa replantation, l'objet d'études raisonnées qui l'ont fait établir sur les bases les plus solides.
Des essais en pépinière, des analyses de terrains, ont permis d'adapter au sol de la vallée, pour les vignes rouges, le Riparia Gloire, et dans les terres silico-argileuses et calcaires du coteau, le Riparia-Rupestris 3309 et le Rupestris-Monticola en majorité, qui s'y sont installés victorieusement, porteurs des menu et gros pineau de la Loire, assurant une qualité maîtresse aux produits.
Les soins donnés au vignoble sont raisonnés et n'obéissent qu'à la nécessité, sans superflus, mais rationnels ; la vigueur du feuillage, la propreté des terres, l'abondance de la récolte, dans les dernières années, moins malheureuses que celle-ci, démontrent une culture dirigée d'une main ferme et experte.
L'installation vinaire est tout à fait remarquable. Etablie aux Caves du Bourg, près de l'église, elle comporte une série de pressoirs actionnés mécaniquement et qui épuisent, en moins de vingt-quatre heures la totalité de la vendange cueillie dans la journée.
Les moûts sont réunis et égalisés par qualités spéciales dans des cuves où ils déposent leur grosse lie, et les pompes mécaniques les en retirent, dans les vingt-quatre heures, pour les répartir dans les futailles, où ils opèrent leur fermentation. Les superbes caves attenantes peuvent contenir des milliers de pièces. Une installation de lumière à acétylène éclaire le personnel et les visiteurs.
Un vignoble constitué dans de telles conditions de culture et de cru ne peut manquer de produire toute une échelle de qualités diverses qui sont obtenues, d'abord par des tris successifs, au moment de la vendange, ensuite par la façon dont les vins sont traités.
Les grands vins, dont les prix varient entre 200 et 300 francs dans les bonnes années, sont travaillés seulement par des soutirages, maintenus doux et liquoreux et titrent de 12° à 14°.
Ceux, les plus courants, mais qui représentent pour le commerce les vins moelleux si recherchés, pèsent de 10 à12 ° et, dans les années comme 1900 et 1904, ont atteint le prix moyen de 120 francs la barrique locale logée. En 1904, le rendement total du domaine des Bidaudières a dépassé 1 500 pièces.
La difficulté de la vente des vins secs de de deuxième cru ont obligé M. Vavasseur à chercher un moyen d'écoulement plus certain. Il a fait des essais de champagnisation qui ont pleinement réussi et qui lui assurent un débouché. Ces vins sont obtenus par les procédés champenois, ont une légèreté et une finesse très grandes ; ils gardent leur originalité, leur saveur propre, et se différencient nettement des vins de Champagne.
On ne peut certes, que féliciter l'actif et avisé propriétaire des Caves du Bourg d'avoir su trouver l'utilisation et la vente facile des vins que leur nature ne destinait pas à la masse du public, et cette industrie répond sans doute au goût d'une clientèle spéciale. Il n'en est pas moins certain que les vrais amateurs iront toujours tout droit aux grands vins qu'une vaine mousse ne décore pas, et se laisseront charmer par des mérites qui ont obtenu les plus hautes récompenses, et on fait nommer M. Vavasseur membre des jurys nationaux depuis 1900.
Le vignoble des Bidaudières, par la direction éclairée qu'il a reçue dès sa reconstitution, par les améliorations provoquées par la culture locale, par l'initiative prise dans toutes les études et expériences d'actualité, telles que pressoirs mécaniques, nuages artificiels, tirs contre la grêle, etc., par le rôle prépondérant qu'il occupe à Vouvray, par son installation vinaire de premier ordre, résume ce qui a été fait dans la culture locale (nous devons rappeler que ces lignes ont été écrites à la fin de 1907-1908).
 

1933

Source : Archives municipale de Tours, cote 3F6

Le vignoble de Touraine de 1800 à 1932, par Charles VAVASSEUR, Maire de Vouvray, Président de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres d'Indre-et-Loire. Extrait de la Revue de Viticulture. Paris, Bureaux de la "Revue de viticulture", 35, Boulevard Saint-Michel,1933, 20 pages.

Extrait
p. 19-20
A l'heure présente, on peut dire que tous les viticulteurs tourangeaux sont très éprouvés. Les moins touchés sont ceux des régions de Bourgueil qui, grâce à la nature de leurs terrains, ont pu sans de trop grandes difficultés arriver à couvrir leurs frais.
Les autres ont subi durement les conséquences des récoltes déficitaires et de la crise générale.
Les plus atteints sont ceux de la région délimitée de Vouvray, dont la situation est critique. On a beaucoup parlé et avec juste raison de la grande misère du vignoble champenois, celle de Vouvray est pire.
Les rudes gelées de l'hiver 1929 et les terribles orages de grêle de 1930 et 1931 ont non seulement détruit la majeure partie des récoltes, mais ils ont de plus saccagé le vignoble au point qu'à Rochecorbon les 2/3 des vignes sont à replanter et que sur l'ensemble des coteaux des autres communes du territoire délimité, plus d'un tiers des ceps a dû être arraché !
Les vignerons de la Marne ont eu ces années dernières des récoltes abondantes, quelques-unes même très abondantes et le kilo de raisin s'est encore vendu il y a deux ans de 10 à 11 fr. Si les cours se sont effondrés cette année et en 1930, nos vignerons champenois peuvent tout de même retirer quelques ressources de la vente de leurs vins.
Les vignerons des rives de la Loire n'ont connu à aucun moment les hauts prix de la Champagne. Sur dix années, ils en ont eu quatre de très déficitaires, à peu près nulles et ils n'ont rien récolté en 1930 et 1931.
C'est dire la grande détresse de nos coteaux. Elle explique le découragement de nos vignerons les mieux trempés qui envisagent l'avenir avec anxiété.
Les orages violents de 1930 et 1931 ont entraîné les terres de nos coteaux, défoncé, brisé nos chemins, renversé des clôtures et fait écrouler des murs de terrasse.
On est dans la nécessité de faire exécuter des travaux coûteux et de renouveler une partie du vignoble. Or, non nombre de nos propriétaires sont hors d'état d'entreprendre une pareille œuvre faute de fonds. Et même étant donné les dures périodes traversées, on serait bientôt sans courage pour la réaliser, même si on avait la possibilité d'obtenir les avances nécessaires.
Sur ces terrains réputés qui ont donné des vins délicats et parfumés, régal des gourmets, on voit aujourd'hui des vignes complètement abandonnées envahies de chiendent.
Va-t-on pouvoir les renouveler, ces coteaux et comment ? Si la culture de la vigne n'est pas rapidement reprise, c'est la ruine complète pour nos petits propriétaires. Or il est impossible d'y établir aucune autre culture.
La gêne est telle que nos vignerons, même les plus épargnés, ceux qui ont encore leurs ceps à peu près intacts, se demandent comment ils vont pouvoir se maintenir jusqu'à la récolte prochaine. Le bas de laine est vide et on n'a rien ou presque rien dans les caves. Les quelques très rares barriques qui y sont encore, par suite du marasme des affaires, ne trouvent acquéreur qu'à des prix de famine.
Il va falloir pourtant continuer à cultiver, à nourrir le cheval, acheter du sulfate, du soufre, il va falloir vivre !
Est-il étonnant, étant donné cette situation lamentable, de voir s'accentuer l'exode vers les villes.
Si on ne se montre pas très large dans les avances qui vont être demandées aux Caisses de crédit, c'est l'impossibilité absolue pour quelques-uns de pouvoir se maintenir. On comprend que les jeunes qui ne peuvent guère avoir la foi abandonnent une profession par trop dure et par trop aléatoire et recherchent des situations dans les administrations de l'Etat. Le rêve est de devenir fonctionnaire.
La situation est nettement mauvaise, nettement inquiétante et si elle ne s'améliore pas rapidement, c'est la disparition de la plus grande partie de notre vignoble de Touraine qui s'imposera. Vouvray est plus particulièrement menacé, car il a été et de beaucoup le plus éprouvé.
Nos propriétaires, qui ne peuvent trouver une rémunération convenable dans la culture de leurs vignes n'arrivent pas à comprendre que l'on puisse continuer à planter exagérément en Algérie et dans le Midi et que l'importation des vins étrangers aille an croissant.
Pour que puissent vivre les vignerons champenois qui ont peut-être été quelque peu imprudents dans leur reconstitution d'après-guerre, on mène en ce moment une très louable campagne en faveur du Champagne.
Pour que les vignerons de la rive droite de la Loire qui sont restés dans la saine tradition des plantations réduites puissent eux aussi vivre, ne pourrait-on faire un effort semblable en faveur du Vouvray ?
Il ne faut pas que le Champagne disparaisse, mail il ne faudrait pas non plus que cet autre fleuron de notre couronne viticole, le "Vouvray", périsse faute d'un peu de solidarité, d'aide et de sympathie !
On dit que la Champagne procure bonheur, gaîté de vie. 
Le Vouvray a les mêmes vertus, les mêmes qualités ; justement apprécié, il mérite les mêmes égards.
Frères par leurs qualités, également touchés par une crise sans précédent, ces deux vins fameux atteints d'une semblable détresse doivent être également glorifiés et également aidés.

CHARLES VAVASSEUR, maire à Vouvray.
 

1936

https://archives.touraine.fr/ark:/37621/tvr57l6s4pj2/e5fd90d5-61dc-49b1-b23c-a7fd5c19b498
La Terre Tourangelle 31 décembre 1936, p. 1

Définition de l'appellation contrôlée "Vouvray"
Décret du 8 décembre 

Art. 1er.  - Seuls ont droit à l'appellation contrôlée Vouvray, le vins blancs qui, répondant aux conditions ci-après, ont été récoltées sur le territoire suivant (Indre-et-Loire), à l'exception des parcelles d'alluvions modernes, localement désignées sous le nom de "varennes", comprenant les communes de :
Vouvray, Rochecorbon, Vernou, Sainte-Radegonde, Chançay, Noizay, Reugny, ainsi que la partie de la commune de Parçay-Meslay, située entre la commune de Rochecorbon et la route nationale no 10.
Le périmètre de l'aire de production ainsi défini sera reporté sur le plan cadastral des communes intéressées par les experts désignés par le comité national des appellations d'origine. Ce plan, dressé par leurs soins, sera après approbation par le comité et avant le 1er juillet 1937, déposé dans les mairies des communes intéressées. 

Art. 2. - Les vins ayant droit à l'appellation contrôlée Vouvray devront obligatoirement provenir des cépages suivants : gros pinot ou pinot de la Loire ou chenin et petit pinot ou menu pinot.

Art. 3. - Les vins ayant droit à l'appellation contrôlée Vouvray devront obligatoirement provenir de moûts contenant avant tout enrichissement 170 grammes de sucre naturel par litre et présenter, après fermentation, un degré alcoolique minimum de 10 degrés acquis ou en puissance. 

Art. 4. - L'appellation contrôlée Vouvray ne sera accordée qu'aux producteurs dont la récolte n'aura pas excédé 45 hectolitres de moyenne, cette moyenne étant calculée sur cinq années, celle de la récolte et les quatre précédentes. 
Les jeunes vignes ne pourront entrer dans le décompte de la surface plantée qu'à partir de la 4e feuille, celle-ci comprise. 

Art. 5. - Les vins ayant droit à l'appellation contrôlée Vouvray devront être vinifiées conformément aux usages locaux. 
Tout enrichissement ou concentration autre que la chaptalisation dans les limites légales, sont interdits. 
L’appellation contrôlée Vouvray mousseux est réservée aux vins répondant aux conditions ci-dessus et exclusivement préparés par seconde fermentation en bouteilles, à l'intérieur de l'aire de production ci-dessus définie. Tout vin à appellation contrôlée Vouvray rendu mousseux hors de cette aire de production perd le droit à l'appellation contrôlée. 
Néanmoins, jusqu'au 1er janvier 1939, pourront être vendus avec appellation contrôlée Vouvray les vins qui, répondant aux conditions exigées pour l'obtention de l'appellation contrôlée, auront été manipulés et transformés exclusivement par seconde fermentation en bouteille, à l'intérieur du département d'Indre-et-Loire et des départements limitrophes. 

Art. 6. - Dans le délai d'un an, le syndicat de défense du Vouvray devra présenter au comité national un rapport sur le réglementation de la taille.

Art. 7. - Les vins pour lesquels, aux termes du présent décret, sera revendiquée l'appellation contrôlée Vouvray ne pourront être déclarés après la récolte, offerts au public, expédiés, mis en vente ou vendus sans que dans la déclaration de récolte, dans les annonces, sur les prospectus, étiquettes, récipients quelconques, l'appellation d'origine suscitée soit accompagnée de la mention "appellation contrôlée" en caractères très apparents. 

Art. 8. - L'emploi de toute indication ou tout autre signe susceptible de faire croire à l'acheteur qu'un vin a droit à l'appellation contrôlée Vouvray alors qu'il ne répond pas à toutes les conditions fixées par le présent décret, sera poursuivi conformément à la législation générale sur les fraudes et sur la protection des appellations d'origine (art. 1er et 2 de la loi du 1er août 1905, art. 8 de la loi du 6 mai 1919, art. 13 du décret du 19 août 1921), sans préjudice des sanctions d'ordre fiscal s'il y a lieu.
 

2011

https://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article2728

VOUVRAY (37) : cimetière
lundi 18 avril 2011 à 18h14 - par  Bernard Cassaigne
On pourrait croire, à vous lire, que Charles Vavasseur était de gauche. Désolé, c’est une erreur. Il était de droite. Sur ce sujet, on peut lire le mémoire de Maîtrise d’Alain Lecomte (Tours,1998) : « C.V., leader de la droite tourangelle... ». Vavasseur a encouragé les congrès Croix de Feu à Vouvray, et il était même à Vichy...
Pour le vin, c’est autre chose, et son rôle est tout à fait positif : lutte contre le phylloxéra, encouragement de la fabrication du Vouvray « champanisé » (c’est ce qu’on appelle aujourd’hui la méthode « traditionnelle »), Appellation Contrôlée Vouvray en 1936.
Pour revenir au cimetière de Vouvray, il ne faut pas oublier la tombe (chapelle) du sculpteur Aimé Octobre, sur lequel on peut lire la notice dans le Bénézit. C’était d’ailleurs un ami de Vavasseur, dont il a fait le buste, aujourd’hui sur la place... Vavasseur.
 

Publié dans Personnage, viticulture

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