Notes de lectures

Publié le par histoire-agriculture-touraine

Emmanuel Fureux et François Jarrige, La modernité désenchanté. Relire l'histoire du XIXe siècle français. Ed. La découverte, février 2020.

p. 23
Dans les années 1830-1840, le philosophe Auguste Comte, qui avait été le secrétaire de Saint-Simon, élabore le positivisme, fondé sur la loi des trois états selon laquelle l'esprit humain passerait successivement par l'âge théologique, puis par l'âge métaphysique, pour aboutir e fin à l'âge positif, celui qui doit l'emporter au XIXe siècle avec le triomphe des sciences et de la raison. 


p. 59
Nathalie JAS, Au carrefour de la chimie et de d'agriculture. Les sciences agronomiques en France et en Allemagne, 1840-1914, Paris, Editions des archives contemporaines. 2000.


p. 67
En rupture avec les anciennes représentations physiocratiques de la nature nourricière, s'élabore au XIXe siècle un nouvel imaginaire productiviste du travail porté par notamment par les écrits de Jean-Baptiste Say. [...] Au début du XIXe siècle, les techniques sont redéfinies comme des instruments d'exploitation d'une nature considérée comme infinie, comme pure ressource, dont il reviendrait aux hommes d'extraire le maximum d'énergie. 


p. 70
En France, la vapeur est en effet peu utilisée dans la première moitié du XIXe siècle. On lui a longtemps préféré les manèges à chevaux et surtout l'énergie hydraulique, moins coûteuse et moins dangereuse. L'installation des chaudières à vapeur ne s'est accélérée qu'avec le Second Empire :il n'y avait pas plus de 200 machines à vapeur en France en 1810 et 1000 en 1833 ; en 1852, la France ne possédait encore qu'à plus de 6000 machines pour une puissance totale de 75 000 chevaux (à comparer aux 450 000 chevaux produits à la même date outre-Manche par les machines à vapeur). Leur nombre atteint néanmoins 22 500 autour de 1860 et 76 000 en 1885.


p. 71
Jusqu'aux années 1850-1860, l'énergie hydraulique demeure ainsi la principale force motrice de la France, y compris dans des secteurs aussi essentiels que la sidérurgie et l'industrie textile mécanisée. 


p. 72
Dès le XVIIIe siècle, le cheval-vapeur est devenu l'unité de référence internationale pour évaluer la puissance motrice. 


p. 73
Les manèges de chevaux sont également utilisés pour actionner les techniques les plus modernes comme ces batteuses mécaniques qui se répandent dans les campagnes au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. (Jean-Claude FARCY, Les paysans beaucerons au XIXe siècle, Chartres, Société archéologique d'Eure-et-Loir, 1989, 2 vol.


p. 79
La proto-industrialisation aurait permis d'augmenter la production en l'absence de progrès technique en recourant à une main-d'œuvre rurale dispersée, bon marché et sans tradition corporative. 


p. 105
Or c'est bien au XIXe siècle que la mise en valeur des terres jugées incultes s'accélère (Marie-Noëlle BOURGET, "L'image des terres incultes. La lande, la friche, le marais", in Andrée CORVOL (dir.) La Nature en évolution, Paris, L'Harmattan, 1993.


Histoire et Sociétés rurales, n° 48 – 2e semestre 2017

p. 93-136
DENIS Gilles, Agriculture, Esprit du temps et Mouvement des Lumières

« Résumé : L’agriculture est un des grands sujets du XVIIIe siècle. Premier des arts, elle est au cœur des débats récurrents sur l’origine des sociétés, de la propriété, des richesses, de la connaissance ; etc. La vie agricole est synonyme de moralité et de civisme en opposition au luxe corrupteur et à l’égoïsme. Ces représentations sont ressassées, des essais d’économie ou de philosophie jusqu’aux écrits littéraires. Elles parcourent l’Encyclopédie. L’éloge de l’agriculture renvoie en miroir à la critique du régime. Il en est ainsi des références aux citoyens agriculteurs romains, à la politique agricole de Sully, ou encore aux fermiers américains, de même que dans le projet utopique de l’A 2440 de Sébastien Mercier. Ce contexte donne de nouvelles sciences centrées sur l’agriculture et des sociétés dont c’est l’objet. La généralisation de ces représentations – formant idéologie ? – est partie prenante de « l’esprit du temps. » Elle est aussi en correspondance avec le mouvement des Lumières. Ces représentations influencent, incarnent et diffusent en effet les ambitions et principes de ce dernier.


p. 177-199
KNITTEL Fabien, Agronomie des engrais en France au XIXe siècle
« Résumé : Les discours sur les engrais sont complexes : discours vantant les vertus des engrais chimiques et dénigrant les routines paysannes ou, au contraire, rejet de la chimie et promotion de la fumure organique ou, plus modérés, discours associant étroitement engrais chimiques et fumure organique. Les agronomes consacrent une très grande part de leurs écrits à cette question des engrais et traitent aussi bien des amendements et des engrais chimiques. Il s’agit alors, à travers trois exemples significatifs, de comprendre, à travers une analyse croisant l’histoire rurale, l’histoire des sciences et des techniques et l’histoire environnementale, comment les agronomes rationalisent les techniques de fertilisation des sols en s’adaptant à l’émergence de l’agrochimie au cours du XIXe siècle. Le premier exemple choisi est celui de la production du salpêtre, analysée par Boussingault au début des années 1860. Le second concerne les eaux d’égout, issues des fosses de vidanges urbaines, utilisées comme engrais agricoles et étudiées par Dehérain. Enfin, le troisième est consacré, à partir des textes de Grandeau, à l’émergence des engrais chimiques et à celle de la lutte contre la fraude. »
 

Histoire et Sociétés rurales, n° 48 – 2e semestre 2017

p. 93-136
DENIS Gilles, Agriculture, Esprit du temps et Mouvement des Lumières

« Résumé : L’agriculture est un des grands sujets du XVIIIe siècle. Premier des arts, elle est au cœur des débats récurrents sur l’origine des sociétés, de la propriété, des richesses, de la connaissance ; etc. La vie agricole est synonyme de moralité et de civisme en opposition au luxe corrupteur et à l’égoïsme. Ces représentations sont ressassées, des essais d’économie ou de philosophie jusqu’aux écrits littéraires. Elles parcourent l’Encyclopédie. L’éloge de l’agriculture renvoie en miroir à la critique du régime. Il en est ainsi des références aux citoyens agriculteurs romains, à la politique agricole de Sully, ou encore aux fermiers américains, de même que dans le projet utopique de l’A 2440 de Sébastien Mercier. Ce contexte donne de nouvelles sciences centrées sur l’agriculture et des sociétés dont c’est l’objet. La généralisation de ces représentations – formant idéologie ? – est partie prenante de « l’esprit du temps. » Elle est aussi en correspondance avec le mouvement des Lumières. Ces représentations influencent, incarnent et diffusent en effet les ambitions et principes de ce dernier.


p. 177-199
KNITTEL Fabien, Agronomie des engrais en France au XIXe siècle


« Résumé : Les discours sur les engrais sont complexes : discours vantant les vertus des engrais chimiques et dénigrant les routines paysannes ou, au contraire, rejet de la chimie et promotion de la fumure organique ou, plus modérés, discours associant étroitement engrais chimiques et fumure organique. Les agronomes consacrent une très grande part de leurs écrits à cette question des engrais et traitent aussi bien des amendements et des engrais chimiques. Il s’agit alors, à travers trois exemples significatifs, de comprendre, à travers une analyse croisant l’histoire rurale, l’histoire des sciences et des techniques et l’histoire environnementale, comment les agronomes rationalisent les techniques de fertilisation des sols en s’adaptant à l’émergence de l’agrochimie au cours du XIXe siècle. Le premier exemple choisi est celui de la production du salpêtre, analysée par Boussingault au début des années 1860. Le second concerne les eaux d’égout, issues des fosses de vidanges urbaines, utilisées comme engrais agricoles et étudiées par Dehérain. Enfin, le troisième est consacré, à partir des textes de Grandeau, à l’émergence des engrais chimiques et à celle de la lutte contre la fraude. »
 

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