CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DES AGRICULTEURS (C.G.A.)

Publié le par histoire-agriculture-touraine

C.G.A

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DES AGRICULTEURS

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE AGRICOLE

UNION NATIONALE DES PAYSANS DE FRANCE

1919

FONDATION DE LA C.G.A : 1er février 1919

Confédération générale des agriculteurs

Union nationale des Paysans de France

Source : Base Léonore Légion d'Honneur, Charles Pallu de la Barrière, dossier Commandeur

TEXTE IMPRIMÉ EN BLEU
13 février 1924
PALLU DE LA BARRIÈRE Étienne Charles Henri, né le 29 octobre 1843
Secrétaire de la Rédaction de « LA PAIX » pendant 14 ans, fondateur du « PAYSAN DE FRANCE » en 1895.
Secrétaire Général et Directeur des publications de cette Association du 1er mai 1901 au 1er mars 1919, tout en exerçant successivement les fonctions de Conservateur du Palais de Fontainebleau et de La Malmaison et Inspecteur des monuments historiques, Conservateur honoraire des Palais Nationaux.
Chevalier de la Légion d’Honneur, Juillet 1902 : 25 ans de services dans la Presse parisienne
Officier de la Légion d’Honneur, Juillet 1906 à l’expiration jour pour jour des quatre ans de grade.
A dirigé la campagne électorale de l’Alliance Républicaine Démocratique en 1906, 1910, 1914 et la campagne présidentielle de l’A.R.D. en 1913.
A créée en août 1914 l’Ouvroir de l’A.R.D. dans les locaux de l’Association. Cet ouvroir transféré rue Taibout a fonctionné en d’autres mains pendant toute la guerre.
D’août 1914 au 11 novembre 1918, a assuré la vie des publications de l’Alliance Républicaine Démocratique et « Paysan de France » et y a défendu de toute son énergie l’union sacrée ; a conservé intacte, avec les ressources qu’il put recueillir, cette force de propagande patriotique ; a entretenu avec tous les mobilisés de l’Association et l’armée un contact étroit par voie de correspondance privées et d’incessants appels publics reproduits par toute la presse ; a consacré à cette œuvre de réconfort tout son temps, toutes ses forces, toute son âme.
A eu la joie, au lendemain de l’Armistice, de constater que l’Alliance Républicaine Démocratique était aussi vivante qu’à la veille de la Guerre et que la grande épreuve avait resserré l’union de ses membres et accru son autorité.
A procédé, en janvier 1919, à l’élection de la Commission Centrale de l’A.R.D. et a été élu à l’unanimité ; a été réélu également à l’unanimité Secrétaire Général et Directeur des publications.
A donné officiellement, le 1er mars 1919, sa démission (déjà présentée après sa réélection) de toutes les fonctions qu’il occupait à l'Alliance pour réserver l’activité de ses dernières années à une œuvre nouvelle dont il avait posé les fondements au cours même de la guerre : la C.G.A., Union Nationale des Paysans de France.
Fondée le 1er février 1919, la C.G.A. est devenue une force gouvernementale et sociale de tout premier ordre, une force de moralité, de fraternité et de bon sens, constituant un solide rempart contre les entreprises de désordre, de démagogie et d’anarchie : elle a montré sa puissance aux dernières élections législatives [16 et 30 novembre 1919, l’A.R.D. obtient 10.91 % des sièges]. Après dix-huit mois d’existence [août 1920], la C.G.A. compte d’innombrables adhérents isolés ou syndiqués, parmi lesquels 480 membres du Parlement. Elle représente le syndicalisme légal, travailleur et réformateur ; loin de vouloir être une faction dans l’État, elle veut réaliser l’union des forces agricoles, commerciales et industrielles, de toutes les forces de production et de progrès, en vue du seul intérêt national. Le 26 mai dernier [1924], son Conseil Syndical a été élu par plus de 426 000 suffrages paysans.
M. C. PALLU DE LA BARRIÈRE compte 43 années de services dans la Presse.
 

1919

Journal d'Agriculture pratique 1919, 17 avril 1919, p. 210

Chronique agricole 17 avril 1919
Confédération générale des agriculteurs 
Une nouvelle association a été créé récemment sous le titre de Confédération générale des Agriculteurs (C.G.A.), Union (ou Ligue) nationale des Paysans de France. Placée sous le haut patronage de hautes personnalités et de présidents d'Associations agricoles, avec le concours de nombreux syndicats et sociétés agricoles, elle adresse aux agriculteurs propriétaires, fermiers, ouvriers, un appel dont elle nous demande l'insertion et dont on trouvera le texte plus loin dans ce numéro (p. 213).
Le siège de la C.G.A. est à Paris (5, boulevard de Clichy). C'est à son secrétaire général, M. C. Pallu de la Barrière, que les adhésions doivent parvenir. 


Journal d'Agriculture pratique, 17 avril 1919, p. 213-214
CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DES AGRICULTEURS
APPEL AUX PAYSANS DE FRANCE

Vous avez bien mérité de la patrie et du monde civilisé. Un de nos illustres généraux a dit de vous : "Ce sont les paysans de France qui ont fourni le meilleur de nos soldats, les plus tenaces, les plus résistants ; ils ont fait sans bruit leur devoir au combat, comme ils poursuivent en temps de paix leur labeur fécond et nourricier. Plus que personne ils aiment la terre de France et c'est bien pour cela que je les aime aussi."
Le solennel éloge de ce grand chef est justifié : parmi les innombrables morts et grands blessés de la guerre, les vôtres forment la grosse majorité.
Associés à votre héroïsme, vos aînés du village, vos vieillards, vos mères, vos femmes, vos sœurs, vos enfants, ont rempli eux aussi jusqu'au bout leur devoir sacré. Pour la plus large part, leur travail a nourri nos armées et permis à la France de vivre.
Rentrés dans vos foyers, que demandez-vous ? Que demandent ceux qui ont tenu votre place aux champs ?
Des privilèges ? Des récompenses ? Des fonctions ? Non. mais le travail libre, protégé par des lis justes ; la propriété garantie ; l'amélioration rapide des transports ; la fin des réquisitions abusives ; des instruments de culture perfectionnés, des engrais, de la main-d’œuvre, des gains légitimes ; le développement de la coopération de production et de vente, l'amélioration de la condition des ouvriers agricoles, le remembrement, l'agriculture représentée comme le commerce par des chambres élues ; la prompte restauration des régions dévastées ; la paix durable.
Tels sont les voeux que vous formez unanimement.
Loin de vous la pensée de constituer un parti agraire, comme certains vous y incitent, un État dans l'État, une classe fermée, en guerre contre les autres classes. Vous n'êtes pas, vous ne serez jamais partisans des luttes sociales fratricides. Il vous suffit d'être des Français de France, au même titre que les autres citoyens.
Vous avez des devoirs envers la patrie et vous êtes bien décidés à les accomplir dans l'intérêt commun, avec le même désintéressement, avec le même patriotisme, qu'au cours des années terribles que vous venez de traverser. Mais vous avez aussi des droits et vous entendez qu'ils soient respectés. Ce respect de vos droits étant intimement lié à la prospérité nationale, vos revendications et vos requêtes devraient avoir une autorité souveraine auprès des pouvoirs publics.
Or, cette autorité-là vous manque, parce que vous n'avez pas su user assez largement de la liberté d'association, parce que vous êtes restés trop isolés.
Mais la guerre ne vous a pas seulement fourni l'occasion d'affirmer votre patriotisme et de donner la mesure de votre courage, elle vous a appris bien des choses : elle a élargi vos horizons, élevé votre esprit ; elle vous a démontré, par le spectacle quotidien d'une résistance et d'offensives puissamment organises, que l'union fait la force et assure la victoire.
Nous sommes donc certains d'être entendus de vous quand nous vous disons :
Unissez-vous. Vous disposez de lois bienfaisantes : la loi sur les Syndicats professionnels et la loi sur les associations ; les lois sur le crédit, la mutualité et la coopération agricole. Dans chaque commune de France, syndiquez-vous. Formez des Unions et des Fédérations de Syndicats. De grandes sociétés agricoles ont été fondées pour vous défendre : la Société des Agriculteurs de France, la Société nationale d'Encouragement à l'agriculture, la Fédérations nationale de la Mutualité et de la Coopération agricole avec ses quatre sections : Syndicats, Crédit, Coopération, Assurances mutuelles ; les Unions de Syndicats agricoles, d'autres sociétés encore régionales ou départementales. Les signataires de cet appel appartiennent pour la plupart à ces sociétés diverses, dont l'influence est réelle, mais dont l'action malheureusement est dispersée.
Il faut qu’en dehors du Parlement, à l'abri de toutes sollicitations électorales, sans aucune préoccupation politique ou confessionnelle, il se constitue un organisme agricole central, agissant et souple, représentant vos intérêt, se plaçant pour les défendre contre l'étatisme ruineux, le communisme et la démagogie, sur le terrain économique, social et légal ; qualifié par vous pour faire entendre au Gouvernement et aux Chambres dans la préparation et dans l'application des lois la grande voix de l'agriculture nationale.
L'expérience de chaque jour vous fait connaître la force que puisent dans l'union, pour faire valoir leurs revendications les plus audacieuses, certaines organisations révolutionnaires, qui ne représentent que des minorités.
Agriculteurs de France, aidez-vous vous-mêmes - les adhésions sont gratuites et les cotisations volontaires - en nous aidant à faire vivre la C.G.A., professionnelle et fraternelle, qui vient de naître, et où nous voulons que prennent place, sans rien perdre de leur autonomie et de leur indépendance, toutes les énergies rurales, isolées ou organisées, tous vos Syndicats, toutes vos Fédérations, toutes vos grandes Associations protectrice, et dont les chefs choisis par vous seront vos mandataires qualifiés et puissants.
Vous êtes les deux tiers de la nation. Quand vous aurez réalisé cette union et créé cette force, vous aurez assuré efficacement la défense de vos intérêts. Vous aurez aussi accompli un acte de haute sagesse et de patriotisme, car vous aurez fait prévaloir dans la vie nationale, dont aucun citoyen n'a le droit de se désintéresser, les idées fécondes de progrès par la justice, par le travail, par l'ordre dans la liberté et par la paix sociale.
La France victorieuse mais épuisée, a besoin de cette paix pour vivre, pour reprendre son rang en tête de l'humanité. C'est vous qui la lui donnerez.

1919

Journal d'Agriculture pratique 1919, 3 juillet 1919, p. 472-476

CONGRÈS DE L’AGRICULTURE FRANÇAISE
Paris du 1er au 3 juillet 1919

p. 474

Séance plénière du jeudi matin 3 juillet 1919
Organisation de la défense et de la Représentation professionnelle de l'Agriculture. - La séance est présidée par M. Fernand David, député, ancien ministre, assisté du Président Loubet, de M. de Vogüé, de M. Tisserand et de M. Ricard, rapporteur. 
Le rapporteur expose la nécessité de la création d'une Confédération agricole.

M. Vimieux demande la transformation de ce titre en celui de Confédération nationale des Associations agricoles, C.N.A.A. Cet amendement est adopté.

[...]

M. Pallu de la Barrière expose l'historique de la Confédération générale agricole (CGA) qui groupe de nombreux adhérents, et craint que le nouvel organisme ne détruise la C.G.A. naissante. 
M. Fernand David lui répond en exposant que l'Agriculture a fait, au point de vue national, plus que les autres classes sociales ; il affirme la nécessité absolue de s'unir.

1919

Journal d'Agriculture pratique 1919, 17 juillet 1919, p. 481

Chronique agricole 
Nous avons fait connaître, il y a quelques mois (numéro du 17 avril, p. 213), l'organisation de la Confédération générale des Agriculteurs [C.G.A], dont M. Pallu de la Barrière est le secrétaire général. Les adhésions à cette initiative sont arrivées très nombreuses, de tous les points de France. Par contre, une opposition très vive à cette organisation s'était manifestée chez certains membres du Comité d'organisation du Congrès d'Agriculture qui semblaient y voir une concurrence funeste pour eux. Il était donc permis de redouter qu'une scission se produisit, qui eût été éminemment regrettable. Heureusement, il n'en a pas été ainsi. 
Dans la séance du Congrès où fut décidée la création de la Confédération nationale des Associations agricoles [C.N.A.A.] M. Pallu de la Barrière, qui y représentait la Confédération générale des Agriculteurs [C.G.A.], déclara donner adhésion de celle-ci après la nouvelle organisation, dans laquelle elle est entrée au même titre que toutes les autres associations adhérentes. Il ne devait pas en être autrement, à raison de l'esprit profondément libéral qui anime les promoteurs de la Confédération générale des Agriculteurs [C.G.A]
Celle-ci continuera à exercer son activité propre, comme toutes les autres Associations dont aucune n'a indiqué la mission qui lui incombe. Son but essentiel, suivant son programme, est de " faire prévaloir par une action constante des idées de solidarité, de fraternité, l'union entre les producteurs, propriétaires, métayers, fermiers, colons et ouvriers agricoles ". À l'heure actuelle, c'est l'un des objectifs qui se placent au premier rang ; on doit souhaiter que ce but soit atteint, malgré les difficultés. 
 

1920

Journal d'agriculture pratique, 1920 1er trimestre, 10 juin 1920, p. 451-452

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE AGRICOLE 
La première assemblée générale de la Confédération générale agricole s'est tenue le 26 mai à Paris 
Le dépouillement du scrutin fait ressortir que 424 625 suffrages ont été exprimés pour l'élection du Conseil fédéral et du secrétaire général M. Pallu de la Barrière. 
Un ordre du jour a été adopté qui vise les points suivants :
La liberté pour la culture nationale et la production économique qui lui est due ;
L'élection des Chambres d'Agriculture en dehors de toute ingérence politique, par un collège électoral, professionnel et compétent ;
La réforme des transports ;
L'organisation de la main-d'oeuvre et les moyens de suppléer industriellement à sa diminution causée par la guerre :
L'amélioration du sort des ouvriers et des serviteurs agricoles ;
L'importance du rôle social que les femmes sont appelées à jouer au point de vue familial rural.
L'Assemblée générale charge, en outre, son Conseil syndical, d'intervenir énergiquement auprès du Gouvernement et des Chambres pour obtenir que les lois assurant la liberté du travail, l'ordre et le caractère exclusivement professionnel des Syndicats soient appliquées et au besoin complétées et que notamment, toute interruption concertée des services publics soit interdite et réprimée dans l'intérêt national et pour le relèvement économique de la France. 
Cet ordre du jour a été porté au Congrès de Tours [C.N.A.A] par M. Fernand Laurent, rapporteur général du Conseil syndical. 
G. GAUDOT 
 

1920

La Dépêche du Centre et de l'Ouest, Lundi 31 mai 1920, p. 224

TOURS, Le 2e Congrès des Agriculteurs [C.N.A.A]
M. Fernand Laurent, avocat à la cour, directeur de la Liberté, conseiller municipal de Paris, qui est intervenu plusieurs fois au congrès de Tours, est le rapporteur général de l'Union nationale des paysans de France C.G.A.

1920

La Dépêche du Centre et de l'Ouest, Lundi 12 juillet 1920, p. 292

NAZELLES [Indre-et-Loire, canton d'Amboise]
Conférence sur la C.G.A.
Dimanche 27 juin salle Marchans, une conférence faite par Robert Morin sur la C.G.A. avait attiré un grand nombre d'auditeurs. Après un exposé très détaillé de ce qu'est cette organisation, son but et ses moyens, le conférencier fut très applaudi, et un grand nombre de cultivateurs et de vignerons de Nazelles adhérèrent immédiatement à la C.G.A et constituèrent la section communale de Nazelles dont M. Goisier fut élu président. 

1920

La Dépêche du Centre et de l'Ouest, samedi 18 septembre 1920, p. 398

LUSSAULT [Indre-et-Loire, canton d'Amboise]
Conférence 

Dimanche 12 septembre, devant les deux syndicats de Lussault, M. Robert Morin, délégué général de la C.G.A. en Indre-et-Loire, à prononcé une conférence sur la C.G.A.
Il a vivement engagé les agriculteurs et viticulteurs à s'unir sur le terrain professionnel, afin d'assurer la sauvegarde de leur légitimes intérêts, en adhérant à une association qui défend l'ordre public, la propriété et tous les grands intérêts agricoles. 
La conférence de M. Robert Morin fut saluée par la applaudissements de l'auditoire. Une section  communale de la C.G.A. a été aussitôt constituée. Elle comprend environ 100 membres.
Ont été élus : président, M. Bérendorf, maire de Lussault ; vice-présidents, MM. Auger Alexandre et Serreau Vincent ; secrétaire-trésorier M. Madrelle, instituteur. 

1920

La Dépêche du Centre et de l'Ouest, dimanche 19 décembre 1920, p. 547

SOUVIGNY [Indre-et-Loire, canton d'Amboise]
Conférence 
Dimanche 8 décembre, M. Morin, délégué de la Confédération générale agricole [C.G.A.], est venu à la mairie de Souvigny faire une conférence sur les questions agricoles actuelles et les engrais en vue de l'organisation d'une section de la C.G.A.
M. Morin, par son éloquence et son talent habituel, a su faire comprendre à tous les assistants, les services que la Fédération était appelée à rendre à l'agriculture. Après quelques observations, le bureau à été constitué : Président d'honneur, M. Jolly Ferdinand, maire de Souvigny ; président, M. Bodin Eugène ; trésorier, M. Besnard Ferdinand ; secrétaire, M. Tonnay Maxime ; assesseur, M. Bosquet Maxime.
Une vingtaine de membres, tous propriétaires, ont adhéré à la formation de la section. 

1921

Journal d'agriculture pratique 17 décembre 1921, p. 198

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE AGRICOLE
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 7 DÉCEMBRE 

Par l'organisation, les terriens peuvent espérer résoudre partiellement les crises professionnelles prochaines. Aussi est-il indispensable de créer une conscience collective dans le monde agricole. Dans son assemblée générale du 7 décembre, la Confédération générale agricole (Union des paysans de France) a effectivement travaillé dans ce sens par un référendum dont M. Robert Morin, délégué d'Indre-et-Loire, fut le rapporteur. Elle a mis en lumière les desiderata ou les critiques des milliers d'organismes agricoles qu'elle représente. 
Deux séances : l'une du matin, présidée par M. Damecour, sénateur, président du Syndicat de la Manche, l'autre du soir, présidée par M. Olivier Rougé, sénateur, président de la Fédération agricole d'Anjou. Beaucoup de questions vitales y furent traitées, débattues, et mises au point de nombreux députés, MM. Capus, Pouzin, de Monicault, Bartholini, etc., prirent la parole, ainsi que les délégués départementaux. 
De ces débats, nous ne retiendront que l'essentiel. 
Accord unanime des enquêtés et des congressistes sur la nécessité du retour à l'heure solaire. Modification rapide et profonde du code de la route qui semble rédigé par un automobiliste.
Longue étude des impôts. Les paysans ne sont pas des privilégiés, comme on a voulu le faire croire. M. Capus, député, fait justement observer que les impôts nouveaux ne devraient être votés qu'après avis des catégories professionnelles intéressées. Avant de frapper le contribuable d'impôts, des économies. La France a perdu 1 500 000 de ses fils à la guerre, mais elle occupe 130 000 fonctionnaires de plus. L'impôt sur le capital atteindrait les possesseurs d'immeubles seuls. Le produit suffirait-il à payer les nouveaux fonctionnaires nécessaires à son application ? M. Gautier rend compte que le ministre des Finances a déclaré à une délégation : Je n'envisage pas d'impôts nouveaux sur l'agriculture. 
Sur la question des bouilleurs de cru, M. Pouzin, député, avec un sens réel des possibilités, observe que les bénéficiaires du privilège doivent être modérés dans leurs revendications, car si les ressources fournies par l'alcool venaient à diminuer, des impôts s'ensuivraient. 
Pour les transports : nécessité de tarifs spéciaux pour le vin, les engrais, les pailles, etc. Sur l'enseignement agricole à l'école primaire, on souhaite surtout que l'instituteur donne aux enfants le goût des choses de la terre.
Énergiques protestations contre l'inscription des questions agricoles à la Conférence de Genève, l'incompétence notoire des délégués à cette conférence et la limitation des heures de travail. Par contre, on demande l'application du repos du dimanche.
Le crédit agricole est aussi étudié. M. J.-H. Ricard, ancien ministre de l'Agriculture, explique la genèse de la loi et M. le sénateur Michel, ajoute qu'il serait nécessaire de la faire jouer pour les warrants agricoles. 
Enfin, on envisage longuement la création des Chambres d'Agriculture. De l'avis de tous, comme la loi les a prévues, elles sont une menace redoutable pour l'ordre social. Les congressistes inclinent à penser qu'il faudrait les constituer avec les Offices Agricoles élargis et complétés par l'adjonction de représentants des associations agricoles. M. Damecour proposait, avec raison, selon nous, un recrutement semblable à celui des Chambres de Commerce, l'électorat qui correspond au patenté. Mais il paraît que cette solution de sens commun ne saurait être adoptée à la Chambre. 
Plusieurs autres questions furent également examinées, mais nous devons conclure et souligner simplement l'intérêt de ces journées d'études techniques. Nos compliments au bureau de la C.G.A., notamment à M. Pallu de la Barrière, son dévoué Secrétaire général, qui fait concourir tant de bonnes volontés au bien commun. 
AD. J. CHARON 
 

1922

Annuaire Indre-et-Loire 1922, p. 383

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE AGRICOLE (C.G.A.)
Siège social central : boulevard de Clichy, 5, Paris 
Délégué départemental : M. Morin (Robert) [écrivain] à Pocé-sur-Cisse [Indre-et-Loire, canton d'Amboise]

La C.G.A. a pour but d'assurer la défense morale, sociale et fiscale des intérêts agricoles et viticoles. Association exclusivement professionnelle et indépendante, la C.G.A. n'est pas subventionnée. Elle a un organe national hebdomadaire : Le paysan de France et un organe départemental mensuel l'Union Tourangelle. Elle compte en Indre-et-Loire deux mille adhérents dont beaucoup sont groupés en sections communales ou cantonales. 
Adresser toute correspondance au délégué général : M. Robert Morin, au Menard, Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire)


SECTIONS SYNDICALES DE C.G.A, en Indre-et-Loire en  :
 

Commune Membres Président Secrétaire 
Auzouer 63 M. Richaudeau M. le Comte de la Tullaye
Cangey 29 M. Giraud (Joseph) M. Daburon (Denis)
Catherine-de-Fierbois (Sainte) 27 M. Jahan (François) M. Gourgnioux Élysée
Chargé 74 M. Desgranges (Abel) M. Colin (Marcel)
Denis-Hors (Saint) 78 M. N*** M. Vincent (François)
Épain (Saint) 120 M. Perrotin (Louis) M. Guénault
Limeray 22 M. Moreau (Abel) M. Billault
Lussault 89 M. Bérendorf [Louis] M. Mardelle
Maure (Sainte) 38 M. Roy (Étienne) M. Cuvier (Émile)
Montreuil 25 M. Billault (Auguste) M. Hogon (Louis)
Mosnes 38 M. Jolly (Henry) M. Bodin (Étienne)
Nazelles 36 M. Goisier (Joseph) M. Girault (Léon)
Négron 28 M. Billault (Joseph) M. Plumereau (Aristide)
Pocé 58 M. Paqueron (Léandre) M. Morin (Robert)
Règle (Saint) 36 M. Billault (Sylvain) M. Marguerobat (Daniel)
Richelieu 310 M. Perrot (Charles) M. le Comte du Fort (Joseph)
Rochecorbon 44 M. Le Pelletier de Woillemont M. Poirier (Raoul)
Souvigny 26 M. Bodin (Eugène) M. Tonnay (Maxime)

1922

Journal d'agriculture pratique, 12 décembre 1922, p. 516-518

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE AGRICOLE. 
Assemblée générale du 14 décembre.

M. Pallu de la Barrière, secrétaire général de la C.G.A., est un bon citoyen, dévoué au bien public et ayant compris le rôle que devaient jouer les classes rurales dans le pays, après le cataclysme qui a ravagé le monde. Il a voulu, en unissant les bonnes volontés éparses, montrer aux paysans isolés la force qu'ils pouvaient tirer du groupement ; il a voulu que justice soit rendue à leurs mérites et ce, pour le maintien de l'équilibre social indispensable à la prospérité nationale. 
L'initiative de M. Pallu de la Barrière était opportune, à en juger par la valeur des hommes qui, chaque année, malgré de très nombreuses occupations, se réunissent pour examiner avec les délégués venus des quatre coins de la France, les questions agricoles d'actualité les plus essentielles. 
C'est M. le Dr Martin, président de la Société centrale d'Agriculture de Seine-Inférieure, qui a présidé cette fois l'assemblée. Dans une brillante allocution d'ouverture il a décrit la vie pénible du cultivateur, soumis à l'imprévu constant du temps, assujetti à un labeur souvent excessif ; puis, avec une grande compétence médicale, M. Albert Martin a rappelé la fréquence, à la campagne, des affections cardiaques consécutives à une usure anormale du moteur humain.
M. A. Ouvré, député de Seine-Inférieure, a présenté ensuite un rapport concis  mais Complet, sur le blé. Les vœux qu'il a fait adopter à l'unanimité tendent : 1º à l'obtention de la liberté commerciale à l'intérieur et d'une protection douanière efficace ; 2º à l'encouragement de la constitution de coopératives de vente convenablement dotées de magasins et de silos ; 3º à l'organisation de la sélection de semences, à la réduction des frais de transport, à la mise à disposition de la culture d'engrais azotés fabriqués en France. 
Les délégués d'Alsace ont demandé l'addition d'une motion concernant la main-d'oeuvre. Ils ont souligné la nécessité pour les pouvoirs publics de veiller à l'exécution par les ouvriers étrangers des contrats signés par eux avec les agriculteurs. M. de Monicault a rappelé l'état de la question et le bien qu'on doit attendre de l'unification des services d'immigration dispersés jusqu'ici dans cinq ministères et désormais réunis au département des affaires étrangères. 
Après M. Ouvré, M. Georges Pouzin, le très actif représentant de la Drôme, a rappelé les travaux parlementaires relatifs à la réforme du régime des bouilleurs de cru. Tous ceux qui ont entendu M. Pouzin sont d'accord pour apprécier non seulement sa compétence technique, mais la hauteur de ses vues et le profond dévouement avec lequel il défend la cause des terriens. Sur un sujet aussi difficile, il a su mettre tout le monde d'accord et faire approuver un texte tiré du projet du Gouvernement et de la proposition de son collègue, M. Taurines. Ce qui caractériserait notamment le nouveau régime, ce serait la faculté d'adopter telle ou telle méthode de contrôle des opérations de distillation et telle ou telle saison pour procéder à ces distillations, suivant la volonté exprimée dans chaque région par les représentants des intéressés. Au surplus, la question est trop complexe pour que nous puissions entrer ici dans les détails. En effet, le rapport de M. Pouzin a motivé de nombreuses interventions des délégués d'Alsace, de Bourgogne, du Centre, etc..., de sorte que le temps réservé à la communication de M. de Monicault, député de l'Ain, sur les causes de désertion des campagnes et le remèdes à y apporter a été malheureusement quelque peu écourté. 
Nous avons tous regretté que M. de Monicault n'ait pas eu le loisir d'exprimer plus longuement ses vues. Toutefois, dans le temps qui lui a été départi, notre distingué collaborateur et ami a très nettement signalé les causes essentielles de l'abandon de la terre et les quelques remèdes les plus opportuns à appliquer. L'énumération de ces derniers constitue la partie la plus pratique du rapport. Il faut que les cultivateurs gagnent davantage et cultivent mieux, en modifiant leurs méthodes et leur assolement, pour réduire la part de la main-d'oeuvre quand c'est possible ; il faut qu'ils retirent à leurs femmes les besognes trop dures, il faut qu'ils s'organisent pour vendre suivant les procédés des commerçants. Les pères ne doivent plus décrier leur profession devant leurs enfants et, quand ces derniers travaillent avec eux, ils doivent les encourager, les payer même, s'ils veulent les voir rester à la terre. La réforme du régime successoral, les facilités données aux jeunes ménages pour accéder à l'exploitation comme fermiers ou métayers avant de devenir propriétaires, le développement de l'enseignement ménager et des écoles d'hiver, la réduction du coût des visites de médecin, le développement de l'automobilisme, sont autant d'améliorations qui, peu à peu, se complétant les unes aux autres, arriveront à tempérer le mal et à remettre à l'honneur la plus digne vocation de l'homme. M. de Monicault a excellemment dit tout cela, souhaitons à son étude une très large diffusion. 
Le soir, M. Henry Chéron, ministre de l'Agriculture, assisté de MM. Victor Boret, Damecour, Capus, etc., a présidé la séance de clôture, séance à laquelle les assistants sont venus très nombreux pour entendre M. Henri de Jouvenel, sénateur de la Corrèze, représentant de la France à la Société des Nations. La conférence de M. de Jouvenel peut se résumer ainsi : Notre défaut est d'être toujours divisés ; il convient de faire cesser ces discussions en présence du péril et de constituer, par une élite, une nation de cadres dans laquelle les représentants de la production devront jouer un rôle prépondérant, car la représentation purement politique, la représentation des seules professions libérales, est discrédité parce qu'incomplète, ne faisant pas de place aux groupements économiques devenus très bien organisés et très puissants. 
Est-ce à dire que les paysans doivent désirer l'avènement d'un parti agraire, voire même d'une dictature agraire ? Non, certes, ils sont trop modestes, trop prudents, trop habitués à l'équilibre des cultures et des saisons pour souhaiter l'omnipotence d'une catégorie de citoyens. Cependant - et précisément parce que tous ont confiance en leur sagesse - il faut souhaiter de les voir prendre leur place aux affaires publiques. 
M. de Jouvenel a recueilli de vifs applaudissements ; mais l'auditoire en a réservé une bonne part aussi à M. Chéron, qui sait toujours si bien, en quelques mots, toucher ceux qui l'écoutent et prouver son grand dévouement à l'agriculture. 
HENRY GIRARD 
 

1922

La Terre Tourangelle, 29 janvier 1922, p. 6
QUELQUES MALENTENDUS 
Signé MUTEAU. 
(Le Paysan de France) [hebdomadaire de la C.G.A.]
À TRANSCRIRE 

La Terre Tourangelle, 5 février 1922, p. 6
Agriculteurs, Unissez-vous
"L'UNION FAIT LA FORCE "
Jacques RURAL 
(Le Paysan de France) [hebdomadaire de la C.G.A.]
À TRANSCRIRE 

La Terre Tourangelle, xx xxxxx 1922, p. 11
L'EXODE RURALE. 
Écho du Roannais....CGA
À TRANSCRIRE 

La Terre Tourangelle, 6 février 1922, p. 9
La voix de la Terre
René Mercier
À TRANSCRIRE 

La Terre Tourangelle, xx xxxxx 1922, p. 22
Le Salut est dans la terre
(Le Paysan de France) [hebdomadaire de la C.G.A.]
À TRANSCRIRE 

La Terre Tourangelle, xx xxxxx 1922, p. 22
L'agresseur est défendu 
Jacques Rural
(Le Paysan de France) [hebdomadaire de la C.G.A.]
À TRANSCRIRE 
 

1924

Journal d’agriculture pratique, 1924
p. 69
LA POLITIQUE AGRICOLE DU GOUVERNEMENT 
CGA reçue au ministère 
 

1924

Journal d'agriculture pratique, 2 février 1924, p. 88
Décorations de la Légion d'Honneur 
Commandeur

M. PALLU DE LA BARRIÈRE, secrétaire général de la Confédération générale agricole.

1924

Journal d'agriculture pratique, 9 février 1924, p. 117-118
 

UNION NATIONALE DES PAYSANS DE FRANCE 
L'assemblée générale de l'Union Nationale des Paysans de France (Confédération générale agricole) a eu lieu le 31 janvier.
La séance du matin fut présidée par M. Jaudon, conseiller à la Cour de Cassation, agriculteur.
Le rapporteur général, M. Jules Hayaux, conseiller général de la Haute-Saône, a proposé l'adoption des voeux exprimés par un référendum organisé entre les sociétaires sur l'enseignement primaire rural, sur le régime des vins les réformes fiscales, etc., etc.
M. Creuzé, président de la Société académique d'Agriculture de Poitiers, fit ensuite un rapport remarquable sur les Chambres d'agriculture, véritable réquisitoire contre la loi récente. MM. Damecour, sénateur, et Pouzin, député, expliquèrent à quelles préoccupations politiques à obéi le Sénat et engagèrent les agriculteurs à tirer le meilleur parti de cet embryon.
Lecture et discussion des rapports de M. Jules Hayaux sur les bouilleurs de cru, de M. Robert Morin sur les Tribunaux d'Agriculture et le Crédit Mutuel agricole. 
Dans la séance de l'après-midi, présidée par M. Damecour, sénateur, sont lus et discutés les rapports de M. Jean Carnot, sur l'électrification des campagnes ; de M. Marcel Pallu de la Barrière, sur le blé ; de M. Pierre de Monicault, député, sur l'Agriculture devant le pays. 
À huit heures du soir, troisième séance, présidée par M. Chéron, ministre de l'Agriculture. Allocution de M. le sénateur Chauveau, conférence de M. Capus, député, sur le collectivisme et l'Agriculture ; M. Pouzin, député, sur le foyer paysan.
Au cours de ces heures de travail, nombre de vœux ont été adoptés, notamment :
Pour la suppression définitive de l'heure d'été ; que la création de l'Office national des ventes soit un fait accompli ; contre l'impôt sur le capital ; contre toute taxe sur le chiffre d'affaires frappant directement la production agricole ; pour la réduction du nombre de fonctionnaires ; pour de sévères économies dans notre budget national et l'interdiction absolue de nouvelles dépenses ; pour que les défenses d'exportation du bétail soient faites avec une extrême prudence ; pour que des mesures soient prises afin que le consommateur puisse se rendre compte du prix à la consommation et à la production des denrées agricoles ; pour que le prix des transports soit réduit ; que la production des engrais azotés soit intensifiée, etc., etc.
De telles séances d'études servent grandement les intérêts agricoles, car elles permettent de dresser le cahier des revendications professionnelles après consultation des différentes régions. 
Le secrétaire général de cette grande organisation, M. Pallu de la Barrière, a droit à la plus vive sympathie du monde agricole pour son dévouement à la cause commune. 
AD.-J. CHARON 

1924

Journal d'agriculture pratique, 16 juillet 1924, p. 66

Le Groupe de Défense Paysanne.
Le Groupe de Défense Paysanne à la Chambre des Députés vient de reconstituer son bureau. Nous recevons sur ce sujet la note suivante :
M. J. Capus, président de l'ancien Groupe, a été réélu à un grosse majorité.
Le Groupe ayant manifesté par cette élection sa volonté de rester sur le terrain technique, pour ne pas faire double emploi avec la Commission d'Agriculture, a réservé les vice-présidences à chaque spécialité agricole, en dehors de la Viticulture qui a son groupe particulier et, d'un accord intervenu entre les divers groupes politiques de la Chambre, il est résulté les élections suivantes :
Vice-présidents : MM. Ricolfi, Macarez, de Warren, Serot, Massé, Huguet, Falcoz, Baron. 
Secrétaires généraux : MM. Charoulet, Alexandre Duval.
Secrétaires : MM. Bouat, Jourdain (Somme), Lamazou-Betbeder, Henry, Epivent, Chauvin. 
Trésorier : M. Carnot.
M. de Monicault, vice-président du Groupe de la précédente législature, ne s'est pas représenté pour faire place à un nouveau. 


 

1924

Journal d'agriculture pratique, 26 juillet 1924, p. 69

LA POLITIQUE AGRICOLE DU GOUVERNEMENT 
Une délégation du Conseil syndical de l'Union nationale des Paysans de France (C.G.A.) a été reçue le 16 juillet, par M. Queuille, ministre de l'Agriculture.
Elle était composée de MM. Joseph Courtier, sénateur de la Haute-Marne, Pierre de Monicault, député de l'Ain, C. Pallu de la Barrière, secrétaire général, François Caquet, délégué général de la Nièvre, Moulinot, secrétaire général du Syndicat des maraîchers et primeuristes de la région parisienne.
Le ministre et les délégués ont examiné point par point le programme de la C.G.A. 
Des déclarations faites par le ministre, il convient de noter particulièrement les suivantes : 
Le Gouvernement se préoccupe très vivement de la question du blé. À la date du 1er août, le droit de douane suspendu sera rétabli automatiquement.
Tous les efforts seront faits pour stabiliser les cours du blé et pour en diminuer le prix de revient, soit par un dégrèvement équitable des droits d'entrée sur l'outillage agricole, soit par la recherche d'un diminution du prix de certains engrais, comme le sulfate d'ammoniaque, soit par une participation méthodique des marchés de l'Intendance. 
La dotation du Crédit agricole sera à accrue par des moyens en ce moment à l'étude et le ministre compte pouvoir également donner satisfaction dans une certaine mesure aux demandes de subventions des Sociétés d'électrification rurale. 
Le ministre et les délégués sont tombés d'accord en ce qui concerne la modification à apporter à l'enseignement rural, l'organisation de l'enseignement ménager post-scolaire, le développement des petites industries locales, l'incompatibilité de la loi de huit heures avec le travail agricole. 
Quant à l'intangibilité du droit de propriété individuelle et à l'accroissement de la petite propriété terrienne, il ne pouvait exister entre eux aucun dissentiment.
Le ministre a déclaré que le Gouvernement était résolu à donner toute son attention la plus bienveillante et la plus active aux questions intéressant la production agricole et le bien-être des populations des campagnes. Il attend du Conseil d'État au premier jour le projet de règlement d'administration publique concernant les Chambres d'Agriculture. Ce règlement sera mis au point dans le plus bref délai.
 

1924

 Annuaire d'Indre-et-Loire 1924, p. 375

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE AGRICOLE (C.G.A.)
Siège social central : boulevard de Clichy, 5, Paris 
Délégué départemental : M. Morin (Robert) à Pocé (Indre-et-Loire)

La C.G.A. a pour but d'assurer la défense morale, sociale et fiscale des intérêts agricoles et viticoles. Association exclusivement professionnelle et indépendante, la C.G.A. n'est pas subventionnée. Elle a un organe national hebdomadaire : Le paysan de France et un organe départemental mensuel l'Union Tourangelle. Elle compte en Indre-et-Loire deux mille adhérents dont beaucoup sont groupés en sections communales ou cantonales. 
Adresser toute correspondance au délégué général : M. Robert Morin, au Menard, Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire)
SECTIONS SYNDICALES DE C.G.A, en Indre-et-Loire
Liste…

1924

Source : Base Léonore, Légion d’Honneur

C.G.A.
UNION NATIONALE DES PAYSANS DE FRANCE

(CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE AGRICOLE)
5, Boulevard de Clichy, 5 – PARIS (9e Arrt). TÉLÉPHONE : Trudaine 52-70
Défendons et fécondons la Terre de France
Gloire et Reconnaissance aux Soldats-Paysans

INSCRIPTION SYNDICALE : N° 3361
COMPTE COURANT CHÈQUES POSTAUX
N° 253-16 – PARIS


Imprimé en marge sur le côté gauche :
C.G.A.
UNION NATIONALE DES PAYSANS DE FRANCE
CONSEIL SYNDICAL :

 

BACHELET, Sénateur du Pas-de-Calais, Président du Syndicat agricole d’Arras, Membre du Conseil Supérieur de l’Agriculture
Jacques BARDOUX, Professeur à l’École des Sciences Politiques, Président du Syndicat Agricole de Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme)
Ch. BARRÉ, Président de la Ligue Agricole de la Marne
Albert BLOCHÉ, Ingénieur des Mines, ancien Ingénieur-Conseil de l’Office des Produits Chimiques Agricoles
BONNEVILLE, Président du Syndicat Agricole de Bessancourt (Seine-et-Oise)
Victor BORET, Délégué de la Vienne, Président de la Commission de l’Agriculture, Ancien Ministre de l’Agriculture, Président de la Société Nationale d’encouragement à l’Agriculture.
Le Colonel SADI-CARNOT, Propriétaire-Agriculteur, (Calvados, Jura, Côte-d’Or)
J. CAPUS, député de la Gironde, Président du Groupe de défense paysanne
Le docteur Claude CHAUVEAU, Sénateur de la Côte-d’Or, Président du Stud Book de l’Auxois
Henri COTE, Président du Syndicat départemental et de la Fédération agricole du Puy-de-Dôme
E. CREUZE, Président de la Société d’Agriculture de la Vienne
Prosper CROISÉ, Vice-Président de la Société d’Agriculture et Président de l’Union professionnelle des Paysans de l’Orne
DAMECOUR, Sénateur de la Manche, Président du Syndicat des Agriculteurs de la Manche
Roland FORISSIER, Député de la Loire, Agriculteur
Paul FORSANS, Président d’honneur-fondateur de l’Union des Intérêts Économiques
GOBLET, Cultivateur à Misery, (Côte-d’Or)
Paul GOUIN, Docteur en Droit
JAUDON, Conseiller à la Cour de Cassation, Propriétaire-Cultivateur dans l’Aveyron, Conseiller général
Jean LABBÉ, Avocat au Conseil d’État et à la Cour de Cassation, Membre de la Société d’Agriculture de l’Orne, Vice-Président de la Caisse de Crédit Agricole
Jacques DE LAPISSE, Propriétaire-Agriculteur dans la Corrèze
G. LORMIER, Conseiller général de la Seine-Inférieure, Membre du Conseil Supérieur de l’Agriculture, Président du Syndicat Agricole de la Seine-Inférieure
Docteur Albert MARTIN, Professeur à l’École de Médecine de Rouen, Agriculteur, Président de la Société d’Agriculture de Seine-Inférieure et Délégué général de l’Union des Paysans dans l’Eure
MAMÈNE, Directeur de La Vie à la Campagne
Paul MERCIER, Député des Deux-Sèvres, Président de l’Association Centrale des Laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou
CI. METTON, Agriculteur, Président du Syndicat agricole de Neulise (Loire) et de la Fédération agricole du Roannais
A. MEUNIER, Député des Ardennes, Président du Syndicat agricole de Jumiville
Louis MICHEL, Sénateur de Meurthe-et-Moselle, Président de la Société Centrale d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle et des Fédérations agricoles du Nord-Est, Vice-Président de la Confédération Nationale des Associations Agricoles C.N.A.A.
P. de MONICAULT, Député de l’Ain, Président du Syndicat Agricole de Bourg
E. MONTET, Directeur-Adjoint du Musée Social
Rober MORIN, Délégué général de la C.G.A. en Indre-et-Loire
MOULINOT, Secrétaire Général du Syndicat des Maraîchers et Primeuristes de la région Parisienne
A. NICOLE, Secrétaire général de la Fédération des Viticulteurs Charentais
Albert OUVRE, Député de Seine-et-Marne, Vice-Président du groupe de Défense Paysanne
C. PALLU de LA BARRIÈRE, Secrétaire Général de la C.G.A., Directeur du Paysan de France, Membre du Conseil Supérieur de l’Agriculture
Marcel PALLU de LA BARRIÈRE, Rédacteur en chef du Paysan de France
J. PERCHOT, Sénateur des Basses-Alpes
Le Général PICAT, Président du Syndicat agricole de Saint-Marcellin (Isère)
Maurice PIOT, Délégué général de l’Union Nationale des Paysans dans l’Aube, Conseiller général, Agriculteur
J. PLASSARD
, Propriétaire-Agriculteur en Saône-et-Loire
Joseph POUZIN, Député de la Drôme, Agriculteur
ROLAND, Sénateur de l’Oise, Vice-Président de la Société des Agriculteurs de ce département
OLIVIER DE ROUGE, Sénateur, Président de la Fédération des Syndicats Agricoles de Maine-et-Loire et d’Anjou


Les bureaux de la C.G.A. sont ouverts tous les jours, sauf le samedi, de 9 heures à midi et de 15 heures à 18 heures.

_____________________________________________________________
Lettre manuscrite
13 février 1924
Monsieur le Grand Chancelier,
J’ai l’honneur de vous remettre sous ce pli le récépissé du versement de quatre-vingts francs que j’ai fait à la Recette Centrale de la Seine pour droits de Chancellerie et frais d’expédition de mon brevet de Commandeur [de la Légion d’Honneur].
Je vous prie de bien vouloir transmettre les pouvoirs nécessaires pour procéder à ma réception à M. Raymond Poincarré, Président du Conseil des Ministres, Ancien Président de la République, qui veut bien me faire ce grand honneur.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Grand Chancelier, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.
Pallu de la Barrière
 

1924

La Terre Tourangelle, 28 décembre 1924
ADIL p. 277

Le Congrès de C.G.A. en Touraine 
Nous lisons dans le "Paysan de France " :
"Dans sa séance du jeudi 20 novembre 1924 le Conseil syndical de la C.G.A. a décidé que la prochaine Assemblée Générale de notre Union aurait lieu en Touraine, dans le courant de février prochain. 
Nos lecteurs approuveront certainement les excellentes raisons qui motivent la prochaine tenue en province des assises de la C.G.A. 
À Paris, notre réunion avait son charme. Elle fournissait à nos adhérents de province l'occasion de faire un voyage d'études et d'agrément dans la capitale. 
Nous étions heureux de nous mettre à la disposition de nos amis, de leur donner tous renseignements et toutes indications utiles. 
Ceux qui apprécient nos réunions à Paris, si vivantes et si cordiales, ne nous saurons pas mauvais gré d'aller en province. Nous leur restons et leur resterons toujours fidèles ; quand ils feront appel à notre dévouement, à notre connaissance des hommes et des choses à Paris, au "Paysan de France", on leur répondra toujours : présent. 
Ils se réjouiront avec nous de la décision du Conseil syndical. 
Ils s'en réjouiront parce qu'ils sont des terriens et parce que nous rendons un hommage à la terre en allant en province. 
Nous sommes des paysans et nous retournons au pays.
Le pays, à notre sens, ce n'est pas seulement la vieille Armorique pour les Bretons, la grasse terre des Flandres pour les Flamands, la Champagne et ses coteaux crayeux pour les Champenois, la Franche-Comté, ses collines et ses bois pour les Comtois, le Midi et son chaud soleil, ses vignobles et ses oliviers pour les Méridionaux, le pays c'est la province tout entière, c'est la vieille terre de France fécondée par les sueurs, par le sang, par les poussières des aïeux. 
La province ! le pays ! c'est là que Jacques Bonhomme et ses fils ont élevé leurs familles dans le culte du travail, dans l'amour de la nature, dans la passion du progrès, de l'ordre, des traditions. 
L'Union nationale des paysans, par une série d'Assemblées générales, a rendu hommage à notre grand Paris, ce creuset où s'élabore l'idée, ce flambeau de l'humanité. 
Aujourd'hui, au moment même où sonne le ralliement de toutes les forces sociales d'ordre, de progrès et de vie, au moment même où le communisme se prépare se prépare à monter à l'assaut du pouvoir, l'Union va faire flotter ses couleurs et exposer son programme au cœur même du Pays, dans la douce Touraine. 
On ne pouvait mieux choisir. Le "jardin de la France", même en hiver, est si attrayant ! Les ruraux qui le cultivent sont de si bons français ! De ce sol fertile a jailli une floraison d'oeuvres agricoles très prospères ; il est bon, il est nécessaire qu'elles soient à l'honneur. 
Notre excellent et dévoué ami, M. Robert Morin, membre du Conseil syndical de la C.G.A. et délégué général pour le département d'Indre-et-Loire, à bien voulu se charger de l'organisation de l'Assemblée générale. Nous connaissons sa compétence, son activité, la flamme qui m'anime. Avec lui, le succès de la réunion est assuré. 
Nombreux seront nos amis de Paris et de province qui se rendront à Tours. Ils voudront par leur présence, donner à nos sections de la Touraine un témoignage de chaude sympathie. 
Ils tiendront à faire œuvre de solidarité agricole et à montrer que les forces paysannes forment un faisceau indissoluble dont la devise sera toujours :
"Par l'agriculture, pour l'ordre, pour le progrès et pour la patrie."
Jules HAYAUX 
Conseiller général de la Haute-Saône, Membre du Conseil syndical de la C.G.A. 
 

1925

La Terre Tourangelle, 15 février 1925, ADIL numérisé p. 293

Le Congrès National de la C.G.A.
Les orateurs du Congrès 
L'intérêt du Congrès National de la C.G.A., qui se tiendra à l'Hôtel de Ville de Tours, les samedi 28 février et dimanche 1er mars, ne résidera pas seulement dans l'importance des questions étudiées, mais, aussi, dans la compétence et la valeur des rapporteurs et des orateurs inscrits pour y prendre la parole. 
Nous ne parlerons pas des orateurs tourangeaux à nos camarades tourangeaux : ils sont connus de nous tous. Mais nous nous permettons de leur présenter ceux qui viennent des autres régions :

M. Sadi-Carnot, agriculteur, dans la Côte d'Or, président de la C.G.A., nous parlera avec une superbe énergie et un ardent souci du bien public de la "Sauvegarde de la propriété individuelle".

M. Olivier Rougé, sénateur du Maine-et-Loire, élu ce mois de janvier, secrétaire du bureau du Sénat n'est pas seulement un parlementaire qui fait autorité. Il a derrière lui un long passé de dévouement à l'agriculture et au syndicalisme. Il préside la Caisse Régionale du Crédit Agricole du Maine-et-Loire, qui est l'une des plus prospères de France, la Fédération des Syndicats Agricoles du Maine et l'Union des Syndicats Agricoles des départements de l'Ouest. Il allie à une rare compétence une magnifique éloquence. 

M. Damecour, agriculteur dans la Manche, vice-président de la C.G.A., président de la Fédération des Agriculteurs de la Manche, sénateur, occupe à la Commission d'Agriculture du Sénat une place de premier plan et, depuis un demi-siècle, a mis sa parole et son savoir au service de la classe paysanne. 

M. Joseph Courtier, membre du Conseil Syndical de la C.G.A., sénateur de la Haute-Marne, actif champion des intérêts professionnels, est, pour nous, presqu'un compatriote et tous ceux qui l'applaudirent à Amboise comme à Sainte-Maure se feront une joie de revenir l'entendre à Tours. 

M. Joseph Capus, membre du Conseil Syndical de la C.G.A., ancien ministre de l'Agriculture, député de la Gironde, président du Groupe de Défense Paysanne de la Chambre, acquit dans ses fonctions de directeur des Services Agricoles de la Gironde une connaissance approfondie des choses rurales. C'est un clairvoyant et savant détenteur des vignerons et des paysans en même temps qu'un orateur puissant. 

M. Jean Carnot, récemment élu député de la Charente, apportera au Congrès la flamme et l'élégance de ce beau département et manifestera une fois de plus son dévouement à notre profession. 

M. Édouard Dessein, député de la Haute-Marne, est l'infatigable et éloquent avocat des Bouilleurs de crû dont il viendra, défendre à Tours, la cause menacée. 

M. Paul Mercier, membre du Conseil Syndical de la C.G.A., ancien député des Deux-Sèvres, président de la Fédération des Producteurs de lait de la Charente et du Poitou, possède dans les questions économiques et agricoles un compétence indiscutée, fruit d'une longue expérience. 

M. Jules Hayaux, membre du Conseil Syndical de la C.G.A., conseiller général de la Haute-Saône, est un vigoureux et éloquent défenseur du monde rural dont les lecteurs du Paysan de France apprécient hautement les articles agricoles. 

M. E. Creuzé, viticulteur, membre du Conseil Syndical de la C.G.A., président de la Société d'Agriculture de la Vienne, a consacré de longues années et de longs travaux à l'étude de la question vinicole et nous préconiser les moyens d'éviter la crise vinicole imminente.

M. de Milly a pris dans la Manche, la tête d'un actif mouvement de défense paysanne et est, à la fois, un agriculteur et un syndicaliste de haute valeur.

M. Georges Claudel, cultivateur, délégué général de la C.G.A. dans les Vosges, président de la Fédération Agricole des Vosges et d'une dizaine de groupements agricoles, met toute son ardeur et toute sa vigueur à lutter pour la terre et nous exposera quelle est la situation "des Paysans devant les Pouvoirs publics."

M. Pierre Boudon, cultivateur, président du Faisceau Syndical du Lot-et-Garonne à imprimé, à sa région, un vigoureux élan de syndicalisme, a porté son effort, hardiment, sur la défense des questions économiques, sociales, fiscales, et nous parlera du "Prix de revient en Agriculture   et du Revenu cultural familial". 
 

M. Henri Pensa, viticulteur dans la Saône-et-Loire, étudiera avec ses connaissances juridiques et agricoles le complexe problème de la main-d'oeuvre agricole étrangère. 

***

À tous ceux-là, ajoutons les orateurs tourangeaux, ajoutons les congressistes qui, dans le débat, apporteront l'appoint de leurs idées et nous pouvons, dès à présent, juger que le Congrès National de la C.G.A. présentera, pour tous les Tourangeaux, le plus vif intérêt.
Nous rappelons que le dimanche, à midi, sous la présidence de M. Joseph Capus, ancien ministre, aura lieu un grand banquet populaire agricole, par souscription. 
Les séances du Congrès ouvriront à 9 heures et à 2 heures. Elles sont ouvertes à tous les membres de la C.G.A. Les propriétaires, cultivateurs, vignerons, ouvriers agricoles, qui n'appartiennent pas à la C.G.A., mais voudraient assister au Congrès ou au banquet peuvent, dès à présent, s'inscrire, soit à une section de leur voisinage, soit à la Permanence du Congrès, au Syndicat d'Initiative, 88, rue Nationale, près l'Hôtel de Ville (Inscription : 3 francs). 

1925

La Terre Tourangelle, 1er mars 1925, ADIL numérisé p. 296

Le Congrès national de la Confédération Générale Agricole. 
La première séance plénière du Congrès National de la Confédération Générale Agricole (C.G.A.) aura lieu samedi 28 février, à l'Hôtel de Ville de Tours, à partir de 1h 30 du soir. 
Elle sera présidée par M. Sadi-Carnot [fils de l'ancien président de la République], Président de la C.G.A. 
Les séances de dimanche, à la salle du Manège, auront lieu de 9 heures à midi et de 2h 30 à 6 heures. 
Le dimanche, à midi, à l'Hôtel de Ville, sous la présidence de M. Joseph Capus, député de la Gironde, ancien ministre de l'Agriculture, Président du Groupe de Défense Paysanne de la Chambre, aura lieu un grand banquet populaire. 
Au cours du Congrès, d'importantes questions vinicoles, agricoles, fiscales et sociales seront étudiées par des rapporteurs d'une compétence indiscutée. 
Parmi les rapporteurs inscrits pour prendre la parole, citons : MM. Jules Hayaux, Vice-président de la C.G.A ; Pierre Boudon, Président du Faisceau Syndical Paysan ; Georges Claude, Président de la Fédération Agricole Vosgienne ; Creuzé, Président de la Société d'Agriculture de la Vienne ; Werhung, Vice-président des Comices Agricoles d'Alsace ; Jean Carnot, Député de la Charente ; Pfeager, Député du Haut-Rhin, etc...
D'autre part, M. le Dr Laur, Président de la puissante Union des Paysans Suisses, viendra prendre la parole au Congrès et entretenir les paysans français des féconds résultats obtenus par les paysans suisses depuis qu'ils se sont unis pour faire aboutir leurs revendications. 
Enfin, M. Olivier de Rougé, Président de l'Union des Associations Agricoles de l'Ouest prononcera le discours de clôture sur le "Le rôle et l'avenir de l'agriculture". 
Nul doute que les cultivateurs tourangeaux ne veuillent ne venir assister en grand nombre au Congrès à une époque où leurs intérêts essentiels sont en jeu. 
Pour retirer des cartes d'entrée, s'adresser à la Permanence du Congrès, au pied de l'Hôtel de Ville, 88, rue Nationale. 

1925

La Terre Tourangelle, 8 mars 1925, ADIL numérisé p. 298-300
Le Congrès NATIONAL de la Confédération Générale Agricole
La Confédération Générale Agricole (C.G.A ) a tenu samedi et dimanche son cinquième Congrès National à Tours, qui se trouvait être en même temps le Congrès départemental de l'Union Tourangelle de la C.G.A.
Au cours du Congrès la Touraine fut représentée par son élite rurale et syndicale, venue nombreuse aux séances du samedi et du dimanche. En outre un certain nombre de délégués représentaient de nombreuses régions de France : le Blésois, le Berry, la Bourgogne, la Champagne, les Vosges, l'Alsace, la Normandie, la Bretagne, le Maine, l'Anjou, le Poitou, la Charente, le Languedoc, etc, se trouvaient représentées. 
Disons tour de suite, que le Congrès National de la C.G.A. eut un complet succès et fut suivi avec le plus vif intérêt. Dans l'histoire du syndicalisme agricole il comptera au nombre des plus belles journées que la Touraine ait connue. 

La première séance
La première séance s'ouvrit à l'Hôtel de Ville, samedi matin à 9 h 30, sous la présidence de M. Sadi-Carnot, fils de l'ancien Président de la République, agriculteur dans la Côte-d'Or, entouré de MM. Pallu de la Barrière, Robert Morin, Claudel, Pensa, Creuzé, etc. 
En ouvrant la séance M. Sadi-Carnot remercia M. Robert Morin de son dévouement à l'agriculture au syndicalisme. 
Puis le débat porta sur la modification des statuts de l'Association.
Ensuite, il fut procédé à l'élection pour trois ans, du bureau de la Confédération Générale Agricole Ont été distingués :


Président : M. Sadi-Carnot, 

Vice-présidents parlementaires : MM. Courtier, sénateur de la Haute-Marne ; Damecour, sénateur de la Manche ; Hugues le Roux, sénateur de Seine-et-Oise ; Capus, député de la Gironde ; Monicault, député de l'Aîné.

Vice-présidents syndicalistes : Paul Mercier, président des Laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou ; Jules Hayaux, conseiller général de la Haute-Saône ; Robert Morin, président de l'Union agricole Amboisienne ; Cote, président de la Fédération des Agriculteurs du Puy-de-Dôme ; Albert Martin, délégué général de la C.G.A. de l'Eure.

Secrétaire général : Marcel Pallu de la Barrière.

Puis une délégation composée de MM. Sadi-Carnot, R. Morin, Émile Suard, Bérendorf, de Woillemont, et d'une dizaine d'autres notabilités se rendit recevoir à la gare M. le Docteur Laur, président de l'Union Suisse des Paysans qui venait assister aux travaux du Congrès et faire connaître les importants résultats obtenus par le syndicat agricole en Suisse. 

À midi, un déjeuner intime réunissait les organisateurs et les rapporteurs au restaurant de la Crouzille.

La séance du soir 
La séance du soir s'ouvrit à l'Hôtel de Ville, à 2h 30. La salle fut bientôt trop petite pour contenir la foule des congressistes : il fallut ouvrir une salle communicante où durent prendre place un certain nombre d'agriculteurs. Parmi les congressistes tourangeaux on remarquait la plupart des administrateurs des grandes associations départementales, des conseillers généraux, des maires, etc..
Après qu'on eut procédé à l'adoption des vœux émanant de la section de C.G.A. de Beaumont-la-Ronce, contre les dégâts des lapins et de la section de Craon (Mayenne) sur les colonies rurales de vacances, la parole fut donnée à M. Robert Morin. 
Celui-ci exprima toute la joie et toute la fierté que ressentait la C.G.A. en plaçant à sa présidence "un homme dont le nom appartient à l'histoire."
L'auditoire, par ses applaudissements, s'associa à cet hommage à de M. Sadi-Carnot. 
Puis M. Robert Morin étudia la question de l'accession des travailleurs ruraux à la propriété. 
Il ne suffit pas dit-il de sauvegarder le principe de propriété de telle sorte que ceux qui possèdent déjà continuent de posséder, il faut, aussi, pour que la société remplisse tous ses devoirs, faciliter l'accession à la propriété pour les travailleurs qui ne possèdent pas encore. Et une accession dans l'ordre et la légalité par le développement du Crédit Agricole et par l'amélioration de ses méthodes de crédit. 
Actuellement les disponibilités du Crédit agricole sont affectées de la façon suivante : 45 % aux prêts à long terme individuel, 30 % aux longs termes collectifs, 25 % aux prêts à court et moyen terme. M. Robert Morin voudrait qu'on élève à 75 % la proportion des prêts ayant pour but, soit de faciliter l'accession des travailleurs à la propriété, soit de permettre, en matière de succession rurale aux héritiers restants à la terre de conserver l'héritage familial. 
Pour faire face aux autres opérations de prêts, M. Robert Morin, préconise l'extension des services de dépôts à vue et à terme afin que ces dépôts permettent de suffire à tous les besoins. 
Après quelques observations de MM. Jahan et Boudon, président du Faisceau syndical du Lot-et-Garonne qui, eux aussi, critiquent le formalisme excessif des opérations de Crédit Agricole un vœu est adopté à l'unanimité. 
C'est maintenant au tour de M. Sadi-Carnot. Il prononce sur la sauvegarde de la propriété individuelle un magistral rapport qui est l'œuvre approfondie d'un érudit, d'un économiste et d'un sociologue. 
Tout d'abord il fait un rapide historique du droit de la propriété. Dès qu'une société s'organisa, dès qu'une civilisation apparût le droit de propriété individuelle fut reconnu. Le Droit romain l'avait fortement consacré. Le moyen-âge l'a maintenu. La Monarchie l'a fortifié. L'Empire et la République l'ont proclamé. Ce droit imprescriptible et sacré domine les temps et les régimes. Et quand le démagogue Baboeuf, voulut, sous la République l'abolir, le grand patriote que fut Lazare Carnot n'hésita pas à livrer Baboeuf à la justice. Aujourd'hui le principe de propriété individuelle est menacé par des théories issues de la barbarie orientale, dont la propagande en France serait la mort de notre pays.
Mais, par ailleurs, le principe de propriété individuelle est sapé par certains agissements abusifs des Pouvoirs Publics comme par certaines dispositions législatives.
Dans cet ordre d'idées, M. Sadi-Carnot s'élève contre toute entrave administrative apportée à la liberté des producteurs agricoles. Il voudrait aussi que la propriété du cultivateur soit assimilée aux outils de travail et soit déclarée insaisissable. 
M. Sadi-Carnot souhaite également, que la libre transition de l'héritage rural dans les familles, tel qu'il existe en Alsace soit étendu en France, afin que ceux qui quittent la terre ne provoquent pas un son dépeçage au détriment de ceux qui lui restent fidèles. 
Puis M. Sadi-Carnot s'oppose à toute immixtion de l'État dans le travail agricole. Pas d'inspecteurs du travail en agriculture. On peut travailler sans eux.
Enfin, le président de la C.G.A. conclut avec une magnifique éloquence en disant que tous les sacrifices consentis durant la guerre par le monde paysan ne doivent pas aboutir, à présent, à la suppression du droit de propriété.
Il termine en insistant sur l'urgence et sur l'importance qu'il y a pour le monde agricole à s'unir dans la C.G.A. pour défendre tous les principes chers à tous les cœurs paysans. Le rapport de M. Sadi-Carnot avait été longtemps applaudi et sa conclusion souleva l'ovation de la salle.
M. Joseph Courtier, sénateur de la Haute-Marne, remercia en termes éloquents M. Sadi-Carnot, au nom de l'auditoire. Puis la parole fur donnée à M. Alexandre Boissé, administrateur de l'Union Agricole Amboisienne qui traita de la question : "Combien coûte à produire un hecto de vin."
Par des chiffres indiscutables, il établit le prix de revient de son vin à la récolte 1924. Il lui a coûté 47 francs, à produire. Il l'a vendu 50 francs l'hectolitre. De sorte qu'il a retiré du capital engagé dans son exploitation vinicole un intérêt de 1,95 %. Quel industriel ou quel commerçant accepterait une si faible rétribution de son capital ?
Est-ce donc le moment de préconiser l'introduction de vins étrangers en France ?
Le rapport de M. Boissé fut vigoureusement applaudi. M. Robert Morin, insiste sur l'intérêt de cette communication d'un vrai vigneron. Il n'est pas suffisant qu'un cultivateur tienne la charrue toute l'année, il faut aussi dit-il, qu'il sache, comme le rapporteur, venir travailler une journée à la défense professionnelle. 
Puis, M. Robert Morin, proteste contre l'introduction de vins étrangers en France. 
Il signale la proposition de loi déposée le mois dernier par un certain nombre de députés tendant faciliter l'entrée en France des vins espagnols, portugais, et grecs, il s'indigne que des parlementaires songent à sacrifier les vins français aux vins étrangers et il demande à l'assemblée de repousser énergiquement cette proposition de loi.
Un tonnerre d'applaudissements lui répond.
Plusieurs congressistes apportent des chiffres établissant que si les vins sont avilis chez le producteur les consommateurs ne s'en aperçoivent guère. 
M. Fimayer, de la Moselle, expose comment du vin payé à la production 40 francs l'hecto est revendu là-bas 160 francs au prix de gros. Il préconise la vente directe des révoltants aux syndicats de la région de l'Est.
M. Pensa, délégué de la C.G.A. dans la Saône-et-Loire, ajoute sa protestation à celle de M. Morin contre l'importation de vins étrangers en France. Cette année, la production française s'élève à quatre-vingt millions d'hectolitres [80 000 000 hl]. Les besoins moyens de la consommation son seulement de soixante cinq millions [65 000 000 hl]. Si on ajoute à cet excédent, la concurrence des vins étrangers c'est l'écrasement du pour le vignoble français. "Or le vignoble français c'est une partie importante de la fortune nationale et c'est pourquoi le rôle de la C.G.A. est de le défendre et le devoir des Parlementaires est de le soutenir."
M. Pensa, chaleureusement applaudi, conclut en demandant une échelle mobile douanière. On ouvrirait la porte quand la production serait inférieure aux besoins de la consommation. On la fermerait quand la production excéderait la consommation. 
Ce serait un moyen automatique de régulariser la situation vinicole, car nul travailleur ne doit être obligé de travailler à perte pas plus le vigneron qu'aucun autre  
Après un échange de vues auquel prirent part MM. Adrien Marié, de Ferrière-Larçon ; Claudel président de la Fédération Agricole Vosgienne ; Hubert, de Noizay ; Bernard, d'Azay-le-Rideau, le vœu fur adopté. 
Ce fut le tour à M. Vavasseur, président de la Société d'agriculture d'Indre-et-Loire, à parler de la question vinicole. Il en fit un exposé très documentaire. 
Au sujet de la surproduction il déconseilla aux vignerons de planter les hybrides et les cépages à grands rendements qui surchargent les marchés et avilissent les cours.
Sur l'introduction des vins étrangers en France, il préconise d'imposer aux importateurs l'obligation d'acquitter les droits de douane en francs-or.
Puis il propose qu'on interdise l'introduction des vins tunisiens et algériens. 
Là-dessus une controverse assez vive s'engage parmi les congressistes. M. Pensa résume l'opinion générale en disant qu'une barrière douanière ne doit pas exister entre la France continentale et la France africaine. 
Enfin, M. Vavasseur voudrait qu'on fermâ l'accès de nos colonies aux aux vins étrangers où nos vins d'Afrique et du Midi trouveraient d'utiles débouchés. 
Approuvé à l'unanimité.
M. Pensa ajoute une observation intéressante. C'est qu'un hectare de vigne rapporte, annuellement, en moyenne 1 000 francs d'impôts au fisc.
À ce titre seul le vignoble mériterait d'être protégé par les pouvoirs publics. 
Au sujet de la reprise des relations commerciales avec l'Allemagne, M. Bernard, d'Azay-le-Rideau, présente une communication du plus haut intérêt. 
M. Bernard signale comment, après avoir traité avec la France, sur le pied de "la nation la plus favorisée" c'est-à-dire garantissant de ne point frapper ses produits français d'un droit plus élevé que ceux frappant les produits des autres origines, l'État allemand se dérobait au moyen de la clause dite "des spécifications douanières". Autrement dit au lieu d'accorder des tarifs de faveur à la généralité des vins d'Italie ou des fromages de Suisse il les accordait aux vins de Lacryma-Christi ou aux fromages de Blumenthal, écartant par ce procédé déloyal les produits analogues d'origine française.
Lorsqu'on reprendra les relations commerciales avec l'Allemagne, il sera utile, recommande M. Bernard, de prendre toutes mesures de prudence. 
Cette communication est fort applaudie. 
La parole est donnée ensuite à M. Capillon de Lussault.
Le rapporteur traite de la loi sur les appellations d'origine. Il critique avec vigueur la loi de 1919 et ses conséquences qui sont de diviser des producteurs entre eux, de provoquer une regrettable effervescence parmi les populations vinicoles et qui procurent des jours aux hommes de procédures qu'aux vignerons. 
D'autre part, M. Capillon estime que les magistrats sont incompétents en matière Vinicole. Sa conclusion est qu'il faudrait dessaisir les tribunaux de l'appréciation directe de l'appellation d'origine. Il propose, en conséquence, que les tribunaux aient seulement pour rôle de désigner une commission composée de professionnels chargés de délimiter les crus.
À la suite de ce très intéressant rapport s'engage un débat des plus animés. 
MM. Émile Suard, Pensa, Marié, Hubert, Rancher, Mercier, Bonnichon prennent tour à tour la parole.
D'après ce dernier la loi de 1919 est mauvaise, mais la proposition de M. Capillon demande réflexion. 
M. Marié observe que la véritable appellation d'origine, c'est le producteur et le lien de production qui doivent, en fait, la déterminer. 
M. Paul Mercier regrette infiniment les irritations et les discordes que provoquent la loi de 1919. Il voudrait le retour au droit commun. 
L'unanimité semble ne se faire ni dans un sens ni dans l'autre, M. Sadi-Carnot propose à l'assemblée de retenir le rapport de M. Capillon sans adopter aucun vœu. 
Il en est ainsi décidé. 
Après le Vin, c'est maintenant au tour du Blé. 
M. J.-B. Martin, directeur des Services agricoles, expose le mécanisme et les résultats de la coopérative des blés d'Indre-et-Loire et engage les cultivateurs à n'employer que des semences sélectionnées afin d'identifier les rendements. 
M. Claudel, président de la Fédération Agricole Vosgienne, proteste contre certaines pratiques frauduleuses de courtiers en semences, vendant sous n'importe quel nom, n'importe quoi, à n'importe quel prix.
M. Boudon, président du Faisceau Syndical du Lot-et-Garonne, ajoute sa protestation à celle de son collègue. M. Eugène Esnault également. 
M. André Guignard, en sa qualité de président du Syndicat national des blés, élève aussi sa protestation contre les pratiques malhonnêtes, aussi nuisibles au commerce honnête qu'à l'agriculture et il annonce la mise à l'étude avec le concours du ministère de l'Agriculture, d'un syndicat de garantie des semences dont ne feraient partie que les maisons sérieuses. 
En terminant, il assure l'auditoire que le commerce ne désire que la prospérité de l'agriculture, car ils prospèrent l'un par l'autre. 
M. Taffonneau, président de la Coopérative des Blés, fait un rapport très vigoureux sur sa coopérative qui a vendu depuis la récolte 1924, 25 000 quintaux de blé à des prix supérieurs à ceux pratiqués par le commerce. Il conclut en engageant les cultivateurs à s'organiser dans la coopération. 
Après un débat assez vif entre MM. Guignard et Taffonneau, M. Mercier remet tout le monde d'accord, en faisant observer que ce n'est pas les controverses, mais l'union qui fait la force des organisations et il en donne pour exemple les Laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou, qu'il préside et qui, au cours de 1924, ont fait 280 millions d'affaires. 
Comme quoi l'union est la source même de la prospérité on applaudit vigoureusement. 
M. Paul Razous, conseiller général de Sainte-Maure, présente un rapport très documenté et du plus haut intérêt sur la physiologie végétale et la production agricole. 
Le cultivateur doit, de plus en plus  pour accroître les rendements de sa terre  collaborer avec le savant et, s'inspirer des résultats obtenus dans les laboratoires, la production agricole étant fonction d'innombrables facteurs chimiques et physiques dont les cultivateurs ont tout intérêt à s'inspirer.
À la suite du savant rapport, très apprécié de M. Razous, la séance est levée par M. Sadi-Carnot et la suite du Congrès renvoyée au lendemain. 

***
La seconde séance. 
Dimanche, à neuf heures, salle du Manège, la seconde séance du Congrès s'ouvrit sous la présidence de M. Paul Mercier. Au bureau prirent place autour de lui M. Joseph Courtier, sénateur, Dessein, député, Vavasseur, Pallu de la Barrière, Robert Morin, Hayaux, Émile Suard, Paul Razous, etc.
Tout d'abord, on met aux voix un certain nombre de vœux présentés par des sections de C.G.A. ou des groupements affiliés. Puis la parole est donnée à M. Roncin, vice-président de l'Union Fédérative des Associations Agricoles d'Indre-et-Loire, qui présente deux rapports, l'un sur l'agriculture et le régime douanier, l'autre sur la vente des produits agricoles aux Halles. Ces rapports valent à leur auteur des applaudissements nourris et les félicitations du président.
En conclusion, le rapporteur propose deux vœux.
L'un réclame l'égalité douanière entre l'agriculture et le commerce. 
L'autre demande que, malgré l'opposition de la Préfecture de Police, les Coopératives agricoles soient autorisées à vendre directement leurs produits sur le carreau des Halles.
M. Boudon, président du Faisceau Syndical Paysan du Lot-et-Garonne présente au Congrès un rapport abondamment documenté sur le prix de revient en agriculture. Ce rapport qui est le fruit d'un patient et long labeur fait connaître le prix de revient des produits agricoles. 
La consciencieuse et magistrale étude de M. Pierre Boudon fait le plus grand honneur à son auteur.
Il serait sage que les cultivateurs avant que de vendre un produit, sachent auparavant combien il lui a coûté à produire. 
Il serait juste que les cultivateurs ne soient pas astreints par suite de circonstances économiques indépendantes de leur volonté, à vendre leurs produits en dessous du prix de revient majoré d'un bénéfice légitime.
M. Pierre Boudon, très longuement applaudi, conclut en disant : "la culture de la terre ne doit pas être le dernier des métiers."
M. Claudel des Vosges, proteste contre le fait que les cultivateurs sont, trop souvent, la tête de turc des milieux citadins et des pouvoirs publics, et qu'on ameute contre eux les extrémistes de la politique.
M. Pensa, de la Saône-et-Loire, parle de la main-d'oeuvre agricole étrangère avec une compétence et une éloquence très appréciées de l'auditoire. Il ne faut pas dit-il, que notre belle terre française devienne le dépotoir de l'humanité. Soyons hospitaliers, soir, mais ne nous laissons pas submerger par l'écume orientale. Acceptons la main-d'oeuvre étrangère honnête mais refoulons celle qui n'apporterait chez nous que rares physiologiques, morales et sociales. 
Il faut sélectionner la main-d'oeuvre étrangère, la soumettre à de sévères visites sanitaires et ne pa hésiter à sévir contre ceux qui, venus en France pour remplir un contrat agricole, n'hésitent pas, à peine arrivés, à passer dans l'industrie. 
À cet égard, M. le sénateur Courtier donne connaissance de la proposition de loi qu'il a déposée au Sénat contre le débauchage. Elle prévoit des condamnations en dommages et intérêts et des pénalités correctionnelles contre l'employeur coupable de débauchage d'un ouvrier agricole en cours de contrat. 
Un vœu dans ce sens est adopté par l'assemblée. 
M. Tondeur Scheffier, consul général de France, apporte dans le débat d'intéressantes suggestions personnelles tendant à réglementer l'introduction des ouvriers étrangers en France et leur séjour parmi nous, et demande que les services de la main-d'oeuvre soient rattachés au Ministère des Affaires Étrangères. 
M. Paul Garnier, du Syndicat des Agriculteurs de Loir-et-Cher, présente d'utiles observations sur les cartes d'identité des travailleurs étrangers.
M. Paul Mercier, dépose deux voeux, l'un tendant à écarter toute inquisition fiscale pouvant atteindre les cultivateurs et l'autre repoussant tout projet d'impôt sur le capital foncier.
Puis il félicite les organisateurs du Congrès et il engage vivement les cultivateurs et les vignerons tourangeaux à grossir les rangs de la C.G.A. afin d'assurer de façon effective la défense de leurs revendications professionnelles que poursuit la C.G.A. avec autant d'indépendance que d'énergie. 

Un Syndicat National des Bouilleurs de Cru.
M. Paul Mercier passe la présidence à M. Dessein, député de la Haute-Marne. 
M. Jules Hayaux, conseiller général de la Haute-Saône, fait un discours chaleureusement applaudi sur les droits des Bouilleurs de Cru
Il propose qu'ils constituent un Syndicat National et fait adopter par le Congrès, les statuts de ce nouveau syndicat. 
Puis il propose à l'Assemblée d'en élire le Bureau qui est composé comme suit :
M. Camuzet, député, président d'honneur. 
M. Dessein, député, président. 
Vice-présidents : MM. Wehrung, conseiller général du Bas-Rhin ; de Milly, président du syndicat de Mortain ; Robert Morin, secrétaire de l'Union Fédérale d'Indre-et-Loire ; Boudon, président du Faisceau Syndical Paysan du Lot-et-Garonne ; Didelon, président du Syndicat de Meurthe-et-Moselle. 
Secrétaire général : M. Jules Hayaux, conseiller général de la Haute-Saône. 
Secrétaire : M. Memelet des Vosges. 
Conseil juridique : MM. Huet-Desablon, avocat à la cour d'Appel de Paris et Goujeard, avocat à Rouen. 
Conseil technique : M. Taurines. 
M. Dessein, député, déclare que la création du Syndicat National des Bouilleurs de Cru, a pour but de ramener la distillation au régime de liberté. 
M. Hayaux annonce que près de 200 parlementaires de tous les partis ont donné leur adhésion à ce groupement. 
Sur la même question des bouilleurs de cru, d'intéressants rapports sont présentés par MM. de Milly et Wehrung. 
Il est midi passé quand la seconde séance du Congrès est levée et les congressistes redescendent la rue Nationale pour se rendre salle de l'Hôtel de Ville où a lieu le banquet. 

Le Banquet 
Il se produisit pour le banquet ce qui s'était produit la veille à la première séance du Congrès : la salle fut envahie en un clin d'œil et les convives furent bientôt plus nombreux que les places ne l'étaient, ce qui provoqua quelque retard dans le service et que chacun dût s'installer où il put. 
À la place d'honneur prirent place : MM. Olivier de Rougé, président du banquet ; le docteur Laur, président de l'Union des Paysans Suisses ; Joseph Courtier, sénateur ; Jean Carnot et Dessein, députés ; Marcel Pallu de la Barrière, secrétaire général de la C.G.A. ; Jules Hayaux ; Émile Suard, conseiller général ; Robert Morin ; Pensa ; Boudon ; Claudel ; Creuzé ; Boissé ; Wehrung ; de Milly ; Georges Maurice ; de Woillemont ; Delmas ; Béry-Auger ; Boissé ; Champion ; etc.
Remarqués également : MM. Bérendorf, Roncin, Révérand, Blanc, de Blacas, Rancher, Taffonneau, Coudreau, Jahan, Allias, Fimayer, Massé, Oudin, Eugène Esnault, et un certain nombre de maires et de notabilités du syndicalisme tourangeau. 
Vers la fin du repas des applaudissements s'élèvent : c'est une aimable "butelière" de Pocé, Mlle Juliette Gaultier, qui vient remettre une gerbe d'œillets à M. Laur.
Celui-ci se lève et embrasse la gracieuse Tourangelle disant : "La Suisse embrasse la France ", aux applaudissements des convives. 

Puis voici les toasts. 
M. Robert Morin, interrompu à tout instant par les applaudissements, salue tour à tour les parlementaires, les orateurs du Congrès, et tous les dévoués membres des sections de C.G.A. qui ont fait en Touraine œuvre de sauvegarde et de fraternité paysanne et qui ont assuré la progression et la vitalité du groupement. 
"Notre C.G.A. ne veut subir la tutelle d'aucun parti politique, elle doit les dominer tous, elle doit être le parti de la terre qui est le parti même de la France !"
M. Laur, président de l'Union des paysans suisses, dit combien il est ému de l'accueil que lui font ses amis les Paysans de France. D'un côté comme de l'autre du Jura les paysans ont des intérêts professionnels à défendre. Ils ont aussi à conserver la paix sociale, gage de toute prospérité et à maintenir la paix extérieure plus nécessaire aux paysans qu'à tout autres citoyens.
C'est à l'union nationale des paysans, c'est à leur union internationale, c'est aux cultivateurs de France que M. Laur lève son verre. 
On l'acclame au cri de "Vive la Suisse".
M. Jules Hayaux, proclame éloquemment toute la joie qu'il ressent d'une telle journée : "Elle marque une date historique dans notre syndicalisme".
On applaudit longuement. 
M. Olivier de Rougé, avec la finesse et l'élégance oratoire qui lui sont coutumières prononce une allocution qui fait tour à tour rire ou vibrer. 
Le banquet prend fin à 2h 30 et les congressistes retournent à la salle du Manège. 

La Séance de clôture. 
La séance de clôture fut présidée par M. Olivier de Rougé. 
La parole fut donnée à M. Coudreau, agriculteur à Sainte-Maure, qui sur la question du blé présenta un rapport très intéressant, très complet et très énergique. 
Il proteste vigoureusement contre les agissements de la spéculation qui frustrent le cultivateur et qui grèvent le consommateur. 
L'auditoire applaudit chaleureusement. 
Un intéressant débat s'engage autour de la question. MM. de Rougé, Boudon, Rancher, Pensa, Claudel, y prennent part. 
M. Massé de Richelieu, voudrait qu'on accordât aux salariés agricoles des avantages sociaux égaux à ceux dont jouissent les salariés de l'industrie ou de l'État. 
M. Jean Carnot, traita la très importante question de la révision des évaluations foncières. 
On sait qu'à la suite du mouvement de protestation entrepris par les groupements agricoles, la C.G.A. en tête, le gouvernement a décidé d'ajourner jusqu'à 1920 la mise en application de cette loi.
M. Jean Carnot propose qu'il y soit apporté d'importants remaniements. 
Il est très applaudi. 
M. le Dr Laur, présente sur le syndicalisme agricole en Suisse, un rapport du plus haut intérêt. 
Dans ce domaine il nous reste beaucoup à apprendre de nos voisins. 
L'intérêt du rapport de M. Laur est si important que, plutôt que de le résumer, nous préférons le publier dans un prochain numéro.
M. le Dr Laur recueillit de chaleureux applaudissements 
M. Georges Maurice, présenta, sur le projet de loi de hausse illicite du gouvernement, un vigoureux rapport tendant au rejet pur et simple du projet gouvernemental qui serait une odieuse menace contre dirigée contre nos producteurs. 
M. Georges Maurice ne veut pas revoir, comme voilà quelques années, d'honnêtes cultivateurs et des mères de famille poursuivis et condamnés à propos de taxation. 
L'auditoire l'approuve chaleureusement. 
M. Olivier de Rougé prononça sur le rôle et l'avenir de l'agriculture un discours empreint d'une grande élévation de pensées et qui souleva l'enthousiasme du Congrès.
M. de Rougé est grandement préoccupé de l'avenir agricole, parce que les jeunes générations ont perdu la foi dans la terre et dans les traditions familiales. 
M. Émile Suard présente un rapport ayant pour but de maintenir les exonérations fiscales dont jouissent les Associations agricoles et que certains parlementaires voudraient leur arracher. 
Or, imposer les syndicats ce serait imposer les syndiqués autrement dit la production. Pour l'éviter il faut que le monde agricole défende les droits acquis, en cette matière, par toutes les lois précédentes. 
M. Suard présente un vœu tendant à rejeter tout impôt frappant les syndicats agricoles. Il est adopté à l'unanimité.
M. Jules Hayaux, en raison de l'heure tardive, doit renoncer à présenter son rapport et à lire le rapport de M. Gustave Moran, de Saint-Amand-de-Boixe, traitant l'un et l'autre de l'Enseignement agricole à l'École primaire. Il se borne à présenter ses vœux 
M. Joseph Claudel élève des protestations très justifiées contre l'irresponsabilité de l'État en matière de services publics. 
Enfin, le Congrès se termine après trois longues séances de travail, pas assez longues encore puisque l'ordre du jour ne peut être complètement épuisé. 
En résumé ce fut une belle manifestation de fraternité agricole. 

***
Adhésions 
Les agriculteurs tourangeaux qui voudraient voir la C.G.A. s'étendre à leur commune ou avoir des renseignements sur le Syndicat National des Bouilleurs de Cru peuvent écrire à M. Robert Morin, vice-président, à Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire) 
 

1925

La Terre Tourangelle, 12 avril 1925, ADIL p. 307

Section de la C.G.A. de Larçay
Dimanche, 29 mars, sous la présidence de M. Auguste Girollet, eut lieu, à Larçay, la réunion constitutive de la section C.G.A. de Larçay. 
Après avoir entendu la conférence de M. Robert Morin, vice-président de la Confédération Générale Agricole, les cultivateurs réunis salle de la Mairie, décidèrent de constituer une section de l'Union Tourangelle de la C.G.A.
Le Bureau fut ainsi composé :


Président : M. Girollet Auguste ;
Vice-présidents : MM. Chotard Albert et Gaudin-Gouin ;
Trésorier : M. Joseph Goupy ;
Secrétaire : M. Louis Mazery.

À la suite de l'intervention de M. Girollet qui mit en relief les inégalités douanières dont souffre l'agriculture, le vœu suivant fut proposé par le Président de la Section et adopté à l'unanimité. 
"La Section de la C.G.A. de Larçay, constituée le 29 mars  adresse son salut fraternel au Conseil Syndical de la C.G.A. à Paris ;
Et émet le vœu :
"1º La Section C.G.A. de Larçay nouvellement formée envoie son salut à  la C.G.A. de Paris ;
2º Émet le vœu que les vins étrangers quels qu'ils soient paient à leur entrée en France les mêmes droits qui nous sont imposés, c'est-à-dire de 70 à 110 francs l'hectolitre en francs or ;
3º Émet le vœu qu'au cours des négociations du traité de commerce avec l'Allemagne, la France soit traitée sur le pied de la nation la plus favorisée pour l'exportation de ses vins de consommation courante et de ses vins de bouteille."

1925

La Terre Tourangelle, 19 avril 1925, ADIL p. 309

Section de C.G.A. de Chemillé-sur-Dême
Le dimanche 12 avril avait lieu Salle des fêtes de Chemillé-sur-Dême une réunion générale en vue de constituer la section C.G.A. de Chemillé-sur-Dême. 
Au bureau, prirent place : MM. Loiseau, président du Syndicat d'élevage ; Saussereau, président du Syndicat agricole, ainsi que M. Arsène Moisant, président de la section de C.G.A. de Beaumont-la-Ronce. 
Après avoir entendu une allocution de M. Arsène Moisant et une conférence de M. Robert Morin, la section de C.G.A. de Chemillé-sur-Dême fut constituée. Son bureau, élu à bulletin secrets, est composé de MM. Loiseau Eugène, président ; Saussereau Raymond, vice-président ; Barat Armel, secrétaire-trésorier ; Meunier Auguste, Rousseau Alfred et Saussereau Émile, assesseurs

1928

Annuaire d'Indre-et-Loire 1928, p. 383

ÇONFÉDÉRATION ĢÉNÉRALE AGRICOLE 
Siège social central : boulevard de Clichy, 5, Paris.

Délégué départemental : M. Bernard [M. Robert Morin est décédé le 29 septembre 1925, âgé de 32 ans ], à Azay-le-Rideau. [cultivateur à Cheillé] 
La C.G.A. a pour but d'assurer la défense morale, sociale et fiscale des intérêts agricoles et viticoles. Association exclusivement professionnelle et indépendante, la C.G.A. n'est pas subventionnée. Elle a un organe national hebdomadaire : Le Paysan de France et un organe départemental mensuel l'Union Tourangelle. Elle compte en Indre-et-Loire deux mille adhérents dont beaucoup sont groupés en sections communales ou cantonales. 

SECTIONS SYNDICALES DE C. G. A. en Indre-et-Loire :

Commune Membres Président Secrétaire 
Auzouer 78 M. Richaudeau M. le Comte de la Tullaye
Cangey   M. Giraud (Joseph) M. Daburon (Denis)
Chargé   M. Desgranges (Abel) M. Colin (Marcel)
Croix (La) 62 M. Fougeron M. le Vicomte d'Argent
Denis-Hors (Saint) 68 M. Jahan M. Vincent (François)
Épain (Saint) 122 M. Perrotin (Louis) M. Quénault
Larçay 25 M. Girollet (Aug.) M. Mezzey
Limeray 34 M. Moreau (Abel) M. Billault
Lussault   M. Bérendorf M. Mardelle
Luynes 42 M. Thierry (Joseph) M. Fortier
Marcilly-sur-Vienne 27 M. Mourruau M. Fombeur
Maure (Sainte) 75 M. Roy (Étienne) M. Cuvier (Émile)
Montreuil   M. Billault (Auguste) M. Hogou (Louis)
Mosnes   M. Jolly (Henry) M. Bodin (Étienne)
Nazelles 46 M. Goisier (Joseph) M. Girault (Léon)
Négron 16 M. Billault (Joseph) M. Plumereau (Aristide)
Noizay 50 M. Pardoux M. Rénier
Pocé 65 M. Paqueron (Léandre) M. N***
Règle (Saint) 30 M. Billault (Sylvain) M. Godeau Félicien
Richelieu 220 M. Massé (Alfred) M. le Comte du Fort (Joseph)
Rivarennes 104 M. Lucas-Giraudeau M. Poupin
Rochecorbon 55 M. le Général de Woillemont M. Poirier (Raoul)
Souvigny 26 M. Bodin (Eugène) M. Tonnay (Maxime)

1937

L'AGRICULTURE PRATIQUE. La Gazette du village. 101e Année. N° 2, 9 janvier 1937
p. 50
Confédération générale agricole [C.G.A.]

À la suite d'une récente réunion, le conseil de la Confédération générale agricole [C.G.A] a émis le voeu suivant :
"Le Conseil de la C.G.A. demande au Gouvernement de ne pas chercher dans un retour au libéralisme agricole un moyen détourné d'atténuer l'augmentation générale des prix de la vie résultant de l'inflation, Proteste contre toutes les atteintes déjà portées à notre régime douanier en contre toute violation de la loi du Cadenas par simple décret et exprime le désir qu'il ne soit plus procédé dorénavant à aucune modification de notre politique des échanges sans consultation, au préalable, des groupements agricoles qualifiés et en plein accord avec eux".

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